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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 06:05
A Jan Lebenstein
 
 
 
wat.jpgUn squelette qui se respecte
jamais ne se montre
nu
Ce tissu adipeux : son
habit. De muscles aussi. Et la peau, merveilleuse peau
devenue flasque l’âge aidant. Eh là ! ma peau
est flasque oui, mais ce costume est de Balenciaga !
Décoré de la médaille de fer blanc de l’héroïne. Demeure
grande et belle de son hôtesse. La religieuse dégrafera
cette médaille, m’ôtera ce costume –eh là !– de Balenciaga,
me lavera au savon Moscou Rouge, me vêtira
d’un pull-over que tricotèrent gratis
des filles du komsomol ! –admiratrices
de mon mari, grand écri-
vain. Là où battait,
émouvant chiffon,
mon petit
cœur,
on refixera la médaille,
belle médaille de fer blanc.
Et l’on me déposera en tombe,
moi –ce squelette qui tant se respectait
qu’il ne se montrait jamais
nu.   

Aleksander Wat (1990 – 1967). Non daté. Traduit par les soins du Courrier du Centre International d’etudes Poétiques, n0 189, janvier-mars 1991, Bibliothèque Royale, Bruxelles, issn : 0771-6443.

Image : Wat, parue dans la revue polonaise Notatnik frustrata, środa, 12 października 2011.

  
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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 09:10
 
miloszportrait3.jpg"J’allais vers les pauvres… D’un monde où l’on ne pense pas ce que l’on dit à un monde où l’on ne peut dire ce que l’on pense (…).
 
"Le cœur du puissant n’est pas comme celui de l’homme sans pain ; il est fermé au langage des choses qui ne sont pas possession. (…)
 
"La folie de l’orgueil, c’est d’élever le moindre butin par-dessus toute donation ; et lors même que la libéralité est avouée, de l’attribuer à l’inconnu. (…)
 
"Liberté. Humainement : chez le barbare, celle de prendre, et surtout de détruire. Chez le civilisé, celle de créer et de donner. Dans l’ordre social, c’est la recherche d’une organisation assurant le don mutuel. (…)
 
"Comme toutes choses me paraissent obscures et mesquines venant de ma vie d’homme, et claires et profondes venant de ma vie d’enfant.
 
"Il y a un grand mystère au fond de toute tendresse, un impénétrable secret dans le sein de toute passion ; un rêve que l’on oublie au réveil, un silence que l’on n’ose troubler, un mot que l’on craint de dire."
 
 
 
 Oskar Władysław de Lubicz Miłosz, lithuanien d’origine, écrivait en français. Il est décédé à Fontainebleau où se trouve sa tombe. Poète, dramaturge, diplomate, l’oncle du Nobel de littérature, il fut l’écrivain d’un seul éditeur, et pour ce dernier, le seul écrivain de sa maison d'édition. Cet éditeur s’appelait André Silvaire. On pouvait, jusque vers les années 90, le rencontrer, toujours disponible, dans ce petit comptoir qu’il louait au 20, rue Domat à Paris, dans le Vème arrondissement. Silvaire vouait au poète une admiration sans borne. Tout comme d’autres poètes, comme Jean Bellemin-Noël.
Maximes et pensées, O. V. de L. Miłosz, éd. André Silvaire, 1967, 160 pages, épuisé.
Images : photographie du poète.
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 05:08
"what a mystery"… "what a beauty"
 
"Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri
parmi les hiérarchies des Anges ?
Et cela serait-il, même, et que l'un d'eux soudain
me prenne sur son cœur : trop forte serait sa présence
et j'y succomberais, qu’à peine à ce degré nous pouvons supporter encore ;
            car le Beau n'est rien autre que le commencement du terrible
et si nous l'admirons, et tant, c'est qu'il dédaigne
et laisse de nous anéantir.
Tout Ange est terrible..."
Rainer Maria Rilke


Stromboli, (terra di dio), de Roberto Rossellini, 1949, dernière séquence.
"What a mystery", "What beauty"... Ingrid, au sommet du Stromboli
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 05:10
ailes-du-desir-1987.jpg"Ô heures de l’enfance
où il n’y avait plus, derrière les figures, rien seulement
que du passé, et devant nous, nullement l’avenir.
Certes nous grandissions et même étions, parfois,
pressés d’êtres des grands bientôt, à moitié par amour
pour ceux qui n’avaient rien de plus, si ce n’est qu’ils avaient grandi.
Et pourtant nous étions, dans notre progrès solitaire,
satisfaits et joyeux avec tout ce qui dure ; et nous nous tenions là,
dans l’intervalle qui sépare le Monde du jouet,
debout à cette place, qui fut dès le commencement
fondée par un événement pur.
Où se tient un enfant, qui nous le montrera ? Qui le place
en son lieu dans la constellation, et met entre ses mains
la mesure de la distance ? Qui confectionne ce pain gris,
qui devient dur, la mort d’enfant, -ou dans sa bouche ronde
la lui laisse comme le trognon
d’une belle pomme ?… Les meurtriers, on peut
aisément les comprendre. Mais cela : avoir en soi la mort,
la mort en sa totalité, et dès avant la vie encore
si doucement la contenir, et ne pas en être mauvais !…
Oh ! c’est inexprimable !"
R. M. Rilke
 
images : Les ailes du désir
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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 14:20

avant-garde-polo-poesie.jpg"l’œuvre d’art est une allusion fermée à la réalité", Tadeusz Peiper.

 

L’Institut polonais de Berlin présente jusqu’au 10 novembre 2011 des œuvres de l’avant-garde polonaise constituée autour de Jan Brzękowski , œuvres issues de la collection d’Egidio Marzona, dans le cadre d’une exposition intitulée "Kilométrage - Jan Brzękowski et ses univers artistique."

 

Jan Brzękowski (1903-1983) – poète, théoricien de la poésie et écrivain, s’était installé à Paris dès 1928, où il animait la revue signalée plus haut, avec le groupe a. r., formé autour de Władysław Strzemiński, Katarzyna Kobro et Julian Przyboś.

Ce groupe avait ouvert le premier musée d’art moderne à Łódź  dans les années 30, ainsi qu’un immense centre d‘art contemporain au cœur de friches industrielles où des communautés d’artistes vinrent vivre là un peu comme le firent par la suite les artistes new-yorkais de la Factory.

Théoricien de la poésie, Jan Brzękowski fit paraître dans le premier numéro de la revue l’Art contemporain  une longue analyse sur le sens de la métaphore dans la création littéraire contemporaine, dont voici quelques extraits :

l-art-moderne-jan.jpg“Il n’y a pas longtemps, la métaphore était l’attribut le plus réel de la poésie nouvelle, (…) avant-dernière marche de la nouvelle réalité poétique. (Parmi ses pionniers), il faut considérer les Mots en liberté  de Marinetti qui, n’employant que des morceaux autonomes et non liés d’images (les substantifs concrets et abstraits) ne comprenait pas les relations de fonction qui existaient entre eux. (Ce faisant, il travailla sans le vouloir sa poésie pour en faire une sorte de métaphore étendue. (…)

Mais on ne peut écarter le fait que toute “métaphore est en même temps une épreuve de classification. C’est-à-dire, en principe, qu’elle est abusive, comme tout ce qui classifie. La conscience de son caractère abusif clairement perçue laisse entrevoir comme un sentiment de protestation contre l’impossibilité de connaître quoi que ce soit, protestation qui, en soi, est déjà porteuse d’une valeur critique de premier ordre.

Car “La métaphore embrass(ant) en même temps la réalité vitale et abstraite, ne fait qu’exprimer un conflit métaphysique. Ses éléments, (articulant) différentes réalités qui sont parfois liées par des rapports très éloignés (quelque fois ne pouvant être que vaguement sentis) provoquent certes l’étonnement, épiderme de la sensation artistique” (…), qui explique que “la métaphore n’en (soit) pas moins devenue l’instrument de compréhension et d’expression de la vie moderne. (…)

“Les années dernières semblent vouloir rectifier l’hypertrophie de la métaphore en cherchant des valeurs nouvelles dans la phrase et dans l’idée. (…)

“Les surréalistes ont attaqué avec violence la métaphore. Ils avaient choisi pour méthode la production irrationnelle des images –l’écriture mécanique (sic ! Jan semble ne pas connaître l'expression d'écriture automatique...)

Bréton (resic quant à l’orthographe d’André !), aussi bien que Marinetti propage le culte de la fantaisie pour en faire la méthode unique de création. Avec cette différence que Marinetti emploie les mots dans leurs rapports concrets logiques, tandis que Bréton (bien malgré lui) se sert de l’image pour produire ses effets poétiques. Nous faisant ainsi passer du mot concret autonome unique à la métaphore image, qui est déjà l’expression du rapport de fonction existant entre deux réalités bien distinctes.L’ensemble du poème devient ainsi l’équivalent d’un sentiment métaphysique.

poesie-jan.jpgOr “ l’œuvre d’art, comme le dit Tadeusz Peiper, est une “allusion fermée à la réalité”. Cette charge électrique de l’allusion est la chose la plus importante dans l’art. Par son identification avec la réalité, certains mouvements passéistes se sont complètement déchargés de cette vocation et ont oublié qu’on ne range dans le domaine de l’art que ce qui dépasse les limites de la nature et qui est artificiel.

“La poésie nouvelle a produit surtout un appareillage nouveau. Le matériel poétique ne s’est changé que peu. La ville et la machine ont élargi évidemment la sphère de ce qui est poétique, (…) mais d’après les statistiques d’Ozenfant, la fréquence des expressions (la nuit, etc.) stéréotypées de la poésie classique n’a pas beaucoup changé. (…)

Ajoutons à cela que le signe caractéristique de la vie moderne est sa vitesse et son intensité. On comprendra alors que le trait essentiel de la poésie contemporaine soit le raccourci, non la métaphore. L’abréviation, devenue source d’émotion plastique : l’abrégé est la valeur la plus essentielle de la construction poétique. Rejeter les détails inutiles et onéreux. Tenir l’ellipse comme principe essentiel de la modernité.

Voilà peut-être pourquoi le surréalisme a fait de l’ellipse la force créatrice par excellence. Car elle est enracinée dans la subconscience dont la caractéristique majeure est de s’opposer puissamment à l’intellectualisme de notre siècle.

Seuphor, poète lettriste, qui lie les mots d’après leurs inclinaisons attractives adossées au vocabulaire du subconscient, ou d’après le mouvement visuel des images qu’ils provoquent, comme dans le mouvement de certains films d’avant-garde, en est le meilleur exemple.

“Le lyrisme condensé existant dans les valeurs des mots en fonction d’eux-mêmes nous donne une image-notion qui paraît être le but de la poésie nouvelle. La méthode créatrice du laboratoire poétique est l’extraction de ce lyrisme dans sa forme pure, sans produits latéraux. L’image-métaphore, qui n’est pas le symbole d’une tension, mais son équivalent.”

 

 

Exposition de l’Institut polonais à Berlin et de la collection Marzona. L’événement est accompagné d’une publication de la maison d’édition Verlag der Buchhandlung Walther König. Du 9 septembre au 10 novembre 2011. Institut polonais, Burgstrasse 27, 10178 Berlin, Allemagne
http://berlin.polnischekultur.de/index.php?navi=013&id=675

Revue L'Art contemporain, rédaction : 21, rue Valette, Paris 5ème, n°1, Kilométrage 0, janvier 1929, cote FN 14608, BNF. Images : textes de Jan Brzękowski.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 11:38

terre.jpg"Vivre ? Non. - Notre existence est remplie et sa coupe déborde !

Quel sablier comptera les heures de cette nuit ?

L'avenir ?... Sara, crois-en cette parole : nous venons de l'épuiser.

(...) La qualité de notre espoir ne nous permet pas la terre. Que demander, sinon de pâles reflets de tels instants, à cette misérable étoile où s'attarde notre mélancolie ?

La Terre, dis-tu ?

(...) C'est elle, ne le vois-tu pas, qui est devenue l'illusion !

Reconnais-le, Sara : nous avons détruit dans nos étranges coeurs l'amour de la vie - et c'est bien en Réalité, que nous sommes devenus nos âmes. Accepter désormais de vivre ne serait plus qu'un sacrilège envers nous-mêmes.

Vivre ? Les serviteurs feront cela pour nous."


 

Mallarmé, sur Villiers de l'Isle-Adam :

"Nul, que je me rappelle, ne fut, par un vent d'illusion engouffré dans les plis visibles, tombant de son geste ouvert qui signifiait "Me voici", avec une impulsion aussi véhémente et surnaturelle, poussé, que jadis cet adolescent ; ou ne connut à ce moment de la jeunesse dans lequel fulgure le destin entier, non le sien, mais celui possible de l'homme ! la scintillation mentale qui désigne le buste à jamais du diamant d'un ordre solitaire, ne serait-ce qu'en raison de regards abdiqués par la consience des autres.

Je ne sais pas, mais je crois, en réveillant ces souvenirs de primes années, que vraiment l'arrivée fut extraordinaire, ou que nous étions biens fous ! les deux peut-être et me plais à l'affirmer.

(...) ce candidat à toute majesté survivante, d'abord élut-il domicile chez les poètes (...).

(...) Rien ne troublera, chez moi ni dans l'esprit de plusieurs hommes, aujourd'hui dispersés, la vision de l'arrivant. Eclair, oui, cette réminiscence brillera selon la mémoire de chacun, n'est-ce pas ? des assistants."

(Mallarmé, Divagations)

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 05:15

no-image-1-.jpg"Il n’y a pas d’accès aux secrets du monde -le monde est sans profondeur

 

peut-être le poème

rassemble-t-il plus de possibles que le réel n’en compte lui-même

à se tenir toujours dans l’en-deçà de sa forme

et n’être tranchant que dans l’immédiat du monde exprimé.

  

"Du monde

En vain on feuillette les pages.

Elle se taisent, n’ont rien à dire, rien à montrer, frôlent le ridicule,

Mais c’est justement là que

 

"Chacun y va

avec ses mensonges, ses petitesses ou l’élégance d’un trait

habile

l’œil exercé, épinglé d’arrogance

 

"Le silence troue toute chose,

pourtant si pleinement perceptible."

 

J.Danang, Paris, 12 octobre 2011





j'ignore qui est J. Danang. J'ai aimé ce texte. Simplement.

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 09:49

Hotel_by_the_Railroad-copie-1.jpgUN ŒIL

 

 

 

Chemin faisant vers un œil

Vers un très joli œil,

On aiguise le regard de satisfaction

Comme la bouche sourit

A la vue d’un met

Exquis

 

Le voyage prend des années,

Le voyage assassin.

Pour le moment, n’est qu’un mythe

Qui aiguise le regard.

Et l’œil, placide,

Laisse entrer

Le paysage.

 

 

 

 

 

Edward Hopper, Hotel by the railroad. Un homme regarde à travers la fenêtre. Le bras s’est arrêté dans le suspens de son observation du monde.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 05:55

pendus-epitaphe-villon.jpgPresque tous les jours on nous redit

 

Que le Temps passe à côté de nous,

Que les arbres s’inclinent par pur accident

Et que jamais

Ils ne veulent nous saluer.

Ce dilemme existe et c’est une autre

La révolte des marées et la plénitude

Des champs qui sourient aux caresses de la pluie.

 

 

 

Il faut bien se protéger des idées malsaines,

Des propos suicidaires des tribuns,

Crocodiles cherchant les rivages,

Surtout au Printemps où la grêle

Nous surprend en plein délit de récolte.

Il faut protéger les livres et les fleurs

Et l’huile d’olive de Crête et d’autres îles,

Sans dire merci aux tempêtes soudaines

Car un soleil rit toujours très loin et très haut.

 

Frères humains ! Criait François Villon

En escaladant les murs de La Sorbonne.

Le bruit des racines reste peu audible

On entend mieux la criée à Lisbonne.

 

pendusLa plage tournée n’est pas une page close

Il n’y a pas de cloisons pour la mer

Qui déferle.

Que vive la vie, juments et étalons

Et tous les près où ils courent

Et ils s’aiment.

Un café bien tassé est une ancre qui descend

Jusqu’aux sables des antipodes

Un flambeau qui voyage

Par les nuits d’été.

Les fleurs du mal surplombent les parterres,

Fidèle héritage du dandy Baudelaire,

C‘est ainsi que la rime nous revient aux lèvres

Et la lune nous rappelle un baiser ancien.

On voit encore, malgré les ouragans,

Le lilas qui fleurit après le rude hiver,

Et de nos voix peut-être une chanson

Dira aux quatre vents notre joie éphémère.

 

Fleurs_du_mal_fr01.jpgMais le brouillard déjà nous envahie, le chemin devient obscure.

Rentrons chez nous, dans notre dernière demeure,

Où des mains connues, depuis si longtemps éloignées,

Des voix si proches de la nôtre, depuis si longtemps effacées,

Nous attendent, peut-être...

 

Mario Freire De Meneses

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 05:41

pessoa-a-table.jpg

 

 

 

 

Tous les soirs mes amis, morts,

Viennent s’asseoir à ma table.

 

Je leur sers du vin

Ils me servent du Temps passé

Je leur dis mon amour et mon chagrin

De les voir, de moi, si éloignés

 

 

Si raisonnables

Alors qu’ils étaient

Feu de joie étonnement

Cris de rage et de révolte

A pleines poignées.

 

Ils me sourient

De leurs bouches sons de velours

Revire voltent tournoient ivres

Se posent sur un manège

Cheval baleine la vie est pleine.

 

Délicieuses flammes aimantées

Leurs pensées

Viennent à ma rencontre.

 

Poignards de soie

D’authentiques Orients

Me déchirent la raison.

 

Que du désir

Que des luttes

Que des Éphémères

Zanzibars

Tristes et Utopiques

 

"Mar", mer amère

Insupportable distance

"Rio", fleuve fuyant

Mémoire serpent

 

Dans tous mes rêves

Les étoiles volaient haut

Alors que la réalité

Les dénonçaient

A raz des porcheries

 

Je m’en vais bientôt

Une pensée perdue

 

Entre-temps,

Tous les soirs mes amis, morts,

Viennent s’asseoir à ma table.

 

MFM.

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