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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 09:38

Popovic fut l’un des activistes à l’origine du mouvement Otpor («Résistance»), qui fit tomber Milosevic. Depuis, il enseigne l’activisme non violent à l’Université de New-York et parcourt le monde pour enrichir cette expérience qu’il a fini par partager avec tous les mouvements d’émancipation contemporains, en particulier dans les pays arabes. Avec ce livre, il tente de récapituler son expérience et son savoir pour livrer des conseils aux gens ordinaires qui voudraient changer le monde. Comment du reste ? En commençant petit nous dit-il, comme à Belgrade, où tout a commencé par un pochoir qui en une nuit couvrit les murs de la ville. Un simple pochoir d’un poing ganté de noir, en mémoire de ceux brandis par Tommie Smith et John Carlos aux J.O. de Mexico, en 68. Un simple pochoir et le lendemain, la ville s’éveillait autre déjà. Un espoir était levé. Inutile d’affronter la police, nous dit Popovic : elle est trop bien préparée, trop bien armée. Pas la peine de porter sur le devant de la scène un leader charismatique : cette grammaire n’appartient pas aux luttes réellement émancipatrices. L’humour pour clef, le rire comme seule arme, comme pour ce lâcher de dindes dans les rues de Belgrade, qui vit la police se ridiculiser à tenter de les attraper toutes… Les anecdotes sont savoureuses. Popovic nous apprend l’art du canular, celui de formuler des objectifs restreints que l’on peut tenir et non d’engager un combat que l’on sait perdu d'avance, ou de courir à la remorque de belles idées généreuses, mais abstraites. Il faut commencer petit et choisir le bon combat, quand on veut finir grand. Et Popovic de rappeler que Gandhi ne demanda pas d'abord l’indépendance, mais se battit pour le sel. Une cause simple, apolitique en apparence, qui touchait la vie de tout le monde et permit d’impliquer tout le monde, de mobiliser tout le monde. Et c’est bien le sel qui perdit les britanniques. Il faut mener des batailles au plus près de ce qui touche le plus grand nombre. A San Francisco, Milk finit par le comprendre et connut le succès dès lors qu’il s’attacha d’abord à combattre le calvaire quotidien des déjections canines sur les trottoirs. Pour en dérouler ensuite le fil et révéler la vraie cause du mal qui gagnait les citoyens de San Francisco. Mais ce sont les crottes des chiens qui lui permirent de se les rallier. Or la seule force dont nous disposons, c’est notre nombre. Et derrière chaque problème, aussi minime soit-il, chaque obstacle au mieux vivre, c’est tout le fil de la domination néolibérale que l’on peut dérouler. Mais il nous faut d’abord des petites victoires. Bloquer le cours normal des choses. Créer ensuite un réseau, puis une coalition, puis un programme. L’analyse qu’il nous livre du mouvement américain, Occupy Wall Street s’en trouve dès lors très instructive pour nous qui avons vécu un mouvement trop proche d’Occupy. Popovic le décortique, montre déjà à quel point le choix du nom du mouvement était fautif : 99% aurait été plus parlant. Tout comme était vain ce choix de commencer un mouvement qui se devait d’être de masse, par une occupation de place. D’entrée de jeu. Tout comme à Paris, Place de la République : Nuit Debout tout comme Occupy a pris comme nom une tactique, et tout comme Occupy a choisi de commencer par l’occupation d’une place publique, quand par exemple la Place Tahir n’a été occupée qu’au terme de deux années de luttes… Or l’occupation est une arme qui ne peut se montrer payante qu’en fin de course. Elle est la dernière étape de la lutte, non son origine. La dernière ligne droite d’un parcours révolutionnaire…

Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, petit et sans armes, Srdja Popovic, éditions Payot, traduit de l’anglais par Françoise Bouillot, août 2015, 286 pages, 15 euros, ean : 9782228913751

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 09:37

«Nous» : les français. Presque tous les français et non plus seulement ceux de la France insoumise ou ceux de Nuit Debout. Par dizaines de millions, à l’exception de cette frange minoritaire qui ne veut pas rompre avec une Vème République consternante. Nous ne sommes plus gouvernables, parce que le jeu politique de cette Vème est arrivé en bout de course. Tout le monde le sait. Bien qu’ils soient nombreux, parmi nos élus, à tenter de nous faire croire qu’un simple dépoussiérage la sauverait. Pour sauver leur peau, n’en doutons pas, et celle d’une poignée de nantis. En pariant par exemple sur l’apathie de foules tenues en laisse par cet outil de domination qui jusque-là a fonctionné tant bien que mal : «la crise» et son «nécessaire» corollaire : l’austérité. Mais tous, nous savons tous, y compris nos députés, nos sénateurs, tout ce personnel politique parasite, que ces élections n’ont plus de sens : quel que soit le vainqueur, la France sera ingouvernable. Que l’on en juge plutôt : si Marine Le Pen parvenait à la magistrature suprême, elle plongerait aussitôt le pays dans une crise profonde. Pas même le risque d’une guerre civile, mais celui d’une crise majeure des institutions de cette République introuvable. Quelles serait sa marge aux législatives ? Nulle. Fillon ? Bien que crédité de moins de 20% d’opinions favorables dans des sondages si truqués que plus personne n’y croit, il pourrait se hisser au pouvoir suprême à l’occasion du second tour et par la supercherie du front républicain. Mais il ne lui resterait qu’à gouverner par la force, cette violence sans nom qu’il nous promet déjà. Macron ? La marionnette du CAC 40 ne dispose d’aucune structure politique capable de le maintenir au pouvoir. Quid des législatives avec lui ? Ses grands écarts ne peuvent que le contraindre à s’allier aux uns contre les autres et aux autres contre les uns. Comment gouverner ce radeau de méduses ? Hamon ? Le PS a scié la branche sur laquelle il est assis. Hamon ne peut parvenir au second tour. Il le sait. Ce n’est pas sa fonction du reste. Il est là pour contrer Jean-Luc Mélanchon. Reste le candidat des Insoumis donc. Qui est en passe de se qualifier pour le second tour, mais qui ne pourra compter sur aucun front républicain : pour les politiciens de Droite et ceux de la Nouvelle Droite socialiste, mieux vaut Marine Le Pen que Mélanchon. Imaginons pourtant l’impossible, tant la dynamique de sa campagne est prometteuse : quid des législatives ? Sa seule chance serait l’émergence d’un fort mouvement citoyen. Son espérance. Mais en si peu de temps ?... C’est là toute la contradiction de son projet : appeler à une 6ème République en jouant le jeu de la 5ème. Nous savons tous que les institutions de la 5ème ne le permettent pas : imaginez-vous sérieusement le Parlement réuni à Versailles voter son suicide ? Comment, dans ces conditions, en finir avec la «monarchie présidentielle» qui laisse tellement les coudées franches à l’oppression et la corruption ? Suffit-il de se travestir en Président de cette 5ème pour en finir avec elle ? Sans mouvement citoyen fort, Mélanchon plongera lui aussi le pays dans une crise sans précédent. En France, finalement, on fait toujours tout à l’envers. La démarche constituante n’est jamais venue du sommet que pour nous enfermer dans de fausses issues politiques. Ou le provisoire d’une espérance vite démentie, comme ce fut le cas pour la 5ème, dont le Général de Gaulle se posait déjà la question de la survie dès le milieu des années soixante ! Comment en sortir en outre, quand ses instruments sont essentiellement liberticides ? Aucun autre acteur de la vie politique que le Peuple français ne pourra donner de réponses institutionnelles à cette question. Mais malgré la contradiction du projet Mélanchon, ce dernier est le seul qui soit réellement confronté à la nécessité d’associer le Peuple à sa démarche, car sans lui, il ne pourra rien. Il ne dispose d’aucune base législative pour avancer. Tous les autres candidats fourbissent déjà les armes de leur trahison. L’appel à la Constituante ne peut ainsi procéder de l’élection présidentielle : elle ne peut que résulter de l’émergence citoyenne. Sans elle, la crise des prochaines législatives défera Mélanchon. Certes, depuis plusieurs années, partout en France ont surgi des initiatives citoyennes. Le terrain n’est donc pas vierge. Mais le timing est court. Finalement, le vrai enjeu sera celui des législatives.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:51

La première édition datait de 1946, la seconde de 1969. Mais Obama l’évoquant, un regain d’intérêt se fit pour cet auteur oublié. Les récentes démarches citoyennes que l’on a pu connaître en France s’en sont inspirées, à mille lieux des fausses revendications d’Obama… Le «rebelle» de Chicago est ainsi revenu à l’honneur, raison de cette nouvelle publication.  Moins rebelle qu’agitateur au demeurant, et finalement moins agitateur que militant, ayant passé sa vie à réfléchir sur les manières de mobiliser et d’organiser les mouvements locaux autour de problèmes collectivement identifiés. Un livre de témoignage et de méthodes donc, pour coordonner l’action citoyenne. Et de méthodes inspirées de l’expérience de Saül Alinsky lui-même, qui passa sa jeunesse à structurer les quartiers pauvres de Chicago pour en faire émerger des dynamiques de contre-pouvoir. Une expérience qui, en effet, a pu aider ici et là et dont on a vu courir le fil, de Nuit Debout à Stop le contrôle au faciès. Comment construire un rapport de forces ? Quel pouvoir assumer ? Comment sortir de la logique de guichet qui individualise la domination ? Quel leadership accepter ? Comment libérer une parole vraiment collective ? Comment décider ? Autant de questions qui ont traversé le mouvement social qui a émergé en France depuis un peu plus d’un an. Qu’est-ce que s’organiser, donc ? A cette question, Saül Alinsky répond très clairement : c’est s’entendre sur des objectifs concrets, non des grands principes abstraits. Et c’est partir du vécu des gens, non des études accumulées. Et la ligne doit être de partir de leurs normes, de leurs valeurs, de leurs codes pour libérer leur parole en restaurant d’abord leur dignité, pour occuper immédiatement le terrain de la contestation en mettant en place des solidarités concrètes, là encore. Manger, dormir, boire. C’est-à-dire revenir toujours au concret de l’énonciation sociale de chacun.

Radicaux, réveillez-vous ! Saül Alinsky, Le passager clandestin, 15 euros, mars 2017, 316 pages, ean : 9782369350538.

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 08:54

A Fillon, Macron, Marine Le Pen, au fond que leur reproche-t-on ? D’avoir piqué dans la caisse. Ces trois-là ne sont pas bien finauds au demeurant : ils risquent une mise en examen, quand ils sont des centaines à piquer tranquillement dans les caisses de l’état sans risquer le moindre désaveu ! Des caisses alimentées par un trésor national : la Caisse des Dépôts. 500 milliards d’euros ! Dont 250 milliards d’actifs… ça donne des idées, non ? Alors tout le monde –politique- pique dans cette caisse, depuis des lustres : sous Mitterrand déjà, le président n’avait qu’un mot à la bouche : la Caisse paiera. Notre argent ! Sans aucun contrôle démocratique sur l’usage qu’on en fait. Pourquoi se priver dans ces conditions ?  La Caisse, se sont nos régimes d’assurance, notre épargne, notre retraite, le développement des collectivités territoriales, le logement social, ramené en France à la portion congrue : que voulez-vous, on ne peut pas financer en même temps le logement social et la corruption politique. Il faut choisir, et nos élus ont choisi… de s’en mettre plein les poches. Littéralement. L’argent des autres… Depuis des années. La Caisse ? Un salon mondain. Tous y appointent, y font leur classe, apprennent à magouiller, à prélever. Tous viennent y placer leurs copains, au point qu’ils l’ont même baptisée la Caisse des copains… Notre argent. Administré comme un empire financier privé. Plaçant ses billes –restons dans le vocabulaire ordurier- partout où ça rapporte comme partout où il faut éponger les erreurs d’énarques incompétents. Du parc Astérix à la cité de la mode, en passant par LVMH, Quick, Veolia… La Caisse des copains, c’est un salaire moyen honteux, auquel s’ajoute des primes en veux-tu en voilà, un intéressement, des allocations diverses, y compris familiales bien sûr : la famille, c’est sacré –parlez-en à Fillon. La Caisse des potes, c’est théoriquement un plafonnement des salaires à 350 000 euros/an. Mais comme l’avoue notre personnel politique, on ne vit pas avec 350 000 euros par an. Du coup, on déplafonne à loisir et nombre de cadres supérieurs de cette vénérable institution touchent plus de 650 000 euros annuels... La Caisse, c’est Bpifrance, une  banque d’investissement dite «publique», qui se jette sur tout tous les projets possibles et où 604 fonctionnaires disposent d’une voiture de fonction et dont le coût du parc automobile a été chiffré à 6,6 millions d’euros en 2015… La Caisse des petits boulots planqués, c’est une augmentation des salaires de 23% en 2016, qui faisait suite à celle de 15% en 2014… La Caisse, c’est le refuge des conseillers de l’Elysée, le club des bons amis des présidents, où l’on dénombre pas mal de journalistes venus se remplir les poches, de Libé au Figaro. La Caisse, c’est le secours ultime des plans les plus foireux –restons vulgaire : elle ne mérite pas autre chose cette république qui nous emplit chaque jour un peu plus de dégoût !

La Caisse, enquête sur le coffre-fort des français, Sophie Coignard, Romain Gubert, Seuil, janvier 2017, 248 pages, 19,50 euros, ean : 9782021244236.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 10:51

On s’attendait à entendre Luc Ferry parler tout d’abord d’amitié, mais c’est par le mot «Travail» que débute son cours. Certes, on sait l’attachement des philosophes au travail humain, le lieu même de notre émancipation. Il existe de très belles pages de Hegel sur le sujet. Mais ici, on sent opérer un glissement sémantique dans la réflexion de Luc Ferry, du philosophique au politique. Un glissement qui ouvre finalement son propos à des leçons de société plutôt que de morale, où l’engagement idéologique se laisse percevoir sans difficulté. Le premier CD s’ouvre donc sur la question du travail, mais pour fustiger l’idée de revenu universel. On voit à quel bord l’on touche. Un CD qui se clôt sur le mot «argent», dont il faudrait qu’enfin nous ne nous sentions plus coupables d’en gagner tant. Encore faudrait-il pouvoir en gagner… Et dans le contexte de la révélation du niveau de corruption atteint par la France, cette réflexion est bien piquante… Quel choix de mots nous sert donc Luc Ferry ? Le mot «Education», par exemple, se voit rejeté bien loin dans ce dispositif intellectuel. A l’avant-dernière place du premier CD, juste derrière «Animal», lui-même précédé de deux notules concernant la laïcité. Loin donc, du «jeunisme» par exemple, et de la question de l’âge. Un choix caractéristique des intérêts intellectuels de l’auteur pour ce Moi somptuaire que le libéralisme n’a cessé de promouvoir. Somptuaire et libertaire, centré sur lui à un point tel, que faire monde en est devenu l’horizon pathétique. C’est moins en philosophe que Luc Ferry intervient qu’en idéologue et ses mots sont moins ceux de la philosophie que ceux de la vie politique française contemporaine, ceux d’une élite qui tente de nous convaincre qu’il n’y a pas d’autre issue que celle du libre-échange, de la concurrence sous toutes ses formes, de l’épiphanie grotesque de soi et de la destruction créatrice chère à Schumpeter. C’est que Luc Ferry combat pour le salut de son âme néolibérale, érigeant au rang de vérité incontournable l’antienne de Schumpeter puisque, définitivement, la logique du capitalisme ne peut être que celle de l’invention permanente. Il faut bien que l’ancienne offre meurt, n’est-ce pas, pour céder la place à de nouvelles demandes… Dessinant ainsi un monde sans «Altruisme», l’avant-dernier mot du dernier CD, renvoyé si loin parce qu’il ne sert à rien, qu’il est vain, obsolète, pire : il ne fait que crayonner, au mieux, l’orbe d’un univers tragique. Il est pourtant des rapprochements symboliques dans ces CD, qui ne manquent pas d’éclat : juste avant ce mot, Luc Ferry parle ainsi d’ «Autonomie », le tout dernier. Curieux couple dans cette société néolibérale où l’être humain n’est plus qu’un moyen très imparfait de satisfaire nos désirs. Curieux couple lexical où l’on serait tenté, a contrario, d’affirmer qu’au vrai, c’est l’altruisme qui scelle la possibilité de l’autonomie. Mais c’est à une autre aventure narrative qu’il faudrait nous convoquer. Tout comme il n’est pas inintéressant de découvrir que le mot qui suit immédiatement celui de «travail» est «peur»… Il y a en effet une horreur économique qui ne peut qu’ouvrir à la peur, sinon la terreur. On est bien sûr loin, là, de la pensée de Luc Ferry, simplement désolé, en bon néolibéral, de cette période de transition «révolutionnaire» que nous vivons, au cours de laquelle les destructions l’emportent sur les créations. Patience, nous conseillerait-il, demain, bientôt, un jour, sûrement, tout s’arrangera. Ne vivons pas dans la peur donc -encore un mot dont nous devons défaire notre vie, tant la peur avilit. Finalement, ces leçons sont vraiment intéressantes, qui prennent moins le pouls de notre société que celui de nos élites, enfermées dans une idéologie dont elles ont le plus grand mal à nous convaincre désormais.

 

Les mots de la Philosophie, 72 définitions, Frémeaux et Associés, 3 CD

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:16

Présidentielles 2017, le scénario est en place. Fillon, Marine Le Pen, Macron : ce sera vraisemblablement l’un des trois qui l’emportera. Mais quel que soit le gagnant, le résultat sera une catastrophe pour nous, ce «nous» que les médias et les deux droites de gouvernement n’ont cessé de ravager au fil de leurs législatures. Une catastrophe parce qu’ils n’auront aucune légitimité réelle : l’élu ne rencontrera pas l’adhésion démocratique, sinon à la marge, ce dont les législatives nous donneront vite la confirmation, malgré un mode de scrutin obvié, qui ensevelit sous des tonnes de mauvaise foi tout espoir d’une vie politique «civique». Car ne nous trompons pas : l’incivilité est, en France, essentiellement le fait des institutions de la Vème. Et pour le reste… Macron ? Ironie du sort, c’est beaucoup de Hollande qui aura alors gagné. Macron, l’inspirateur de sa politique, qui nous laisse un chômage record malgré le bidouillage des données. Macron le candidat des patrons, de la finance, de la casse sociale… Macron, le candidat des médias et de la nomenklatura qui préside depuis les débuts de la Vème république à notre pitoyable destinée. Fillon ? Mis en examen, il ira jusqu’au bout pour éviter la prison. L’homme de l’ultra-libéralisme n’a qu’une vision désormais : dévoyer plus encore une Constitution pourtant taillée pour toutes les forfaitures démocratiques. Marine Le Pen ? La fin de la démocratie, sans avoir même à changer une ligne du texte de la Constitution française, puisque la Vème permet toutes les dérives autoritaires. Pas sûr, dans ces conditions, que l’on puisse se relever d’un tel déversoir. Il n’y aura pas d’espoir en 2022, parce que cette guerre civile que nous promet Fillon aura tout emporté et parce que cette guerre civile, nous l’aurons perdue. Depuis la mort de Malik Oussékine (7 décembre 1986), il faut être bien aveugle pour ne pas voir à quoi notre police s’est militairement préparée. Alors si le calcul de Hamon et de Mélanchon est d’attendre qu’on y voit plus clair, de laisser filer cette élection au prétexte que les forces démocratiques ne seraient pas prêtes, prises de vitesse qu’elles sont, au bout du compte ils n’auront fait que nous jeter dans les bras d’une aventure tragique. Nous sommes à un tournant historique. Nombreux sont les français à en prendre conscience. Bien davantage qu’on ne l’était en 1981. Car jamais le Pouvoir n’aura été aussi proche de déchirer le voile qui en dissimule la vérité pour affirmer au grand jour son néofascisme, dans lequel nous baignons déjà et dans lequel les médias français nous ont traînés, comme on traîne une réputation dans la boue. Les médias... Entre les mains, en France, d’une poignée de milliardaires, faut-il le rappeler ? Ils sont les grands acteurs de ce tournant néofasciste, les alliés objectifs de Marine Le Pen, qui n’ont cessé de faire circuler ses idées, ses slogans et ses mots, comme ont pu l’observer de nombreux universitaires travaillant sur la vie politique française. Des médias qui ont totalement ou peu s’en faut, verrouillé notre vie politique, qui sont allés jusqu’à racheter des instituts de sondage pour falsifier notre image, et qui ont fini par réduire à rien la société française, sinon au vide sidéral qui la recouvre. Cette journaille que stigmatisait à juste titre un Karl Kraus au temps de la montée du nazisme, déjà impliquée dans le pire, toujours impliquée dans le pire lorsqu’il s’agit de réfléchir le monde. Un empire, qui a pris le pouvoir, qui a volé nos consciences. Il y a urgence en effet : dans deux mois le sort aura décidé, contre nous, de notre avenir. Certes, il y a une petite chance pour que Mélanchon se trouve en bonne position pour cette présidentielle. Mais parier là-dessus serait aventureux. C’est précisément cette aventure que nous ne voulons pas risquer. Que les vraies Gauche se rassemblent !

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:54

Dernière étude du Cereq en date : la formation professionnelle diplômante, sur laquelle tous les candidats ou peu s’en faut se ruent. Et pour cause : dans l’idéologie qui est la leur, inspirée par l’idée d’innovation destructrice de Schumpeter, selon laquelle l’innovation étant le moteur du capitalisme, il faut sans cesse se former pour rester inventif ou dans la dynamique de sa loi, on comprend pourquoi la formation est un tel enjeu. Qu’en est-il pour la région PACA se sont interrogés les chercheurs du Céreq. A priori, elle apparaît comme un réel outil de lutte contre le chômage des jeunes et des adultes. Toutes les études d’impact le démontrent. Avec deux bémols : d’une part les stagiaires qui ont suivis ces formations, s’ils se voient bien proposer un emploi, cet emploi reste la plupart du temps en CDD, et d’autre part, bien que disposant de compétences supplémentaires, leur niveau de rémunération a plutôt tendance à… fléchir ! Il semble au final que la seule préoccupation des Conseils Régionaux soient de réfléchir uniquement en terme « d’employabilité », quelles que soient les conditions de rémunération… En outre, ce que révèle cette étude particulièrement circonstanciée, c’est que les formations professionnelles diplômantes bénéficient surtout aux stagiaires déjà diplômées, ratent ainsi une partie de leur raison d’être ! Ainsi la précarité non seulement ne recule pas, mais devient une sorte de norme à laquelle il faudrait nous habituer…

Céreq, revue Bref, Bulletin de Recherches Emploi-Formation, n° 352, mars 2017, issn 2116-6110. www.cereq.fr

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:26

Luc Ferry, ancien Ministre De l’Education Nationale, philosophe, s’est interrogé d’une curieuse manière sur l’économie dite collaborative, en prenant pour modèle achevé de cette forme d’organisation airbnb, sinon Uber, et en posant essentiellement la question de savoir si elle traduisait une fin du capitalisme, oubliant au passage que, plutôt que d’inscrire une sortie du modèle capitaliste, cette économie collaborative s’était d’abord consignée dans une attitude de défiance à l’égard du fonctionnement du modèle capitaliste dans ses dérives néolibérales. Défiance quant à nos consommations alimentaires par exemple, et ces produits clairement empoisonnés sortis tout droit de l’industrie agro-alimentaire française, défiance ouvrant à une réflexion éthique et politique pour chercher, ici, maintenant, des solutions partielles à l’intérieur d’un système mortifère, sans lui tourner pour autant le dos. Economie de solutions donc, de fonctionnalités, l’économie collaborative s’est ainsi développée dans les plis du système capitaliste, dans ses interstices, non pour le révolutionner mais pour ne pas en subir trop frontalement les conséquences funestes. Un aménagement en somme, en attendant des jours meilleurs. Il s’agit ainsi plus d’un tissu économique en peau de léopard où privatiser quelques moments de sécurité et de libertés, que d’un modèle alternatif et moins encore d’une rupture. En outre, son périmètre sociologique, pour peu qu’on veuille bien en tenir compte, révèle à soi seul ses conditions de faisabilité et les bornes de son horizon politique. Qui ne sont en rien celles de l’uberisation du monde justement. Car avec Uber, on a affaire à un modèle beaucoup plus obsolète que ne l’imagine Luc Ferry et qui renvoie plutôt à celui de l’esclavagisme. Sur ce point, son enthousiasme trahit les limites d’une approche exclusivement philosophique, qui aurait besoin d’un sérieux correctif sociologique. Prenons Uber. Luc Ferry évoque la concurrence singulière faite aux chauffeurs de taxi comme le symptôme de sa geste, attisant les foudres de ces derniers, conçus comme représentants d’un vieux monde, leur révolte s’apparentant à son idée à celle des canuts contre les machines, sincères mais déjà condamnée par l’histoire en marche. Mais dans la réalité, qu’avons-nous ? La colère des chauffeurs de taxi contre cette concurrence déloyale n’était pas le phénomène social le plus intéressant à observer dans le cas d’Uber. En grève, les chauffeurs de VTC ont mieux révélé la logique de ce modèle : celle d’un esclavage moderne. Ils parlent du reste d’humiliation, d’un rapport salarial effarant, travaillant pour 3,75 euros de l’heure pour un patron qui peut les jeter, littéralement, du jour au lendemain sans avoir de comptes à rendre à quiconque… La marchandisation de la vie aboutit au fond à cette forme d’assujettissement dont on voit mal en quoi elle constituerait une avancée. Pour le reste, en prenant airbnb pour parangon, Luc Ferry là encore manque de recul sociologique pour en analyser la vraie dimension : imaginez des appartements des « tecis » en ligne sur la plateforme… Vous comprendrez alors le sens de l’offre mise en place et ses limites. La marchandisation de la vie est pour l’essentiel un retour à une forme d’économie servile pour les plus pauvres, un agrément pour les plus riches.

 

PENSER LE XXIÈME SIÈCLE - LA TROISIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE - LUC FERRY

ÉCONOMIE COLLABORATIVE, TRANSHULANISME ET UBERISATION DU MONDE

Direction artistique : Claude Colombini et Patrick Frémeaux / Editorialisation : Lola Caul Futy

Label : FREMEAUX & ASSOCIES

Nombre de CD : 4

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:45

Les hommes politiques français sont des veaux. Pour paraphraser de Gaulle. Pas les français, contrairement à ce que prétendait ce dernier, dans leur exigence de transparence qu’une Mame vilipende avec tout le mépris dont est capable un élu aux abois, après en avoir elle-même rappelé l’impératif, mais appliqué aux classes modestes et pauvres bien sûr… Fraudes à la sécu, fraudes aux RSA, quand des milliards sont détournés jour après jour des comptes de la Nation pour satisfaire la suffisance d’une poignée de nantis. Mame comme Fillon, comme Valls, comme Marine… Allez, réalisons, dans l’ordre : Hollande ? Aux abonnés absents. Il squatte l’Elysée. Une première dans notre histoire : président vacant de la Vème décidément aussi peu ragoûtante que ne l’étaient ces pseudos Républiques qui l’ont précédée et qui ont toutes agonisées dans le déshonneur. Hollande ? Un président fictif, accroché à une fonction que son obstination ridiculise. Valls ? L’homme du 49.3 débarqué par les siens. Mais toujours en lice. Son gouvernement ? Toujours aux affaires. Jusqu’au bout accroché à ses prébendes. Ministres sans vergogne godillant une Loi que leur candidat se promet d’abroger ! Une première là encore, dans l’histoire républicaine ! Comme si de rien n’était, ils décrètent, égrènent article après article leur acharnement à détruire la Nation qui les a portés au Pouvoir sur un autre projet, en attendant d’afficher demain leurs nouveaux mensonges. Décidément, cette Vème est bien nauséabonde… Hamon ? Il jure de tourner la page de l’épisode sinistre en reconduisant aux mêmes postes les mêmes sinistres faquins ! Quelle farce ! Fillon, le candidat de l’autre droite ? N’en parlons même plus : sa femme vient de lui asséner le coup de grâce. Les rats quittent son navire. L’homme du discours moral se réveille K.O., étendu net par la force de frappe de son bien peu de moralité. Marine ? La taiseuse de l’affaire Fillon, la fille du château, empêtrée elle-même dans ses propres affaires financières douteuses… Penchée au-dessus de la même soupe, il lui reste encore à vomir sa bile raciste pour espérer faire la différence. Macron ? La baudruche des patrons en chasse de dividendes… Quel spectacle ! Tous accrochés à leur cassette... Ces gros sous qu’il faut dissimuler à présent. Tous occupés à inventer de nouveaux écrans de fumée, ces longs discours baveux sur l’état de la France, sur la nécessité d’introduire plus de morale dans la vie politique, dans la vie sociale, dans la vie économique… Sur la nécessité de faire rendre gorge à cette France d’en bas qu’ils méprisent tant ! A ces nantis de la Sécu, du RSA, du chômage… Les hommes politiques français sont des veaux qui voudraient nous conduire gentiment à l’abattoir. Des irresponsables qui ont déserté les seuls vrais chantiers qu’ils auraient dû ouvrir contre la misère sociale, la misère économique, la misère politique, la catastrophe écologique, contre cette précarité immonde dans laquelle ils ont précipités des millions de leurs compatriotes ! Leur violence est inouïe. Leur arrogance sans borne. Leur duperie totale. L’affaire Fillon en témoigne. Tout comme en témoigne cette «révolution» que nous promet Macron : le déchirement final de la Nation française dans l’abandon des populations exténuées ! Comment survivre à cette carte de l’oppression inique dessinée par nos Inquisiteurs ? Comment survivre à ce désastre ? Les veaux qu’ils sont ne voient même pas qu’un vent se lève, qu’une exigence se fait jour. Armés de leurs médias ils croient pouvoir surfer longtemps encore sur cette colère…

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:02

Electeurs socialistes, ne vous méprenez pas : ce n’est pas tant la victoire de Hamon que vous célébrez, que la défaite de Valls. D’un Valls dont l’électorat lorgne déjà du côté de Macron… ET votre large victoire n’est en réalité que la large défaite mérité d’un candidat stipendié qu’un électorat plus large et plus à gauche que le vôtre a tenu à sanctionner. Cette Gauche que ces prétendues «primaires de la Gauche» a largement contribué à émietter, brouillant autant qu’il était possible les lignes de front et d’espérances. Lui, président ? De quel rêve Hamon est-il réellement porteur ? Lui, président ? De quelles promesses aussitôt trahies par la nécessité de construire un périmètre de «rassemblement» ouvrant en grand les portes aux forces les plus réactionnaires de ce parti moribond ? Lui, président ? On connaît l’anaphore ! Quand il reste tant de Cambadélis et autres Cazeneuve a distiller cette idéologie de la trahison propre à la mouvance socialiste ! N’oubliez jamais, électeurs socialistes positionnés sincèrement à Gauche, que les frondeurs ont toujours reculé au moment décisif ! Et n’oubliez jamais d’où vous venez, pour que le socialisme dont vous parlez ne soit pas cette mascarade dont Hollande et Valls furent les courtiers. La Gauche n’est pas ce périmètre improbable que vous dessinez. Quelle fidélité choisira Hamon ? A ses électeurs, ou bien à ce parti dont l’histoire est jalonnée de trahisons ? Relisez vos manuels : à chaque fois que la France a traversé une grave crise morale, les socialistes ont trahi leurs idéaux de Justice et de Solidarité. Affaire Dreyfus, 14-18, Pétain, Guerre d’Algérie… Le 19 janvier 1898, le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale faisait paraître son communiqué, dans lequel on pouvait lire ceci : «Les capitalistes juifs, après tous les scandales qui les ont discrédités, ont besoin, pour garder leur part de butin, de se réhabiliter un peu»… Hier les juifs, aujourd’hui les musulmans… Pétain ? 170 députés socialistes le portent au Pouvoir, sous la conduite de Paul Faure. Et ne parlons même pas de la guerre d’Algérie : tout le monde sait. Hollande, Valls, s’inscrivaient dans cette continuité. C’est donc tout le Parti Socialiste qu’il faut balayer ! Le vent qui s’est levé et qui a dégagé Valls, ne le détournez pas !

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Published by joël jégouzo - dans Politique
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