A VENDRE, CHAR LECLERC, ETAT NEUF, PRIX A DEBATTRE
12 février 2000, 5h00 GMT, Koweït. Ciel bleu-gris chargé de poussières jaunes. Quelque part dans un cimetière de chars irakiens. Deux Warriors et un char Abrams M1 américains tentent d’échapper à un char Leclerc de l’armée française, lancé à leur poursuite dans les sables du désert à plus de 90km/heure… Dans un tourbillon de sable, le monstre de 50 tonnes les rattrape, les bouscule, les contraint l’un après l’autre à l’immobilisation. De sa tourelle émerge, hilare, un légionnaire ingénieur mécanicien du 6-12e RC d’Olivet : «Imbattable ! Il est absolument imbattable !» Les combattants américains n’en reviennent pas. De fait, l’exercice «Pearl of the Koweït», au cours duquel koweïtiens et français ont pu tester leur matériel, du 12 au 22 février 2000, a permis au char Leclerc de s’affirmer comme le plus fantastique engin de guerre jamais conçu. De facture classique dans son agencement général, mais plus petit et plus maniable que ses concurrents, le char Leclerc, équipé d’un moteur V8X-1500 hyperbar à huit cylindres en V turbocompressé, apparaît en effet comme un blindé spectaculaire, capable d’accélérations époustouflantes. En outre, le chargeur automatique du canon fait qu'il est le premier, et actuellement le seul, à pouvoir recharger et tirer en mouvement. Un canon qui opère selon un mode tachymètrique rendant possible la prédiction de la position future de la cible en fonction de sa vitesse. Le canon embarqué est un CN120-26 d'un calibre de 120 mm à âme lisse, chambré pour tirer les munitions standard de l'OTAN, dont l'obus flèche LKE1 tiré à la vitesse de 1790 m/s, l'obus à charge creuse et un obus pénétrateur, en uranium appauvri. Il faut remarquer que le calculateur balistique embarqué à bord comporte les données préenregistrées de nombreux types d'obus étrangers pouvant être sélectionnés au besoin. L'armement est complété par une mitrailleuse coaxiale de 12,7 mm et une antiaérienne de 7,62 sur la tourelle.
Seul problème : son coût d’exploitation… La France possède aujourd’hui un parc de 346 chars Leclerc, qui engloutit annuellement 150 millions d’euros, dont la moitié pour les 15 Leclerc projetés au Liban…
Un coût qui a conduit l’état-major à remiser un grand nombre de ses chars : aujourd’hui, seuls 114 d’entre eux restent opérationnels. Si bien que depuis mars 2011, la France espère vendre les autres, dont une quarantaine au Qatar. A la mi-février, quatre officiers du bataillon blindé qatari sont venu essayer le Leclerc à Canjuers (83).
Nous serions par ailleurs sur le point de conclure la vente de 120 autres chars. L’Arabie Saoudite, approchée, a déclinée l’offre. A remarquer : ce fleuron de la technologie française n’a eu qu’un seul client, les Emirats arabes unis. En attendant, si vous êtes intéressés, adressez vos demandes au Ministère des armées, via les Affaires étrangères. Pressés comme ils le sont, ils pourraient n’être pas regardant sur les origines de l’offre. –joël jégouzo--.
MARIO FREIRE DE MENESES : GENTLEMEN, LE DINER EST SERVI
Tous les soirs mes amis, morts,
Viennent s’asseoir à ma table.
Je leur sers du vin
Ils me servent du Temps passé
Je leur dis mon amour et mon chagrin
De les voir, de moi, si éloignés
Si raisonnables
Alors qu’ils étaient
Feu de joie étonnement
Cris de rage et de révolte
A pleines poignées.
Ils me sourient
De leurs bouches sons de velours
Revire voltent tournoient ivres
Se posent sur un manège
Cheval baleine la vie est pleine.
Délicieuses flammes aimantées
Leurs pensées
Viennent à ma rencontre.
Poignards de soie
D’authentiques Orients
Me déchirent la raison.
Que du désir
Que des luttes
Que des Éphémères
Zanzibars
Tristes et Utopiques
"Mar", mer amère
Insupportable distance
"Rio", fleuve fuyant
Mémoire serpent
Dans tous mes rêves
Les étoiles volaient haut
Alors que la réalité
Les dénonçaient
A raz des porcheries
Je m’en vais bientôt
Une pensée perdue
Entre-temps,
Tous les soirs mes amis, morts,
Viennent s’asseoir à ma table.
MFM.
L’indignation gronde, Ibycus contemple son moi minuscule et veule
Nevzorov vit dans un quartier de Pétersbourg qui empeste le pâté bon marché. Seule lecture : les potins consacrés aux aristocrates. Au détour d’une ruelle, une diseuse lui prédit l’avenir. Un destin ! Il sera riche et célèbre. De fait, voici que le hasard lui tombe dessus sous la forme d’un gros meuble écrasant un ami, antiquaire… Des bandits viennent de dévaliser sa boutique. L’antiquaire agonise sous son meuble. Par chance, Nevzorov sait où est caché le magot, que les bandits n’ont su trouver. Il s’en empare, jette sur le mourant un regard indifférent et s’enfuit. Le voilà riche ! Il se fait aristocrate, mais tombe aussitôt sur une vraie grue qui le plume, tandis que la révolution gronde dans les rues. Il ne cessera dès lors de fuir, de monter des plans plus foireux les uns que les autres et d’être le jouet d’aventures qu’il n’a pas voulues. Le voici comptable d’une bande de brigands. En 1919, il atteint Odessa, fait par hasard main basse sur leur trésor, fuit de nouveau. Rêveur impulsif, il ne cesse de marcher "la tête en l’air à la rencontre du danger", imprimant au roman sa structure picaresque emboîtant les aventures, structure appliquée à un personnage qui, au fond, ne rêve que de mettre fin au récit de ses aventures. Le type même de la personnalité contemporaine des gens de pouvoir, riche, jamais mieux engagée qu’auprès d’elle seule malgré les détours démagogiques, se prétendant libérale quand elle n’est qu’ordurièrement lige du bon vouloir des nantis, ou socialiste quand elle n’est occupée qu’à créditer leur encours, sans morale, sans autre ambition que la sienne ni meilleure espérance, centrée sur un moi minuscule et veule. A croire qu’Ibycus ne vaut rien, même comme héros de roman, ainsi que l’affirme son auteur. Il finira tout de même riche, bookmaker de courses de cafards dressés. Ecrit en 1924, ce roman picaresque féroce, dessinant sans complexe les traits de la personnalité moderne de l’homme occidental de pouvoir, passerait aujourd’hui pour une gentille fable, tant ces gens là ont su parachever le destin d’Ybicus et nous faire prendre leurs trahisons pour des lampions de fêtes. --joël jégouzo --.
Ibycus, Alexeï Tolstoï, traduit du russe par Paul Lequesne, édition L’esprit des péninsules, dessin de couverture de Pascal Rabaté, mai 98, 206p, 18,30 euros. Isbn : 2910435539.
Ou chez Rivages, mars 2005, 6,99 euros, ean : 978-2743613860.
RSA : les éléments épars d’une violente cruauté
KAMEL LAGHOUAT,
LA GLANEUSE
(Ils veulent diminuer le nombre des morts pour faire grimper celui des vivants…)
"Encombrée de ballots elle avançait vêtue de noir les étoiles du matin annihilées.
Elle avançait sur la place du marché, un lourd sac au bout de chaque bras rempli de sa récolte, des choux, des pommes, les légumes que les marchands jetaient à terre.
La foule des pauvres, peuple en souffrance, fugitif,
Nos voix pour le soutenir, béquille tandis que des ombres agonisent contre les murs des parkings.
Elle avançait les épaules fléchies le soleil de juin nu comme un tombeau.
Cris rauques, huées, on déblayait la place, déjà les machines poussaient les fruits que les pauvres disputaient aux chiens.
Elle veillait à son bien, quatre gros sacs.
Je la voyais, un sac l’autre, les éléments épars d’une violente cruauté,
A côté d’elle nos ruines, la misère, quelle affaire.
Elle s’est couchée plus loin, lasse.
Nous avons dû mourir ensemble déjà.
Nos corps doivent êtres là-bas.
Son voile couvre la colline
Son voile couvre le pays.
Je vous écris depuis sa mort bordée d’épaves,
naufragée vacante où la question sociale est devenue celle de l’utopie ou de la mort, les uns se couchent les autres sont morts déjà,
baiser aux fronts des mères calleuses."
A la fin, la démocratie était seulement le moyen pour les politiques de laisser crever les gens sans faire de vagues. La convention UMP vient de valider les aménagements au dispositif imaginé par l'ancien Haut Commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch -qui n’a pas osé s’y opposer au delà de quelques propos reflétant son amertume. Faisant fi de l’engagement du Président de la République, décidément devenu plus que jamais celui des riches, l’UMP projette de contraindre les bénéficiaires du RSA aux travaux forcés, 5 heures hebdomadaires –sur les marchés, sans rire, commentait l’un d’entre eux- en échange de leur maintien en survie… Le poème de Kamel Laghouat, 19 ans, évoque au fond mieux qu’aucun commentaire la situation dont on parle. --jJ--
Image : Denis Bourges, qui présenta pour les 20 ans de Tendance Floue une série intitulée "Border life", dont les images résument son regard sur le cloisonnement et la frontière. Ici, une glaneuse au marché Aligre, à Paris, en 2010.
Le Saint Julien de Flaubert -de moins en moins de matière…
Il est invraisemblable que le mot puisse atteindre quoi que ce soit de vrai. L’ironie de Flaubert tient précisément à ce que, l’ayant compris, il ne cesse d’en mimer l’illusion : déroulant l’inventaire des signes à travers lesquels le monde nous est offert, le texte qu’il écrit n’atteint que lui-même. Mais sans doute n’était-il destiné qu’à cela : non l’amertume mallarméenne d’Igitur mais le désir du texte. Ironie de la réalité défunte aussi bien, où le verbe s’épuise dans l’inventaire roboratif du mot juste, le mot contre le souffle au fond, celui du comédien, à bien des égards.
Ce serait donc une erreur que de vouloir monter à la scène un tel texte. Est-ce bien sérieux cependant d’en parler ainsi, quand la critique nous le ferait passer pour l’ascèse d’un Flaubert aux prises avec la création –comme si l’affrontement quasi charnel aux mots portait en lui seul toutes les possibilités de dignité du théâtre…
Dans le dispositif scénique que l’on pourrait en faire, j’imagine comment la petite musique des mots pourrait faire craquer la langue : car ce texte est sublime de son vide que l’on entend partout. Peut-être faudrait-il tout retirer, le plateau, les éclairages, la musique, disperser le public dans une salle trop grande et poser au loin un comédien comme une présence incongrue, immobile et presque muet, car le moindre faux pas assourdirait le texte : c’est la syllabe qui fonde la scansion du saint Julien. C’est l’absence du monde qui fonde sa présence, si bien que l’ébauche d’un geste, si mesuré soit-il, l’éparpillement du son gênerait.
Il n’y a pas, en définitive, cette possibilité du corps à corps sensuel et violent de l’acteur au texte dans le Saint Julien. Tout juste le pari d’en provoquer le heurt. Armé de ces béquilles, l’acteur s’avancerait en un lieu où le texte ne dit plus rien. Il conterait Julien sous des murailles forcées déjà, le promènerait sans inspiration quand le texte ne cesse d’en produire l’absence. Le corps à corps du comédien se fonderait ainsi sur une méprise. «Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière », écrivait Flaubert (lettre à Louise Colet). C’est cela sa légende : de moins en moins de matière, les mots comme une récollection d’objets morts, le néant au bout, rien d’autre. A cet évidemment, l’acteur oppose naturellement son éloquence, un phrasé attentif à son propre écho -puisqu’il ne reste que lui-même, aux prises avec sa voix. Etrange intimité du coup, entre le public et ce dernier, qu’un vide indéfinissable menace, l’un et l’autre toujours sur le point d’y tomber et toujours retenus sur le bord de tomber par un geste, un bruit, si minime soit-il. Pesant déséquilibre, où ce que l’on partage est moins l’intimité d’une expérience commune que l’appréhension de voir tout cela rater. Dans la nudité de l’acte théâtral, souvent le regard traîne en quête d’une consistance qui se dérobe. Mieux vaudrait ne pas l’entendre ce texte et cependant il reste qu’à l’entendre on peut mieux prendre la mesure de l’absorption du réel dont il procède. Malgré lui si l’on peut dire, ou malgré le paradoxe d’un jeu sobre qui le maintiendrait sur les bords de tout personnage, quand le comédien réussit à nous donner le vide à entendre par le fait même qu’il le remplit. Qu’il dise où ça ne parle pas, en définitive, ne parviendrait pas à taire le silence de la machine flaubertienne. --joël jégouzo--.
JIPENNSHA IKKÛ, A PIED SUR LE TÔKAIDÔ
Voyager à pied. Un genre au Japon. Un genre philosophique même. A l’époque d’Edo s’entend. Par millions, jetés sur les routes, les japonais voyageaient. Un genre littéraire aussi bien, celui du récit de voyage, sur la route d’Ise en particulier, celle du fameux monastère. Des routes noires de monde, femmes, enfants, vieillards, gens d’armes, de maison, journaliers. En 1793, Jippennsha décide de descendre à Edo. Le long de la côte pacifique, il clopine sur le Tôkaido. Trois serviettes, un grand foulard sur la tête, un éventail pliant, quelques pinceaux, de l’encre, du papier de soie, Jipennsha part à l’assaut des cinquante trois relais de la route. Ecrit en forme de guide touristique à l’adresse des amateurs de spécialités régionales, il moque en fait ce Japon traditionnel que tous portent aux nues, transformant l’épopée en cavale littéraire, égrenant les bourdes, les calembredaines, les quatre cent coups en somme, accompagné d’un ami plus fantasque encore, dans l’absolu non-sens de leur virée. Très vite, le voici qui rompt de fait avec la philosophie du voyage, qui se fait égrillarde sous sa plume. Rétif au labeur littéraire, bâclé pour couvrir ses dépenses, il s’adonne plus volontiers au pétrissage frénétique de la pâte à nouilles pour mettre un peu de beurre dans ses épinards, laissant la phrase s’étirer à l’envi, diverger et nous égarer. Fuyant cocher de porche en porche, une voile plantée au milieu des fesses pour courir plus vite, il sème partout sa joyeuse pagaille et vide les fonds de ses poches sur des comptoirs de fortune, impécunieux, toujours, cultivant même cette impécuniosité constitutive de la liberté qu’il s’offre de pouvoir toujours se tenir dans le dire le plus loufoque qui soit et de n’être jamais que là, dans la désinvolture d’une langue à tout jamais déliée, inventant au passage mille expressions picaresques toutes plus hilarantes les unes que les autres, des expressions qui durent imposer à ses traducteurs le plus réjouissant labeur qui se puisse imaginer ! --joël jégouzo--
A pied sur le Tôkaidô, de Jippensha Ikkû, roman picaresque traduit du japonais par Jean-Armand Campignon, Picquier poche, 394 pages, 10,50 euros, janvier 2011, ean : 978-2-877-303613.
LE BARBELE : UNE GESTION BARBARE DE L’ESPACE POLITIQUE
Le barbelé est destiné aux êtres vivants. Pas la palissade par exemple, qui ferme les enclos. Ni la clôture, destinée aux animaux. Le barbelé, lui, est même spécifiquement destiné aux êtres humains. Il ne sépare pas : il veut les atteindre. Dans leur chair. Leur donner une leçon. Les atteindre dans leur sensibilité. Pour produire de l’animalité, qui justifiera bientôt les moyens barbares employés pour la réduire. Déchirer, littéralement, tel est son sens. Porter un coup décisif à la capacité de souffrir de ce qui fut un être humain. Que son corps devienne celui d’une bête sauvage. Le barbelé est fait pour animaliser l’humain, prélude à l’exercice d’une violence sans frein.
C’est pourquoi il fonctionne comme un opérateur visuel superposant l’image de l’animal à celle de l’homme. Moins une prévention qu’une menace. Hic sunt leones. Il ébranle le statut de celui qui s’y aventure. Et s’il se dresse aux frontières de certaines unités étatiques, c’est pour produire une distinction entre ceux qui restent des hommes et ceux qui n’en sont plus, s’affirmant l’instrument d’une gestion barbare de l’espace politique. Car la clôture qu’il désigne est définitive qui, produisant une différence dans l’espace, exclue celui qui se trouve de l’autre côté de toute condition civique et politique, voire de toute condition métaphysique : il n’est plus rien. Une bête vouée à mourir. Le barbelé, qui refoule l’extérieur, s’affirme comme un opérateur de sélection, de ségrégation entre ce qui doit vivre et ce qui doit mourir, où l’étranger passe de la figure classique de la simple altérité à la figure du monstre, ou de l’ennemi absolu, fut-il désarmé, fut-il un civil en quête d’une vieille revendication légitime. Et pour l’y préparer, entre deux champs de frises de fil de fer barbelé, le no man’s land, qui est ce lieu du passage des hommes qui deviennent des morts en sursis quand ils s’y aventurent. L’invention d’un lieu de non-droit, international d’abord, national ensuite, où l’homme n’est plus qu’une matière survivante déshumanisée. --joël jégouzo--
http://www.joel-jegouzo.com/article-32386776.html
Histoire politique du barbelé , de Olivier Razac, éd. Flammarion, coll. Champs Essais, oct. 2009, 220 pages, ean : 978-2-081217015.
images : Golan, civils palestiniens tentant d'entrer sur le plateau. Plus de 20 morts, le dimanche 5 juin 2001.
Guantanamo.
William S. Burroughs and Brion Gysin, The Third Mind (pour Jean-Paul)
“Take a page of text and trace a medial line vertically and horizontally.
You now have four blocks of text : 1, 2, 3 and 4.
Now cut along the lines and put block 4 alongside block 1, block 3 alongside block 2.
Read the rearranged page.” (The Third Mind p.14)
Truth is here when all words are rubbed out, même s’il n’y a pas de mot à craindre quand on les sort du temps.
Il me semble que tu l’avais vu, à Paris, dans les années 90, riant de se draper encore si bien en lui. J'attendrai ici. Nous voyagerons dans le temps, mais pas trop : je reviens moi-même d’un voyage de mille ans. Qu’on siffle un verre. Ce qu’il reste d’être. Un nouvel imaginaire peut-être.
William S. Burroughs and Brion Gysin, The Third Mind (1965), Crayon, gelatin silver prints, letterpress, offset lithography, and typescript on graph paper. Los Angeles County Museum of Art.
INDIGNEZ-VOUS, REVOLTEZ-VOUS, AUX AFFECTS CITOYENS !
DE BEN ALI AUX BASSES BESOGNES DU MILIEU POLITICO-MEDIATIQUE PARISIEN
Main basse sur tous les secteurs de l’activité économique et sociale, de l’Education à la Défense, en passant par l’industrie et l’immobilier, comme de juste. Ben Ali ne faisait pas dans la dentelle, on le sait, et sa dictature camouflée en modèle de (presque) démocratie ne gênait en rien les autorités françaises, mieux : nos élites, patrons de presse, industriels et politiques tout disposés à lui prêter main forte aux pires heures de péripéties peu glorieuses pour la diplomatie française.