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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 08:11

Récit de vie. La grande poétesse amérindienne, née Creek, se raconte et raconte cette longue histoire toujours vivante, toujours poignante, des Indiens d'Amérique. « The world begins at a kitchen table », écrit-elle dans son poème Perhaps the world ends here : simplement, parmi nos rires et nos larmes, nos saines paniques devant cet immonde que l'on nous a méthodiquement construit pour monde, sous l'emprise des idéologies mercantiles. Joy Harjo raconte sa vie de migrante, d'un point cardinal l'autre. Née à l'Est, où tout commence, là où « émerge l'esprit du jour avec le soleil », dans l'Oklahoma du pétrole. A Tulsa pour être exact, au nord de la nation Creek. Sa nation. Elle relate l'histoire d'une enfant contrainte de vivre dans un bout de terre que les américains ont fini par appeler dédaigneusement le « territoire indien ». Et la voix de sa mère Creek comme un guide intérieur, portant le souvenir des massacres perpétrés contre leurs ancêtres. Des guerriers. De mémoire de filles. Des guerriers, matrice d'une révolte qui n'aura jamais de cesse : l'enfant raconte cette vieille légende Creek selon laquelle à la naissance, chaque nouveau né est accompagné sur la terre d'accueil par un ancêtre. L'ancêtre qui lui prit la main l'emmena sur ces terres gorgées du sang Creek, contempler l'immense injustice faite à son peuple. Le Nord ensuite. Son père décédé. Un beau-père tyrannique, le collège et l'ouragan Carla, qui comme toutes les catastrophes, frappe durement les familles les plus pauvres. Joy a dix ans. Déjà sa passion la porte vers les lettres et les beaux-arts, le théâtre. Elle lit et nous fait part de ses lectures d'enfance, troublée, troublante, dont celle de la Bible, qu'elle lut d'abord comme un « recueil de lois tribales ». Ce n'est pas faux... L'école indienne enfin, qu'elle ne quittera plus. Joy vit au Sud désormais. Le Sud des grandes manifestations et du refus de se voir enfermer dans cette identité américaine dévastatrice. Et son refus toujours présent de capituler devant les brimades faites à son peuple, toujours renouvelées. Des brimades qu'elle sait partager avec tous les opprimés et que tous doivent combattre, car dans ce monde, « nous n'avons plus d'endroits où vivre, puisque nous ne savons plus vivre les uns avec les autres ». Joy Harjo écrit toujours. Elle fit passer dans sa poésie toute la force métaphorique de la langue Creek. Lauréate du grand prix de la poésie des Etats-Unis en 2019, pas dupe, elle poursuit son œuvre « au galop sur la plaine brumeuse ».

Crazy Brave, Joy Harjo, éditions du Globe, janvier 2020, traduit de l'américain par Neleya Delanoë et Joëlle Rostkowski, 166 pages, 19 euros, ean 9782211306652.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 09:48

Notre monde tel qu'il va. Donc plutôt ses représentations. Non pas un discours, ni un ou plusieurs récits : un synopsis. Même pas : des plans cinématographiques. Mais sans images ou à peine : des plans, gros, américains, séquences, larges. Une salle de classe. Une usine automobile. Alternativement. D'autres lieux ensuite. Dans la salle de classe, une lycéenne. « Moderne », aurait ajouté Gombrowicz. Blonde, suspendue à son reflet. Dans l'usine, une chaîne de montage, des câbles, des machines, « des ouvriers ». Indistincts. Anonymisés. Les plans se succèdent. Ça ne fait pas une histoire. Pas même un film. Une vidéo peut-être, et encore. L'instagramisation de la vie. Les plans se succèdent : il ne reste que cela à décrire. Non pas la réalité, mais ce minuscule réel. Dans la salle de classe, un corps, dans l'usine, une masse confuse de « travailleurs ». Un « bataillon ». Un plan qui contamine la description du plan suivant : le bataillon pousse sa logique dans la salle de classe. Standardisée tout compte fait. Pourtant, dans la salle de classe, la lycéenne a pris corps, et âme. Ou peu s'en faut. Une âme « moderne », aurait soufflé Witold. L'usine, elle, reste juste un procédé énonciatif. Un énoncé qui la surplombe. En aplat. Un plan sans profondeur. Saturé bientôt par le brouillard des gaz lacrymogènes des flics, plus invisibles encore que les « travailleurs », qui tirent d'on ne sait où. On se demande d'ailleurs, depuis quelle décision intérieure ça tire sur les foules, un flic. 150 blessés. 2 morts. Rien. On nous informe. L'évidement des consciences. Tout joue ici sur l'homologie de structure entre la narration et ses objets. Aussi est-elle indifférente à ses objets, la narration. Ne convoquant rien. La conscience du lecteur ? Surtout pas. Est-ce que lire change quelque chose à quoi que ce soit ? Peut-être. Un doute subsiste, qui rend l'écriture possible. Ainsi s'en est allé le monde, notre monde, sans rien convoquer de nos consciences. Ne restent que des formes. Vides. L'ère du voyeurisme nous a fait, lecteurs, les voyeurs de ce qui s'énonce : rien. La scène vierge. Tentant vainement de reconquérir un peu de sa virginité : la narration de l'objet. Plus loin, un autre dispositif : un plateau TV face à un open space. Beaucoup de vide donc. L'open space est modélisé, en 3D. Pour le télétravail. Notre situation de confinement. Reste des images vacantes, dépossédées de tout mouvement, de ce mouvement qui est la base du cinéma. Ne reste donc plus rien, pas même des images, juste la description de leur vide.

Work Bitch, Ludovic Bernhardt, éditions Jou, septembre 2019, 90 pages, 10 euros, ean : 9782956178231.

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 12:00

Tchernobyl est en feu. Maîtrisé, nous dit-on. Mais un feu qui a de nouveau libéré et diffusé sur toute l'Europe ses particules radioactives... Aujourd'hui encore, des années après l'accident de 1986, la radioactivité est d'un niveau identique à celui qu'il était en 86 autour de la centrale... Les catastrophes nucléaires ne sont jamais ni circonscrites à un lieu, ni à une époque. Fukushima : un tiers des océans pollués. Quid du nucléaire en France ? Dans le parc le plus vieux du monde mais, tente-t-on de nous convaincre, le plus sécurisé au monde... C'est bien connu : les catastrophes n'arrivent qu'aux autres. Mais la Parisienne Libérée en relève huit au total, dont deux en France, passées sous silence il y a bien des années, tandis qu'on exhibait partout le Rapport Rasmussen affirmant que la probabilité d'une catastrophe majeure dans le nucléaire mondial était de 1 fusion non contrôlée tous les 17 000 ans... On serait donc statistiquement paré pour les 136 000 prochaines années... Soyons sérieux. Mais les états ne le sont jamais en ce qui concerne le nucléaire, la France moins que les autres, qui continuent d'affirmer que le nucléaire c'est l'avenir, quand son parc non seulement date des années 1970 mais, mieux : a été conçu dans les années 50... Sauf l'EPR, conçu... dans les années 90 -et dont personne ne veut plus dans le monde, tant son coût est faramineux. Faramineux toujours, le coût d'entretien de ce parc qui tombe en ruine et dont nous savons qu'à très brève échéance il va falloir nous en débarrasser... Comment ? Nul n'en sait rien : la France, qui a développé le parc nucléaire le plus imposant au monde, a fini par voir partir à la retraite ou a licencié tous ceux qui avaient développé une expertise à ce sujet... Si bien que pour le démantèlement de ce parc en ruine, nous allons devoir payer des experts étrangers... Et vite : le nombre d'incidents relatés par la Parisienne Libérée, discrètement avoués par EDF, est colossal : quasiment tous les jours. Et tous les trois mois nous passons de justesse à côté d'un accident majeur... Tout cela à cause de l'entêtement d'EDF et de quelques technocrates débiles qui n'ont rien trouvé de mieux que d'affirmer que pour garder notre indépendance énergétique il fallait continuer de rapiécer (littéralement, on en est là), les centrales nucléaires françaises... La transition écologique, c'est pas pour demain ! Non plus qu'un authentique débat sur le sujet. Du reste, dès ses origines, le nucléaire s'est soustrait à toute décision démocratique. La création du Haut Commissariat à l'Energie Atomique (le CEA), ne fut l'objet que d'une ordonnance (n°45-2563). En 1974, pareillement, Pompidou décida des grands chantiers de construction de ce fameux parc, vieux dès la naissance dans sa conception. Pourtant les solutions existent, qu'explore la Parisienne Libérée. Nombreuses. D'alternatives durables à cette combustion imbécile -les centrales ne sont à la vérité que de grosses bouilloires... Alternatives égrenées dans son ouvrage avec une intelligence folle. Comme ses journaux télévisés rythmés, dont il est dommage qu'elle y ait y mis fin. On la regrette !

Le Nucléaire c'est fini, La Parisienne Libérée, éditions La Fabrique, décembre 2019, 224 pages, 13 euros, ean : 9782358721875.

https://www.youtube.com/user/lilas14

https://www.youtube.com/watch?v=BhcHVGclVUk

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 16:18

Le Dehors... Voilà qui résonne singulièrement à nos consciences aujourd'hui... Ces espaces surveillés par d'incessantes brigades de drones, immensité quasi inaccessible, verrouillée, dangereuse aussi. Mais c'est là que tout se joue, quand au Dedans, tout se noue. Lire cette Zone du Dehors aujourd'hui est bien étrange, et poignant : s'évader, à l'heure où la France est devenue le plus grand camp d'internement jamais osé dans son histoire... Il faut n'être rien, affirme ses héros : confinés, le risque est bien d'être poissé à son identité. Mais accéder au dehors est une tâche presque impossible, encore que tellement libératrice ! Au fil de ma lecture des premières pages, ce Dehors convoquait curieusement en moi l'écho du cogito de Descartes, quand le sujet fait surrection dans une volte, sur fond d'angoisse. L'angoisse du Dehors où tout se déplie à l'envi sans qu'on y puisse rien, comme un flux irrépressible, incontrôlable, mais à tout prendre, à préférer à l'assurance de crever au Dedans du pli immonde d'une société prostrée. « Se libérer, écrit l'auteur, ne croyez surtout pas que c'est être soi-même »... C'est s'inventer comme autre que soi, ce que jamais aucun Dedans ne parviendra à dessiner. Il faut advenir donc, et non devenir. Advenir plutôt que devenir de bons citoyens soumis aux surveillances qui nous épellent. Car être, c'est bien surgir, ainsi que Descartes nous y invitait. Faire surrection plutôt. Sinon insurrection. Et sans cesse reconduire ce mouvement de surrection. Le Dehors donc, de l'autre côté du Mur qui nous en sépare. Mur de confinement. Barrière de Lois dressées pour en découdre avec nos vies. Plombées de drones qui nous encerclent, nous enferment, nous empêchent. Surgir, pour découvrir qu'au fond, Dehors, il ne leur reste que leur surveillance hagarde, hargneuse, servile de ce regard vide des drones, leur fonction scopique ramenée à rien. Hostile, certes. Mais parce que les yeux qui sont planqués derrière les caméras des drones ne peuvent que surveiller, non « voir » : ils ne sont rien, quand on y songe. Rien ne se joue dans leurs caméras de surveillance, sinon la grossièreté d'une vue dirimante : un regard qui n'informe que sommairement le monde. Chétivement. Juste une histoire de rétine mécanique. Le Dehors, c'est ce qu'ils sont incapables de comprendre, ce que leurs drones ne peuvent mesurer, une liberté soudain jaillie, des gestes fous qui n'existent pas dans leur monde. « Je suis hors de moi », la plus belle expression qu'un être puisse affirmer. Même si l'on sait que toute liberté désormais dans leur monde, ne peut être qu'un sursis. Pense l'auteur. Je m'en distinguerai sur ce point : non pas un sursis, mais une brèche. La brèche par laquelle nous nous engouffrons ailleurs. Et qu'importe cet ailleurs : il est la Révolution même qui s'accomplit en un pur instant de lumière. Il est ce moment où tout a basculé déjà. Je me distinguerai du pessimisme politique qui habite encore le roman de Damasio là. Le dedans oublie toujours la force de résistance du Peuple, même maté. Car dans son monde l'autorité n'est qu'une mécanique aveugle. Or, rien, jamais, ne fonctionne comme on le prévoit. Je me distinguerai de l'imaginaire politique de Damasio là : il a trop ignoré lui aussi la formidable capacité de résistance « anonyme » du Peuple. Du Peuple anonyme. Lui qui, comme tant d'autres, lui invente un devenir de héraults sous lesquels subsumer le grand mot de Révolution. La Zone du Dehors est bien évidemment à lire autrement que je ne l'ai fait. Il y a cet univers, la construction d'un romanesque ahurissant, ce style époustouflant, cette puissance d'évocation. Peu importe. J'étais confiné. Je l'ai mal lu depuis ce confinement qu'on nous impose. Juste cette évocation du cogito de Descartes, démesurément surgi à l'ouvert de l'ouvert…

Alain Damsio, La Zone du Dehors, Folio SF, 650 pages, septembre 2009, ean : 9782070464241.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 11:29

L'intrigue, le propos, la construction du roman sont convenus. Portée par de bonnes intentions morales, notre héroïne va transformer son rêve politique en cauchemar totalitaire : celui de la dictature de la vie saine. Nombre d'ouvrages de fiction gravitent désormais autour de ce thème : le retournement des révoltes populaires en totalitarisme. Le syndrome anti-Gilets-jaunes. Une sorte d'anti-giletjaunisation de la littérature française, emportée à son tour par les discours réactionnaires qui ne cessent de proliférer sous le couvert d'une mise en garde abrutie contre le Peuple insurgé, ramené par des sots à sa malédiction de « populace », nécessairement aliénée... Rien que du mauvais donc, dans cet asservissement de la littérature à l'idéologie douteuse d'une bourgeoisie effrayée devant les menaces qu'elle sent poindre contre son leadership. Un asservissement de la chose littéraire qui se traduit ici par la soumission du romanesque à l'intention rhétorique, ordonnant autour d'un discours chétif des fins qui auraient dû l'excéder de part en part. Rien donc, ni dans la construction des personnages, ni dans le fond, la forme, le style, le ton, capable de retenir notre attention. Sinon deux forts préjugés que l'ouvrage refile en contrebande... Le premier concerne justement ces révoltes populaires qui ne tiendraient jamais leurs promesses. Et qui, toutes, tomberaient irrémédiablement dans les écueils qu'elles dénoncent : « (-...)on a oublié que les révolutions engendrent des années de Terreur », écrit l'auteure... La « Terreur », convoquée en majuscule... Le mot n'est donc pas simplement posé : choisi, il fait directement référence à la « Terreur » sur laquelle la Révolution Française serait venue se fracasser. Une Terreur comme inscrite dans ses origines mêmes. Colportant là un préjugé solidement ancré dans l'historiographie de la Révolution Française par des historiens idéologues, et dont personne ne réalise aujourd'hui combien il a été construit. Facticement donc. A peine un mois après l'exécution de Robespierre, pour disqualifier non seulement l'action de ce dernier, mais au travers de lui, toute la Révolution Française, dans ses tenants comme dans ses aboutissants. Voilà donc lâché l'incontournable jugement, très tôt dans le roman : toute révolution ne peut être que l'expression sourde d'un renoncement à la liberté ! Quelle farce ! Et bien évidemment, son acteur tumultueux, le Peuple, ne peut donc s'énoncer que sous une trogne abjecte. Mieux : incapable de penser par lui-même, on le retrouve quelques pages plus loin les yeux tournés vers le ciel, dans l'attente d'un Messie... La référence n'est plus Robespierre ici, mais la dévotion mystique des intellectuels bourgeois à l'œuvre de Carl Schmitt thématisant le salut par le Grand Homme, nazi de préférence... Comme si les Gilets Jaunes, justement, n'avaient pas cassé à jamais ce mythe du Sauveur charismatique, eux qui ont refusé de liquider leur mouvement sous les figures que les médias leur jetaient en pâture pour leaders, avec l'espoir de voir le mouvement enfin détruit sous cette imagerie nauséabonde du Chef.

Les « masses » que l'auteure dessine dans son roman sont à mille lieux de ce Peuple que nous avons redécouvert sous les traits des Gilets Jaunes. Masses fascistoïdes rejetant l'Europe. Ah, l'Europe ! C'est le deuxième grand frelatage de ce roman, qui s'ouvre sur la crise de confiance des populations à l'égard de « l'Europe ». L'emploi du mot n'est pas innocent et porte en lui toute la charge des discours de mépris qui ont vu les intellectuels s'emporter depuis 2005 contre une « populace » incapable de surmonter son égoïsme « naturel » et préférer le repli nationaliste à l'ouverture culturelle... Vraiment ? Les mots ont un sens : l'auteure semble le méconnaître d'emblée, d'emblée prêtant une oreille complaisante aux pires préjugés qui n'ont cessé depuis des siècles d'affliger la Raison... Car dans la réalité, ce n'était pas « la peur de l'Europe » qui défraie, que le refus d'institutions liberticides. Le rejet des européens concerne l'UE, non « l'Europe » ! Qu'il est commode de croire l'inverse ! On chercherait ainsi en vain dans ce roman une critique sérieuse des institutions pourtant anti-démocratiques de l'UE ! Tout comme la seule opposition qu'invente l'auteure est celle des droites nationalistes au projet européen... Comme s'il n'existait pas une opposition intelligente aux institutions liberticides de l'UE ! Comme si ce n'était pas l'UE, justement, qui avait fait entrer la brutalité et le fanatisme dans nos vies ! Son héroïne s'en prend donc aux « ennemis de l'Europe » : des fascistes... Elle a beau jeu alors de conspuer ce moment où les vingt-sept décident de mettre fin à « l'Europe ». Une catastrophe, écrit-elle, quand, encore une fois notre catastrophe a pour nom l'UE... reproduisant un discours construit par les médias depuis près de cinquante ans ! Et les idéologies rances qui nourrissent ces médias, du PS à la Droite libérale... Et cela, sans analyser jamais la responsabilité de la gouvernance européenne... L'héroïne donc, Aurore, dont on notera au passage qu'elle est irréprochable intellectuellement, avec ses lectures cultivées, de Arendt à Xénophon, se retrouve emprisonnée. Mais dehors les choses vont de mal en pie. La misère, la famine même s'abat sur un régime sans consistance. Il est temps de la faire sortir de la prison... Des libéraux -nos sauveurs?- (ans rire), conspirent pour la porter au pouvoir, elle et son beau discours d'une vie harmonieuse, auquel les masses adhèrent... en masse. Ils la fabriquent donc et la portent au pouvoir. Elle, milite pour une vie saine. Alors que l'occident s'effondre et que « les passions populaires » se voient exacerbées. Notez bien l'expression : « les passions populaires»... Comme si le Peuple ne pouvait être autre chose qu'un grand corps malade, livré à ses passions, incapable de les maîtriser ! Des passions violentes bien sûr, primitives... En somme tout ce vocabulaire odieux du mépris des classes populaires soigneusement appliqué depuis des centaines d'années par de prétendues élites jamais à cours d'un prêche ! Présidente, notre héroïne mettra en place « l'eunomie », seule capable de ramener la paix entre les hommes, et bien vite, autour de ce projet de vie saine va se mettre en place une nouvelle dictature. Les pleins pouvoirs, l'état d'urgence, j'en passe de plus ignobles, comme de convoquer cet imaginaire de la réouverture du camp de Theresienstadt, au fronton duquel l'auteure fait inscrire «  L'harmonie rend libre » ! Un vide de sens sous son trop plein de connotations…

 

Diane Ducret, La Dictature, Flammarion, janvier 2020, 510 pages, 21.90 euros, ean : 9782081502352.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:14

C'est le printemps. Les cerisiers sont en fleurs. L'insouciance gagne légitimement le monde. Une jeune fille est violée par un soldat américain sur une base allemande. Neuf mois plus tard, elle accouche d'un garçon, Landon, qu'un couple de suédois adopte. L'enfant grandit sagement, épouse Rita, vit dans ce merveilleux pays qu'une anxiété traverse pourtant un jour : le surpoids, qui a vaincu massivement l'hygiénisme national. Les suédois se découvrent gros... La nation épouvantée finit par porter au pouvoir le Parti de la Santé. Bon, le topos est connu, inutile de poursuivre : sous couvert de définir ce qu'est la bonne vie, l'eugénisme positif se met en marche. L'état d'urgence est décrété. Trop de gros, de mal bouffe, trop de vies mal dirigées. Tout le monde doit faire du sport, veiller à son poids, à sa nourriture. Dans les écoles, on sépare les élèves normaux des « déviants » : les gros, les gras, les mal bâtis. Les parents sont sommés d'accepter des interventions chirurgicales lourdes. On installe de nouveaux intestins dans le corps de ces enfants malades. L'obésité est devenue l'obsession nationale. Et comme le peuple est incorrigible, il faut le discipliner. L'obésité devient non seulement un problème de santé publique, mais un problème de santé morale. L'éthique à deux sous des philosophes médiatiques s'emballe. Il leur faut une Suède forte et saine... Finalement, la Constitution est « renouvelée ». Le pouvoir est remis entre les mains d'une bande de cinglés, le Totalitarisme est en Marche. On connaît ça. Toutes les pandémies ont fini comme ça : par la confiscation des libertés publiques et individuelles. On connaît ça.

L'épidémie, Åsa Ericsdotter, Actes Sud, mars 2020, traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy, collection Actes noirs, 426 pages, 23 euros, ean : 9782330132958.

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 10:20

Une enquête sur les sociétés Albert Frère et Paul Desmarais. Dans l'un et l'autre cas, des héritiers associés à des banques d'affaires, Le premier est belge. Enfin domicilié en Belgique, car la Belgique, il s'en fiche. Et quant à y être vraiment domicilié, c'est toute la question : seules ses entreprises déficitaires le sont, les bénéficiaires, elles, sont domiciliées ailleurs, loin, là où les impôts ne les atteindront jamais. Dans les paradis fiscaux. Et quant aux déficits des entreprises dudit groupe domiciliées en Belgique, ce déficit est programmé, calculé, arrangé pour qu'elles le restent pour l'éternité : celles domiciliées dans les paradis fiscaux absorbent tous leurs bénéfices. De sorte que les rentes des sociétés Albert Frère se font sur le dos du contribuable belge. Et c'est pareil pour Desmarais : seules les entreprises déficitaires sont domiciliées en France. Et tout cela est légal, voire encouragé par nos législations et la mise au pas des politiques nationales. Remarquez : Frère plume aussi la France. Frère ? C'était l'un des convives du Fouquet's. Son poulain, à l'époque, s'appelait Sarko. Puis Hollande. Puis Macron. Jadot demain ? Il s'en fiche du reste, ce ne sont que des gugus qu'il met en place : seules comptent ses rentes. Il ne prend ainsi jamais aucun risque : tant que les médias seront à la botte du patronat, aucune chance de voir un trouble fête l'emporter sur cette écurie de bras cassés qu'il pouponne. Grâce aux médias. Grâce aux instituts de sondage. Grâce aux grandes institutions liberticides : l'Assemblée Nationale, le Sénat et on en passe. Tout un monde stipendié qui lui assure ses arrières. Les milliardaires ne courent jamais aucun risque. Solidaires pour anéantir la société civile. Restaurer son esclavage. Une solidarité telle que l'on peut s'étonner de voir nos auteurs poursuivre leur essai par le portrait des deux milliardaires mis en cause. A quoi bon ? Les milliardaires sont tous pareils et ne se distinguent en rien les uns des autres. Aucune personnalité : ils sont vides. Regardez Bernard P. Entendez le vide sidéral de ses propos, regardez celui de ses expressions. Ces types ne respirent aucunement l'intelligence, mais la nullité la plus crasse. Pourquoi donc s'attarder sur leur carrière ? Leurs débuts ? A la fin, ce sont toujours les mêmes qui perdent : nous. Tout le reste n'est qu'une fable de magazine people pour nous faire croire que ces gens sont des acteurs de notre vivre ensemble. Et finalement, l'ouvrage se présente comme un gros livre écrit comme un roman qui ne sert à rien. Sinon quand même lever le voile sur les possibilités de manipulation qu'un système politique comme le nôtre offre à des individus qui n'ont aucune envergure en réalité.

Les Prédateurs, des milliardaires contre les états, Catherine Le Gall, Denis Robert, éditions du Cherche Midi, sept. 2018, 300 pages, 21 euros, ean : 9782749155937.

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 10:20

Une réfugiée. Juste cela. Qui ne lui vaut d’être connue que sous cette appellation : «victime 2117». Ils sont des milliers à venir mourir en Méditerranée. Elle, elle est la deux-cent-dix-septième victime. «Victime». On l’a oublié. Non : en fait l’Europe s’en moque. Détourne les yeux quand sur nos plages viennent s’échouer leurs corps. A moins qu’il ne s’agisse d’un enfant. Et encore : au bout de quelques semaines, la conscience européenne s’en délave après s’en être repue. A Lampedusa, les biologistes marins ont vu surgir en masse des poissons carnivores, inconnus jusque-là dans la région. Tant de noyés qu’ils s’en gavent. Un festin. 2117 donc. Ce n’est pas un nom. Assad, du Département V de Copenhague, se refuse à subsumer le corps retrouvé sous ce nombre. C’est qu’il reconnaît dans cette tragédie celle qui aurait pu être la sienne. Bousculé, choqué, blessé, il ne peut s’en contenter. Ni se taire plus longtemps. Victime 2117 est sa réplique. Comme on le dit d’après un séisme. Pas vraiment une réponse : la contrainte de dévoiler son histoire. Cette enquête, c’est la sienne. Elle lui est entièrement dédiée. Le personnage y gagne en profondeur. En inquiétude. Intrigant le récit, lui-même sans cesse basculant d’une histoire l’autre, dispersé tout en dérives de l’enquête, explosée en mille récits minuscules, à l’image de ces vies minuscules repêchées en Méditerranée, réduites à l’anatomie d’un séjour post-mortem dans les eaux saumâtres de notre Histoire commune, fétide désormais. Notre contexte : terrorisme et sacrifice des migrants, sinon leur commerce, une «politique» dont nul n’a voulu encore empoigner la sobriété : tuer, être tué. Sinon Julien Châtelet, dans cette lecture qu’il nous offre, creusant avec talent les pleins et les déliés du récit, contenant, exhibant, scandant sa charge émotionnelle, éprouvant l’auditeur sur le rebord d’un monde qu’on ne voudrait pas reconnaître pour nôtre.

Huitième volume des Enquêtes du département V, celle-ci ne déroge pas aux recettes de sa réussite, doublée de celle des films qui en ont assuré l’audience. On lui a certes adressé bien des reproches : l’oubli du grand nord, l’émoussement de personnages trop affectés pour n’être pas à présent suspects d’affectation. On lui a même reproché de prolonger au-delà du raisonnable une atmosphère sombrant peu à peu dans son convenu. Ecoutez cet opus. Le livre lu par Julien Châtelet offre une couleur inédite au roman, l’arrache à cette torpeur que la sérialité pourrait construire. Le célèbre, le transcende, tout comme les films, portés par des interprétations particulièrement réussies, qui nous commandent l’impatience d’attendre la prochaine livraison.

Victime 2117, Jussi Adler Olsen, livre lu par Julien Châtelet, traduit par Caroline Berg, Audiolib, 12 février 2020, 25.90 euros, 2 CD MP3, durée totale d’écoute : 14h45, ean : 9791035402068.

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 10:27

Non pas le retour des années 30, mais une interrogation : qu’est-ce qui les a rendues possibles ? En avons-nous fini avec le nazisme, le fascisme, le totalitarisme ? De haute ou de basse intensité, comme ce qui se trame à peu près partout en Europe aujourd’hui et particulièrement en France, où la dérive autoritaire prend un tour carrément totalitaire –sous couvert de protéger l’état, le pays, non le Peuple et sa souveraineté… Qu’est-ce qui pointe, de ces années, dans la lente transformation du néolibéralisme en illibéralisme ?

L’année 38 donc. Celle des accords de Munich. Celle du choix du déshonneur et du renoncement. Pourquoi cette lâcheté ? Les démocraties l’étaient-elles vraiment ? Etaient-elles vraiment «indécises» ? Comme frappées par un mal qui leur est propre ? L’étude de Michaël Foessel vient scruter ce consensus trop vite adopté contre les prétendues faiblesses du système démocratique, quand en réalité, ce sont les attaques contre ce système qui nous ont conduit tout droit à la faillite morale du pays…

Ecrit en 2018, l’ouvrage prend au l’année 1938 pour fil conducteur d’une réflexion sur ce que nous devenons. Un Parallèle. Qui ne manque pas de pertinence, à prendre pour mesure l’état de la presse en 1938, placé en miroir de celui des médias français en 2020…

Cela commence le 12 mars 1938, avec l’annexion de l’Autriche. Rien dans la presse au lendemain de l’Anschluss… A peine un article pour s’interroger vaguement sur ses conséquences. C’est que la presse ne veut pas mobiliser contre l’Allemagne nazie.

Le 10 avril, Daladier devient Président du Conseil. Le 15 avril, le premier numéro de «Je suis partout», l’organe de presse fasciste, raciste, titre : «Il faut mettre les français au travail». Ce sera désormais le mot d’ordre de Daladier, des parlementaires et de la presse. Daladier va se consacrer à promulguer ses Lois scélérates sur le Travail, entrelardées de décrets félons sur le statut des étrangers… La France raciste exulte. Toute la presse l’y encourage.

La «chute» de Léon Blum, au demeurant, s’est faite aux cris de «les Juifs au ghetto !», proférés en pleine session parlementaire. La presse française n’y a vu qu’un sursaut vertueux «que tous attendaient », unanime qu’elle est à souhaiter une «mobilisation morale» des français… Le débat français portera donc exclusivement sur ce «sursaut moral»,  à l’endroit de la question du travail et de celle des étrangers. C’est qu’il faut reconquérir la confiance du Capital… Les français se seraient trop longtemps installés dans l’oisiveté… Et déjà, partout, la presse s’en prend aux colporteurs de «fausses nouvelles», concernant l’Allemagne et le nazisme… Contre le «laxisme» des dernières années, toute la presse se dresse pour exiger plus d’autorité. Peut-être même faudrait-il «suspendre» à ses yeux les élections, pour n’avoir plus à redouter les égarements du vote populaire… Entre eux les médias se disputent ce bout de gras, chacun y allant de sa demande d’une «République autoritaire».

Un Peuple au travail, régénéré par l’exclusion des étrangers et de leur fainéantise congénitale… Les riches s’emportent dans les colonnes des journaux contre les miséreux qui osent encore rêver d’un Front Populaire pour soulager leur paresse…

Daladier s’attaque alors à toutes les avancées que le Front Populaire, sous la pression du Peuple Français, a dû initier. On débat des retraites par exemple. Blum voulait faire de l’année 1938 celle des vieux. Mais aux yeux des riches, l’état des finances publiques ne le permet pas. Il faut au contraire soutenir le Capital, accroître la fortune des riches qui, par ruissellement, permettra d’améliorer le sort des pauvres… Daladier multiplie les attaques contre la journée de travail, impose aux métallos 5 heures de travail supplémentaire contre une dérisoire hausse de leur salaire : c’est qu’il faut casser la semaine de 40h.

Les Lois travail sont votées dans un climat de terreur, toujours précédées d’une campagne de presse stigmatisant les dérives de la démocratie. Ses «faiblesses»…  Daladier taxe donc les bas salaires, augmentent les impôts des classes moyennes, autorise le licenciement de ceux qui refusent les heures supplémentaires, supprime les aides sociales, diminue le nombre de fonctionnaires qu’il remplace par des agents contractuels engagés sur des contrats civils temporaires. Il fait voter des Lois essorant les finances des départements, augmente les taxes sur les produits de consommation courante, le prix des tickets de métro s’envole, et il finit par abolir un samedi chômé sur deux.

Le 25 novembre, la CGT appelle à une grève nationale pour le 30 novembre 1938. Une formidable répression s’abat. La presse, unanime, fustige la CGT. Le gouvernement réquisitionne les fonctionnaires, fait arrêter les délégués syndicaux, les meneurs. Le matin du 30, les gardes mobiles sont partout. 1 000 manifestants sont arrêtés dans Paris. On emploie les gaz, 10 000 ouvriers grévistes sont licenciés. Toute la presse applaudit à l’échec de la CGT, embrayant le pas à l’extrême droite qui demande sa dissolution. Daladier et la presse française reçoivent le soutien de Hitler, qui se réjouit lui-même officiellement de cette défaite. Fin 38, l’Ordre règne sur la France. Mais la défaite est celle de la République Française. Défaite morale, politique, sociale. Le pays désormais sera gouverné par la force, non par le Droit.

Récidive 1938, de Michaël Foessel, PUF, avril 2019, 174 pages, 15 euros, ean : 9782130817505.

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 09:37

Poignant. La vie de Gloria Hemingway. Longtemps, Gloria fut appelée Gregory, fils d’Hemingway. Médecin, radié de l’ordre, marié quatre fois, huit enfants. Ernest mourut en 1961. Gloria en 2001. En prison, abandonnée de tous. Depuis des années, elle avait pris l’habitude de boire, de sombrer dans l’ivrognerie et de s’exhiber nue dans les rues de Miami. Attentat à la pudeur… Un bien piètre motif pour la retenir si longtemps en prison. Toute l’Amérique aux trousses, ne voulant prêter l’oreille qu’aux cancans que Gloria aurait pu raconter sur son père, le seul être important à leurs yeux dans la famille Hemingway. Ou sur Ava Gardner, son amante. Ou Marlène Dietrich. Au pire la chasse, la pêche au gros, le whisky… Mais Gloria se taisait. Et puis quand il écrivait, Ernest oubliait sa famille, ses enfants, ses femmes. Gloria voulait parler d’elle, de sa vie, de ses femmes, de ses enfants. Gloria aimait les femmes. Sa dernière femme surtout, Ida, qui l’abandonna tout comme ses fils.  Pourtant, pour ne pas les gêner, Gloria avait attendu des siècles avant de se faire opérer, avant de réaliser sa transition. Jusqu’à l’âge de soixante-quatre ans ! Avant cela, elle n’avait guère connu que le mépris, la violence, le viol. «La peur du viol est inscrite dans l’histoire des femmes». Gloria, elle, dut faire face à la hargne des mâles, à s’être dépossédée pareillement de sa virilité. Seule consolation : elle a fini ses jours dans une prison de femme, amoureuse d’une gardienne qui la traitait avec humanité, mais dont elle ne put vivre l’affection.

Brigitte Kernel raconte Gloria. Son frère jumeau ivre de rage, son séjour à Sainte-Anne, les agressions, dans la rue, en prison, les tabassages à la sortie des boîtes de nuit. Son divorce d’avec Ida, son remariage avec Ida et Mr Alistair, ancien prof à Berkeley, le seul à l’avoir comprise, lui dont l’enfant transgenre s’était suicidé. Juste cette affection qu’il nourrira à son égard jusqu’à la fin de sa vie. Gloria, la « part d’ombre » d’Ernest, s’était un jour confié ce dernier, avant de se donner la mort.

Gloria, dans ce roman, parle à soixante-neuf ans comme une jeune fille éblouie. Toujours inquiète, toujours submergée par l’émotion et l’espoir. Perclus cet espoir, à la lecture du récit, par l'immense souffrance que l’on ressent à découvrir un tel vécu. La réattribution sexuelle semblait à cette époque un combat sacrificiel, perdu d’avance. La fin est horrible. «Tout roman est un mensonge», écrit Brigitte Kernel. On s’étonne de l’emploi de ce vocable, plutôt que de celui de fiction. Un mensonge ? Pour ramener au vrai  par la bande ? Car pour mentir, il faut connaître la vérité… Et puis, un mensonge, n’est-ce pas ouvrir au point de vue moral dont n’a que faire la littérature ? Un témoignage plutôt. Au sens où les anciens grecs employaient ce mot : tout témoin est martyr. Entendre un témoignage, c’est entendre un martyre et tenter de l’endosser –aussi piètrement qu’il demeure possible de le partager. J’ai lu ce récit au près serré de la vie de Gloria, transcendée par un roman qui venait lui prêter sa voix. Une lecture posant à ce Visage qui a essuyé toutes les défaites la question qui nous obsède tant, tous : que sommes-nous donc ? Je l’ai lu comme le récit d’une vie qui nous demandait de répondre à notre étonnement d’exister. D’une vie qu’il nous reste à révéler dans cette étreinte sans écart que peut être, parfois, la lecture.

Brigitte Kernel, Le secret Hemingway, éditions Flammarion, janvier 2020, 318 pages, 19 euros ean : 9782081471894.

Crédit photographique : Gloria Hemingway, Police picture, September 24, 2002, in Miami, USA. Photo by Sven Creutzmann/Mambo photo/Getty Images.

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