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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 06:14

Cormoran Strike, détective privé, regarde ses chaussures… C’est que Billy, plus ado qu’adulte, lui raconte qu’il a été vaguement témoin d’un meurtre dans son enfance. Il ne s’en rappelle évidemment pas grand-chose… L’histoire paraît pourtant crédible, mais Strike n’a pas le temps de s’en assurer : Billy s’enfuit. Intrigués, Strike et son associée, Robin Ellacott, s’emparent de l’affaire. Compliquée. Rendue plus contournée encore par leurs relations… On se rappelle qu’on avait laissé ces deux-là plantés devant une église, à la toute fin du troisième opus de leurs enquêtes. Rentreront, ne rentreront pas… L’action se déroule pendant les J.O. de Londres, dans des faubourgs pisseux et/ou des salons lambrissés où nous embarque l’auteure, J.K. Rowling donc, avec la maîtrise qu’on lui connaît désormais pour le genre romanesque, et la critique de cette classe politique anglaise stipendiée. C’est donc grave et léger à la fois, désinvolte et effarant… tordu aussi, sinon retors. Chantage, sexe, pouvoir, assassinats donc, l’intrigue se ramifie en magouilles incessantes, nantis obligent. Un ministre est tué. Le page turner prend de la vitesse. Et cependant Galbraigth ne cesse de nous en sortir, pour prendre du bon temps avec ses personnages, tout comme elle savait le faire dans Harry Potter pour construire dans le temps ses héros, leur faire vivre leurs émotions et s’opposer les uns aux autres. Alors bien sûr, quelques fausses pistes crèvent d’évidence et poussent à sauter les pages inutiles, surtout que le roman est long, très long. Mais il sait avancer en masquant l’essentiel jusqu’au bout, donnant paradoxalement l’envie de ne rien lâcher sitôt le notoire, su. D’autant que la relation entre nos deux principaux personnages s’avance de page en page vers un tournant d’où il ne leur sera plus possible de tergiverser. Et puis, quel régal de voir l’auteure dévoiler jusque dans ses sales besognes cette haute société anglaise qui n’en finit pas de se payer de mots et de mensonges orduriers. C’est pas joli joli, le monde de la phynance… Ce cynisme, cette vilénie… Lionel Bourguet prend le temps de la dire, de la dérouler dans toute sa laideur. Chose incroyable, dans un livre si long. Il prend tout son temps, pèse sa métrique, ménage des silences, des pauses, appuie la syllabe là où le sens l’attend. Avec patience et drôlerie parfois, laissant le temps filer sa gigue : on n’est pas pressé, le temps du roman n’est pas celui d’un labeur et son tempo à lui est celui du conteur, magistral, qu’il est.

Blanc Mortel, de Robert Galbraigth, lu par Lionel Bourguet, traduit par Florianne Vidal, Audiolib, 3 CD MP3, durée d’écoute 24h37, 25.50 euros, ean : 9782367628356.

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