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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:45

Les hommes politiques français sont des veaux. Pour paraphraser de Gaulle. Pas les français, contrairement à ce que prétendait ce dernier, dans leur exigence de transparence qu’une Mame vilipende avec tout le mépris dont est capable un élu aux abois, après en avoir elle-même rappelé l’impératif, mais appliqué aux classes modestes et pauvres bien sûr… Fraudes à la sécu, fraudes aux RSA, quand des milliards sont détournés jour après jour des comptes de la Nation pour satisfaire la suffisance d’une poignée de nantis. Mame comme Fillon, comme Valls, comme Marine… Allez, réalisons, dans l’ordre : Hollande ? Aux abonnés absents. Il squatte l’Elysée. Une première dans notre histoire : président vacant de la Vème décidément aussi peu ragoûtante que ne l’étaient ces pseudos Républiques qui l’ont précédée et qui ont toutes agonisées dans le déshonneur. Hollande ? Un président fictif, accroché à une fonction que son obstination ridiculise. Valls ? L’homme du 49.3 débarqué par les siens. Mais toujours en lice. Son gouvernement ? Toujours aux affaires. Jusqu’au bout accroché à ses prébendes. Ministres sans vergogne godillant une Loi que leur candidat se promet d’abroger ! Une première là encore, dans l’histoire républicaine ! Comme si de rien n’était, ils décrètent, égrènent article après article leur acharnement à détruire la Nation qui les a portés au Pouvoir sur un autre projet, en attendant d’afficher demain leurs nouveaux mensonges. Décidément, cette Vème est bien nauséabonde… Hamon ? Il jure de tourner la page de l’épisode sinistre en reconduisant aux mêmes postes les mêmes sinistres faquins ! Quelle farce ! Fillon, le candidat de l’autre droite ? N’en parlons même plus : sa femme vient de lui asséner le coup de grâce. Les rats quittent son navire. L’homme du discours moral se réveille K.O., étendu net par la force de frappe de son bien peu de moralité. Marine ? La taiseuse de l’affaire Fillon, la fille du château, empêtrée elle-même dans ses propres affaires financières douteuses… Penchée au-dessus de la même soupe, il lui reste encore à vomir sa bile raciste pour espérer faire la différence. Macron ? La baudruche des patrons en chasse de dividendes… Quel spectacle ! Tous accrochés à leur cassette... Ces gros sous qu’il faut dissimuler à présent. Tous occupés à inventer de nouveaux écrans de fumée, ces longs discours baveux sur l’état de la France, sur la nécessité d’introduire plus de morale dans la vie politique, dans la vie sociale, dans la vie économique… Sur la nécessité de faire rendre gorge à cette France d’en bas qu’ils méprisent tant ! A ces nantis de la Sécu, du RSA, du chômage… Les hommes politiques français sont des veaux qui voudraient nous conduire gentiment à l’abattoir. Des irresponsables qui ont déserté les seuls vrais chantiers qu’ils auraient dû ouvrir contre la misère sociale, la misère économique, la misère politique, la catastrophe écologique, contre cette précarité immonde dans laquelle ils ont précipités des millions de leurs compatriotes ! Leur violence est inouïe. Leur arrogance sans borne. Leur duperie totale. L’affaire Fillon en témoigne. Tout comme en témoigne cette «révolution» que nous promet Macron : le déchirement final de la Nation française dans l’abandon des populations exténuées ! Comment survivre à cette carte de l’oppression inique dessinée par nos Inquisiteurs ? Comment survivre à ce désastre ? Les veaux qu’ils sont ne voient même pas qu’un vent se lève, qu’une exigence se fait jour. Armés de leurs médias ils croient pouvoir surfer longtemps encore sur cette colère…

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:02

Electeurs socialistes, ne vous méprenez pas : ce n’est pas tant la victoire de Hamon que vous célébrez, que la défaite de Valls. D’un Valls dont l’électorat lorgne déjà du côté de Macron… ET votre large victoire n’est en réalité que la large défaite mérité d’un candidat stipendié qu’un électorat plus large et plus à gauche que le vôtre a tenu à sanctionner. Cette Gauche que ces prétendues «primaires de la Gauche» a largement contribué à émietter, brouillant autant qu’il était possible les lignes de front et d’espérances. Lui, président ? De quel rêve Hamon est-il réellement porteur ? Lui, président ? De quelles promesses aussitôt trahies par la nécessité de construire un périmètre de «rassemblement» ouvrant en grand les portes aux forces les plus réactionnaires de ce parti moribond ? Lui, président ? On connaît l’anaphore ! Quand il reste tant de Cambadélis et autres Cazeneuve a distiller cette idéologie de la trahison propre à la mouvance socialiste ! N’oubliez jamais, électeurs socialistes positionnés sincèrement à Gauche, que les frondeurs ont toujours reculé au moment décisif ! Et n’oubliez jamais d’où vous venez, pour que le socialisme dont vous parlez ne soit pas cette mascarade dont Hollande et Valls furent les courtiers. La Gauche n’est pas ce périmètre improbable que vous dessinez. Quelle fidélité choisira Hamon ? A ses électeurs, ou bien à ce parti dont l’histoire est jalonnée de trahisons ? Relisez vos manuels : à chaque fois que la France a traversé une grave crise morale, les socialistes ont trahi leurs idéaux de Justice et de Solidarité. Affaire Dreyfus, 14-18, Pétain, Guerre d’Algérie… Le 19 janvier 1898, le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale faisait paraître son communiqué, dans lequel on pouvait lire ceci : «Les capitalistes juifs, après tous les scandales qui les ont discrédités, ont besoin, pour garder leur part de butin, de se réhabiliter un peu»… Hier les juifs, aujourd’hui les musulmans… Pétain ? 170 députés socialistes le portent au Pouvoir, sous la conduite de Paul Faure. Et ne parlons même pas de la guerre d’Algérie : tout le monde sait. Hollande, Valls, s’inscrivaient dans cette continuité. C’est donc tout le Parti Socialiste qu’il faut balayer ! Le vent qui s’est levé et qui a dégagé Valls, ne le détournez pas !

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 08:50

Hollande en Che. Une farce. Il avait déclaré la guerre aux riches. Déclaré qu’il ne s’excuserait pas d’être socialiste. Socialiste en effet, il l’était bien. Et de la pire espèce encore, de celle qui vota les pleins pouvoirs à Pétain. De celle qui finit toujours tête basse en quittant le pouvoir, pour toujours le confier en de plus vilaines mains. Hier, aujourd’hui. La même tromperie. La même coupe, repassée jusqu’à la lie. Il voulait sortir de la culture de l’excuse. Avait promis d’en finir avec la barbarie de la souffrance au travail. Déposant en partant, sous le paillasson de son quinquennat, un million de souffrances supplémentaires… Imaginez, s’il avait tenu ses promesses… L’audace des réformes qu’il aurait pu accomplir. Il n’en reste que des éléments de langage que les survivants du PS(chittt) s’apprêtent à nous servir. Plaider pour la baisse massive des dividendes par exemple. Du recueil de mensonges de l’Elysée, Fakir a tiré cette farce désopilante illustrée de fausses déclarations justes, de mesures qu’il aurait pu justifier. « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi les dividendes échapperaient-ils à cette règle ? » Salaire indécents, dividendes abjects. Avec en prime les intégristes nucléaires qui veulent nous imposer le masque à vie et cette pollution qui n’en finit pas, de pics en pics, de détruire insidieusement nos vies. Un divertimento, n’était la misère qui point derrière. Un quinquennat qui finit dans l’odieux des couvertures arrachées aux migrants par températures négatives.

 

La Droite d’après, la Gauche décomplexée, Valéry Chartier, Fakir éditions, décembre 2016, 160 pages, 10 euros, ean : 9782369210146.

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 08:52

L’insécurité sociale… Un vain mot dans la bouche des médias, sans couleur, sans odeur, sans aspérité. Une expression indolore. Qui saura nous dire ce que c’est que de vivre au jour le jour dans l’angoisse du lendemain ? «Le prolétaire est placé dans la situation la plus inhumaine qu’un être puisse imaginer», affirmait Engels. Mustapha Belhocine raconte alors. Cette vie de précaire et celle de ses semblables, de l’armée de réserve du capital. De galère en galère, tout en poursuivant son master de sociologie à l’EHESS. Boulots de merde comme on dit de nos jours, scandés par l’hypocrisie des formations qui viennent de temps en temps suspendre la fiction Pôle emploi. Un jour bagagiste, l’autre Mickey, jamais manutentionnaire : hors d’atteinte, car trop diplômé… On a le tournis à lire ce témoignage : les boulots en horaires décalés, l’intérim sans issue, la chaîne toujours aussi grise, les cadences, toujours infernales. Pour un peu ça rappellerait L’établi, de Robert Linhart, ce chef-d’œuvre tout court de la littérature française. Mais non, le ton est différent, le style est différent, il n’y a plus de beauté là, plus ce sublime littéraire, le style est empêché. Ce qui a changé depuis les années soixante ? La pression du nombre de chômeurs. La misère, qui fait accepter n’importe quel boulot. La mort du syndicalisme, l’arrogance des recruteurs, les hiérarchies bidons où personne n’a le droit de prendre d’initiative, l’hypocrisie de tout le système de l’emploi français, la culpabilité, la solitude des précaires, l’immense misère dans laquelle sont plongés des millions de salariés et la paupérisation généralisée de la société française. Les précaires y sont devenus nos intouchables. Impurs. Honteux. Leur avilissement vécu jour après jour comme l’inexorable horizon d’une société immonde.

 

Précaire ! Nouvelles édifiantes de Mustapha Belhocine, éditions Agone, coll. Cent mille signes, 1er trimestre 2016, 9,5 euros, 142 pages, ean : 9782748902464.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 10:09

L’économie est devenue la parole publique par excellence. Le tenant et l’aboutissant de toutes nos réflexions sociales, politiques, idéologiques, la pensée indépassable des sociétés néolibérales. Mais l’économie n’est qu’une croyance qu’Eloi Laurent s’emploie à démonter avec intelligence. Une mythologie. Une rhétorique d’obligations et de contraintes que les médias relaient largement pour mieux nous en persuader, recousant jour après jour ce vieux tissu élimé dont la crédibilité esquive la légitimité. Depuis les années 1980, oui, depuis l’avènement des socialistes au pouvoir, lorsque ceux-ci décidèrent de libéraliser les marchés financiers, le discours économiste s’est cristallisé dans la culture néolibérale pour devenir une sorte de fondamentalisme du marché. Mais sur quoi repose décisivement l’économie de marché ?  Sur la liberté des marchés ? Erreur : les marchés n’existent que parce qu’ils sont régulés. La Silicon Valley est un pur produit du capitalisme public, qui aura bénéficié d’investissements publics massifs pour surgir. Qui assure en outre les risques pris par ces marchés ?  La crise financière de 2008 nous le rappelle jour après jour : nous, à travers la puissance publique. Tout comme le cadeau socialiste de 40 milliards fait aux entreprises, sans aucune contrepartie, nous rappelle que les exonérations d’impôts ne sont rien d’autre que des subventions publiques. Quant aux beaux jours Uber (alles ?) qu’on nous laisse miroiter, ils ne sont que l’extension de la sphère marchande à la sphère privée, la cannibalisation de la première par la seconde, la paupérisation des deux in fine. Ne revenons pas sur le mythe du ruissellement. Qui produit la richesse ? Les patrons ? Ils ont bénéficié de toutes les infrastructures publiques pour produire cette richesse… L’écosystème de la création de valeur est en réalité financé par la collectivité. Le patron ne fait que privatiser le patrimoine commun, sans contribuer à son entretien (cf. les autoroutes de Vinci) ou son renouvellement. Comment gérer l’état dans ces conditions ? Comme une entreprise ? Vraiment ? L’inégalité est inefficace, qui substitue l’économie de la rente à celle de l’innovation. Si bien que réduire la dépense publique est une aberration quand il n’y a plus de rentrées d’argent, car l’austérité publique, conjuguée à l’austérité privée conduit droit au désastre.  En fait, sous la houlette d’hommes politiques irresponsables, l’état français est entré dans une stratégie de pays pauvre, où la régression sociale produit la richesse des 1%.

 

Nos mythologies économiques, Eloi Laurent, éd. LLL, février 2016, 106 pages, 12 euros, ean : 9791020903235.

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 09:39

La grossièreté de l’expression est à la hauteur de l’ignominie de la politique qu’il aura conduite et de l’aversion que le personnage aura inspirée à la nation française. Hollande dégage, file, profil bas, vers la fin de son mandat, pitoyable et mesquin, grappillant pour quelques mois encore les privilèges de la fonction. Hollande dégage, rappelant le plus crapuleux de l’histoire des socialistes français, fossoyeurs du Front citoyen Populaire, livrant la Nation à Pétain puis sous Mitterrand, façonnant déjà le visage de cette élite raciste qui allait jeter la vie politique française dans les bras de ses pires charognards. Hollande dégage, à qui le tour, socialistes, jamais à court de trahisons, jamais découragés par votre médiocrité, lancés déjà à l’assaut des restes d’un festin sordide. Hollande dégage, les mains poisseuses du sang de la mort de Rémi Fraisse, du sang de Traoré, du sang des manifestants éborgnés. Reste Valls, le fossoyeur des libertés françaises, le grand artisan de la Loi esclavagiste sur le travail, le grand ordonnateur de la chasse aux rroms condamnés à tourner en rond dans l’hexagone où ils ont juridiquement leur place ! Reste Valls et quelques autres marionnettes pour nous refaire le coup du front républicain qui les sauvera provisoirement de la colère qui n’a cessé de croître dans le champ clos qu’est devenue la nation française !

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 08:58

A l’heure où on nous promet toujours plus de rigueur, 138 économistes proposent des solutions pour sortir de l’impasse économique, sociale, politique, dans laquelle les Républicains et le PS nous ont enfermés. Des solutions simples en réalité, que les instances internationales elles-mêmes ne cessent de relayer, en vain en ce qui concerne l’Europe, la région du monde décidément la plus aberrante –à moins que tout cela ne soit voulu. Car si l’échec des politiques néolibérales est patent, leur fuite en avant ne peut être que l’expression d’une logique de forcenés décidés à en découdre avec les peuples pour les asservir aux intérêts d’une poignée de riches. La finance dérégulée est prédatrice. Tout le monde le sait. De même que tout le monde a compris que le néolibéralisme nous conduisait droit dans le mur d’une catastrophe sans précédent, qu’inaugurera à très court terme l’explosion des cohésions nationales. Suivre cette logique est donc irresponsable. Dans le bouquet des mesures proposées, une analyse vaut la peine d’être soulignée, tant les néolibéraux républicains comme ceux du PS se sont acharnés à nous faire croire le contraire. L’économiste Olivier Allain a étudié de près les moteurs de la croissance en Europe et en France. Ce qu’il observe, c’est que la part des salaires dans les revenus nationaux ne cesse de baisser. Ce qu’il démontre, c’est que le niveau d’emploi n’y est jamais corrélé à la liberté du marché et que les économies nationales ne sont jamais tirées par les profits qu’à la marge. Ce qu’il prouve c’est qu’en réalité la baisse constante des salaires, et tout particulièrement en ce qui concerne l’Allemagne, moteur de cette Europe moribonde, empêche tout redressement des comptes nationaux. Ce qu’il établit, c’est que la concurrence des bas salaires et des bas coûts de productivité qui favorisent la demande extérieure, ne fonctionnent que pour les économies les plus dévastées de l’Europe : les autres économies ne sont tirées que par les salaires. La politique menée par les néolibéraux républicains et ceux du PS interdit ainsi toute sortie de crise. Au point que la seule question qui demeure valide est celle de savoir pourquoi les néolibéraux veulent nous maintenir dans un état de faillite permanent. Et la réponse est simple : la crise est un outil de domination des peuples, un instrument de gestion politique autoritaire de ces mêmes peuples.

 

Sortir de l'impasse, Appel des 138 économistes, éditions LLL, novembre 2016, 224 pages, 18 euros, ean : 9791020904072

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 10:02

La (f)Rance électoraliste, celle qui vote, à peu près la moitié des inscrits et un peu moins de la moitié des français en âge de voter, a donc choisi de plonger le pays réel dans la promesse d’une cure d’austérité sans précédent. Il n’est que de lire le programme Fillon pour s’en convaincre : «libérer l’économie ?» Son programme ne s’entend que d’une baisse des charges patronales, d’une baisse des impôts des plus riches -suppression de l’ISF, pour raviver la fumeuse théorie du ruissellement selon laquelle plus les riches s’enrichissent plus les pauvres ont de chances de voir leurs conditions de vie s’améliorer, alors que le tournant pris dans les années 1980 tenait précisément à ce que les riches ne savaient plus quoi faire des dividendes monstrueux qu’ils avaient tirés des revenus du pétrole, sinon inventer la financiarisation de l’économie mondiale pour s’assurer des dividendes plus colossaux encore, ce qui ne cesse d’arriver année après année, plongeant tout le reste du monde dans une misère sans précédent… Baisse de la protection sociale, casse des services publics, la plus grande jamais promise en France, recul de l’âge du départ à la retraite, alors que l’espérance de vie en bonne santé des français ne cesse de reculer –elle est de moins de 62 ans aujourd’hui, en attendant que la bombe alimentaire n’explose et ne la fasse reculer encore sous la pression de l’industrie agro-alimentaire que Fillon se promet de libérer de normes qui déjà ne parvenaient pas à empêcher que l’agriculture française ne soit l’une des plus polluée du monde… Et l’on en passe et des meilleures…

Conservateur Fillon ? Il lui faudra alors affronter cette contradiction d’un homme qui ne cesse de faire allégeance aux institutions de l’UE, lesquelles n’ont de cesse de s’attaquer aux peuples européens… Affublé d’un gros nez blanc, cette couleur du drapeau français héritée des pires heures de notre histoire, Fillon au fond ressemble à Hollande, le candidat au gros nez rose qui n’a cessé de fossoyer l’espérance qui l’a porté au pouvoir. Qu’attendre en effet de l’homme qui déclara que "le patriotisme est la seule façon de transcender nos origines, nos races, nos religions" ? «Nos races» !... Sinon qu’il nous propose une continuité historique que nous connaissons bien et qui est celle des opprimeurs : Sarkozy, Hollande, Valls, Fillon, en attendant Marine, leur ultime révélation. Celle d’une France pénitentielle, qui est l’expression de cette forme exclusivement électoraliste de notre liberté politique que les médias tentent de nous revendre une énième fois non sans réussite : la pseudo gauche n’a-t-elle pas déjà mordu à l’hameçon en agitant la marionnette Juppé pour faire barrage au spectre Fillon ? L’électoralisme,  cette forme antidémocratique que défendait naguère le théoricien néo-fasciste Carl Schmitt, s’apprête à rejouer en 2017 son jeu malsain. Nous aurons donc la peste et le choléra. Car notre histoire est ailleurs, et ne pourra naître que d’une déchirure du tissu historique. Contre cet électoralisme nébuleux, il nous faut habiter les brèches de leurs discours insanes. Cette démocratie pénitentielle que nous promet Fillon sera à la mesure de l’horizon tracé par Valls : tragique. Alors laissons les médias beugler leur victoire : leur énorme bêtise à front de taureau, comme l’écrivait Baudelaire, mobilisera certes demain les éléments les plus violents de notre société, certes, ces temps d’interrègne seront plus dangereux que jamais, mais ce pouvoir agonise. Fillon en est le signe morbide supplémentaire, qui réactive les formes les plus archaïques du contrôle social.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 09:31

Los Indignados. Tout part de là -et ne converge pas vers Podemos. Los Indignados… L’expérience argentine en toile de fond, celle de l’insurrection de 2001 et du collectif Situaciones. Dans la foulée des concerts de casseroles, à Buenos Aires s’étaient levées des assemblées de voisins qui occupèrent les places. Puerta del Sol donc. Les indignés campent. Le 15-M prend forme. Non, le terme est impropre : le 15-M était un rhizome, est un rhizome qui a survécu aux défaites de Podemos et a trouvé dans le municipalisme espagnol la ressource d’engendrer une nouvelle étape de la contestation populaire. L’heure espagnole, aujourd’hui. Celle Des luttes en cours. C’est cette fabuleuse histoire en train de s’écrire que raconte Ludovic Lamant. Au-delà des figures que les médias aiment à nous jeter en pâture pour nous faire taire : Ada Colau, Manuella Carmenala, Iglésias… La bourgade de Ciempo plutôt, Madrid, Barcelone… C’est cette histoire en cours dont il essaie de dresser un premier bilan, celui de plateformes citoyennes qui se sont constituées pour tenter de changer les choses, ici, maintenant. Rupture avec la rigueur, hausse des dépenses sociales, revenus minimum municipaux... Une histoire dont Podemos crut pouvoir tirer profit électoralement, arguant de la faiblesse (réelle) de ces contre-pouvoirs, avant de devenir la bouée de sauvetage d’une pseudo-démocratie aux abois. C’est cette histoire des villes espagnoles qui ont fait sécession que nous raconte Ludovic Lamant, des villes rebelles qui tentent de refonder le débat démocratique. Des villes dont les citoyens se sont mobilisés pour créer, là, tout de suite, d’autres institutions. Une autre manière d’administrer le Bien Commun. Une histoire qui a essaimée en Europe, comme à Naples, ou dont on trouve des aspirations éparses, comme à Saillans en France, dans la Drôme. Expérimenter la sortie du système libéral à l’échelle communal. L’hypothèse municipale en somme, qui est depuis 2014, peut-être la voie de contestation la plus convaincante. Où forger un nouvel imaginaire politique. Où passer d’un processus destituant à un processus constituant. Où fabriquer les instruments de la reprise du pouvoir politique. Partout en Espagne des villes citoyennes se sont soulevées en 2015. Cinq capitales régionales sont notamment tombées, et c’est près de six millions d’espagnols qui expérimentent aujourd’hui cette démocratie locale. Sans parler des mairies de changement qui tentent ici et là d’instaurer un exécutif différent, soit 80% de la population espagnole ! Qu’importe l’issue pour l’heure, qui est à la mise en commun des idées, des pratiques. A l’ouverture d’espaces métissés politiquement, où l’on avance sur des objectifs concrets et non des idées abstraites. Une expérience, nous dit l’auteur, qui n’est pas sans attache, renouant avec l’esprit de l’insurrection de 1931, quand des villes se soulevèrent joyeusement, à l’occasion de carnavals débridés, pour proclamer la République qu’on leur refusait. Renouant avec ces années 1930 qui virent fleurir partout la forte inventivité anarchiste. Pas Podemos donc, surtout pas Podemos, qui a perdu un million d’électeur entre 2015 et 2016 sans guère s’interroger sur cette hémorragie, et s’est transformé en parti d’opposition assurant les carrières des uns et le silence des autres. Un tour d’Espagne des villes rebelles donc. Réjouissant. De villes qui ont rompu avec le mythe de l’incarnation de la volonté populaire. «Nous ne sommes pas représentables», y clament leurs citoyens. Et nous voulons en finir avec l’élu-roi. Des villes où les comités de quartier forgent partout de nouveaux outils de participation. Des villes où l’on n’occupe plus les places, mais les institutions. Un mouvement dont nous sommes loin en France, tentés par un Podemos à la française, où la France Insoumise résumerait bien mal, dans ses urnes, l’élan de Nuit Debout. Peut-être nous reste-t-il Rennes, la révoltée, aux avant-postes de la fabrique du citoyen de demain…

 

Squatter le Pouvoir, les mairies rebelles d’Espagne, Ludovic Lamant, Lux éditeur, 4ème trimestre 2016, 222 pages, 16 euros, 9782895962175.

 

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 10:55

En France, les politiques, les médias et les réseaux sociaux ne cessent de propager l’idée, fausse, que les classes populaires auraient porté Trump au pouvoir. Des foules anonymes, sans espoir, exaspérées par l’arrogance des politiciens de l’establishment. Un vote de protestation en quelque sorte, plus que d’adhésion. Le vote de populations peu instruites, facilement abusées, aisément gagnées par une communication hypocrite. Des foules sans avenir, sinon sans passé, qui forment depuis la nuit des temps les cohortes ignorantes grosses de tous les fascismes à venir… Des foules qu’il faudrait entendre sinon comprendre –on sent poindre là tout le mépris des classes instruites à l’égard des classes populaires… Elles ont voté Trump ? Rien d’étonnant : la vulgarité du personnage serait à la mesure de leur inculture. Masses frustres, incultes, dangereuses, seul vrai péril de nos démocraties, portées par nos fiers démocrates, qui n’auraient manqué en somme que de pédagogie. Ah, cette fameuse pédagogie des réformes nécessaires que l’on nous ressert de décennie en décennie pour nous donner à penser que les américains, que les français, n’ont rien compris à leur époque, qu’ils ne savent pas, c’est tellement compliqué, comment vivre dans ce monde mondialisé dont ils ont peur. Ah, cette peur populaire rétrograde, thème chéri de la classe politico-médiatique des pays dits avancés. C’est tout juste, à entendre cette classe d’écornifleurs, s’il ne faudrait pas organiser une thérapie nationale pour arracher la populace à sa peur obscurantiste. Et Valls d’en rajouter sur ces peurs tellement enfantines qu’il nous faudra bien construire un jour notre propre mur pour rassurer ceux qui, demain en France, voudront voter Marine Le Pen… Et Sarkozy de camper sur les terres de Trump en se félicitant de la bêtise populaire qui pourrait bien le porter de nouveau au pouvoir… Et les médias de sauter à pieds joints dans cette boue immonde pour se gaver de mépris à l’égard de ces pauvres désorientés qu’il faudrait éclairer encore et encore…

Et qu’importe si les résultats montrent que Trump a été porté au pouvoir par les classes instruites en fait… Avec pour dénominateur leur couleur de peau : les blancs ont voté massivement Trump. Les « ruraux » blancs certes, beaucoup. Mais aussi la classe moyenne riche. Ah, la classe moyenne… Que devons-nous entendre par là, quand en France son concept est galvaudé ? Catégorie fourre-tout au spectre si large chez nous, qu’on y a intégré les classes pauvres pour les faire disparaître de la statistique nationale. Tour de passe passe ignoble dicté à l’INSEE pour gommer de notre imaginaire la classe ouvrière… De quelle classe moyenne parle-t-on donc, s’agissant des Etats-Unis ? Non la nôtre, mais ces classes instruites encore une fois, sensibles aux promesses de ré-enrichissement du candidat Trump –non de ré-enchantement, qui est une pente discursive typiquement française… Car ce sont les classes instruites qui ont porté au pouvoir Trump. Non les classes populaires. Ce que les médias taisent soigneusement. Falsifiant l’Histoire en omettant par exemple de nous dire en tout premier lieu que l’abstention aura enregistré un score incroyable lors de cette élection, son plus haut niveau même depuis ces quinze dernières années : c’est presque un américain sur deux qui ne s’est pas déplacé ! Précisément, massivement : ce sont les classes populaires qui ne se sont pas déplacées, parce qu’elles savaient, elles, qu’il n’y avait rien à attendre de ces élections. Parce qu’elles savaient, elles, que le ticket HillaryTrump n’était que de la poudre aux yeux. Des classes finalement éclairées sur l’issue d’un vote qui a porté au pouvoir le leader des Démocraties Totalitaires qui partout dans le monde avancé prennent le pas sur tout espoir.

Et quant au vote populaire qui a soutenu Bernie Sanders, il s’est évaporé, refusant d’apporter son soutien à Hillary. Qui donc pourrait en vouloir à cet électorat de refuser qu’on lui refasse le coup de Tsipras, fossoyant la colère légitime du peuple grec ? Ou de vouloir refuser la logique Podemos -qui a perdu 1 millions d’électeurs entre 2015 et 2016, à vouloir dérouter la colère du peuple espagnol vers leurs urnes carriéristes. Que penser du reste ralliement «agitateur» de Bernie Sanders et Elizabeth Warren à Trump, offrant leurs services au prétexte de réformer la vie politique américaine, au prétexte de l’aider à mettre hors de capacité de nuire l’establishment médiatique ? Sécuriser la classe pauvre, lancer de grands travaux d’infrastructure, mettre fin aux guerres, réformer la santé… Belles paroles ! L’heure est grave, certes. Mais au point de ne donner pour seule issue à la colère populaire qu’un vague projet d’Union nationale qui ne sera jamais qu’une stratégie de défaite supplémentaire ? L'essentiel, pour les médias français, c'est que l'hystérie anti-Trump devienne l'arbre qui masque la forêt. Haro sur les pauvres, les incultes, il faut sauver le système à tout prix, pour que l'an prochain on puisse leur refaire le coup du front républicain...

 

lecture instructive :

New York Times, Election 2016: Exit Polls

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