Le Grand Large est un océan qui brûle
24 Juin 2026 , Rédigé par joël jégouzo Publié dans #poésie
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Nous avançons, pas même la gorge sèche,
pris dans une danse désormais trop pressée pour nous.
La Terre chauffe, halète,
mais nos pas reviennent toujours au même pas.
L’on trébuche, se relève, retombe encore.
Finnegan (Joyce) chute et renaît dans un éclat de rire et de chaos.
Nous,
chutons.
Les marées montent, les forêts brûlent, les saisons se défont.
Nous,
continuons la ronde comme si le mouvement seul pouvait conjurer la fin.
L'océan nous portait, mais ses vagues le submerge lui-même.
Partir, fuir,
il n’y a plus où fuir : là bas les oiseaux ne sont ivres que de notre ironie.
La mer qui jadis promettait l’échappée ne sait où elle commence, où elle finit.
Ses vagues ne sont plus des routes mais son propre gouffre.
Le large est un horizon qui brûle.
Mallarmé rêvait d’un navire qui fendrait l’ennui comme une voile neuve.
Nos voiles se consument avant même de s’ouvrir,
et le désir de partir se heurte à un monde sans ailleurs.
Nous tournons sur place, haletants, comme si le mouvement seul pouvait conjurer la fin.
Nous tournons de cette danse tragique
où chaque tour promet un recommencement plus mortel
et chaque recommencement une mort plus sûre.
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