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La Dimension du sens que nous sommes

Voir, comprendre, analyser les images…

8 Juin 2010 , Rédigé par texte critique Publié dans #DE L'IMAGE

voircomprendre.jpgDans une approche résolument pragmatique, Laurent Gervereau dresse l’inventaire des méthodes d’analyse de l’image ainsi que des types d’images relevant de ces méthodes.

Une courte histoire résume l’essentiel de la question, offrant des repères passablement lacunaires : il n’est par exemple guère question de la querelle des images, pourtant fondatrice de son statut ontologique dans l’Occident Chrétien, ni du pictural turn qui, sous l'impulsion de philosophes américains et allemands, a tenté de refonder ce statut. Pas grand chose non plus de l’acte à travers lequel Vasari tenta de subsumer le visible sous le lisible, alors même que ce dernier prend ici une place imposante…

 Par la suite, les points de repères historiques paraissent mieux assumer. Le panorama balaie de Barthes au groupe Mu les différentes écoles (pour la plupart françaises), de réflexion sur l’image. C’est du reste ce que l’on reprochera à l’ouvrage : d’en rester trop souvent au cadre peu convainquant de la pensée française de l’image. Son intérêt réside alors surtout dans cette introduction destinée aux néophytes, avec l’espoir que cela déclenchera une prise de conscience. Approche scolaire donc, s’achevant par un guide des sources de l’image… en France.--joël jégouzo--.

 

Voir, comprendre, analyser les images, Laurent Gervereau La Découverte, guides Repères, août 2000, 198p, 16 euros, ISBN-13: 978-2707142993.

 

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LES IMAGES MENTENT-ELLES ? LA RHETORIQUE DE LA PREUVE…

7 Juin 2010 , Rédigé par texte critique Publié dans #DE L'IMAGE

IMAGES-MENTENT.jpgRappelez-vous cette grande exposition parisienne -Un siècle de manipulations par l’image  - et la quatrième de couverture du catalogue qui lui fut consacrée, formelle : l’ouvrage était décrété "indispensable aujourd’hui pour ne plus regarder les images de la même manière". Sans doute ne croyait-elle pas si bien dire, mais par une dialectique facétieuse, c’était l’ouvrage lui-même qui devenait sa propre cible…

 

Dans cette exposition en effet, Laurent Gervereau s’était proposé de "décrypter les ressorts cachés" des manipulations de l’image. Une sorte de vieille rengaine des sciences sociales, toujours à la recherche de la face cachée du discours.

Une vieille antienne, selon laquelle il existerait un arrière-plan plus fondateur, sur lequel pourrait s’épanouir en toute tranquillité la certitude.

Une vraie Chimère intellectuelle, postulant l’existence de quelque chose comme un sol vrai, qu’une épaisseur, en surface des choses, masquerait. Les images, parce qu’elles sont sans doute une surface, n’offraient du coup rien qui puisse satisfaire à cette exigence. Il fallait creuser, creuser, creuser encore pour tenter d’en débusquer la vérité. Allons bon… Il n’allait ainsi rester bientôt plus que les historiens et les sémiologues pour croire à l’existence d’un plan de transcendance où le vrai allait s’épanouir dans l’évidence de sa nudité. On peut certes croire aux vertus du principe de vérité. Il assume quelque chose comme une valeur heuristique, ou propédeutique. Mais alors, croyons-y à la manière des scientifiques –ceux des sciences dites "dures"- qui, modestement, avouent volontiers que toute science n’est que le déploiement de son auto-définition et que ce n’est que dans ce cadre que l’on peut tenter d’exprimer quelque chose qui relève de l’exact, plutôt que du vrai. De quoi trancher en définitive une fois pour toute la question du réel, qui n’est qu’une construction parmi d’autres. Bien évidemment, un tel raisonnement pose à la question de l’image de nombreuses questions auxquelles ses théoriciens n’ont pas trop su répondre, comme de savoir où saisir véritablement son surgissement et son fonctionnement.

 

Falsification_Lenine-316f5.jpgL’observation est simple. Prenons page 132 du catalogue. Deux images qui ont fait le tour du monde s’y affichent, pour constituer la démonstration la plus ordinaire de la manipulation de l’image. La première est une photographie de P. Goldstein, montrant "Lénine, Trotski et Kamenev à la tribune, le 5 mai 1920". Chaque détail compte : observons qu’en fait, seul Lénine est à la tribune, et que les deux autres compères pourraient bien être sur le point de quitter cette tribune, en fait.

Sur le second cliché, aucune provenance n’est indiquée. Il pourrait bien n’avoir pas été pris par Goldstein donc… Cette seconde photographie, nous écrit-on, est "prise à peu de temps de distance du même discours"… Mais encore ? Peu de temps ? C'est combien ? Nul n’en sera rien. Et la légende de poursuivre : "Mais sur ce second cliché publié en 1964, Trotski et Kamenev ont été effacés". Source : "Extrait de V.I. Lénine, Institut du marxisme-léninisme, 164). La source est authentifiée, mais elle ne certifie rien… Une troisième mention indique : "(Coll. Musée d’Histoire contemporaine-BDIC)". Ce qui tend à dire que les photos appartiennent à la BDIC, mais que leur authentification relève de l’Institut du marxisme-léninisme, qu’il faut supposer fiable et qui, lui, se trouve à Moscou.

 

Les deux images montrent presque clairement qu’il s’agit bien de deux moments distincts. Mais presque, seulement, l’illusion subsistant qu’il s’agit de la même photo. Deux observations en définitive : tout d’abord, il manque une troisième photo, qui constituerait la preuve, ou la photo source. Car la première ne peut en aucun cas constituer la preuve du mensonge de la seconde. Kamenev était en train de descendre de la tribune...Peu de temps après, il pouvait bien ne plus y être.

 

Un catalogage certes raisonné, mais problématique.

L’ambition affichée avec cette exposition et ce catalogue était énorme. Se faire l’historien, même parcellaire, du visuel, condamne en effet à la quasi exhaustivité. Laurent Gervereau releva ainsi, certes, une partie du vocabulaire de l’image tout au long du siècle, tenta d’en dessiner la grammaire, pour en décrire les ruptures et les modes d’expansion, adoptant de fait classiquement la démarche de l’historien : son histoire est chronologique et recouvre une périodisation conventionnelle -à partir de 14-18 par exemple, on a l’entre-deux guerres, l’avant-guerre, la deuxième guerre mondiale, etc., jusqu’à Mai 68 et la Guerre du Golf. Comme si les ruptures formelles de l’image avaient décidé d’adopter la scansion des manuels scolaires... Est-ce parce que la démarche se voulait épistémologique ? Contrainte d’embrasser tous les discours de la société sur elle-même, il était sans doute plus facile de penser l’évolution de l’image sur la base d’un mode de transformation relevant de la logique sociale décrite par les grands historiens. Le corpus de référence du texte (et donc de légitimation), met ainsi bout à bout tous les monuments de la bibliothèque scientifique de l’histoire. Une sorte de récapitulation des repères : une petite histoire de la collaboration ici, une autre de Mai 68 là… Mais quelle est la valeur heuristique d’une telle récapitulation ? D’autant que le cadre platonicien à travers lequel est appréhendée cette histoire de l'image (vrai/faux), la rend finalement inefficiente. L’ouvrage laisse donc perplexe, malgré la somme de savoirs qu’il véhicule et même s’il se présente prudemment, comme s’il s’agissait au final d’une tactique parant à l’avance les reproches que l’on pouvait légitimement lui faire, comme une approche introductive.--joël jégouzo--.

 

Histoire du visuel au XXe siècle, Laurent Gervereau, Seuil Poche, coll. Points Histoire, mars 2003, 544 pages, 10,50 euros, ISBN-13: 978-2020554671.

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NUS ET PAYSAGES...

4 Juin 2010 , Rédigé par texte critique Publié dans #DE L'IMAGE

nusetpaysages.JPGQuoi de la question du Beau dans l’esthétique ?

N’est-elle justiciable que d’un discours sociologique ?

Dans sa préface, Alain Roger explique les raisons pour lesquelles il a choisi de ne pas reprendre l’édition princeps de son livre, celle de 1978. C’est qu’il voulait lui conserver ce caractère de fraîcheur qu’il recouvrait alors. Son livre en devient ainsi une sorte de repère d’une pensée qui cherchait ses marques. D’une pensée qui dépassait au demeurant la sienne propre et dont les enjeux relevaient d’un défi lancé à l’entendement et non seulement à l’art. L’ouvrage renferme ainsi toutes les qualités et tous les défauts d’un chantier en construction, dévoilant une architecture prématurée.

L’ensemble tourne autour d’un concept emprunté au penseur Lalo, celui d’artialisation. Ce qu’il faut entendre là s’inscrit dans le malentendu du titre de l’ouvrage, qui donne au fond plus à comprendre ce qui différencie le nu (comme catégorie de l’art), de la nudité (comme catégorie de la nature) : il n’existe pas de beauté naturelle. Ce que cet essai voulait penser, c’était une esthétique du beau non assujettie à l’idée de beauté naturelle. Malheureusement, la reprise des concepts kantiens paraît bien avoir empêché Alain Roger d’aller jusqu’au bout de son effort. Il peine ainsi à définir le schème d’artialisation comme processus et ses réflexions se trouvent du coup prises dans une perspective culturaliste. A savoir : un curieux fouillis intellectuel… Qui offre cependant de superbes pages d’analyses des inventions esthétiques, de l’androgyne au vieil adolescent. Le beau, lui, restera pour le lecteur une assertion mutilée, confuse, énigmatique.joël jégouzo--.

 

Nus et paysages, Essai sur la fonction de l’art de Alain Roger, Aubier, nouvelle édition mars 2001, 322p., 22 euros, ISBN : 2700734130.

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VOIR LA TERRE, SIX ESSAIS SUR LE PAYSAGE.

4 Juin 2010 , Rédigé par texte critique Publié dans #DE L'IMAGE

voir-la-terre.jpgLe paysage pose-t-il une question à l’homme, et si oui, laquelle ?

Philosophe, Jean-Marc Besse travaille en épistémologie de la géographie.

La question du paysage est depuis longtemps au centre de ses préoccupations. Inutile de dire que les six essais réunis ici s’adressent plutôt à l’érudit. Pourtant chacun devrait pouvoir y trouver matière à de vigoureuses méditations personnelles. D’autant que la question posée dans cet ouvrage n’est pas tant adressée au paysage, qu’ouverte à partir de lui, suscitée par l’expérience que l’on peut en faire au hasard de ses promenades. Il s’agit donc d’une rencontre avec lui, mettant à l’épreuve nos catégories de pensée, et en jeu, les représentations que nous nous en forgeons.

Très pertinemment, cette série d’essais s’ouvre sur la célèbre Lettre de Pétrarque, relatant son ascension du Mont Ventoux. Un texte que l’on dit volontiers fondateur de notre relation au paysage, comme contemplation désintéressée. Mais est-ce si sûr ? Besse en doute et dans une argumentation serrée, nous montre combien nous nous sommes égarés à son propos. S’il faut chercher un fondement au regard moderne du paysage, c’est dans Rousseau, plutôt que Pétrarque, qu’il nous encourage à le chercher. Mieux : dans Simmel, qui avait parfaitement compris le sens du sentiment d’arrachement au Tout, accompagnant l’individuation des formes de vie dans la modernité occidentale. Ailleurs absolu ou altérité intérieure, le paysage ouvre un clair-obscur dans la conscience humaine, sur lequel il n’est pas vain de se pencher.joël jégouzo--.

 

Voir la terre, six essais sur le paysage et la géographie, Jean-Marc Besse, Actes Sud – ENSP / Centre du paysage, mai 2000, 162p., ISBN-13: 978-2742728282.

 

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DU TRAVAIL FAISONS TABLE RASE… LA FRANCE D’AUJOURD’HUI ? UN VRAI CRIME POUR EXCLUS.

3 Juin 2010 , Rédigé par texte critique Publié dans #Politique

 

arton125Retour en arrière : du temps de Sartre, la nécessité de fournir un travail était la norme éthique de la société bourgeoise. Aujourd’hui, c’est fini. Le pouvoir politico-médiatique, le plus scandaleux et le plus cynique qui ait jamais vu le jour, part, lui, du principe que les précaires ne sont plus des agents sociaux. De proche en proche, ce pouvoir instruit ainsi des groupes sociaux comme n’étant plus des sujets du Droit français. Voir, hors de ces définitions du travail, des couches de la population qui redeviennent des citoyens de seconde zone, des indigènes, les petits-enfants des immigrés, pourtant français. Ce n’est pas seulement que la norme ancienne, bourgeoise, ait été suspendue ; la visée est plus terrible que cela : il s’agit d’éliminer purement et simplement ces groupes sociaux qui ne doivent plus appartenir à la Cité sinon comme ré-articulant la nécessaire trope de l’ennemi… L’un des moyens pour y parvenir est simple : la violence des exclus. Cette violence inacceptable, irrécupérable, hors norme, mise en perspective dans l’espace social par des discours qui, dans le même temps, ne lui trouvent aucune justification. On se souvient du Kärcher. La violence symbolique de l’Etat, avec l’Etat sarko, s’exprime désormais ouvertement. Le populisme noir des années 30 paraît de nouveau taillé à notre mesure !

med-precariteLe populisme noir pour ultime vérité d’un Peuple moins introuvable que dissimulé. Une pathologie sociale terrifiante pour bilan, où le monde des citoyens de la France d’en bas a lentement pourri. La France d’aujourd’hui ? Une foule tragique qui somnole. Du sommeil de la défaite. Une foule sans légitimité, forclose dans ses gestes de désespérés, qui ne rencontre pour écoute que le sociologisme d’intellectuels en proie eux-mêmes à leur manque de légitimité. Un vrai crime pour exclus que ce roman noir de la société française contemporaine. Un vrai crime d’Etat, ce dernier ayant depuis belle lurette tranché : qu’on se le dise, il ne protègera que certaines vies, définies sous le manteau de cet ensemble social qu’est le milieu politico-médiatique. La précarité de masse ? Ils s’en fichent. Le travail ? Une simple variable d’ajustement. Tout centime financier vaut mieux que la vie d’un travailleur. Et l’on ne nous demande sûrement pas de donner notre avis sur cette option fondamentale de la société française. Au mieux, le discours se fait technique : le Capital France relève du bon usage des techniques financières. Plus d’interdit : la vie humaine n’est pas sacrée et les médias actualisent cette ultime vérité - quel journaliste s’indignerait réellement du scandale de la misère en France ? Cette amoralité sordide qui ne veut accepter l’interférence d’aucune éthique entre les deux compères, le journaliste et le politique, masque tout de même de plus en plus mal qu’il y a réellement un cadavre dans le placard de la Nation française : celui de la France d’en bas, et que sous ce cadavre repose une plage, une vraie, où les nantis se dorent la pilule. L’horreur est à venir. C’est peut-être notre seul avenir commun ! Il suffit même de porter la main à l’oreille pour l’entendre croître sous la précarité de masse qui est aujourd’hui le vrai destin de la France. Superbe pied de nez à l’Histoire : la France d’en bas est ruinée par une certaine idée libérale de la Nation française ! "Ruinée" : cela dit assez que la France d’en haut ne fait qu’imposer un cheminement pseudo éthique à l’opinion : on demande aux plus désespérés de garder une conduite exemplaire ! Enorme mystification : car l’option morale est en fait une option politique au sein de laquelle l’intolérance est devenue la norme. Une norme institutionnalisée par l’Etat lui-même!joël jégouzo--.

Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale, rapport 2009-2010 :

http://www.onpes.gouv.fr/Le-Rapport-2009-2010.html

le rapport lui-même, en pdf :

http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/RapportONPES_2009-2010.pdf

Le Salarié de la précarité, de Serge Paugam, PUF, coll. Le Lien Social, mai 2000, 437 pages, ISBN-13: 978-2130508182.

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LE XXIème SIECLE SERA HIGH TECH OU NE SERA PAS - Eloge du carburateur…

1 Juin 2010 , Rédigé par texte critique Publié dans #essais

eloge.jpgEn 1990, les cours de technologie se voyaient supprimés dans la plupart des établissements scolaires américains : pour leurs responsables, il s’agissait alors de produire en masse les Knowledge workers du monde de demain. Cette disparition des outils du monde de l’horizon éducatif accompagna dès lors au plus près le déclin de l’usage tout court des outils : l’homme moderne devait vivre dans un monde d’artefact. Nous entrions de plain pied dans le monde virtuel, qui ne pouvait s’encombrer de sa mécanique. Quant aux jeunes, il fallait les orienter vers des métiers fantomatiques, les aider à prendre congé de la réalité matérielle si l’on voulait gagner avant les autres la bataille de l’économie de l’information.

 

Vingt ans plus tard, l’auteur, diplômé de philosophie politique et directeur d’un Think Tank en vue, à Washington, en scrute avec malice les conséquences : la disparition des savoir-faire s’est malheureusement accompagnée d’une perte des savoir-être. Car qu’est-ce qui était réellement à l’œuvre dans ce type d’expérience que proposaient les enseignements technologiques, sinon la conquête d’une expression active de soi ? Rapportant son expérience, col blanc devenu col bleu, Matthew B. Crawford nous offre ainsi une critique culturelle du monde cultivé des plus spirituelles et des plus perspicaces, loin des clichés intellectuels sur la métaphysique du travail manuel comme de toute idéalisation ouvriériste. L’éthique de l’entretien, comme celle de la réparation, c’est en effet à l’intérieur même des cadres conceptuels de la nouvelle économie qu’il se propose d’en explorer le sens, comme au travers du concept de self-reliance, tellement à la mode dans les cabinets de consultants américains, invitant chacun à travailler sa primordiale indépendance du monde par la connaissance pratique des objets qui l’entoure. Voire au travers de la remise en cause de ce que l’on nomme outre-Atlantique l’Individual agency, concept aujourd’hui au centre de la vie contemporaine américaine et de ces phénomènes d’économie domestique très à la mode à New York – comme de cultiver son jardin sur les toits de la ville.

 

Rendre le monde intelligible. Réduire la distance qui nous sépare des objets. Qu’est-ce que réparer un lave-linge, sinon identifier les façons d’être des mécanismes qui le composent ? Matthew B. Crawford retrouve ainsi les leçons des philosophies de la connaissance sur les exigences cognitives du travail manuel, tout comme celles de la psychologie sociale, quand il découvre que satisfaire aux exigences esthétiques dune réparation bien faite délivre une bénéfique auto-affirmation. Mais il en tire aussi des réflexions intéressantes sur le plan de l’organisation politique et sociale du monde, l’apprentissage autorisant de bâtir des intelligences sensibles à la logique des choses plutôt que soumises aux rhétoriques de la persuasion.joël jégouzo--.

 

Eloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail, de Matthew B. Crawford, traduit de l’américain par Marc Saint-Upéry, Editions La Découverte, mars 2010, 249 pages, 19 euros, ISBN-13: 978-2707160065

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