Tina (in)visibilité(s), éditions Jou
18 Décembre 2025 , Rédigé par joël jégouzo Publié dans #en lisant - en relisant
/image%2F1527769%2F20251218%2Fob_b41f5e_tina.jpeg)
Après la version numérique et sans la recouper, les éditions Jou proposent TINA en version papier, annuelle, thématique, véritable excavatrice des alternatives ensevelies, laboratoire des futurs empêchés, sinon topographe de ces Là, ici, maintenant, où le réel retrouve déjà ses bifurcations.
Une livraison très riche donc pour ce premier numéro, qui s'ouvre sur un parallèle frappant entre les incendies qui ont touché Los Angeles, construite à 90% en bois, et ceux, probables, du net, presque entièrement structuré sur le protocole point à point unicast, ayant conduit à cette centralisation forcenée que nous connaissons, la diffusion de l'information s'organisant d'un centre vers chaque un, quand existe le multicast, volontairement évincé puisqu'il donnait par trop de liberté à ses utilisateurs plutôt que du pouvoir aux GAFAM. On l'aura compris, le grand incendie de l'internet en bois est pour demain, la fragilité invisible de sa construction risquant fort de se retourner contre tous tôt ou tard, sans parler de ses coûts exorbitants pour l'environnement.
Que faire ? Changer de paradigme. C'est du reste tout l'objet de ce numéro, explorant les possibles qui ne mettraient pas fin à l'expérience humaine, et pas que culturelle : lisez Christian Salmon s'inquiétant de nos nuits, colonisées par l'électricité, et de leurs conséquences sur la faune et la flore. L'injonction à la visibilité se décline ainsi comme l'expression du nouvel horizon mortifère de l'univers capitaliste.
Enfin, non pas un dossier ficelé comme toutes les revues savent le faire, mais des prises de position qu'on lira avec passion autour de la question de l'art à l'heure de sa mise en coupe réglée par ces leurres d'une histoire qui ne serait pas celle de son marché. Comment inventer une autre économie de la pratique artistique interroge TINA ? La question est pressante. Si on a tous compris que la notion de « public » était à réinventer, en revanche, il reste à détricoter celle de l'art et de ses artistes. TINA dresse l'état d'un lieu qui se voulait unique, alors que l'art est décidément partout et non uniquement dans ces critères de reconnaissance qui se font passer pour des critères de connaissance. Contre ce spectacle institutionnel, la revue ouvre et ré-ouvre des chantiers, du Collège Invisible des Beaux-Arts de Marseille aux résidences hors enjeux de représentation qui essaiment ici et là, bousculant le médium « exposition » et son syndrome du réverbère qui n'a fait qu'atrophier les contenus artistiques. Que faire cette fois encore ? Commencer par tordre le coup à l'obsession du public pour redevenir ce qui au fond manque tant : « les partenaires d'une activité collective libre et joyeuse ».
#jJ #joeljegouzo #TINA #revuetina #éditionsjou #litterature #librairieletabli #art #cultur #marchedelart #web #unicast #multicast #gafam
https://editionsjou.net/
Revue Tina, (in)visibilité(s), éditions Jou, octobre 2025, 18 euros, ean : 9782492628108
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Pages
Catégories
- 512 Politique
- 502 en lisant - en relisant
- 300 essais
- 135 poésie
- 77 IDENTITé(S)
- 70 LITTERATURE
- 67 entretiens-portraits
- 58 essai
- 54 DE L'IMAGE
- 37 Amour - Amitié
- 16 théâtre
- 2 danse