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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 08:17

alternatives-eco.jpgLa très libérale revue Alternatives Economiques publie un volumineux dossier dans son numéro de janvier, consacré au bilan de la Présidence Sarkozy. L’heure des comptes a donc sonné, y compris dans le camp libéral, qui voit sans bonheur le chef de l’Etat briguer un second mandat. Car qu'il s'agisse d'éducation, d’emploi, de pauvreté, de sécurité ou encore des finances publiques, le moins qu’avouent les éléments les plus lucides de son camp, c’est que ces comptes ne sont pas bons. Mais alors, pas bons du tout… Ils sont tellement mauvais même, qu’à leurs propres yeux il faudrait être sacrément myope pour ne pas voir que la crise n’y est pour rien, ou si peu, dans ce désastre, autant moral que politique, social ou économique. Et pour la revue, ce sont avant tout les politiques conduites depuis 2007 qui sont en cause. Des "erreurs" s’efforce-t-elle d’excuser. On voudrait bien le croire, n’était une volonté politique très sûre au contraire, qui aura par exemple joué en toute connaissance de cause du bouclier fiscal contre la Nation pour enrichir le camp de celui que des sociologues avertis ont qualifié à juste titre de Président des riches.

Il suffit au fond de lister les engagements de campagne et de les comparer aux résultats en fin de mandat pour s’en rendre compte. Le président a beau tenté de s’abriter aujourd'hui derrière la crise pour expliquer une situation particulièrement dégradée, avec la récession qui s’apprête à camper dans notre futur, 4,8 millions de personnes inscrites à Pôle emploi (un record pour la Vème), une dette publique de près de 1 700 milliards d'euros (500 de plus qu'en 2007), sa responsabilité est totale…

Et c’est bel et bien le programme qu’il a mis en place dès le printemps 2007 qui a dégradé le pays. Il n’est pas même la question de la sécurité qui n’y échappe : le bilan est là aussi nul, aucune amélioration n’a été constatée sur le terrain.

Aux yeux de la revue, c’est évidemment surtout en matière de finances publiques que les décisions de Nicolas Sarkozy auront été les plus pénalisantes pour la Nation. Et le numéro de constater qu’en fait, c’est le modèle social tant vilipendé par le président des riches qui a, dans les faits, permis d’amortir le choc de la crise ! Les RTT en particulier, qui ont permis aux entreprises de limiter la casse en jouant sur l’aménagement du temps de travail ! Le monde à l’envers ! Toutes les mesures prises par le chef de l’Etat ont, de ce point de vue, joué contre l’emploi : c’est l’exemple de la défiscalisation des heures supplémentaires, cassant le marché. Si bien que le gouvernement lui-même a dû revoir précipitamment cette fumeuse copie de campagne et revenir sur la plupart des dispositions prises en début de mandat : abolition du bouclier fiscal, révision du régime social des heures supplémentaires, etc… Révision au demeurant avortée, pour des raisons idéologiques, belliqueuses à n’en pas douter, mais dans un combat mené contre la Nation, comme celle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite, dont on mesure aujourd’hui combien il a aliéné durablement la structure de la gestion publique, renvoyant l’Administration française à ses heures les plus sombres… L’Ecole ? Détruite. La Santé ? Détruite. L’Emploi ? Détruit. Ne reste que l’austérité en guise de politique, qui ne fait, aux yeux des spécialistes, qu’aggraver la crise plutôt que la résoudre… Mais le plus dommageable aura été sans doute cette stigmatisation des étrangers et du monde arabe, ouvrant une béance dans les mentalités et créant les conditions d’une rupture civique si grande qu’elle est aujourd’hui lourde d’une menace atterrante, dont nous sommes loin de pouvoir évaluer toutes les conséquences. --joël jégouzo --.

 

Alternatives Economiques n° 309 - janvier 2012

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Published by texte critique - dans Politique
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