politique
L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE, UN DEBAT HISTORIQUE
Un débat que ne referma pourtant pas la Loi votée en 1974, tant il paraissait aux participants de l’époque qu’il ne pouvait que rester ouvert au sein d’une société qui ne savait pas trouver les bonnes réponses aux questions qui lui étaient posées. Tout a été dit à ce sujet. Reste, à l’écoute des interventions, un malaise.
Pensé comme droit individuel de la femme, l’IVG prenait place dans une réflexion sur son statut au sein d’une société française en pleine déliquescence, attachée encore à une coutume qui prenait l’eau de toute part. La régulation des naissances, en replaçant d’autorité la femme au centre du débat, ne faisait ainsi que révéler les tranchées d’un univers politique au sein duquel le corps de la femme n’était discriminé qu’en termes de réceptacle biologique, matrice non citoyenne mise à disposition de la Nation pour porter les enfants dont la République avait besoin ! Moins recluse dans sa vocation à la maternité que repliée au fond d’entrailles confisquées, expulsée bien plutôt de cette maternité pour n’être que le contenant d’une résolution moins sociale que nationale, c’est du coup toute la symbolisation culturelle et politique d’une Nation trop vieille déjà que l’on voit à l’œuvre dans ce débat sur l’avortement, dévoilant brusquement à la société médusée le corps démembré de la femme, une cache en fait, aménagée pour accueillir la sanction masculine. Car si cette Loi tentait de parer au danger immédiat des 300 000 avortements clandestins pratiqués chaque année en France, dont bon nombre par ces fameuses faiseuses d’ange armées d’aiguilles à tricoter qui mettaient en danger la vie de centaine de milliers de femme chaque année, si cette Loi tentait de mettre fin en outre à une situation inique et hypocrite qui voyait les riches avorter dans des cliniques privées en Suisse, tandis que les pauvres mouraient entre des mains barbares, si cette Loi se voulait ainsi essentiellement humaine, elle ouvrait aussi une interrogation béante sur ses raisons d’être, à légiférer si tardivement et si incomplètement sur le statut de la femme au cœur d’une société profondément nationale-masculine…
Une société au sein de laquelle la femme ne disposait alors que d’un corps ramené à sa plus simple expression biologique, subissant parfois, littéralement, des maternités de sévices sans parvenir à offrir aux enfants portés le salut d’un amour réellement engagé. C’est cruellement et littéralement cela qui transparaît dans ces débats saturés de malentendus. Cela et l’entrée de la femme dans un univers conscient, ainsi que Lucien Neuwirth le pressent avec talent, au sein duquel elle pourrait enfin vivre des choix assumés, en parfaite égalité avec son compagnon. Au fond, s‘il fallait statuer sur la douloureuse question de l’avortement, ce dont on prit conscience, c’est qu’il aurait fallu depuis longtemps déjà légiférer sur la question de l’égalité réelle des sexes devant la Loi, dans un pays qui vivait encore, sur ce plan là, sous le registre de la coutume. Une Loi mal faite donc, ainsi qu’en témoigne la conscience du législateur d’alors, l’affirmant "provisoire" -ce qui n’est pas le moins troublant du point de vue du Droit et de ses conséquences politiques. Nul n’imaginait en effet qu’elle pouvait être définitive et la situation de la France d’aujourd’hui semble donner raison au législateur d’hier, quand notre pays se trouve toujours dans la fourchette haute des avortements pratiqués en Europe, l’avortement en France ayant fini par banaliser des conduites contraceptives ! Statuant sur l’exception, le législateur laissait ainsi en plan son chantier. Devinant sans doute que la question posée était bien plus profonde que celle du seul désir de maternité. --joël jégouzo--.
SIMONE VEIL - L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE, DÉBATS HISTORIQUES - ASSEMBLÉE NATIONALE 1974. Direction artistique Lola Caul-Futy Frémeaux, Label FREMEAUX & ASSOCIES, 4 CD.
L’INQUIETANTE RUPTURE DE SARKOZY AVEC LE LIBERALISME POLITIQUE
Racisme d’Etat : on fouille désormais les poubelles de l’Histoire, en attendant que revienne le temps des ratonnades…
La création d’un Ministère de l’identité, puis la circulaire préfectorale contre les Rroms l’annonçaient –une première en France depuis Pétain-, et bien que cette dernière ait été déclarée anticonstitutionnelle par le Conseil d’Etat en vertu de l’article 1 de la Constitution Française garantissant l’égalité des droits de tous devant la Loi, la tentative aujourd’hui d’étendre les prérogatives de l’Etat à la sphère privée en suspendant l’espace public pour littéralement le nationaliser à l’exemple des pires dictatures, au prétexte d’un débat sur la laïcité, confirme l’idée selon laquelle le néolibéralisme de Nicolas Sarkozy rompt de manière inquiétante avec les principes philosophiques qui ont fondé le libéralisme politique.
Par parenthèse, il n’est pas anodin de rappeler dans ce contexte que les propositions issues de l’exécrable débat sur la laïcité falsifient l’idéal républicain français, l’article 1 de la Loi de 1905, que l’on voudrait vider de sa substance, affirmant que «La République assure la liberté de conscience (et) garantit le libre exercice des cultes». Car rien n’indique dans cet article, bien au contraire, que les religions doivent être rejetées dans la sphère de l’intime, bouclée entre les quatre murs de la cellule familiale ou d’un lieu de culte quelconque, toute liberté de conscience impliquant une liberté d’expression que l’Etat français s’est engagé constitutionnellement à respecter, et donc les manifestations des opinions dans la rue, y compris religieuses.
Nous connaissons ainsi en France la forme la moins enviable du néolibéralisme, celle dans laquelle l’accord sur les valeurs communes ne peut venir que de la coercition. De fait, nous ne sommes plus dans un Etat libéral. Les libéraux eux-mêmes devraient s’en inquiéter. La clique au pouvoir a fini d’en trahir les prémisses philosophiques. Car le libéralisme politique était originellement une conception morale du service de l’Etat, fondée essentiellement sur la norme de l’égal respect des personnes. Une norme qui est entrée dans la pensée du monde occidentale il y a des siècles, et en France en tout premier lieu, comme réponse adéquate aux guerres de religion qui ravageaient le pays ! Or voici que sous couvert d’une nouvelle guerre de religion l’on vient de rompre avec cette norme. Car aujourd’hui, non seulement l’Etat n’apporte plus de réponses adéquates aux difficultés que rencontrent les français, mais il est le fauteur de troubles qui divise, attise les haines et dresse des murs d’incompréhension.
Dans le vieil ordre libéral, l’Etat ne devait intervenir qu’en fonction d’une morale élémentaire, susceptible de produire la plus grande quantité possible de valeur commune. Ici, à l’inverse, l’on ne cherche qu’à détruire le plus grand nombre possible de valeurs communes, au mépris du principe de neutralité présenté naguère par les philosophes du libéralisme politique comme le meilleur opérateur de cette conception morale minimale du service de l’Etat. Une neutralité qu’un penseur américain du libéralisme politique, Charles Larmore, décrit volontiers comme un idéal procédural impliquant une neutralité des fins, en vertu de laquelle les principes politiques ne peuvent favoriser aucune des conceptions controversées de la «Vie Bonne» qui orientent intimement les convictions et le destin de chacun au plus intime de son être, à commencer par les convictions religieuses. L’action étatique non partisane par excellence, apte à construire le principe de l’ordre politique enfin abstrait des conceptions controversées de cette Vie Bonne, voilà précisément ce avec quoi rompt le néolibéralisme de Nicolas Sarkozy, pour le plus grand danger de tous. --joël jégouzo--.
Modernité Et Morale, Charles Larmore, PUF, 1993, coll. Philosophie morale, 257 pages, 24 euros, 2-13-046045-3.
INSECURITE SOCIALE : LA MISERE DE MASSE S’INSTALLE EN (f)RANCE
Précarité, pauvreté, inégalités et insécurités sociales, le baromètre explose -celui du BIP 40, qui explore soixante indicateurs statistiques pour mesurer le niveau d’insécurité sociale atteint en (f)Rance. Les inégalités atteignent même un record jamais inégalé : les riches se sont plus enrichis que jamais, les pauvres plus que jamais appauvris. Le Président des riches (selon la belle expression de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot) a bien travaillé et peu se montrer crâne : jamais la misère n’aura autant augmenté que sous son quinquennat…
Dans le détail, il est tout de même intéressant de voir que ces chiffres invitent à reconsidérer les discours tenus par les politiques sur le sujet, qui ne cessent de mettre en avant les chiffres du chômage (stable à un niveau très élevé, c’est-à-dire celui du chômage de masse), alors qu’en réalité, il faudrait mettre l’accent sur plusieurs facteurs aggravants, comme celui de la précarité sur le marché du travail, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur, et celui de la seule révolution qui ait traversé le corps social français ces dernières années, la révolution urbaine, pour jeter dans la misère des millions de foyers français. Car c’est surtout la dégradation des conditions d’accès au logement qui a marqué l’évolution récente du BIP40. Et si le chômage et la précarité jouent bien un rôle déterminant dans le développement de l’insécurité sociale, le poids des dépenses de logement démultiplié par celui de la vie chère, sera venu à bout des sacrifices que des français pris au piège des discours néo-libéraux et socio-libéraux se sont infligés.
Un constat qui exige que l’on dépasse les polémiques rebattues sur LE chiffre du chômage et surtout, comme l’observent les statisticiens du BIP 40, que l’on refonde de toute urgence les outils d’observation des réalités sociales en France.
On ne peut, de ce point de vue, que regretter amèrement une opposition à la remorque des mauvais débats de la majorité présidentielle, incapable de jeter dans la bataille politique le poids de cette misère de masse, qui devrait être le seul vrai enjeu du débat national aujourd’hui !
Car le déchirement du tissu social est tel aujourd’hui, que le Peuple français est en danger. Attisé par des idéologies de haine, il va droit dans le mur. Santé, Education, Justice, les inégalités s’amplifient d’année en année, coupant la France en deux, celle des beaux quartiers réduite à une peau de chagrin, et l’immense majorité du peuple souffrant.
Que l’on examine un peu chaque catégorie évoquée : une Justice dévoyée, au sein de laquelle les politiques sécuritaires (inefficaces) ont pris le pas sur les politiques sociales : on embastille les pauvres faute de vouloir combattre la pauvreté. Le taux d’incarcération en (f)Rance a fait un bond spectaculaire depuis la venue au pouvoir du Président des riches. Et quant aux étrangers, jamais leur situation n‘aura été aussi calamiteuse, avec un taux de reconnaissance du statut de réfugié proche de 17%, son plus faible niveau depuis vingt ans, alors qu’on nous explique partout que le monde va mal et que là-bas, dans un ailleurs de conte de fée, nous secourons les peuples en danger…
L’école républicaine ? Sa démocratisation s’est brisée nette : les inégalités en matière de réussite scolaire ont explosé, le pacte social est, là encore, rompu par l’Etat lui-même.
La santé ? Un luxe, la réforme de l’assurance maladie laissant à la charge des patients une part de plus en plus importante des frais de santé, excluant des soins des millions de français !
ATD Quart-Monde déplorait, dans un Communiqué de Presse fait à Paris, le 3 janvier 2011, que la publication officielle de cette réalité sociale pour 2010, minée qui plus est par une falsification éhontée des statistiques, était sortie en catimini, le Gouvernement choisissant de publier ses chiffres à la veille de Noël, sans même un communiqué de presse, alors que ses propres indicateurs révélaient une brutale aggravation de la pauvreté en (f)Rance, ainsi qu’une spectaculaire augmentation de l’échec scolaire… Combien de temps encore accepterons-nous le silence des médias sur ces sujets, et la partialité criminelle du personnel politique en charge de ces réalités ? --joël jégouzo--.
http://www.bip40.org/bip40/le-barometre-explose
image : BIP 40, évolution des inégalités depuis 1980.
Le Président des riches, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, éditions Zones, septembre 2010, 228 pages, 14 euros, ISBN : 2-355-22018-2
http://www.joel-jegouzo.com/article-le-president-des-riches-a-mort-les-pauvres-58319588.html
LA FRANCE EN GUERRE, LA LYBIE ET LES DRONES AUTRICHIENS...
Les drones autrichiens sont déjà en Libye. Peut-être pas du bon côté, mais ça viendra. Sûrement. Toujours est-il qu'ils sont opérationnels, depuis quelques semaines, en appui de la 32ème brigade placée sous les ordres de Khamis, le fils de Kadhafi. Ils semblent participer activement au massacre du Peuple libyen. Construits par la société Schiebel, dans la banlieue de Vienne, à Wiener Neustadt, ces drôles de petits hélicoptères sont tout ce qu’il y a de plus épatant. La famille Kadhafi en est très satisfaite. En 2009, Schiebel leur en avait vendu quatre –pour les garçons. Aujourd’hui, les Camcopter S-100 surveillent (en ce moment même) les révoltés. Ils volent à un kilomètre au-dessus de leurs têtes. Raison pour laquelle ils ne les remarquent pas. Eux en revanche sont les yeux de la brigade de Khamis Kadhafi, qui peut ainsi savoir à tout moment qui cibler et qui tuer. Huit nouveaux engins auraient dû lui être livrés ces jours derniers. Mais les livraisons ont pris du retard. On comprend pourquoi. L’Autriche honorera-t-elle ses contrats ? Vraisemblablement pas, depuis la résolution de l’ONU. Kadhafi n’en décolère pas du reste, sommant le PDG autrichien de livrer au plus vite le matériel sous peine de représailles. C’est qu’il y a urgence pour lui aussi à présent. En tout premier lieu à cause de la situation qu’il a ouvert sur le front national, celui des massacres des populations civiles. A déployer une pareille violence contre son peuple, un gros malaise a fini par gagner ses troupes. Exposées qui plus est à la pression de l’opinion publique internationale et gagnées par le sentiment que la Libye pourrait bien être libérée dans les semaines qui viennent grâce à la France (!), elles perdent en cohésion chaque jour un peu plus : des soldats engagés dans des opérations pour reconquérir la ville de Misrata ont déserté samedi dernier et sont passés dans le camp des insurgés. Depuis, des dissensions au sein de la Brigade Khamis ont surgi. Par dizaines, des hommes auraient fui le fils Kadhafi, résolu de les faire abattre par leurs anciens camarades de chambrées… Mais il y a aussi urgence à cause de cette nouvelle donne internationale bien sûr, même si, la résolution votée, pour autant, personne n’est encore sur le terrain. Les Etats-Unis n’y vont qu’à reculons, l’Allemagne a dit non (faisant voler au passage le couple franco-allemand) et derrière la France et la Grande-Bretagne, il n'y a pas foule malgré les apparences. Reste la Ligue arabe, porteuse d’une réelle légitimité. D'aucun effet sur le terrain des opérations. La jeune Tunisie semble aussi vouloir courageusement y aller. Et la France, qui ne peut désormais se soustraire à son engagement. La France est donc en guerre. Elle se le doit, pour des tas de mauvaises et de bonnes raisons. Parmi les mauvaises, outre se débarrasser des casseroles que Kadhafi traîne depuis de nombreuses années dans le sillage de la diplomatie française, le désir de racheter une politique arabe pour le moins confuse. Parmi les bonnes, la France devrait pouvoir nous éviter le scénario d'une occupation étrangère, qui aurait pour effet de confisquer la révolution libyenne des mains de ses vrais acteurs. Mauvaise, et toujours à l'ordre du jour dans les démocraties occidentales, la volonté de refermer rapidement la parenthèse du Printemps Arabe. La France voudra donc négocier avec prudence son intervention aux côtés des révoltés arabes : la jeunesse algérienne pourrait ne pas comprendre… Ce serait le comble, non, pour elle, tout comme pour les jeunes français issus de l'immigration maghrébine, de voir Sarkozy devenir le chantre du Printemps des Peuples Arabes, et lancer à l’intérieur de l’hexagone son débat honteux sur l’Islam… Voici qui promet, en répercussions inattendues…
En attendant, des frappes ciblées, ponctuelles, pour éviter une action au sol et désorganiser assez l’armée de Kadhafi pour entrevoir sa déroute rapide et laisser la libération du territoire national aux seuls libyens. Mais EADS contre Schiebel tout d'abord. De drone à drone... Un match qui sera suivi avec intérêt par le complexe français militaro-industriel… –joël jégouzo--.
LIBYE : BAGATELLE POUR UN MASSACRE…
Dans quelques jours, dans quelques heures, des milliers de libyens vont mourir…
Le G20 s’y est refusé, l’Union Européenne lui a emboîté le pas : l’Europe n’aidera pas les libyens à se débarrasser de leur dictateur, mieux, elle n’empêchera pas Kadhafi d’écraser leur révolte dans le sang et le laissera tranquillement revenir au pouvoir, malgré les pseudos rodomontades et autres tartufferies de notre Matamore élyséen.
Car Kadhafi est son plus sérieux espoir de mettre enfin un terme à cette révolte arabe qui traverse le monde comme une onde de choc impétueuse. Aucun dirigeant d’aucune démocratie occidentale, solidaire de ce point de vue des pires dictatures, n’a en effet envie de voir cette rébellion des Peuples se propager. Déjà, voici qu’ils nous sortent de leurs chapeaux de vains commentateurs autorisés qui demain nous expliqueront à grand frais que c’est une solution de sagesse que de laisser des populations sans défense se faire massacrer par un tyran, que le pire, sans doute, aura été évité, à savoir, celui de voir une jeunesse par trop tumultueuse ouvrir de bien terrifiantes boîtes de Pandore… Demain on nous expliquera, à grands renforts de communications bouffonnes que cela valait mieux, oui, qu’il valait mieux se montrer prudent et que la Realpolitik devait de toute façon l’emporter sur nos émotions. Demain les affaires reprendront. DSK décernera de nouveau ses compliments au colonel pour la haute tenue de son économie, et dans son appel à la raison, ne manquera pas de souligner combien il est vain, sinon dangereux, de confier au Peuple les commandes des Affaires, quand des dirigeants toujours plus irresponsables savent toujours mieux les confisquer à leur profit.
Il faudrait donc accepter l’écrasement de la révolte libyenne. Une fatalité de plus sans doute, essaie-t-on de nous faire croire. A Bahreïn, déjà, avec l’aide de l’armée saoudienne, les opposants viennent d’être tirés comme des lapins. Des hommes sont morts parce qu’ils demandaient tout simplement plus de démocratie. Les Etats-Unis d’Obama ont salué discrètement cette reprise en main. Demain la bataille de Benghazi verra tomber des innocents par centaines. Dans quelques jours, dans quelques heures, des milliers de libyens vont mourir, des milliers d’autres seront déportés et la population vivra ensuite sous le joug d’un fou devenu furieux. Et les affaires reprendront. La "communauté internationale", son expression insensée, pourra de nouveau respirer. Plus difficilement pour la France peut-être, qui a fait semblant de s’avancer jusqu’aux portes du danger, sur le seul pari de redorer le blason d’un Président guignol qui, au prétexte qu’il savait ne prendre aucun risque (personne n’intervenant, la France s’en tiendra à ses seules absurdes rodomontades), a cru bon une nouvelle fois de gigoter dans tous les sens et nous faire prendre cela pour de la politique étrangère… Plus difficilement pour la France qui n’a cessé de se couvrir de ridicule, à l’image du granguignolesque BHL déguisé en Lord Byron aux portes de Missolonghi, bavassant de phrases creuses en déclarations malingres. L’heure est à la stupéfaction. Et à la honte. A l’inquiétude d’être français s’est substituée l’humiliation de l’être et d’accepter, toute honte bue, de nous laisser traîner dans la boue de nos immondes racines nationales racistes. –joël jégouzo--.
Image : Guernica, "La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l'ennemi" Picasso.
BRÛLEURS DE FRONTIERES : LES NOYES DE L’IMMIGRATION CLANDESTINE
Ils sont les derniers héros à faire face à la dérive sécuritaire de l’Europe.
En Algérie, on les appelle les Harragas.
Un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis trois ans, bien qu’à l’échelle de ce qu’est l’immigration, il demeure confidentiel.
Confidentiel, mais tragique : entre 1988 et 2010, 15 638 immigrés sont morts aux frontières de l’Europe. 6 566 d’entre eux ont disparu en mer.
Harrag, littéralement, celui qui brûle, lancé à l’assaut de la forteresse européenne, cadenassée depuis le début des années 90. Celui qui brûle les étapes de demande de visas, souvent longues et hasardeuses, coûteuses, scandaleusement : il faut avancer une somme importante qui sera encaissée, même en cas de refus… Il brûle les frontières, traverse la Méditerranée sur une barque de fortune. Il brûle ses papiers pour être sûr de ne jamais revenir. Il se brûle même parfois lui-même : le 29 juillet 2009, des dizaines de jeunes algériens, désespérés, se sont publiquement mutilés et aspergés d’essence.
Mieux vaut brûler qu’être humilié.
Partir ou mourir, l’essai de Virginie Lydie est édifiant, lourd de notre silence face au désespoir de la jeunesse maghrébine, lourd de la complicité des autorités gouvernementales, des deux côtés de la Méditerranée. Car le portrait sociologique qu’elle dresse des harragas est consternant : ils sont, justement, ces candidats à l’immigration choisie que voulait Sarkozy (déployant de ce fait une vision utilitariste de l’étranger qui invite désormais à voir dans l’être humain un moyen et non une fin, ce dont peu ont mesuré l’ignominie). Jeunes, diplômés, les harragas se jettent à la mer parce qu’ils n’ont aucun autre avenir en Algérie que celui de soutenir les murs des bars. 70% de la population algérienne a moins de 30 ans, 30% de cette jeunesse est au chômage… Ils parlent français, mais n’ont aucun espoir de mener une vie normale. Pas de travail, pas de loisirs, pas de vie sociale. Des jeunes qui étouffent. Ni persécutés, ni miséreux, simplement désespérés, ils risquent leur vie sur des barques de fortune pour rallier l’odieux : vivre cette vie de misère des clandestins d’Europe. Ces "mauvais garçons de l’immigration", sur lesquels personne ne s’apitoie parce qu’ils ne présentent pas les stigmates habituels des immigrations jetées dans la plus extrême indigence, sont en réalité des aventuriers d’un nouveau genre, qui ne fuient ni la famine, ni la guerre, mais tout simplement un pays qui les a privés de leur avenir.
Changer de vie, à tout prix, comment pourrions-nous ne pas l’entendre ? Comment pourrions-nous accepter que cela ne soit qu’un sujet brûlant de la seule actualité algérienne ? La mort est souvent au bout de la vague, ou bien la nuit, elle vient d’un arraisonnage musclé de quelque navire de guerre français croisant au large des côtes dans l’espoir d’exhiber enfin sa force contre l’une de ces embarcations de fortune. Mais l’aventure rachète tout : les harragas vivent en mer leurs trois derniers jours de dignité. Partir, pour montrer au monde que l’on n’est pas mort déjà. Leur rage de vivre est poignante, animée par cette logique de l’évasion qui vous fait tout risquer en sachant que dehors sera terrible. Qu’importe : mieux vaut brûler que vivre une heure de plus l’humiliation qui vous est faite ! Leur révolte est hallucinante au fond, et leur migration ressemble à celles des gnous que rien n’arrête, pas même la certitude de savoir qu’au prochain gué les fauves et les crocodiles sont déjà en embuscade et qu’ils préparent votre carnage.
Il faut lire l’essai de Virginie Lydie pour mesurer de quoi il retourne, avec ce phénomène des harragas, qui ne peut pas ne pas nous interpeller : le lieu de leur désespoir est celui-là même qui fonde ici nos indignations. Depuis 1990, l’Europe s’avance derrière son masque de fer. Une Europe en chemise brune, qui défile en faisceaux de peurs fétides et ne croit pas à l’égalité des êtres humains. Une Europe qui vient d’inaugurer, à Lampedusa, le Guantanamo européen, notre seule réponse à la révolte des mondes arabes ! Une Europe au sein de laquelle la France, de l’aveu même de la Commission européenne chargée de la défense des frontières de l’Union, se montre le pays plus zélé en matière de répression de l’émigration clandestine. Lequel pays exhibe une politique coûteuse mais parfaitement dérisoire de reconduite aux frontières, dont le seul objectif est d’instruire la peur de l’autre comme ultime ciment politique du sentiment national ! Une Europe des camps pour finir, qui a substitué la logique de l’enfermement à celle de l’accueil et traque ses propres populations (les rroms) au sein même de son espace. Enfants placés en rétention, familles détruites, couples séparés, voilà le nouveau visage de cette Europe de toutes les défaites que l’on voudrait nous faire partager, en attendant de récolter ces aubes de guillotines que la France, toujours pionnière, voudrait nous faire vivre demain.
Traversée interdite. Les Harragas face à l’Europe forteresse, de Virginie Lydie, préface de Kamel Belabed, éd. Le Passager clandestin, mars 2011, 176 pages, 16 euros, ean : 978-2-916952444.
image : le camp de Lampedusa.
Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy vont en bateau…
Il ne reste que l’horreur des statistiques à venir. Misère, chômage, précarité, immigrés, sans-papiers, sdf et passons-en de plus avilissantes, DSK félicitant les dictateurs et conspuant l’Europe pour ses dépenses sociales excessives …
Il ne reste que des informations, des données, les contours arithmétiques de la misère et de la violence sociale qui nous est faite.
Et demain, la négociation par l’émeute, le dernier lieu de la délibération nationale.
Les récits qui encadraient normativement l’oppression ont disparu. Ne restent que des relevés sans vie qu’égrène l’INSEE d’année en année. Des traces du tragique que nous ne savons plus revêtir d’aucune forme.
L’heure est archéologique.
Et grave : la figure de l’histoire politique contemporaine ?
Une caricature, liée à l’immobilité de ce qui reste. Marine en médaillon, la (f)Rance du tout national et du débat contre l’Islam à l’heure du printemps des Peuples Arabes, son identité défaillante, enracinée dans les stéréotypes des communicants modernes, DSK en patron, au niveau où s’est immobilisée la misère de l’être politique contemporain, qui vient de rabougrir frénétiquement l’horizon de cette humanité dont nous ne sommes même plus.
Et quelques images brandies comme une menace, calfeutrées de commentaires indigents qui n’excèdent jamais les données brutes.
Rien qui se prête à la construction du grand récit social dont nous avons besoin.
La foule prise comme écran, non disponible.
Et personne pour s’inquiéter du renversement (f)rançais du regard humain, dirigé naguère vers le ciel.
Le monde qu’ils nous ont fait est devenu immonde.
Ne surnagent que les choses, qui n’ont plus besoin de rien.
La France n’est plus. Elle gît à terre. Morcelée, disloquée, en proie à l’une de ses convulsions honteuses dont elle a le secret. En proie au désordre intellectuel, politique, moral. Marine en médaillon. Aucun autre rêve que de jeter les immigrés à la mer.
La page se tourne, la page est tournée, son rêve d’hégémonie blanche la réduit lentement à l’ignominieux. Debout derrière ses remparts, mâchoires crispées, semblable à une forteresse de pacotille, prise d’assaut par des fourmis noires.
L’Histoire tourne la page, la (f)Rance s’engage sur une pente infamante.
Un monde chaque jour plus médiocre, nivelé par la haine, désarmant de l’hostilité de tous contre tous, ouvrant en grand la porte du gâchis "national".
Un pays où l’ambition personnelle achève ce que l’intérêt égoïste a commencé. Pourquoi nous cramponner à cette épave ?
Pourquoi ne pas nous libérer de ses hypothèses paralysantes : Marine, DSK, Sarko ?
Qu’est-ce qui nous empêche de prendre part à l’édification de ce monde nouveau : le Printemps des Peuples Arabes ? –joël jégouzo--.
LA REVOLUTION TUNISIENNE, LES ARABES ET LA MER…
Partout dans le monde la vague de la révolte arabe pousse son espoir.
Du Maroc à la Chine, une formidable onde de choc traverse les mers, les continents, les frontières.
C’est d’abord cela que les révoltes arabes nous ont permis d’entrevoir : cette solidarité des opprimés capable de générer une éthique que n’enfermeraient plus ces rhétoriques lamentables qui nous tiennent lieu de pensée.
C’est cela que ce Printemps des Peuples nous offre, déjà : la remise en cause de la cristallisation géographique -les peuples ne connaissent pas les frontières.
Ce Peuple dont la notion même nous était devenue parfaitement incongrue –relisez les pages de Foucault à ce sujet, analysant avec une rare lucidité la longue, lente, roborative transformation, dans nos démocraties néo-libérales, de la notion de Peuple (qui est une catégorie politique) en populations (qui est une catégorie biologique). Voici que soudain le Peuple fait de nouveau irruption dans le champ de l’Histoire. Et que, repartant de l’humain, il nous apprend que le politique ne s’épuise pas dans les dispositifs gouvernementaux.
Le Printemps Arabe qui se poursuit aura remis en cause avec une belle santé l’idée de frontière, qui est une idée politiquement régressive, une invention coercitive destinée à enfermer dans un destin masochiste les populations prises à son piège. C’est cela, déjà, la grande victoire de ces révoltes, qui visent rien moins qu’à dénoncer l’extension planétaire de la civilisation néo-libérale exportant partout ses barbelés pour enfermer les Peuples et les dresser les uns contre les autres.
Car nous sommes bien face à une guerre absolue. Et de ce point de vue, les révoltes arabes sont notre seul espoir de reconstruire un monde nouveau.
A l’idée de populations, préférons donc celle de Peuple et affirmons avec force que l’indétermination nationale des peuples est aujourd’hui notre chance. Il faut imaginer et multiplier les transgressions par rapport aux frontières, autant géographiques que politiques, culturelles qu’intellectuelles. Il faut combattre la sédentarisation morphologique des nations, des cultures, des identités. Refuser la fin de l’âge du projet politique telle qu’elle nous est prescrite par nos démocraties fantoches. Car ici, ne nous détrompons pas, nous ne faisons que subir la mise en scène de l’idée de démocratie. Une mise en scène pitoyable, éprouvante dans un pays tel que le nôtre, où l’on ne cesse d’agiter le chiffon de la haine de l’Islam, réalisez : au moment même où les Peuples Arabes nous invitent à repenser le monde !
La démocratie française est devenue le gouvernement du déficit démocratique. Il est de la plus extrême urgence d’ouvrir de nouvelles possibilités thématiques qui ne soient pas celles du repli sur soi, ainsi que leur fameux débat contre l’islam nous y invite ! Et nous rappeler que ce qui doit définir l’homme, c’est son indétermination, pas son identité. –joël jégouzo--.
DROITS DE L’HOMME : L’HYPOCRISIE EUROPEENNE…
Human Rigths Watch vient de publier son rapport en janvier 2011. Un rapport de 650 pages, le 21ème du genre, bilan annuel de l’organisation sur la situation des droits humains à travers le monde. Une situation particulièrement dégradée au cours de l’année 2009, dont la dégradation s’est poursuivie, littéralement, avec la complicité des chancelleries européennes, qui ont entre-temps mis simplement au point une stratégie de communication visant à masquer leur inaction aux yeux de leurs opinions publiques, voire à dissimuler l’aide objective qu’elles apportaient aux gouvernements les plus répressifs. Les mécanismes sont à ce niveau fort simples, de l’étonnement joué de Nicolas Sarkozy sur la situation du Peuple Tunisien, aux avions de Mam assortie de sa volonté d’aider le clan Ben Ali à parfaire sa répression, en passant par l’octroi de fonds alloués sans contrepartie, voire au silence devant le détournement éhonté, comme ce fut le cas en Tunisie, de sommes importantes allouées par l’UE aux ONG tunisiennes travaillant sur le terrain. Des sommes qu’elles ne virent bien sûr jamais parvenir sur leurs comptes, puisqu’elles filaient aussitôt sur ceux du clan Ben Ali, dans la plus parfaite transparence si l’on dire, sans qu’aucune chancellerie européenne n’y trouvât à redire…
Cette stratégie de communication, toujours en vigueur aujourd’hui, est décrite ici avec beaucoup de précision. Déclarations routinières en faveur du "dialogue" et de la "coopération", elle donne à penser qu’en agissant discrètement et subtilement, on finira par avoir raison de l'oppression... Dans la réalité, l’inaction en matière de droits humains, érigés au rang de vertu dans le cadre d’un invraisemblable "dialogue constructif", ne sert que les tyrans, observe Kenneth Roth, le directeur exécutif de Human Rigths Watch. Car dans le même temps, ce silence permet aux chefs d’État autoritaires de mener leurs politiques d’injustice sans compromettre leur capacité à s’enrichir et à enrichir leurs amis…
Or les pressions internationales peuvent changer la donne. On le voit pour l’Egypte aujourd’hui, "autour de laquelle le silence assourdissant de l’Europe est littéralement un crime", observe à juste titre Kenneth Roth.
Subordonner une aide, militaire ou budgétaire, à la condamnation des exactions, imposer des sanctions ciblées visant les personnes responsables de ces exactions, on le sait, plus la pression publique s’accroît, plus elle permet de diminuer les risques d’exaction sur le terrain. Tous les gouvernements ont pour devoir d’exercer ce type de pression. Mais on le voit, décidément, cette Europe n’est pas la nôtre ! –joël jégouzo--.
En couverture du Rapport mondial 2011 de Human Rights Watch, le visage d'un ancien prisonnier politique birman actuellement réfugié en Thaïlande.
http://www.hrw.org/fr/news/2011/01/24/rapport-mondial-de-nombreux-gouvernements-sont-trop-complaisants-l-gard-des-gouverneHAKIM BEY, ZONE INTERDITE… COMMENT FINIRA LE CAPITALISME ?
Comment finira le Capitalisme ? La question peut paraître saugrenue, mais elle se pose, déjà, avec de plus en plus d’évidence, et de violence. Hakim Bey, le fondateur de la TAZ, se l’est posée dans ce petit opuscule brillant. Et sa réponse est pessimiste : il n’y aura pas de Révolution, mais un déchirement abominable, dans l’abandon de régions entières du monde, et des populations exténuées…
Ce n’est certes pas ce que l’on voudrait observer, ni ce que l’on peut observer avec ce formidable Printemps des Peuples Arabes qui vient à temps nous redonner de l’espoir. Peut-être n’est-il donc pas inéluctable, ce désastre mondialisé ? L’Histoire ne peut être attelée à aucune fin. Pourtant, quand l’archaïque refait surface dans notre univers mental sous la force de Lois iniques stigmatisant des populations entières (les Rroms), quand ce qui est en jeu n’est rien moins que "la gratuité du lieu humain pour faire échec au culte de la productivité", il y a de quoi, en effet, être effrayé.
Reste que l’on ne peut baisser les bras. Et si la Révolution ne peut être menée, du moins dans les pays occidentaux, s’il est exact que nous ne pourrons plus jamais reprendre le Pouvoir de leurs mains iniques, Hakim Bey nous propose encore cinq pistes de résistance pour survivre à ce désastre. Des pistes qui ouvrent même des espaces dans ces territoires non plus confisqués par le Pouvoir, mais qui demain ressembleront à des no man's land terrifiants, à bien des égards certes, offrant tout de même quelque répit de liberté. Voire des espaces nomades de libertés ponctuelles, soustraits provisoirement à leurs fonctions répressives à l’intérieur même de cette carte de l’oppression dessinée par nos inquisiteurs.
De ces cinq pistes, certaines pourront paraître modestes, sinon puériles, comme celle de la zone autonome périodique : migrer. A contresens tout de même, et symboliquement cela prend tout son poids, des doctrines racistes qui s’affichent ici et là. Défaire les clôtures, la déclosion du monde en gros, migrer, ne serait-ce que l’été, oui : jouir de cette formidable migration psychique des vacances d’été, à plein, dans un voyage non touristique, ou sans voyage du tout même, transhumer, vivre l’été des écoliers, l’été des libertés. Ouvrir des espaces provisoires, bricoler des lieux subvertis érotiquement, dans le désordre et le relâchement, sous la langueur d’août, l’oisiveté de juillet… Et puisque tout le monde est occupé : soyons immédiats ! Arrachons-nous aux fêtes idiotes, aux réunions débiles affirme avec santé ce dernier rejeton de la Beat Generation. Refusons le dandysme noir des ermites grincheux… Ni abnégation militante, ni le clone des valeurs New Age, ce qu’il faut d’abord dépasser, nous dit Hakim Bey, c’est "l’amère solitude qui caractérise la conscience du XXème siècle". Combattons donc l’isolement : rencontrons nos amis, conversons, pour rien, pour le seul plaisir de l’amitié. Peut-être alors parviendrons-nous à triompher de la plus pernicieuse des conspirations à l’œuvre dans notre société, qui travaille "à faire de nous le fantômes qui hante son propre cerveau"… Faisons juste un bout de chemin ensemble, un projet, un repas, un apéro : "Babylone se fait haine devant quiconque prend réellement plaisir à la vie". Arrachons-lui alors ce plaisir simple, au jour le jour ! –joël jégouzo--.
Zone interdite, de Hakim Bey, éd. De l’Herne, Collection : Carnets de l'Herne, traduit de l’américain par Sandra Guigonis, 80 pages, 5 janvier 2011, 9,50 euros, ISBN-13: 978-2851979292.