Lundi 2 février 2015 1 02 /02 /Fév /2015 05:36
 
 
erri-de-luca.jpgEn 2013, Erri de Luca en appelait au sabotage de la ligne TGV Turin-Lyon, dans une interview donnée au Huffington Post. Plainte fut déposée par la société LTF en charge du projet pour délit d’opinion, incitation au sabotage. L’audience liminaire eut lieu le 5 juin 2014. La LTF poursuivait l’auteur pour ces propos : « Le Lyon-Turin doit être saboté. C’est pour ça que les cisailles sont nécessaires. Il ne s’agit pas de terrorisme. Elles sont nécessaires pour faire comprendre que la ligne à grande vitesse est un ouvrage nuisible et inutile. Le dialogue avec le gouvernement a échoué, les tentatives de médiation ont échoué : il ne reste donc que le sabotage ».
Une première audience s’est tenue le 28 janvier 2015, au cours de laquelle Erri de Luca a pu présenter sa défense, synthétisée par son avocat, Gianluca Vitale : «Les mots d’un intellectuel ne peuvent pas être un délit. Le juge a décidé de mener un procès, mais il s’agit d’un procès contre les mots. Nous allons démontrer qu’il n’y a eu aucune incitation au sabotage ».
«Les mots d’un intellectuel ne peuvent pas être un  délit»… Voilà qui, à ce compte, dédouane Houellebecq de prononcer les siens, Maurras, le Céline des Beaux-Draps ou de Bagatelle pour un massacre. «Si mon opinion est un délit, confiait Erri de Luca il y a quelques jours au quotidien Corriere della Sera,  je vais continuer à le commettre. Je subis un abus de la part de ceux qui veulent détruire ma liberté d’expression. Moi, au pire, je peux être coupable d’incitation à la lecture, et, en étant optimiste, d’incitation à la formation d’opinion. Je ne suis qu’un écrivain. L’alpiniste Reinhold Messner faisait de l’incitation à l’escalade, mais on ne peut pas le considérer responsable des morts en montagne ! »
 
non-TAV.jpgEn effet, on ne peut pas. La Parole contraire est l’occasion pour Erri de Luca de présenter sa défense. Curieuse, paradoxale. D’un côté, plongeant au cœur de son enfance, Erri de Luca rappelle le poids des mots : «Un point d’arrivée qui ne répond ni aux genres ni aux thèmes». Un point d’arrivée… Quelques pages plus loin, il changera de principe : la littérature n’est qu’un point de départ. Qui sait ce qu’il peut advenir de telle ou telle lecture. Mais dans les premières pages, il en concède le poids, l’influence, racontant combien la littérature avait changé sa vie. Elle en a le pouvoir. Agissant en profondeur dans l’être, elle peut le ravir, au sens littéral du terme. Lecteur, il voulut aussitôt devenir un  jour ce genre d’écrivain que l’on rencontrerait au détour d’un vagabondage en librairie. Ce genre d’écrivain qui dissipe très vite l’envie de loisir distingué pour vous ouvrir au désir de combat. Ce genre d’écrivain qui sait trouver les mots pour engager derrière lui le lecteur à combattre les injustices. Non pas cet autre genre futile qui s’apparente aux chanteurs de charme. Non, ce genre d’écrivain qui possède un pouvoir, une petite voix publique qui fait que ce qu’il dit est entendu. Une voie dont il peut user, mais dont on imagine aussi qu’il peut en abuser. Aux yeux de Erri de Luca, cette petite voie ne s’entend que d’un devoir envers les plus démunis, ceux qui n’ont pas accès à la parole, à la formalisation de leurs pensées, voire de leurs désirs et qui peuvent trouver dans cette voix structurée de l’écrivain une expression justifiant désormais les gestes qu’ils vont engager dans leur vie. Ce serait même, à le lire, la raison sociale de la littérature que de pouvoir ouvrir la bouche des muets, être leur porte-parole. Pour exemple, Erri de Luca rappelle ces paroles fortes de la Marseillaise, « Aux armes citoyens !», qui est une invitation puissante à prendre les armes, à se lancer dans une guerre civile. Mais à ce titre, il se condamne lui-même à plaider coupable, tant sa renommée est grande et tant sa voix porte aujourd’hui. Est-ce la raison pour laquelle, d’un coup, Erri de Luca revient sur sa conception de la littérature, pour en faire non pas un «point d’arrivée», mais «un point de départ» ? Sans doute : son avocat démontra au cours de l’audience de janvier qu’il ne peut être possible de mesurer le véritable impact de l’appel de Luca. Sophisme ? Certes : il ne peut être possible d’établir un lien direct entre cet appel et les éventuels sabotages qui pourraient survenir. Il n’en reste pas moins que Erri de Luca en a appelé au sabotage. Un appel qui le gêne aujourd’hui. Dans un autre entretien, Erri de Luca semble avancer que s’il avait vraiment voulu saboter, il l’aurait fait lui-même. Que cet appel, en quelque sorte, n‘est qu’une figure de style pour dénoncer un  projet condamnable, d’asservissement d’un territoire à la spéculation ouvertement déclarée. Leur TAV, c’est notre Sivens à nous, notre aéroport des Landes, notre Roybon, ces projets insensés qui détruisent plus qu’ils ne construisent. L’argumentation glisse ainsi d enouevau, Erri de Luca revendiquant le droit d’utiliser le verbe ‘saboter’ » sans qu’il porte vraiment à conséquence. Mais s’empêtrant dans les contradictions, en affirmant que notre liberté se mesure à la cohérence entre les mots et les actions. Saboter, ou ne pas saboter ? Curieuse défense, Erri de Luca ajoutant aussitôt que les poètes ont payé au prix forts leurs mots dans le passé. Face au fascisme, au nazisme, au totalitarisme. On le voit : sa défense est chaotique. Peut-être parce qu’il est trop seul devant son texte. La veille de l’ouverture de son procès, le même tribunal avait condamné quarante-sept opposants au chantier de la ligne à grande vitesse à des peines de prison pour des heurts avec la police italienne en 2011. Un total de 150 années de prison leur avait été infligé ! C’est dans ce cadre d’une lutte collective, au fond, que Erri de Luca devrait chercher à prendre place. Dans un combat politique plutôt que littéraire, loin des arguties de la langue et de ses afféteries compassées. Dans un appel au combat contre une société qui a fait des hommes des moyens et non des fins. La prochaine audience est fixée au 16 mars. La police sera à son tour sur la sellette, qui ne saura prouver que son appel a été suivi à la lettre. Bien qu’il fasse partie d’une lutte engagée contre les pouvoirs publics et les sociétés privées, lesquelles n’examinent que leur profit à court terme, au mépris du développement de toute une région, prêts qu’ils sont à en sacrifier les peuplements et les aspirations. C’est à cette résistance politique, qui ouvre à de nouveaux droits, que Erri de Luca devrait se référer et non à quelques abstractions procédurières qui ne pointent, en définitive, qu’une conception biaisée de la liberté d’expression.
 
 
Erri de Luca, La Parole contraire, Gallimard, Collection : Hors série Connaissance, traduit de l’italien par Danièle Valin, 8 janvier 2015, 48 pages, 8 euros, ISBN-13: 978-2070148677.
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Lundi 12 janvier 2015 1 12 /01 /Jan /2015 05:58

 

paris2.jpgDes millions de Charlie, tous semblables et tous différents. Il s’est passé quelque chose hier en France. Quoi ? Nous n’en savons rien. Il s’est passé quelque chose pourtant, qui a refusé de s’inscrire totalement dans le cadre symbolique de ce trajet qu’on lui avait prescrit, de République à Nation. Qu’on songe d’ailleurs un peu à la rhétorique sous-jacente à ce cadre, la République guidant l’indignation pour instruire la Nation… Mais ce n’était ni le Peuple –catégorie infiniment politique : quand le Peuple se lève, il est aussitôt en marche ; là, on piétina sur place. Ni la Nation instruite par la raison républicaine dans on ne saurait qu’elle réconciliation prématurée. Il s’est passé quelque chose qui a fait plus ou moins droit à la réalité de notre expérience sensible, et qu’il ne faudrait sans doute pas prématurément traiter comme un discours. Quelque chose qui se taisait bien que paradoxalement structurée autour d’un thème fédérateur : celui de la liberté d’expression. Quelque chose comme le bruit du sensible, l’expression d’un désir incertain, peut-être celui qui nous a manqué quand les espagnols prenaient par exemple le tournant des Indignés, ou les Grecs, ou cette jeunesse américaine mobilisée contre Wall Street. Quelque chose de difficilement récupérable, dont il ne sortira peut-être rien, la catharsis ayant eu lieu hier pour nombre de ces Charlie. Ou bien qui resurgira demain, tant pour nombre d’autres la frustration sera grande après ce début de partage. Il s’est passé quelque chose comme la sortie du politique pour mieux y revenir, ou pas. Le mutisme des discours sous couvert de leur incroyable prolifération, de leur impensable diversité. Les sens aiguisés, l’émotion, qu’aucune esquisse ne parviendra à théoriser, nous invitant juste à écouter en elle le bruissement du sensible, parfaitement audible lui. Non pas un printemps français. Mais la sortie des paradigmes abîmés, sans l’accès à un monde autre. Ces mêmes paradigmes que l’on voyait à l’image, chefs d’état les yeux rivés sur la pointe de leurs chaussures, visant d’un pas précautionneux la ligne imaginaire que Hollande besognait à tracer.

Hier : un fait plus qu’un événement. Car ce n’est pas encore un événement. Un fait surgi entre chacun d’entre nous, Charlie ou non. Entre colère et tristesse, éveil et coma. Toutes sortes de choses se sont produites hier, avec et sans nous. Moins des choses qui se sont faites que des choses qui ont été. L’un des noms de notre réalité sociale. Mais le nom de quoi ? L’incapacité à parler de cette réalité frappe. Certes, nourrie de beaucoup de débats fantomatiques qui voudraient lui donner sens au plus vite. Seul l’après-coup nous le dira. La seule question, aujourd’hui, est de savoir si nous saurons prendre la mesure de ce qui s’est manifesté, dans toutes ses contradictions et non pas subsumé sous une seule volonté. Certes, a priori ce qui a eu lieu s’est structuré autour d’un thème parfaitement identifiable : celui de la liberté d’expression. Néanmoins laminé par un point aveugle : cette émotion qui en débordait les insuffisances. Une émotion en chair et en os. Sensible. Non une condition externe : une réalité sensible propre à nos vies. Charlie ou pas encore une fois. Cela n’importe plus. Une réalité.  Qui, comme toute réalité, ne sait pas faire sens. Mais n’échappant ni à son narcissisme, ni à nos impatiences de la voir couper court et dire enfin ce dont elle est le nom. Elle ne le dira pas. Ce qui s’est passé hier était le lieu de notre dénuement. On se gardera ainsi d’oublier trop vite le bruit terrible de la terre pelletée sur les cercueils des victimes. Et de notre richesse.

Ce qui frappe, c’est le silence du sens sous la cacophonie des intentions. Une immense émotion collective qui n’aura peut-être été rien d’autre que son sensible. Pleine de bruits. Il n’y aurait rien d’autre à en dire.  L’objet de la marche était ce bruit du sensible. Impensable. Seulement audible. Avec sa persuasion silencieuse dont nous ne savons rien encore. Où pour la première fois en France depuis bien longtemps s’est manifesté quelque chose.  Loin de son thème trompeur : la liberté d’expression, faute de mieux. Une «marche» immobile, la trame révélée de ce milieu informe dans lequel nous tentons de distinguer de nouveaux objets qui nous aideraient à redessiner du sens commun. Un sensible sans destination encore, sur lequel vont s’engrener à présent, ou pas, un certain nombre d’intentions.  Ce qui a eu lieu était de l’ordre de l’iridescence. Des éclats d’objets, que l’on requalifiera demain.  Peut-être faut-il juste se laisser porter encore par ce kaléidoscope, le faire jouer au lieu d’y chercher une raison -celle d’une réconciliation prématurée par exemple. Quelque chose de l’ordre de la sensualité d’une relation illégitime. Quelque chose qui n’était pas de l’ordre de la norme.

L’ironie de cette marche immobile, tout de même, aura été de ne pas nous pourvoir aujourd’hui de l’illusion dont nous avons besoin. Ce n’est pas tout à fait vrai non plus : le thème fédérateur du combat pour la Liberté d’expression suffira à nombre de Charlie. Elle se résorbera ainsi pour partie. Mais ce thème semble n’être pas parvenu à donner droit à l’expérience sensible de nombre de «marcheurs». On peut alors espérer qu’un autre sens s’éveillera. De quoi ? Il ne peut au fond s’éveiller que de la subversion de nos pratiques politiques. Ou pas. Ou jamais. Car s’il y a du sens à ce que cela soit, il n’y en a aussi pas à ce que cela arrive réellement.

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Vendredi 19 décembre 2014 5 19 /12 /Déc /2014 05:56
 
bosco.jpgQuel Bosco que ce roman ! Tout y est du punch de l’auteur, de son sens de l’intrigue et de la narration et mieux encore, de la construction des personnages, peaufinant avec une rare pénétration celle du personnel secondaire qui enrichit le récit non pas d’une quelconque pause faite pour agrémenter le charitable du bouquiner, mais de la profondeur de ce poignant du fait divers où gisent nos sociétés désenchantées. Tout y est de ce que l’on peut attendre d’un bon roman moins ficelé qu’ouvragé pour dire la folie meurtrière des sociétés d’opprobres qui sont les nôtres. Moscou, Paris. Un airbus A340 bat de l’aile en plein ciel sous les assauts d’un russe aviné repoussant d’un geste fou les lois de l’apesanteur. Une sorte de riche ordure accrochée à son ego, précipitant dans sa chute égotiste le monde qui a osé lui résister. L’avion part en vrille pour s’écraser sur la toiture d’un centre pénitencier, libérant dans son apocalypse d’actualité télévisée ce Vigo que tout le monde redoute, ennemi public numéro 1, enfermé à vie au terme d’un subtil montage truqué par la Préfecture de Police de Paris elle-même. Et tout part en vrille pour le coup, l’homme rendu à l’air libre commanditant l’enlèvement des rejetons des acteurs de son enfermement. Celui du Préfet de Police mû par sa seule course au portefeuille ministériel, celui du commandant de police tenu par ses casseroles et contraint par le Préfet de faire tomber Vigo quitte à s’arranger avec les preuves, celui du faux-témoin mandaté par les autorités françaises pour condamner le meilleur des coupables possibles, celui du juge qui expédia le procès sans s’y attarder et de l’avocate enfin de Vigo, qui refusa d’instruire ses doutes quant à la culpabilité de son client. Tout part en vrille, nous précipitant dans la course folle d’un récit aspiré par le poids des culpabilités qui se font jour, celle des parents qui tirent désespérément sur la corde, dévidant les raisons, tiraillant, houspillant, précipitant le fil du roman en bascules incessantes pour faire de la Chute sa trame violente. Très vite la conspiration du Préfet pour faire taire tout ce monde bat de l’aile, tandis que dans les soutes d’un cargo nauséeux les otages échappent au contrôle de leurs ravisseurs pour sombrer eux-mêmes dans la chute d’une espérance insensée. Qu’est-ce qui déconne bon dieu, dans le sens de nos vies qui ne cesse de perturber l’espérance romanesque à l’épreuve ici ? Les groupes se délitent les uns après les autres, de celui des parents à celui des otages en passant par celui des malfrats, dans une valse forcenée qui ne cesse de s’accélérer jusqu’au dénouement final. Moins un page turner truffé de recettes faciles, que le syndrome de languir un monde meilleur qu’il ne le sera jamais. C’est captivant, limpide, filant dans l’abrupt d’une chute aspirée par la gravitation universelle de ce goût d’espérer qui fonde pourtant nos vies –et comme en passant, bourré d’une onomastique guillerette qui vient subtilement rompre la noirceur du récit pour nous adresser le clin d’œil d’un auteur qui sait de quoi retourne l’espérance romanesque !
 
 
Quand les anges tombent, Jacques-Olivier Bosco, Jigal Polar, septembre 2014, 321 pages, 19 euros, 9791092018277.
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Lundi 1 décembre 2014 1 01 /12 /Déc /2014 05:22
 
cadre-femme.jpgFrançais, encore un  (gros) effort pour en finir avec votre sexisme ordinaire… Car pour une femme, aujourd’hui, toujours, exercer un métier traditionnellement «masculin» -(du genre dans les métiers…)-, c’est prendre le risque de se heurter à des contestations traumatisantes et ce, malgré les quelques accords passés ici et là par les entreprises sur l’égalité professionnelle. Dans la pratique, «faire ses preuves» ne suffit pas… C’est ce que le rapport du Céreq observe au terme d’une enquête minutieuse. Les bastions masculins de l’entreprise restent soigneusement cadenassés, autant dans les métiers de l’encadrement que de l’ingénierie –car la grande saveur de l’enquête, c’est de nous offrir ce visage pitoyable des métiers dits intellectuels… Des métiers dans lesquels les femmes se heurtent constamment à l’a priori de leur absence de légitimité, subissant en outre de plein fouet l’exigence de disponibilité. Le sexisme s’y manifeste non seulement par des réflexions à connotations sexuelles, mais une mise à l’épreuve constante. Un sexisme qui oscille d’après cette étude entre l’hostilité franche et la bienveillance, plus insidieuse mais pas moins révoltante, dans la mesure où elle tend à confiner les femmes dans des tâches subalternes. Un sexisme qui, en outre, passe entre les mailles du filet législatif et que nul ne songe à observer sérieusement. Mais dont les effets sont identiques au sexisme d’hostilité, contraignant les femmes à s’adapter aux codes et stéréotypes masculins du travail. Contrainte dont les effets sont dévastateurs en termes d’identité : les enquêtes produites sur le terrain décrivent un système dit paradoxant (V. de Gaulejac), qui intègre les femmes dans un environnement les plaçant face à des injonctions paradoxales entre la nécessité de «faire ses preuves» par l’acceptation d’une surcharge de travail et l’assignation culturelle au rôle reproductif. Or, ce qui ressort de cette étude, c’est que dans la grande majorité des cas, ce n’est pas dans le fait d’être mère que réside la difficulté, mais dans la surcharge de travail qui leur est imposée, la plupart du temps de manière insidieuse, bien entendu…
 
 
Bref du Céreq, n°324, novembre 2014, issn : 2116-6110.
 
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 05:42
 
chasse-a-l-ange.jpgL’île de Marøya, en Norvège. Engel Winge a fini son CDD, la voici recrutée dans le journal local. Sur l’île, on parle de fantômes. D’une maison abandonnée, léguée à une église évangélique. Engel rencontre une voyante, qu’elle accompagne sur l’île. Le monde est baigné d’énergies à ses yeux. A Marøya lui est apparue une femme, puis son bébé. Et puis un homme.  Et un chien encore. Un pêcheur et son chien. Et un enfant dans sa tombe… Mais le sujet est renvoyé par son rédac chef à l’été prochain. Un autre l’intéresse davantage, un footballer dont Engel doit faire le portrait. Elle repart donc vers d’autres horizons, avec dans la poche l’amulette que lui a confiée la voyante. Pour la protéger. Mais de quoi ? Dans cette amulette, une pierre. Lourde. De météorite semble-t-il. Engel ne peut se détacher du récit de la voyante. Des disparus de l’île. Tandis que dans la région de mauvaises drogues déferlent. L’île l’obsède. Elle part sur les traces d’un marin disparu depuis bien longtemps. Le pêcheur a bien existé. On se rappelle son petit chalutier que l’on a cru noyé au fond d’un fjord. Engel furète, fouine autour de la maison léguée à l’église évangélique. Elle cherche une tombe, finit presque par s’enterrer vivante dans une cuve au fond de laquelle elle découvre un squelette de chien, le crâne fracassé par une balle. La pierre l’a sauvée. Elle veut le croire du moins, s’y raccrocher après éperdument prié qu’on la sauve. Vive, l’île l’obsède plus que jamais. Le chien était bel et bien celui du disparu. De ce pêcheur dont elle en apprend plus, saisissant l’opportunité de rejoindre son père à Berlin pour retrouver la fille du marin disparu. Une ancienne toxico, qui lui parle de Mikael, l’étrange sauveur de l’île. Qui rêvait alors d’inonder le marché norvégien de meth… Une deuxième enquête de ce personnage pugnace, évoluant avec force dans un environnement étouffant et le climat délétère d'une Norvège décidément cousue d'ombres.
 
 
Chasse à l'ange, de Ingelin Rossland, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, Editions du Rouergue, coll. DoAdo Noir, 5 novembre 2014, 218 pages, 13,50 euros, ISBN-13: 978-2812607196.
 
 
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