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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 09:43
L’Emploi des jeunes issus de l’immigration : double peine !

La dernière étude publiée sur la question en décembre 2015, celle du Céreq, montre très clairement que les jeunes issus de l’immigration maghrébine se trouvent confrontés à des difficultés beaucoup plus grandes pour accéder à l’emploi que les autres. En outre, parvenus à cet emploi, ils occupent des postes de moins bonne qualité et à qualification égale, se voient moins bien rémunérés que les autres, pâtissant très clairement d’une pénalité liée aux origines de leurs parents, pénalité qui s’aggrave au fil des années… Yaël Brinbaum, du Centre d’études de l’emploi est formelle : une véritable ségrégation est à l’œuvre les concernant. Et avec les jeunes issus de l’immigration subsaharienne et les rroms, ils sont les seuls à connaître pareille situation en France ! Ségrégation résidentielle et scolaire se conjuguent au racisme latent des employeurs pour leur fermer l’accès à l’emploi… Dans la France du XXIème siècle, la discrimination à l’embauche est ainsi bien réelle, qui se traduit par un désavantage qui se maintient après sept années de vie active. Quant à ceux, 40% soit presque 1 sur 2, issus tout à la fois de l’immigration et vivant dans des foyers d’ouvriers, sous-représentés dans les filières d’apprentissage, qui voudraient «s’en sortir» coûte que coûte, la France, leur patrie, ne leur réserve statistiquement que de longues périodes de chômage, des emplois précaires sous-payés et le plus souvent à temps partiel pour seul promesse d’avenir… En somme, seule l’instabilité professionnelle jalonnera, et pour longtemps, leur parcours dans la vie active ! Les diplômés issus de cette immigration, eux, devront se rabattre sur des emplois qui ne sont pas à leur niveau de qualification. Et à diplôme égal, ils n’auront curieusement que peu de chance d’entrer dans la Fonction Publique : majoritairement, ils occuperont des postes en CDI et/ou temps partiel. En termes de rémunération, 32% de ces jeunes perçoivent des salaires inférieurs au SMIC et seuls 15% d’entre eux se verront rémunérés au-dessus du salaire médian. Ils n’auront en outre majoritairement droit à aucune promotion ni augmentation de salaire. Rien d’étonnant alors à ce que les études révèlent une grande frustration sociale et professionnelle, puisque à terme, ils ont plus de risque que tous les autres jeunes français d’occuper toute leur vie un emploi sous-qualifié et sous-payé, la «pénalité maghrébine» à l’œuvre dans notre belle République révélant son visage particulièrement nauséabond…

Les débuts de carrière des jeunes issus de l’immigration : une double pénalité ?, Bref de Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), n°341, décembre 2015, issn 2116-6110.

www.cereq.fr

Published by joël jégouzo - dans Politique
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 06:03
«L’insurrection commencera par une crise de larmes planétaire»

(Le comité invisible). Nous avons perdu. Tous nos acquis ont été bafoués. Nous avons voté socialiste, les socialistes nous ont trahis. Des révoltes sporadiques, fragiles, inattendues, ont bien certes agitées la sphère sociale. Des insurgés sont morts, tués par les forces de police. Il faut le garder en mémoire : tués par le pouvoir socialiste (Rémi Fraisse). La colère gronde bien, mais une chape repose sur nous et plombe tout espoir de voir ce monde se transformer dirait-on. Pourtant, partout dans le monde des insurrections éclatent. Et l’on sent bien qu’en France il suffirait d’un rien pour qu’une sourde colère ne se fasse explosive. Est-ce la raison de l’état d’urgence ? Sans doute, quand les spécialistes s’accordent à dire qu’il est un vain outil contre le terrorisme (2500 perquisitions musclées, 2 mises en examen sous liberté conditionnelle…). Sinon le signe d’une capitulation devant ses exigences. Une colère, des colères se font jour donc, qui pourraient mener n’importe où. Dans les bras du FN pour les uns, de la haine de l’autre pour nombre de français, encouragés dans cette attitude par des partis qui, pour sauver leur pouvoir, n’hésitent pas à promouvoir les discours les plus extrêmes. Partout nos échecs nous font mal et retentissent de ce que nous ne savons plus ce qu’est un vrai changement politique. Peut-être parce que dans le même temps, partout se sont levés les fossoyeurs du changement. Rappelez-vous la campagne de Hollande, rappelez-vous Tsipas, dont le seul souci était de liquider tout ombre de révolution en Grèce pour rassurer les banquiers allemands. Le changement français, en fait, c’était Valls : une marche à tombeau ouvert à la rencontre de l’extrême droite. Partout le mépris du peuple de cette fausse gauche s’est étalé à l’envi. Il est grand temps d’en finir avec elle. Grand temps de la laisser, seule, s’échouer, avec sa fausse morale républicaine, la même qui naguère jeta les français dans les bras de Pétain. Il est grand temps de nous mettre à l’écoute du monde, qui grouille plus que jamais de ces colères qui nous retiennent, de ces soulèvements dont on sent venir la houle immense. Et qui partout cherchent leur sens. Que nous manque-t-il au vrai ? Il nous manque de réaliser que la crise est devenue une méthode de gestion des populations. Un outil de domination des peuples. Il nous manque de réaliser que le Front Républicain est un piège dont on ne sortira pas vivants. Il nous manque de réaliser que nous sommes les morts-vivants d’une Apocalypse en trompe-l’œil. Notre civilisation est morte, mais nous n’en voulons rien savoir. L’Occident est une catastrophe pour l’humanité, mais nous n’en voulons rien connaître. Un vide béant s’est ouvert sous nos pas, sous nos révoltes, sous notre désenchantement. Qui nous fait voter Hollande pour nous sauver de Le Pen. Puis Jupé pour nous sauver de Le Pen. Puis Valls pour nous sauver de Le Pen. Puis Estrosi pour nous sauver de Le Pen. Puis Macron pour nous sauver de Le Pen. C’est dire le dégoût qui est le nôtre. Et ce dégoût est le fond du mouvement qui nous anime. Non pas un soulèvement, mais un haut le cœur. Le vide. Pas de programme. Mieux qu’un programme à tout prendre : nous touchons le fond, où ce qui importe, où ce qui est en jeu est de savoir ce qui justifie nos vies. Moins la polis que la zoê. Quelque chose qui est de l’ordre du regard que l’enfant pose sur le monde : n’importe quel enfant sait ouvrir les yeux sur la nullité éthique de l’occident. Il nous reste à construire ce regard. Ethique. Il nous reste à construire nos révoltes. Ethiques et non politiques. Il nous reste à ne pas sombrer trop tôt dans le champ du politique, à lui résister même, à le refuser. Car ce qu’il faut construire, c’est une autre idée de la vie ensemble. Ce qu’il faut imposer, c’est une autre idée de la vie. Habiter chacun pleinement sa vie, ses relations à l’autre, plutôt que de devenir l’entrepreneur désespéré d’une vie pour soi. Il n’y a donc pas de société à détruire, comme l’affirme le Comité invisible. Il n’y a que nous et l’ensemble des liens par lesquels nous tenons à ce «nous» : un grouillement de mondes. C’est cela, la Commune : se relier, actualiser un certain niveau de partage qu’il faut inscrire dans un espace déterminé, pour ajouter au territoire la profondeur de l’humain.

À ceux pour qui la fin d’une civilisation n’est pas la fin du monde ;
À ceux qui voient l’insurrection comme une brèche, d’abord, dans le règne organisé de la bêtise, du mensonge et de la confusion ;
À ceux qui devinent, derrière l’épais brouillard de « la crise », un théâtre d’opérations, des manœuvres, des stratégies – et donc la possibilité d’une contre-attaque ;
À ceux qui portent des coups ;
À ceux qui guettent le moment propice ;
À ceux qui cherchent des complices ;
À ceux qui désertent ;
À ceux qui tiennent bon ;
À ceux qui s’organisent ;
À ceux qui veulent construire une force révolutionnaire, révolutionnaire parce que sensible ;
Cette modeste contribution à l’intelligence de ce temps.

A nos amis. Comité invisible, éd. La Fabrique, 21 octobre 2014, 250 pages, isbn : 978-2-35872-062-5

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 07:49
COP 21, victoire diplomatique, échec climatique ?

Il est bon de lire le document final de l’Accord de Paris. On y parle de « riposte mondiale » à la menace de changements climatiques, mais d’une riposte toute en prudence, où il est «demandé» d’engager, si possible, «des efforts ambitieux», de «chercher à parvenir» à un éventuel plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre et ce, «dans les meilleurs délais» pour «opérer à des réductions rapidement», sans précision de dates évidemment. Un document dans lequel il est «fortement demandé» aux Partis de «prendre des mesures», pour que «le niveau d’ambition soit le plus élevé possible». Une riposte, on le voit, très conditionnelle –la langue par excellence de la diplomatie. Partout du reste le conditionnel règne en maître dans ces pages. Les Partis «devraient», seraient «invités» à «faciliter», «permettre», «promouvoir», en attendant un premier bilan en 2023… On l’aura compris : rien, dans ce texte, ne passe la pétition de principe. Rien d’étonnant alors à ce que l’accord ait été signé : il n’engage à rien. Sa ratification est prévue entre le 22 avril 2016 et le 21 avril 2017. D’ici là, beaucoup d’eau boueuse aura coulé sous les ponts… Mais il faudrait tout de même saluer la diplomatie française d’avoir su conclure un accord aussi incertain. C’est un progrès, affirme-t-on. L’espoir d’une dynamique possible. Peut-être. Par les travaux qu’elle a générés, la COP 21 ne devrait pas être vouée aux gémonies. Car l’ampleur de ces travaux, en elle-même, marquerait un tournant. Historique. Une base de départ pour cette transition vers le monde bas-carbone sans lequel nous disparaîtrons. La COP 21 créerait même une feuille de route obligeant à penser la création de nouveaux modèles économiques. Difficiles à trouver au demeurant, puisque c’est dans le cadre d’un monde néolibéral qu’il faudra les inventer, et en sauvant les groupes industriels qui nous tuent… Tout de même : l’objectif de l’accord de Paris (article 2) serait bel et bien, écrit noir sur blanc, de contenir «l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Une victoire, un miracle. Même si l’accord ne prévoit pas que l’objectif soit atteint… Même si, de l’aveu de la communauté scientifique, ce sera de toute façon insuffisant pour enrayer la hausse des températures… On comprend alors qu’aux yeux de cette communauté scientifique, comme en témoigne Paul Watson, cet accord ne soit qu’un «conte de fées» : tous les partis ont en fait repoussé aux calendes l’idée d’un accord les engageant concrètement. Aucune action tangible n’est envisagée, et l’accord ne parle même pas des océans, dont le tiers est pollué par Fukushima, ni des dommages causés par l’industrie agro-alimentaire, sponsor, tout comme des transports, pour ne déplaire ni aux américains, ni à l’Arabie Saoudite… En gros : les chefs d’état n’ont rien voulu entendre. Et l’argument final développé par les plus fins commentateurs de l’accord, tel Alain Grandjean, rappelle curieusement le coup du front républicain : il serait en gros contreproductif «voire dangereux d’ergoter sur les insuffisances de l’accord de Paris », car ce serait «faire le jeu des lobbies qui jouent sur l’impossibilité de faire la transition». Pour nous sauver du pire, il faudrait accepter le moindre…

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 08:55
Front Républicain : le piège électoral est en place…

Les régionales sont derrière nous. Que faire ? Tout le monde a perdu. Sauf Hollande. Que faire ? Surtout rien. Poursuivre la droitisation de la société française. Contraindre les français au vote de résignation. Tarir toute velléité de choix politique. Tout le monde a perdu, sauf Hollande. Qui a bien manœuvré. Tuant la droite grâce au campement de Valls établi sur les terres du Front National, tuant la Gauche qui ne représente plus rien sur le plan électoral –elle vient de perdre plus de la moitié de ses voix!- et grâce au sursaut républicain, tuant toute vie politique saine pour se maintenir au pouvoir contre vents et marées. Quelle est la finalité de la politique ? Prendre et conserver le pouvoir. Tout le reste est littérature… Hollande l’a bien compris, qui poursuit, seul, son aventure politicienne. Délestant au passage la République de son peuple souverain, muselant, et pour longtemps, la société civile. Hollande a gagné. Sans programme, sinon celui du MEDEF. Sans vision. A quoi bon quand des éléments de langage suffisent à s’assurer une part raisonnable du marché politique ? Le piège est bien en place : en 2017, il faudra choisir entre Marine Le Pen et lui. Ou bien un autre, de droite, si celle-ci parvient à refaire surface. Pourquoi pas Estrosi ? Les français sont prêts à voter Estrosi pour faire barrage au Front National. Peu importe donc le futur candidat du Front Républicain, Hollande aura fait son job : défaire la souveraineté populaire, sauver les meubles d’une République insalubre. La victoire est amère. Le Front National, plus que jamais, dicte sa loi à la classe politico-médiatique : à droite, toute. Plus encore, s’il est possible. A mort les pauvres, à mort les immigrés, à mort les rroms, à mort le peuple français. Hollande a tué toute vie politique en France. Tout espoir de changement. Et après avoir trahi toutes les valeurs de la Gauche, il s’apprête à les trahir mieux encore. De phrases creuses en phrases creuses, l’indignité politique est à son comble en France. Seule lueur d’espoir : au premier tour, plus de 23 millions de français ont refusé cette mascarade.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 09:39
JE SUIS DE LA COULEUR DE CEUX QU´ON PERSÉCUTE

Trente ans d’échec titrait le dernier numéro du Monde Diplomatique. En France, la haine des pauvres a fait resurgir la bête. Celle des pauvres considérés comme des sous-hommes par l’idéologie néo-libérale. Un mépris qui s’est transformé en haine. A mort les pauvres. Que l’on ne compte plus du reste, tant ils sont nombreux. Nous vivons dans un état odieux, dans lequel des millions de gens sont chaque jour affrontés à la plus extrême misère. Dans lequel plus de 30 000 enfants par exemple, vivent à la rue. Dans lequel 35% des SDF sont des familles. Dans lequel les bidonvilles ont fait leur retour –de véritables villes selon l’état des lieux réalisé fin 2013 par la Délégation Interministérielle à l’Hébergement et l’Accès au logement (DIHAL). Des villes où la population, abandonnée à elle-même, s’est organisée et que l’état français s’acharne à démanteler sans proposer de solutions aux êtres humains qui les habitent, l’état se contentant de les chasser jour après jour (on appelle ça persécution), sans considération pour les enfants que leurs parents, au prix d’incroyables sacrifices et dans des situations aussi extrêmes, ont réussi à scolariser pour qu’ils apprennent notre belle langue française. Je vis dans un état odieux dans lequel on persécute des êtres humains au prétexte qu’ils sont rroms. Dans lequel on encourage le racisme anti-musulman. Je vis dans un état odieux où les politiques (Gauche-Droite) n’ont voulu voir dans la poussée des identités périphériques que l’expression d’un néo-communautarisme dangereux, au moment où les références nationales déclinaient. Je vis dans un état odieux dont les politiciens ont ressorti du plus infâme de leur chapeau le vieux schéma national-républicain pour affronter un prétendu déclin national et dans lequel les intellectuels se sont enrôlés pour mener cette guerre abjecte contre les pauvres. Je vis dans un état odieux où des décombres de l’état Providence a surgi l’état carcéral. Je vis dans un état odieux où la régulation des couches populaires passe par l’état pénal, plutôt que le redéploiement des richesses du pays. Je vis dans un état odieux ou le traitement sécuritaire s’est substitué au traitement social. Où le manège sécuritaire nous gave de fantasmes d’ordre pour précipiter l'électorat dans les bras de l’extrême droite par calcul politique. Je vis dans un état odieux où, pour masquer l’affaiblissement de la Puissance Publique, liée à la perte de sa souveraineté face à la Finance, on ne parle que de reconquérir des zones dites de non-droit, comme pour restaurer symboliquement l’autorité d’un état qui ne sait où faire la démonstration de sa force. Je vis dans un état odieux où le spectacle de la répression du Peuple souverain permet d’exhiber les signes de l’autorité d’un état qui ne contrôle plus rien. Je vis dans un état odieux qui a centré exclusivement l’approche sécuritaire sur la délinquance de rue et les zones urbaines en déclin, alors que dans le même temps, la délinquance en col blanc et celle de la Finance explosent. Je vis dans un état odieux qui continue de penser que "le changement" viendra de l’abandon d’un modèle social prétendument en faillite, alors qu’en vérité, il ne s’agissait pour lui que d’accompagner l’avènement du néolibéralisme dont le seul horizon était justement de mettre fin à l’état providence pour confisquer au profit des riches le Bien Commun et à long terme, de mettre fin tout court à l’état de Droit – on en voit se dessiner le modèle avec l’état d’urgence. Je vis dans un état odieux où l'état sécuritaire n’est pas la réponse à la généralisation de l’insécurité salariale, sociale, mais son fondement même : punir y est devenu la discipline du salariat précaire que le néolibéralisme a installé un peu partout dans le monde, en refusant de socialiser les classes pauvres pour les abandonner à leur misère. Je vis dans un état odieux où il ne s’agit du reste plus seulement de punir les pauvres, mais d’entraîner tout le corps social dans l’abîme sécuritaire et raciste qui signe le l’horizon néolibéral. Je vis dans un état odieux qui connaît la forme la moins enviable du néolibéralisme, celle dans laquelle l’accord sur les valeurs communes ne peut venir que de la coercition. De fait, les libéraux eux-mêmes devraient s’en inquiéter : la clique au pouvoir a fini par trahir jusqu’aux fondements du libéralisme philosophique, qui originellement articulait une conception morale du service de l’état, fondée sur la norme de l’égal respect des personnes. Une norme qui est entrée dans la pensée française, quelle ironie, comme réponse aux guerres de religion qui ravageaient le pays… Or voici que sous couvert d’une nouvelle guerre de religion l’on vient rompre avec cette norme. Car aujourd’hui, non seulement l’état français n’apporte pas de réponse aux problèmes que rencontrent les français, mais il est le problème lui-même, le fauteur de troubles publics qui divise, attise les haines et dresse des murs d’incompréhension. Alors pour toutes ces raisons, oui, je suis de la couleur de ceux qu’on persécute !

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 08:49
Il faut sauver la classe politico-médiatique…

Plus de 60%des français ont refusé de participer à la farce électorale proposée par le PS et les Républicains sous le titre : « faire cette année encore barrage au FN » -en attendant son remake l’année prochaine aux présidentielles... Plus de 60%, car au 50,09% d’abstentionnistes il faut ajouter les non-inscrits (« à peu près 3 millions », de l’aveu du Ministère de l’Intérieur –et on doit juste s’inquiéter d’une déclaration aussi imprécise), les votes blancs et les votes nuls. Ces 60% qu’aujourd’hui toute la presse s’emploie à stigmatiser, voire à rendre responsables d’une prétendue poussée du Front National (qui ne cesse en réalité de perdre des voix, plus de 400 000 très exactement entre 2012 et 2105, et qui de son propre aveu se trouve gêné dans sa progression par cette montée en puissance de l’abstention ou du refus de voter)… 60% des français en âge de voter ont donc refusé de voter, ce qui signifie que les trois partis concurrents ne représentent pas même le tiers des suffrages exprimés ! Alors pourquoi cette curée sur les abstentionnistes ? Pourquoi en outre tant de mensonges, comme le faisait France Inter il y a quelques jours, à nous faire croire que le FN rencontre l’adhésion de la jeunesse, quand 76% des français de 18 à 25 ans se sont abstenus ou ont renoncé à voter ? Pourquoi cette stigmatisation ? Pourquoi cette dramatisation ? Partout en France, avec l’appui des grands médias, l’on entonne le fameux couplet pseudo républicain : faire barrage au FN, réveiller les consciences, il s’agirait désormais de sauver… mais quoi au juste ? La démocratie ? Certainement pas : le système républicain autoritaire mis en place par Valls et Hollande est tout sauf démocratique. Une machine à confisquer la démocratie même. Non, ce qu’il nous faudrait sauver en fait, c’est la classe politico-médiatique, celle-là même qui depuis 40 ans nous assène jusqu’à la lie ses promesses de changement, murées dans la permanence de toute absence d’alternance politique. Haro sur l’abstention donc, qui serait la grande fauteuse, soit près de la moitié des électeurs, haro sur les non-inscrits que l’on oublie toujours au passage, haro sur les votes blancs, nuls, haro en somme, sur l’immense majorité des citoyens français qui ne goûtent plus la farce électorale que nous propose cette classe stipendiée que seuls ses avantages acquis sur nos défaites retiennent. Que faudrait-il sauver en somme, sinon ses avantages acquis ? Car à moins d’être aveugle, d’élection en élection, le seul constat que l’on peut faire, c’est que nos voix ne sont jamais prises en compte. Du coup, le moins que l’on puisse penser, plutôt que d’interpréter l’abstention comme une lâcheté politique ou le vote blanc comme refus des choix proposés, c’est que nous ferions mieux d’y voir un vrai geste politique : celui du refus du système représentatif français tel qu’il fonctionne, qui permet à un parti minoritaire de confisquer et la représentation nationale et le pouvoir exécutif (tout comme le pouvoir législatif grâce au furieux bidouillage de la programmation des élections législatives dans le sillage de l’élection présidentielle). Au fond, la réalité, c’est que la Vème République, conçue pour lutter contre le régime des partis, s’est muée en République des Partis. Alors certes, l’abstention ou le refus de s’inscrire sur les listes électorales, tout comme les votes blancs et nuls, ne traduisent pas un engagement politique. Ils pointent la place du vide effarant dans lequel est tombée l’irresponsabilité politique ambiante. Ils révèlent en outre une crise sévère, et par leur refus du système politique en place, ce jeu de dupe où le prétendu engagement qui consiste à déposer son bulletin de vote dans l’urne masque en réalité une passivité politique ahurissante dès la clôture du théâtre des élections. Ils révèlent ce grand vide dans lequel s’exerce le pouvoir politique. Un grand vide que rien ne comble, sinon des gesticulations obscènes et des éléments de langage hypocrites. Un grand vide qui rappelle au fond celui qui nous est apparu lors de la fin des dictatures de l’ex-Est, qui se sont écroulées sur elles-mêmes, sans révolution sanglante, dès lors que les peuples qui se trouvaient sous leur domination n’y croyaient plus. Surtout : ne croyaient plus à leur pouvoir de coercition. Si bien que cette Vème République à bout de souffle s’effondrerait comme un château de carte si nous lui tournions tout bêtement le dos.

Il faut sauver la classe politico-médiatique…

De Charybde socialiste en scylla frontiste…

Ce sera pire après, nous dit-on et nous n’aurons qu’à nous en prendre à nous-mêmes… Ce sera pire en effet : un cran de plus. La presse, qui n’était déjà plus vraiment libre mais aux ordres des nantis deviendra lige, mais cette fois au grand jour, sans avoir à le cacher, libre de dévoyer ce qu’aujourd’hui elle minaude. Ce sera pire, mais à tout prendre plein de promesses pour les lendemains du PS et des Républicains, qui en connaissent déjà le scénario : après quelques années sinistres, ils reviendront au pouvoir, portés par une liesse fabriquée à nouveau à l’emporte-pièce par une presse servile, toujours prête à se jeter aux pieds de nouveaux maîtres. Et tout recommencera comme au bon vieux temps : un coup à droite, un coup à gauche, avec non moins assuré le retour de ce bon vieux racisme d’état qui permettra au FN de prendre de nouveau le pouvoir. La seule chose qui change au fond, c’est que c’est un jeu à trois désormais, et non plus à deux. Pour l’heure donc, il faudrait sauver la classe politicienne, qui s’imagine la seule classe sociale indispensable à la nation française. Un entre-soi odieux, qui chaque jour révèle des pans de son ignominie sans que les médias ne s’en émeuvent–ils sont à sa botte. Aux commandes, nous avons des gens cyniques. Des nihilistes. Rien de plus. Comment en est-on arrivé là ? La question est idiote : nous le savons bien, nous le savons tous, les 60% de français qui ne votent pas à tout le moins le savent, tandis qu’un dernier tiers s’accroche à son fantasme démocratique. Mais quand l’abstention triomphe à ce point, cela signifie que nos institutions n’ont plus aucune validité, ni aucune légitimité.

Published by joël jégouzo - dans Politique
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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:48
Les Arméniens 100 ans après, Séda Mavian

100 ans plus tard, les Arméniens sont une nation éparpillée aux quatre coins du monde. Car si l’on compte 10 millions d’Arméniens dans le monde, 6 à 7 millions d’entre eux vivent en diaspora. Très peu donc, dans cette Arménie si jeune, qui n’a recouvré son indépendance qu’en 1991 et qui aujourd’hui se dépeuple. Beaucoup encore dans le Haut Karabagh, à vivre toujours dans l’angoisse de la reprise des pogroms des années 1988-90, et l’attente angoissée d’une intervention militaire de l’Azerbaïdjan.

100 ans après le Grand Crime (Mètz Yèghèm), les arméniens sont toujours hantés par le spectre de la disparition. Il s’agit toujours pour eux de survivre, comme si le monde s’employait à réactualiser le spectre de 1915, pour en faire la réalité obsessionnelle du peuple arménien. Survivre à l’assimilation croissante qui frappe de plein fouet la diaspora arménienne, survivre à la disparition possible des arméniens d’Arménie toujours sous la menace de l’Azerbaïdjan, survivre à la disparition du patrimoine culturel arménien. Et s’inventer une nouvelle identité que le peuple arménien ne peut plus fonder comme autrefois sur la religion, sur la langue ou les coutumes. Car aujourd’hui, les marqueurs identitaires ne fonctionnent plus pour ce peuple dispersé dont le sentiment commun d’appartenance n’est plus relayé que par la mémoire de 1915. Mais peut-on vivre longtemps dans le seul sentiment d’être un descendant des victimes de 1915 ?

Comment refonder cette identité, s’interroge l’auteure, au-delà de la tragédie commune ? Par la Connaissance, affirme-t-elle, libérée des entraves que constitue toujours le trop long combat des arméniens pour la reconnaissance internationale de leur génocide. Un combat qu’il faut poursuivre, amplifier, jusqu’à contraindre la Turquie à reconnaître ce génocide, et tout comme la France dans le cas des juifs français déportés et spoliés, la contraindre à poser la question des réparations. Sans quoi 1915 risque fort de refermer tout projet de destin sur la seule conscience de n’être que vivant.

Livre étrange, non linéaire que nous offre Séda Mavian, comprenant des portraits, des entretiens, une courte histoire géopolitique de l’Arménie, un aperçu de la culture et des problématiques identitaires des arméniens d’aujourd’hui. Plus une geste, une gestation, qu’un document qui viendrait surplomber une histoire close. Curieux livre, entre l’essai et le document, à l’image de cet éparpillement dans lequel la voix arménienne doit trouver à s’inscrire pour tenter de saisir quelque chose qui ferait sens.

Les Arméniens 100 ans après, Séda Mavian, éditions Ateliers Henry Dougier, coll. Lignes De Vie D'un Peuple, avril 2015, 145 pages, 12 euros, 979-1093594422.

Published by joël jégouzo - dans essai
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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 07:10
L’Hypocrisie républicaine du baccalauréat…

Voilà, les dés sont presque jetés. Reste une épreuve et à attendre les résultats et pour certains candidats, à préparer la session la session de rattrapage. Baccalauréat en poche, nos chères têtes blondes pourront s’inscrire dans l’université de leur choix. C’est du moins ce qu’on aimerait nous faire croire : que le baccalauréat est un ticket d’entrée, un diplôme national, évaluant objectivement les élèves à leur mérite. Les mêmes conditions d’accès au supérieur pour tous… Dès la journée d’ouverture (c’est en effet un spectacle en France), la grand messe s’organisa autour de la fumeuse épreuve de philosophie, chaque canard y allant de son commentaire de comptoir de bar quand dans la réalité, l’épreuve ressemble plus à un devoir de scholastique qu’un effort de pensée...

Demain, cette même presse à l’enthousiasme infécond se hâtera de classer les établissements en fonction de leurs résultats au bac, le taux de mention venant ajouter en bêtise pour peaufiner la hiérarchie et ranger les lycées au mérite, lequel mérite récompensera in fine les lycées les plus «vertueux» pédagogiquement : ceux qui auront su accompagner une classe d’âge au bac sans être tentés de se débarrasser au passage de la seconde des élèves les moins «porteurs» en terme de réussite scolaire…

Mais la réalité est tout autre : en mai, les élèves savaient déjà s’ils étaient ou non reçus dans l’établissement supérieur de leur choix. La sélection s’était opérée déjà, bien avant l’obtention du fameux ticket, sur quatre trimestre exclusivement : les trois de classe de Première et le seul premier trimestre de Terminale. A l’exception des meilleures prépas de France, qui tiennent compte des résultats de seconde. Point final. Il suffit ensuite de présenter son diplôme pour concrétiser la décision.

Mieux : reçus sur dossier, les résultats de ces élèves n’est pas le seul critère «objectif» de sélection. Les établissements, qui ne sont pas dupes, savent qu’il existe des «différentiels» entre les lycées. Un 15 dans celui-ci ne vaut pas un 15 dans tel autre. Comment dès lors opérer dans un tel maquis de niveaux ? C’est très simple : les établissements fonctionnent désormais par réseau, ou reconnaissance du travail des équipes pédagogiques en place. De sorte qu’un élève sorti avec une mention très bien au bac, d’un lycée «non reconnu», n’a aucune chance d’entrer dans telle prépa réputée, faute d’être passé par le bon circuit. Bien sûr, il y a des exceptions. Peu nombreuses et seulement utiles pour justifier la prétendue égalité des chances. Dans cette gestion souterraine des cursus, les prépas dites «parisiennes» se taillent la part du lion, qui ne travaillent presque exclusivement qu’à partir de ces données finalement confidentielles. Au final, ce sont les établissements publics des beaux quartiers comme l’on dit pudiquement, et les établissements privés qui fournissent les meilleurs cursus : la gentrification des villes a achevé de peaufiner le paysage scolaire français, en confisquant les «meilleures» écoles de la république pour les privatiser. Le capital symbolique s’accorde au capital tout court, pour sanctionner une éducation française plus inégalitaire que jamais. Depuis une bonne vingtaine d’année, les sociologues répètent à l’envi que l’éducation en France est aujourd’hui plus inégalitaire qu’elle ne l’était il y a trente ans. Mais nul ne veut entendre ce discours déprimant et le bac continuera d’émerveiller une population convertie contre son gré par la classe dominante au sacrifice social.

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 07:16
Les autodafeurs, T. 3 : Nous sommes tous des Propagateurs !

Le combat, final ? Les Autodafeurs venaient de lancer leur attaque. Nombre de bibliothèques semblaient être parties en fumée. Sur l’île de Redonda, les membres de la Confrérie tramaient une réplique trop vague pour l’emporter. Mais deux nouvelles têtes font leur apparition, qui vont bouleverser le fil de l’histoire : Inès et Rama, le jeune prodige des maths aux douze orteils. Un détail qui n’a pu échapper à Césarine, d’autant qu’elle trouve en lui son alter ego, partageant une même passion pour la logique. Quant à Inès, nous plongerons avec elle dans l’histoire lointaine aux portes de l’Amérique de Christophe Colomb retrouver le Livre que personne ne peut lire

Les Autodafeurs ont donc lancé leurs attaques partout dans le monde. Plus grave encore : la quasi-totalité des gouvernements et des institutions internationales campent sur les positions liberticides des Autodafeurs. Partout l’on suspend les libertés individuelles, au nom de la lutte contre la menace terroriste… Internet est sous tutelle, la disparition des livres fait peu à peu place à des bibliothèques numériques que les états peuvent surveiller à leur aise… L’avenir est bien noir, sinon brun de nouveau… Et de ce sombre avenir nous parviennent des échos tragiques : en quelques décennies, un nouvel ordre mondial s’est mis en place. Totalitaire. Mais une figure de résistance émerge de cet avenir, celle de Noé tentant depuis son naufrage ultérieur de sauver l’humanité, dont toute la tragédie déboule dans le récit grâce à cette arche qu’il leur tend. Elle raconte les guerres, les quelques décennies qui ont suffi à jeter à bas notre civilisation pour l’enfermer dans la plus effroyable des barbaries. Elle décrit un Protocole, celui de Chronos, dévorant l’humanité hagarde. Du dieu Chronos, le roman épouse la logique cannibale, jouant sans cesse du brouillage du temps : on est avant, on est après, les temporalités se chevauchent, l’espace-temps ne cesse de se plier pour nous arracher à la torpeur d’une lecture trop linéaire. Et dans cette confusion qu’il engendre, l’île de redonda où s’est réfugiée la Confrérie devient une sorte d’axe du monde qu’il serait vain de fuir. C’est là que tout se joue, là qu’il faut compter ses forces, tandis que Césarine commet erreur sur erreur. Il se passe quelque chose. Piégés sur l’île, nos héros doivent affronter leurs fantômes et leurs peurs tandis que le monde assiste à sa mise à mort, que seule une puissance supérieure pourra sauver. Une puissance que Césarine va découvrir, ou bien qu’elle recouvre, qui sait, révélant au passage, enfin, les raisons de son aversion du nombre 22. Une puissance que par-delà les siècles tous ont en partage et nous avec, lecteurs, qui sommes devenus leurs fidèles alliés dans ce combat du livre contre l’économie barbare des logiques totalitaires, nous qui sommes devenus, de fait, les Propagateurs que la Confrérie espérait, cet élan intérieur et personnel de chaque un pour le salut de tous.

Les autodafeurs, T. 3 : Nous sommes tous des Propagateurs, Marine Carteron, éditions du Rouergue, collection DoAdo, mai 2015, 368 pages, 14,90 euros, isbn 13 : 9782812608933.

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 07:17
Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre…

Nous avions laissé la Confrérie en mauvaise posture. Auguste et Césarine venaient de perdre leurs grands-parents dans le combat qu’ils avaient gâché, une grande partie des archives qui leur avaient été confiées avait été détruite et leur maman se retrouvait plongée dans le coma. De leur côté, les Autodafeurs, après avoir mis la main sur la liste des membres de la Confrérie, se préparaient à les éliminer les uns après les autres –et commençaient d’y réussir. Dans la coulisse, ils peaufinaient un effroyable plan de bataille, le projet de lancer sur le monde la «onzième plaie d’Égypte», à savoir la destruction de tous les imprimés circulant à la surface de la terre. Un Fahrenheit en grand, une Nuit de Cristal telle que l’humanité en génère périodiquement dans son aventureux destin. Mais c’était compter sans Césarine, qui se révèle dans ce tome pour l’absolu plaisir du lecteur, et se prépare à livrer la vilaine guerre à laquelle on l’oblige de céder. La lecture assidue de Sun Tzu et la pratique quotidienne des arts martiaux l’ont considérablement aguerrie. Pour l’heure, elle en expérimente la pertinence dans sa préparation du sauvetage de sa mère, plongée en fait dans un coma artificiel.

Le second tome est à l’image du premier quant à l’économie narrative, presque classique dans sa structure, nourrissant une grande unité de lieux où l’action n’y peut éclore que violemment. Une contrainte formelle qui force les personnages à envahir la scène romanesque, plutôt qu’elle n’astreint l’auteur à démultiplier les rebondissements, à l’image de ce qui se pratique dans les mauvais polars. L’histoire vogue ainsi au près d’une gamine qui lentement émerge de son autisme, et d’un adolescent lancée dans la quête fiévreuse de son identité, tenant enfin dans ses mains le livre de bord de son père racontant, année après année, ce qu’il en coûte de vivre dans un monde ahuri, et ses émerveillements gamins. C’est le tome des révélations, celle de Césarine au lecteur et d’Auguste à lui-même, dans le contexte trouble des éclaircissements familiaux. C’est l’opus des basculements, d’une revanche facile sur les Autodafeurs et du comptage des forces en présence. C’est le tome des tensions et des attentes du choc de la bataille finale. Le volume des ruptures : ils quittent le domaine familial réduit en cendres, affrontent l’inconnu, un autre monde, ailleurs. C’est un chapitre presque qui s‘ouvre plutôt qu’un nouvel épisode, entre deux moments d’un temps que l’on ne peut arrêter, celui de la prise de conscience que l’être humain vit entre deux morts : celle de l’enfant qu’il a été et celle à venir, qui semble ne plus vouloir tarder à présent… le volume de la sortie de l’enfance !

Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre, Marine Carteron, éditions du Rouergue, coll. DoAdo, 380 pages, 14,90 euros, ISBN-13: 978-2812607172.

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