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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 05:14

 

peillon.jpgCommençons par la fin, tant l’histoire est savoureuse. Le 12 avril 2012, trois semaines après la première parution du livre d’Antoine Peillon, le Parquet de Paris désignait (enfin) un juge d’instruction pour mener une information judiciaire sur l’évasion fiscale en France.

Le 17 avril, ce même Peillon était (enfin toujours) auditionné par la commission d’enquête sénatoriale sur l’évasion fiscale. L’auteur exposa ce que tout le monde désormais savait, le livre publié : c’est que la police et la Justice françaises disposaient d’une masse invraisemblable d’informations sur la question -dont elles n’avaient jamais rien fait. Et pour cause : le 23 mai 2012, le Juge témoignait à son tour devant la même commission sénatoriale, pour révéler l’existence d’un verrou politique : il devait attendre une plainte du Ministre du Budget pour instruire officiellement son enquête. Jamais aucun ministre du Budget, en France, ne s’était soucié de porter plainte contre l’évasion fiscale. Ce que l’on comprend rétrospectivement : imaginez que ce même Ministre soit le trésorier d’un parti de pouvoir passablement embarrassé par ses problèmes de financement…

Le 15 juin 2012, des cadres de la Banque UBS France, licenciés pour avoir révélé les agissements illégaux de leur employeur, se voyaient réintégrés dans leurs droits par la Justice pour licenciement abusif.

Le 3 juillet 2012, Jean-Marc Ayrault promettait de régler une fois pour toute la question de l‘évasion fiscale.

Le 24 juillet 2012, la commission d’enquête sénatoriale livrait ses conclusions : 50 milliards font illicitement défaut au Budget de la France. La commission faisait 59 propositions pour contrôler cette évasion fiscale. Le rapport de ladite commission devait être remis au Ministre de l’économie et proposé à l’Assemblée nationale dans le cadre du débat budgétaire.

On attend. La Crise, elle, n’attend pas, qui commande de récupérer ici et là dans nos poches ces milliards qui nous sont dus. Or, toutes les discussions sur la crise ont toujours achoppé sur un point aveugle, que personne ne s’est encore soucié de lever, un véritable tabou, qui est celui de la finance fantôme. Une finance délinquante dont les mécanismes, les procédés, les stratégies sont connues désormais, grâce à cet essai.

On inscrit dans la Constitution la règle d’or, mais on refuse de mettre un terme à la fraude fiscale. Une fraude qui est, aux yeux de l’auteur et non sans raison, un facteur majeur de la crise économique contemporaine, avec au cœur de ces agissements l’UBS, banque suisse, artisan majeur de l’évasion fiscale dans le monde. Il faut lire l’essai, incroyablement documenté, pour mesurer la colère qui devrait être la nôtre aujourd’hui…

  

 

Ces 600 milliards qui manquent à la France : Enquête au coeur de l'évasion fiscale, Antoine Peillon, Points, novembre 2012, 184 pages, 6,30 euros, isbn 13 : 978-2757830901.

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Published by texte critique - dans Politique
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