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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 06:50

 

jean-genet.jpgLes éditions Gallimard ont réédité en 2010 les textes politiques de Jean Genet. Dont l’éblouissant Quatre heures à Chatila, écrit en octobre 1982, juste au retour de sa visite du camp de Chatila au lendemain des massacres perpétrés par les phalangistes, sous les yeux complaisants de l’armée israélienne.  Chatila dont il a parcouru les rues jonchées de cadavres. Jean Genêt déambule parmi les corps suppliciés, raconte. Le silence assourdissant des soldats israéliens qui bouclent Chatila, installés à quelques mètres du camp et qui prétendirent n’avoir rien vu, rien entendu.  Jean Genet raconte l’obscénité de la mort qu’il découvre à Chatila, l’infini épuisement des corps abandonnés dans la poussière des rues et qui ne peuvent rien cacher. Et l’armée israélienne, qui avait quelques jours plus tôt prévenu en secret les américains, les italiens, les français. Ces mêmes français qui venaient de se retirer lâchement à la veille des massacres. Quelle décision politique !

«J’enjambai les morts comme on franchit des gouffres».  Pendant trois jours et trois nuits les commandos supplétifs avaient œuvré. Trois jours et trois nuits sous les yeux de l’armée israélienne. Qui leur apportait les vivres, l’eau. Et éclairait le camp la nuit pour qu’ils puissent sans risques traquer la population civile. Trois longs jours et trois longues nuits. Et François Mitterrand averti qui laissa se perpétrer le massacre. Combien étaient les phalangistes, s’interroge Jean Genet ? Relevant la topographie des lieux, il note simplement qu’il leur fallait être nombreux pour infliger de tels dégâts. Et qu’au quatrième jour, les chars israéliens étaient entrés dans Chatila, bloquant les survivants, mais laissant filer les assassins. Jean Genet décortique les conditions de possibilité d’une telle horreur. Il note qu’à quarante mètres de l’entrée se trouve l’hôpital Acca, occupé par l’armée israélienne. Et partout ne voit que des corps suppliciés avant d’avoir été abattus. «Qu’est-ce qui n’est pas vain dans ce monde ? C’est à vous que je pose cette question, nous demande-t-il par-delà les âges. Vous voyez que c’est surtout vous qui acceptez les massacres et qui les transformez en massacres irréels. La révolte de chaque homme est nécessaire», conclut-il.

 

Jean Genet, L’Ennemi déclaré, textes et entretiens choisis 1970-1983, Folio, 7 octobre 2010, 304 pages, 7,40 euros, ISBN-13: 978-2070437863.

 

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 05:25
 
gouiran.jpg

La Vanne, un 27 janvier.  La garrigue par un temps glacial. La porte s’ouvre sur un visage connu. Mais vieilli.  Clovis en reste ahuri : Samia ! Chez lui, perdue au bout de son monde. Partie naguère avec François, plutôt que lui.  La vie séparée d’elle-même. D’un coup sa mémoire prend l’eau, submergée. Il l’avait revue en 1992, à Naples. Samia, qui tant hantait ses rêves. François a disparu, c’est la raison de sa visite. Grand reporter à la retraite, rebelle à l’info conventionnelle.  Il avait bossé autrefois sur l’Opération «Paix en Galilée» : les bombardements des camps de l’OLP par l’armée israélienne. En juin 82, Tsahal entrait au Liban. C’est là que Clovis avait rencontré François. Il se rappelle d’un coup Sabra et Chatila, l’immonde ghetto où l’on avait parqué les réfugiés palestiniens.  Et ses cadavres piégés pour tuer les survivants éplorés.  Il se rappelle les femmes éventrées, les nourrissons éviscérés, les vieillards torturés. L’armée israélienne avait donné le feu vert aux phalangistes pour perpétrer ce crime contre l’humanité. Resté impuni. Au lendemain du massacre des Innocents, on avait intimé l’ordre aux survivants de se rendre. Il ne leur serait rien fait. Ils furent assassinés. Clovis se rappelle alors le mot d’ordre de la conscience internationale de l’époque : édulcorer les faits. Soustraire Israël à sa responsabilité. François l’avait refusé.  Clovis se rappelle Samia en 82, qu’ils avaient découverte hagarde sur une plage non loin de Sabra. Une enfant, violée à de nombreuses reprises. François l’avait sauvée, ramenée avec lui à paris. Il se rappelle leur écœurement.  En 2012, lui raconte Samia, François travaillait sur la mémoire espagnole. L’arrestation d’une religieuse l’avait intrigué, tout comme sa mise en examen pour vols de bébés. Elle poursuivait ce vieux trafic d’enfants initié par le franquisme, qui ne prit fin que dans les années 90... Près de 150 000 enfants avait été volés en Espagne ! Un trafic qui impliquait une administration froidement criminelle. Médecins, infirmiers, éducateurs, policiers, assistantes sociales… Dans les années Franco, il s‘agissait de purifier la race, d’éradiquer la pègre rouge. Par la suite ce n’était devenu qu’un odieux trafic d’êtres humains. Une rapine monstrueuse. La religieuse avait nié.  Mais on avait pu prouver les faits. François était aussitôt parti en Espagne, Samia ignorait pourquoi.  Il avait accumulé des pages de témoignages sur ce trafic.  Avant de disparaître. Clovis décide donc de partir chercher son vieux copain, poursuivant bientôt une piste émaillée de meurtres… Gouiran poursuit son exploration des bas-fonds franquistes, et post-franquistes : car nous sommes toujours englués dans cette histoire sauvage qui ne cesse de faire retour, celle d’un XXème siècle qui n’a cessé de poursuivre son bon vieux rêve raciste. Pour preuves, le massacre de la population civile palestinienne cet été 2014. Le monde avait su pour Sabra et Chatila, mais de nouveau les palestiniens étaient la cible de massacres odieux. Tout comme le monde avait su pour la Shoah, mais l’avait laissée s’accomplir. Car tout se reproduit encore, dans de minuscules déplacements des ethnies concernées… Comment dénoncer, demande Gouiran ? Le monde doit savoir, mais pour éviter quoi au juste ?  Où dénoncer ? Le roman est-il le bon lieu de cette dénonciation ? Gouiran est pessimiste : le devoir de mémoire n’aura peut-être été qu’une machine à fabriquer des excuses pour les génocides à venir… Il y a pourtant quelque chose de beau dans cette écriture qui nous tend un miroir brisé de notre société. Qui s’emballe d’un coup, convoquant toute l’histoire contemporaine, qui aurait dû nous faire tellement mal déjà. 1974, le supplice des anarchistes catalans. Puig garroté. La place George Orwell aujourd’hui piquée de caméras de surveillance, comme une victoire sur le roman… Nous déplaçons sans cesse nos révoltes dans des formes acceptables, romanesques pour tout dire, quand il faudrait que le roman se fasse voyou pour ne pas ensevelir ses propres contenus. François a remonté le cours de son existence. Adopté lui-même, expédié en Bavière dans un lebensborn nazi… Hitler avait fait créer partout ses centres d’élevages d’êtres humains, y compris en France, comme celui de Lamorlaye inauguré par Himmler en personne le 6 février 44, propriété de la famille des chocolats Menier. Une histoire que nous avons tue, comme tant d’autres, pour nous recueillir complaisamment sur des devoirs mémoriels hypocrites. Maurice Gourian est pessimiste, je l’ai dit, qui ouvre peut-être à la seule vérité qui nous étreigne, dans cet hymne à la ville de Marseille qu’il esquisse, Marseille, ville imparfaite qui résume à elle seule nos possibilités et nos conditions d’existence.

 
L’Histoire des enfants volés, Maurice Gouiran, éditions Jigal, Polar, mai 2014, 240 pages, 18,50 euros, ISBN 979-10-92016-19-2.
 
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 07:07
 
Le-Royaume.jpgEmmanuel Carrère a cru. Ou voulu croire. Ou cru qu’il voulait croire. Mais il ne croit plus. Et peu importe : cela allait bien dans sa trajectoire d’écrivain. Y faisait sens. Offrant une nouvelle possibilité d’opus. Le Royaume donc. Qui s’ouvre sur la possibilité de la Résurrection. Moins une nouvelle manière de voir, ou de vivre, que l’occasion d’écrire encore. Un dispositif de fiction en somme. Emmanuel Carrère a voulu croire à "un truc" aussi "insensé" que la religion chrétienne. Et nous le conte. Plus qu’il n’enquête comme il le prétend. La feinte d’enquêter lui tenant lieu de forme et l’aidant à maintenir sa structure romanesque la plus ouverte possible. Comment cela a-t-il bien pu lui arriver ?, s’interroge-t-il donc. Des années plus tard nous livrant son sentiment, et ses raisons : la condition de possibilité du récit qu’il signe. Trois ans de ferveur. Voilà : un beau jour, il s’est mis à croire. Mais vraiment pas comme Claudel au pied de son pilier de Notre-Dame. Trois années de grâce, confie-t-il. On en doute. Alors il raconte. La providence. Casanova. L’histoire des premiers chrétiens. Sa culture surplombant l’ensemble, sinon l’étouffant. Pas trop la foi du charbonnier en quelque sorte. La sienne pourtant inaugurée dans un moment de crise. Why not ? Sa réflexion inaugurée tout d’abord par un curieux chapitre où il oppose la religion à la raison, oubliant Paul et son précieux enseignement. Il cherche vaguement d’où elle serait venue, évoque son enfance, l’adolescence d’un gamin riche, cultivé. Une famille distinguée. Il raconte. Aujourd’hui, le cynisme quincailler du milieu intellectuel parisien. Et puis un petit village au bout d’un sentier de montagne, un minuscule chalet et le vieux prêtre qu’il avait pris l’habitude de voir. La lecture de Jean et une phrase qui le touche un jour de plein fouet. Il écrit. Savamment. Se persuade. Enfin : à l’époque. Chaque jour un verset. Jean. Et ses trois années de «discipline» chrétienne. La foi qu’il s’impose. La lecture, la prière, ses propres commentaires des évangiles. Mais seule la littérature semble vraiment irriguer son anamnèse. La littérature, sa vraie consolation, solitaire au-devant du texte, cajolée, triomphante, mais qui ne scrute pas grand-chose et livre un être qui se refuse dirait-on à se laisser aller à l’aventure qui l’a convoqué. Nous offrant au final un récit fatigué, qui n’informe ni la foi ni la littérature et tourne autour de contritions puériles –l’auteur se désespérant que Dieu n’ait pas voulu faire de lui un Grand écrivain… N’est pas Dosto qui veut… Rien d’étonnant à ce que Carrère n’ait offert de Paul que la vulgate la plus plate, quand les textes des spécialistes étaient pourtant à la portée de son entendement. Rien d’étonnant à ce qu’il ait choisi pour matière Les Actes des Apôtres plutôt que la lecture assidue de Paul : une fiction que ces Actes, une legenda propre à émerveiller les hommes de peu de foi. Reste son bavardage érudit il est vrai. Et la pirouette finale, Carrère s’interrogeant sur le sens de ce livre : a-t-il trahi le jeune homme qu’il a été et le Seigneur auquel il a cru ? Sans conteste, non : Emmanuel Carrère semble n’avoir jamais cherché qu’à se contempler dans le mystère de la Croix.
 
Le Royaume, Emmanuel Carrère, éd. P.O.L., septembre 2014, 640 pages, 23,9 euros, ean : 978-2-8180-2118-7.
 
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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 05:50
 
biancarelli.jpgUne demeure de pierre où loge une femme. Folle. Et un homme, terré la plupart du temps auprès de l’âtre. Ailleurs, dans une taverne cuvant un mauvais vin, l’Infernu, ex-rebelle devenu tueur à gages. Secret. Sauvage. Comme l’est cette histoire de langue coupée, celle du frère terré dans sa maison de pierre. Une histoire corse. Peut-être. La sœur est venue engager l’Infernu pour régler enfin le compte des quatre salauds qui ont coupé la langue de son frère. Elle est venue trouver l’Infernu dans la taverne où il niche. Sans peur. Lui racontant son histoire et proposant le maigre pécule qu’elle a fini par réunir pour le payer. Les quatre, elle ne les connaît pas. Elle se rappelle juste qu’ils sont descendus un jour du sentier. Que l’un d’entre eux avait un œil bleu et l’autre violet et que son frère, enfant, gardait son troupeau. Ils maraudaient, défaits d’une rapine qui avait mal tournée et pour se venger, ils ont tué et volé quelques brebis avant de lui couper la langue de peur qu’il ne parle. Le visage lacéré, roué de coup, son chien abattu, ils l’ont laissé à terre, marqué à tout jamais. L’Infernu pèse la commande. Il est vieux, prématurément vieilli par la vie de carnages qu’il a menée. L’heure de l’héroïsme est achevée.  Il ne sait que ramasser ses souvenirs désormais. Se rappeler l’hiver de Waterloo. Leur fuite éperdue à travers l’Europe. Les mauvais comptes jamais réglés tandis qu’elle raconte sa famille de raclures, les cousins qui voulaient lui volait la maison de pierres sèches et le peu de terrain qu’il leur restait, à elle et son frère. L’Infernu l’écoute, la maladie vrillée au ventre qui ne lui laisse que quelques mois devant lui. L’homme aux yeux bigarrés, il sait. C’est l’histoire d’une violence hallucinée, la sienne, faite aux corses aussi bien,  depuis tellement longtemps. Il se rappelle la cour d’Etrurie, les salons de Livonne, l’Empereur vaincu, les Cent jours, les déserteurs toscans qui voulaient se battre avec eux.  Et entre ces souvenirs qui reviennent au galop comme une horde sauvage dispensant partout la mort, l’Infernu se rappelle qu’il se nommait jadis Ange. Ange Columba.
Les quatre, donc. Vieux ennemis. Des ombrageux. Sans pitié. Comme l’étaient leurs guerres quand ils fuyaient les bois toscans. Et leur traque par les troupes régulières. Ce temps des épopées à cheval jusqu’à cette embuscade où ils s’étaient battus comme des chiens pour survivre, révélant d’un coup leur nouvelle nature désormais. Alors oui, le temps est venu d’apurer tous les comptes. Il part avec cette femme rude la venger. Le bigleux. Le plus sadique des quatre. Son frère aîné, une force de la nature. U longu, le quatrième. Un tueur. Tous déroulés par l’Histoire. Comme lui. Encore que moins vaincus que disposés à l’être dans une vie qui fut comme un éternel baroud de peu d’honneur. L’Infernu. Le personnage est grandiose. Un bandit aux abois, ce genre de mercenaire que la grande histoire génère et abandonne sur son pitoyable chemin. L’Infernu sait qu’il ne fait pas le poids face à ces quatre-là. Mais il les tuera. Et elle avec lui, plein de la souffrance de sa mémoire meurtrie, harcelée par l’époque des hommes en bleu qui avaient investi l’île pour éventrer ses vaches et ses habitants, quand enfant, il jouait avec son frère à la guerre. Il se rappelle encore la conscription obligatoire qui ravageait l’économie du pays, et l’Armée des insoumis de Poli qu’il avait fini par suivre.
Biancarelli  signe un roman épique comme on n’en sait plus écrire. Relaté dans la langue du XIXème siècle, encore façonnée par le paradigme de l’Esprit Saint, où le peuple fait meute et dans laquelle le génie du pardon est très marqué. Une danse macabre envahie par la dureté du monde, ouverte à ces visions d’un fantastique réel où des oiseaux gigantesques perforent le ciel en nuées carnassières. Et l’on comprend le choix d’Actes Sud pour cette épopée aux allures de légende dans notre siècle sans inscription où l’Histoire est devenue une farce méprisable. Légende des Hautes terres, l’errance des hommes y campe brutalement. On songe à l’atmosphère du Roi Lear devenu fou au milieu de la lande. Des chiens de guerre s’y entredéchirent, vagabonds sans bannières, portés par un dernier souffle de survie. Ils chevauchent encore, mais sans destination, comme cette défunte troupe rebelle à laquelle appartint l’Infernu et dont il conte l’histoire. Leur pays est mort, il ne reste qu’eux, chaque un désemparé, fugitif perpétuel, l’étendard à terre et avec pour tout horizon que des chemins de nuit à parcourir. Que sauver de notre désastre ? «Il n’est nulle mémoire», affirme Biancarelli. Juste celle d’un récit qui ne nous sauve de rien, et la nécessité de tenter d’être vrai au jour de la grande épreuve.
 
 
Orphelins de Dieu, Marc Biancarelli, Actes Sud Littérature, coll. Domaine français, Août, 2014, 240 pages, 20 euros, ean : 978-2-330-03593-8.
 
 
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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 05:03
 
markaris.jpgLa Grèce, aujourd’hui, plongée dans un état comateux par une prétendue crise qui n’était pas vraiment la sienne mais celle des banques européennes. La Grèce en état de choc pour toile de fond du dernier roman de Petros Markaris. Un magasin sur deux a fermé. La Grèce n’est plus qu’un débris de nation. Des sections d’assaut sortent les immigrés de chez eux pour les tabasser à mort, avant de brûler les rares entreprises qui osent encore les employer. Une nuit de Cristal, qui s’abat jour après jour sur le pays. La haine est partout. Pour tenter de récupérer les derniers sous qui traînent dans les poches de ses concitoyens, la classe politique vient de décider la sortie du pays de l’euro. A la veille des fêtes de Noël, encourageant les millions de grecs plongés dans la misère à fêter le retour de leur monnaie nationale pour faire la nique à Angela… On vient donc de changer de gouvernement, pour retrouver à la tête du pays les copains de l’ancien. Qui décident aussitôt la suspension des salaires des fonctionnaires de la police pour une durée de trois mois… Tout en mobilisant ces forces abasourdies en prévision des troubles qui ne vont pas manquer de suivre… Le commissaire Charitos s’organise donc. Chez lui d’abord, pour accueillir la famille élargie : il faudra désormais vivre sous le même toit, une, deux, trois familles avec leurs enfants. Un genre de soupe populaire domestique se met en place. Finie la viande, régime haricots secs. A la crim’ du moins, n’a-t-il pas à penser la répression d’une jeunesse que rien ne peut empêcher de se révolter. Dont sa propre fille, que la fierté de son père accompagne, activiste d’une association qui vient de créer radio espoir pour contrer la propagande gouvernementale. Une fille qui va suivre de très près l’affaire qui lui est confiée : les meurtres de nantis au passé troublant, tous issus de la génération polytechnique, ces jeunes qui un beau jour de 1973 osèrent affronter la dictature pour se lancer à l’assaut de leur école. Réprimés durement, emprisonnés, torturés. Les trois personnalités assassinées avaient participé au mouvement avant de s’installer au pouvoir et trahir leurs idéaux de jeunesse. Charitos révèle les sales combines qui les avaient enrichis autour de l’attribution des chantiers des J.O. Des combinards donc, qui n’avaient cessé de bafouer le slogan de la génération polytechnique qui donne au roman son titre : «Pain, éducation, liberté». Un slogan qui, mot pour mot, redevient d’actualité dans cette Grèce de nouveau affrontée à l’une de ces sales pages d’une Histoire qui semble avoir anéanti à tout jamais toute promesse d’un monde meilleur.
 
Pain, éducation, liberté, de Petros Markaris, Policier, Seuil, traduit par Michel Volkovitch, 6 mars 2014, 253 pages, 21 euros, ean : 9782021125436.
 
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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 07:35

constellations.jpgNous gardons le souvenir des révoltes du siècle passé, voire du précédent qui, de la Commune de paris à Mai 68, ont modélisé notre idée du changement social et politique. Une mémoire certes, de nos insoumissions dans un monde qui nous a dépossédés de leur enseignement. Des luttes dissoutes dirait-on, par les mots d’ordre que nous a imposé l’ordre libéral-socialiste : son surtout plus d’histoire.  Lui qui voudrait avoir bouclé la fin de notre histoire dans ce régime de pseudo urgence (la crise)  et de plan de redressement à répétition qu’il a mis en place pour mieux nous asservir. Il ne faudrait plus faire de vagues, l’époque des luttes serait révolue, il ne faudrait espérer qu'en l’économie de marché, qui un de ces jours finira bien par répondre à nos besoins, promet cet ordre, tout comme la police garantira notre sécurité, Internet notre liberté et la transition écologique notre bonheur…

 

A rebours de tout ce qui se dit et s’écrit insidieusement dans la presse contemporaine, les histoires contées ici injectent du conflit dans cette fausse paix sociale à laquelle l'Etat peine de plus en plus à nous faire croire. Face à sa volonté de démission générale, elles jettent du trouble dans la transparence du contrôle. Des histoires de résistance, de dissidence, de voyage contre la réification des territoires, d’intelligence collective contre l’isolement de l’exploitation. Des histoires minuscules souvent, de jardins urbains, de serveurs web libérés, de zones à défendre, de complicités culturelles, de free parties, de lieux collectifs qui ont émergé sans prendre garde. Aucune exhaustivité dans ces récits, mais un décompte, un recensement qui ouvre un espoir, l’espérance retrouvée ici ou là des luttes gagnées et dont la force éblouie. Une constellation d’expériences où l’on peut lire en filigrane la question révolutionnaire. Invitant à penser que ce régime de pacotille s’effondrera de lui-même, de l’intérieur, comme celui des pays totalitaires. Une constellation de pratiques qui viennent refonder l’expérience révolutionnaire, non comme prise du pouvoir, mais son évidement. Il faut déposer le pouvoir plutôt que le prendre. C’est bien ce qui se dessine de ces milliers d’existences qui témoignent ici, embarquées dans leur drôle de révolution, leur drôle de défections. Des vies qui se sont liées les unes aux autres et à autre chose que la perspective de la prise du pouvoir. Des collectifs qui parfois se sont mis à vibrer ensemble pour produire un vrai tumulte social, qui semble s’être éteint du jour au lendemain. Voire. Car ce qui s’en dégage s’affirme comme profondément politique (polis) en venant se nicher dans l’intime des plis de l’existence (la zoê des grecs). Ces «résistances» ont affecté les gestes du quotidien pour les transformer en moments de lutte. Nous redonnant à penser ce que faire de la politique devrait vraiment signifier : moins s’engager dans une parole critique, politique, politicienne, que sur le terrain de la vie. Car nous ne pouvons plus attendre. Vivre et lutter c’est ici, maintenant. Non sortir militer. C’est ici : une offensive singulière, généralisée, qui ne permet plus d’identifier de sujet révolutionnaire. Il n’y a pas de Bastilles à prendre. Et peut-être même pas de mouvement politique à fonder. Le changement, c’est maintenant en effet, hic et nunc, c'est dans nos désertions quotidiennes qu’il opère. Nous contraignant à inscrire notre combat à même l’existence. Une inscription qui ouvre des voies inattendues, creusant, qu’on ne s’y trompe pas, les fondations mêmes de leur conception du politique. Certes ces luttes se lisent en pointillé, posant la question de l’organisation commune, qui ne peut se concevoir qu’en partant chacun d’où il est. Certes, il y a la nécessité d’en faire circuler la «morale» : cet imaginaire de lutte, de résistance, de dissidence, parce qu’il ne peut exister de havre dans cet ordre mortifère. Il faut montrer que partout des êtres explorent cet autre monde auquel nous rêvons presque tous. Et montrer que leur combat ouvre à des surgissements incongrus. Sans idéologie, sans programme, il ouvre des pistes, dessine des repères, esquisse des chemins. Ces chemins détournés en apparence, déroutant, auxquels songeait Michel Foucault quand il avertissait au sens que l’Histoire devait prendre entre nous, nous engageant à ne la tenir pour « effective (que) dans la mesure où elle introduira le discontinu dans notre être même». Il nous faut apprendre à rompre avec l’Histoire des historiens, si prompts à rapporter l’Histoire à leurs manies : l’avenir n’est pas lisible, ni dans notre présent, ni, dans notre passé. Arrachons donc notre passé au conformisme universitaire pour construire un avenir où l’inconnu n’aurait pas été éradiqué. Refusons la démarche de l’historien qui ne songe qu’à organiser les temps pour mieux les flouer. Ce livre donc, articulé en constellations, en pistes, en pointillés. Offrant au final une vision politique du monde qui établit clairement les rapports de forces, les fragments porteurs d’un changement imprévisible : celui de la ZAD du parc Mistral, celui des indignés, des antimondialistes, des fêtes sauvages, de Gênes en 2001, celui de la ZAD Notre-Dame-des-landes, du centre social autogéré de Toulouse, des autonomes italiens, des garages associatifs, des écoles, des crèches, de la maison de la grève de Rennes, de ce village ardéchois autogéré en commune libre, du collectif du plateau des Millevaches, de Tarnac, des créations de caisses de solidarité, de l’émergence du territoire numérique, de l’Indy media, ce réseau mondial de contre-information, de Jenga.org, de TOR, des TAILS, de tous ces lieux qui déjà encerclent les lieux du pouvoir pour les énucléer.

 

Constellations. Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle. Collectif mauvaise troupe, édition d el(‘éclat, avril 2014, 25 euros, 702 pages, ean : 8782841623518.

 

 

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 04:17
 
destruction-des-bidonvilles.jpgTout commence par une explication de texte : celle de l’arrêté du 29 mars 2013, pris par la municipalité de Ris-Orangis. Un arrêté démesurément long, incompréhensible, placardé sur les murs d’un quartier, fait pour ne pas être lisible. Une semonce. Sens unique à l’adresse des enfants du bidonville pointé, et qui se résume à un seul mot, une seule invective aussi brutale que vulgaire : «dégage !». En quelques heures effectivement, bulldozers et CRS vont précipiter une centaine de gens sur les routes. Avec pour seule volonté de les éloigner de Ris-Orangis. De quelques centaines de mètres. Le maire s’en contente. Et qu’importe où ils passeront leur nuit et les jours suivants. Il faut qu’ils dégagent. Femmes, enfants, vieillards… Sans se soucier des conditions de cet «éloignement», ni de ses conséquences. Un arrêté qui témoigne d’un programme bien réglé. D’une idéologie tranchée. Du fléchissement caractéristique du sens de la politique au niveau de nos élus : exclure, plutôt que composer du vivre ensemble. Douze familles vivaient à Ris-Orangis. Dans la précarité, et pour cause : au gré des expulsions, de la boue à la boue, tenues soigneusement à distance des services sociaux. Douze familles qui ont connu dix-sept expulsions en huit ans. Dans l’Essonne. Douze familles qui tournaient  autour de leur seul point d’ancrage : l’école. Obstinément. Par volonté d’y inscrire leurs enfants. De tenter de s’intégrer. Pour leurs enfants. Elles tournaient depuis huit ans autour de la même école. Leur faute. Parce que Rroms. Parce que Valls avait fini par décréter que leur vocation n’était pas de s’intégrer. Alors qu’elles se raccrochaient obstinément à cette école comme à une planche de salut. A l’école de cette République nauséeuse. Douze familles qui tournaient dans un périmètre relativement étroit, au gré des expulsions, pour tenter le pari impossible : scolariser les enfants. Mais avec l’arrivée du nouveau Ministre de l’Intérieur, elles étaient devenues l’objet d’une vraie persécution : inlassablement, les polices municipales leur dressaient jour après jour des contraventions qu’il leur fallait payer séance tenante. Pour cause de lumières défectueuses, de roues de vélo non conformes… La chasse ouverte, elles avaient dû se réfugier dans les sous-bois, les sous-sols. Outre-ville. Aux lisières, dans les talus d’autoroute. Toujours débusquées. Toujours maintenues à distance des services sociaux. Jusqu’à ce que la mairie comprenne que leur seul objet était l’école, et peaufine du coup sa stratégie. Il suffisait de tracer un périmètre d’exclusion autour de cette école. D’en interdire l’accès…
 
L’essai raconte comment, d’année en année, s’est perfectionnée cette persécution. Comment, d’une manière plus générale, en France, s’est perfectionnée d’année en année la conduite des pelleteuses chargées de raser les bidonvilles. Comment s’est perfectionnée la technique de l’expulsion. Comment tout cela petit à petit s’est professionnalisé, comment les gestes se sont stabilisés pour parvenir à leur maximum d’efficacité répressive. Il raconte l’art municipal d’accidenter les terrains vagues pour empêcher toute installation nomade. Il raconte comment toute cette violence à l’égard d’une population européenne s’est enrichie au fil des ans. Le savoir, l’expérience. Comment l’éloignement est devenu un programme politique. Idéologique : l’art de produire du rebut humain. L’art aussi de savoir l’exhiber, ce rebut une fois fabriqué, avec le concours des médias. L’art d’en faire une image aisément exploitable. L’ouvrage raconte cette guerre démilitarisée, ces violences légales faites aux yeux de tous. L’art de mettre toujours en mouvement les populations pauvres. L’art du harcèlement méthodique.
 
L’ouvrage raconte encore la construction des éléments de langage fournis aux maires de France par le cabinet du Ministre de l’Intérieur pour éliminer sans culpabilité ces populations clairement ciblées – les rroms. Il raconte comment le Ministère a permis aux maires et aux médias de tirer le meilleur parti de ces éléments de langage fabriqués par des énarques inspirés. Il raconte les conseils fournis clefs en main pour marteler le message de la république. Il raconte l’invention d’une stratégie déterminée pour passer sous silence les conditions de vie totalement indignes dans les campements, comment, armé des images fourbies de populations dépenaillées, errantes, communiquer sur l’idée d’une politique de restitution de la dignité humaine. Entendez bien : on n’expulse pas, on sauve des gens des affres des bidonvilles. Le démantèlement  des camps est devenu un impératif républicain qui sauvegarde la tranquillité des riverains et… la dignité des populations expulsées, puisque les conditions d’hygiène, dans ces camps, étaient telles qu’elles menaçaient leur propre santé –mais pas un mot, évidemment, sur leur exclusion des programmes des services sociaux…
Le livre explique comment, dans toute l’Europe, s’est inventée une xénophobie de proximité. Et dont l’inspiratrice zélée est la France, avec son invention d’un racisme différentialiste : ces gens-là ont un mode de vie si étranger aux nôtres qu’on ne voit pas comment ils pourraient s’intégrer... C’est Etienne Balibar, décortiquant cette municipalisation des opérations de répression, mettant l’accent sur le problème de l’hygiène et de la dignité qui pointe au fond le mieux cette stratégie de déculpabilisation nationale. Etienne Balibar soulignant le nombre invraisemblable de considérants, dans les arrêtés municipaux publiés, de paragraphes concernant l’hygiène, et qui finissent par révéler qu’au fond, dans l’inconscient national on fait de ces populations d’abord pauvres, des déchets toxiques dont on encourage la nation à se débarrasser…
 
 
Considérant qu'il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir : Sur l'art municipal de détruire un bidonville, de Sébastien Thiéry, POST EDITIONS, 13 mars 2014, 318 pages, 17 euros, ISBN-13: 979-1092616026.
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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 04:49
 
soweto-juin-1976.jpgMercredi 16 juin 1976. 8 heures du matin. Devant l’école Morris Isaacson, les élèves se rassemblent pour manifester contre la décision inique de Pretoria d’imposer l’afrikaans, la langue de l’apartheid depuis 1949, dans l’enseignement de l’histoire, la géographie, les mathématiques. Les élèves du lycée technique de Phefeni, en grève depuis trois semaines, les rejoignent. Ensemble, ils veulent investir le stade d’Orlando, marcher dans Soweto. La police quadrille les rues, lâche les chiens sur les enfants et, débordée, finit par tirer à balles réelles. Le premier enfant tué à 13 ans. Il se nomme Hector Pieterson. Assassiné dans le dos. Un photographe, Sam Nzima, prend l’image de d’Hector agonisant dans les bras de l’un de ses camarades : Mbuyisa khubu. On relèvera ce jour-là 575 morts. Des enfants. Un massacre. Un massacre d’enfants. Un massacre que Paul Dakeyo ne pourra plus jamais oublier et qui traverse de part en part la mémoire de cet hommage rendu à Monsieur Mandela. Un hommage qu’une cinquantaine de poètes déclinent, essentiellement francophones. Des voix que nous ne savons pas entendre d’ordinaire, de Côte d’ivoire, du Cameroun, de Mauritanie, du Congo Brazzaville, des voix habituellement tues par le glacis éditorial et médiatique. Des voix francophones pour faire entendre derrière le nom de Mandela l’immense révolte de l’Afrique noire. « Madia, Madiba. C’est la chanson des Zulus et des Xhosas », comme l’écrit Amadou Tidjane Tamé (Sénégal). Mandela réapproprié par cette Afrique aux dimensions de l’univers, Mandela dont le nom résonne comme un écho puissant, un cri offert à l’épreuve, le nom des hommes qui ont rejoint le camp de la Justice, de ceux qui maintiennent encore l’élan moral d’une humanité à la peine. Et nous rappellent au passage cette place que le français aura occupé dans les révoltes populaires. Soweto ! Soleils fusillés, comme se rappelle Dakeyo, ces enfants assassinés par centaines. Des voix qui célèbrent cette jeunesse jamais anéantie. Cinquante poète pour chanter l’Afrique du Sud, devenue le paradigme des luttes pour la liberté. Dans un monde toujours en proie à l’injustice, de voix quis e sont faites guetteur de l’aube ou du dernier soleil, l’ancien royaume Zulu comme une porte ouverte sur un chemin de résistance. C’est quoi l’humanité ? La marche est à reprendre, toujours.
 
 
Monsieur Mandela, poèmes réunis par Paul Dakeyo, éd. Panafrika – Silex / Nouvelles du Sud, mars 2014, 368 pages, 20 euros, ean : 9782912717955.
 
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 09:49

 

edouard_glissant.1296932093.jpgChant Quatrième

 

Péripétie

 

La Traite. Ce qu'on n'effacera jamais de la face de la mer.

Sur la rive occidentale de l'Afrique, les marchands de chair font provision. Pendant deux siècles le fructueux trafic, plus ou moins avoué, fournit les Iles, le Nord de l'Amérique, et à moindre proportion, le Centre et le Sud. C'est un massacre ici (au réservoir de l'Afrique) afin de compenser le massacre là-bas. La monstrueuse mobilisation, la traversée oblique, le Chant de la Mort. Un langage de déraison, mais qui porte raison nouvelle. Car aussi le commencement d'une Unité, l'autre partie d'un accord enfin commué. C'est l'Inde de souffrance, après les Indes du rêve. Maintenant la réalité est fille de l'homme vraiment : née des contradictions qu'il a vécues et sucitées.

 

les Indes, Edouard Glissant, éditions Falaize (créées et dirigées par Georges Fall, son premier éditeur en France), 70 pages, juillet 1956, avec des eaux fortes de Enrique Zanartu, tirées dans l'atelier de S.W. Hayter, à Paris, erxemplaire sur Fleur d'Alfa.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 04:23

 

vinci.jpgSous toutes les formes possibles, on n’en finit pas de recenser les éditions qui s’emparent de Léonard de Vinci, pour proposer chacune sa vision de cet homme exceptionnel. Ingénieur, poète, peintre bien sûr, les angles d’approche sont multiples et tout ce qui porte la mention «Vinci» se vend, le meilleur comme le pire. Cadeau culturel par excellence, son mythe fait l’objet d’une attention et d’une transmission dévotes. Sans doute parce que, plus que tout autre, il représente l’incarnation même du génie universel. Sans doute aussi parce que cette croyance du génie naissant par génération spontanée plutôt qu’au terme d’une longue maturation, est typiquement française. Artiste, savant, découvreur, on n’en finit pas d’en arpenter l’universalité. D’autant que l’homme n’a pas négligé de laisser derrière lui énormément de traces, jusqu’à tenir la stricte comptabilité de ses dépenses quotidiennes. Alors s’il vous vient à l’esprit d’offrir l’un des multiples ouvrages qui lui est consacré, choisissez donc de préférence sa biographie par Carlo Vecce. Voilà qui vous changera des poncifs habituellement servis sur l’homme. La minutie incroyable de ce travail biographique, sans réel précédent, offre en effet une image plus subtile et plus contrastée du talent de Vinci. Opportuniste et pressé, n’hésitant pas à se mettre au service des tyrans, le plus remarquable de cette personnalité est moins sa vitesse d’exécution que sa hâte à conclure. Cette dernière le conduisit souvent à bâcler (génialement certes) son travail, comme pour certaines de ses fresques, pour lesquelles il expérimenta de nouvelles techniques qui ne tinrent pas… C’est que l’homme était impatient : son rendez-vous avec la postérité lui soufflait à l’oreille d’accumuler les créations.

 

 

Léonard de Vinci, Carlo Vecce, Flammarion, coll. Grandes biographies, 3 septembre 2001, 400 pages, 18 euros, ISBN-13: 978-2082125345.

 

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