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    <title><![CDATA[DU TEXTE AU TEXTE (Politique)]]></title>
    <link>http://www.joel-jegouzo.com/categorie-11228285.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Politique&quot; du blog &quot;DU TEXTE AU TEXTE&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[DU TEXTE AU TEXTE (Politique)]]></title>
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    <pubDate>Sun, 03 Jun 2012 12:45:52 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 03 Jun 2012 12:45:52 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.joel-jegouzo.com</copyright>            <category>Politique</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[VIVONS-NOUS DANS UN MONDE SANS UTOPIE ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-vivons-nous-desormais-dans-un-monde-sans-utopie-105722430.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><img height="608" width="300" src="http://idata.over-blog.com/1/77/53/21//utopie.jpg" class="GcheTexte"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style=
    "font-size: 12pt;">Aucune société humaine ne peut faire l’économie d’une relation à l’idée d’une société meilleure… Tout se passe ainsi comme si le social était secrètement travaillé par un rêve,
    comme s’il existait une nécessité fondatrice de l’utopie.<br>
    Mais qu’est-elle, cette nécessité ? Un mauvais Infini ? Ou l’expression de cette clarté vaporeuse dans laquelle l’homme se révèle à lui-même ?</span></span><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br>
    Dans cet ouvrage savant mais d’une lecture aisée, <strong>Miguel Abensour</strong> tente de croiser les leçons de Thomas More et de <strong>Walter Benjamin</strong> pour percer les vertus de
    l’utopie.<br>
    Proche parente de l’héroïsme de l’Esprit, ne se donne-t-elle pas pour tâche de repérer les points aveugles de l’émancipation moderne ?</span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Des deux volets que comprend l’étude, le plus tonifiant est sans conteste celui qui porte sur la réception de
    <strong>L’Utopie</strong> de <strong>Thomas More</strong> dans le monde occidental. Pendant des siècles, la critique l’a comprise comme un projet de société. Tel <strong>Kautsky</strong> tenant
    More pour le précurseur du socialisme. Ou les théologiens chrétiens y décelant un retour à une société païenne vertueuse, proche, dans ses valeurs, de l’idéal social chrétien. Au point que le
    <strong>catholicisme social</strong> du XIXème siècle, l’a relue comme l’expression d’un conflit entre le capitalisme naissant et les valeurs communautaires chrétiennes, pour en appeler au retour
    du sens de la communauté médiévale.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">S’appuyant sur la pensée de <strong>Léo Strauss</strong> (contestée, certes), <strong>Abensour</strong> tente
    d’en restituer la vraie nature. Posant la question de l’écriture comme séminale, il en dégage la valeur propre : L’Utopie n’est pas politique dans ce qu’elle dit, mais dans la manière dont elle
    le dit. C’est-à-dire dans <strong>l’effectuation</strong> de ce dire, la ruse de la raison devenant l’instrument par lequel l’individu accède désormais à sa liberté. Le problème étant,
    aujourd’hui, de savoir si le raisonnable n’occuperait pas cette place dévolue jadis à la raison. Le manque de souffle de l’histoire nous conduisant ainsi à faire malgré nous l’expérience d’un
    monde sans utopie.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    L’Utopie de Thomas More à Walter Benjamin, Miguel Abensour, éd. Sens et Tonka, coll. 10/vingt, , 1er trimestre 2000, 212p. - réédité en 2009 chez le même éditeur, EAN : 9782845341876
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 02 Jun 2012 05:35:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">583d14c486d6a21bb6e243491b2a0845</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-vivons-nous-desormais-dans-un-monde-sans-utopie-105722430-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Qui est le Peuple de la Démocratie ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-qui-est-le-peuple-de-la-democratie-106008708.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;"><img height="133" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x133/1/77/53/21/image-3/manif-espagne.jpg" alt="manif-espagne" class="GcheTexte">La
    révolution française avait rompu décisivement avec l’ancienne idée d’autorité, en constituant le Peuple comme seule autorité politique légitime, seul principe de légitimité politique. Mais qui
    est ce Peuple ? Où le chercher ? Du côté de la société civile, ou du côté de l’Etat ?</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">La question ne fut jamais réellement tranchée, ou plutôt, nous dit Pierre-henri Tavoillot dans son cours de philosophie, tout au long de notre histoire moderne,
    trois conceptions ont disputé cet enjeu, plaçant tour à tour l’Etat ou la société civile en position de force, avant que le libéralisme philosophique, qu’il ne faut pas confondre avec le
    néolibéralisme qui sévit aujourd’hui dans le monde, ne vienne proposer une position médiane sur la question, nécessairement décevante, mais qui s’est montrée relativement efficace pour assurer à
    nos sociétés un fonctionnement plus démocratique que par le passé.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Tous se mirent cependant d’accord sur un point : l’idée n'allait pas de soi, il fallait en construire la règle.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Les révolutionnaires de 1789 pensèrent le Peuple comme un obstacle. Pour Saint-Just par exemple, ce peuple n’était pas à la hauteur des ambitions de la nouvelle
    démocratie qui voyait le jour. Il ne pouvait l’être parce que gavé des préjugés de l’ancienne société. Il fallait donc le changer, le dissoudre, en s’appuyant certes sur son énergie, mais le
    renouveler tout de même et par la force, tant les temps révolutionnaires paraissaient comptés. Dans son entourage, on songea ainsi à rafler tous les enfants de France pour les soustraire à leurs
    milieux et les rééduquer dans les internats de la République. A terme, une génération de révolutionnaires fidèles aux idéaux de la Révolution en serait sortie. Ce pourquoi l’Instruction Publique
    devint un enjeu politique de toute première importance.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Le peuple réel conçu comme un empêchement, seules ses élites, aux commandes de l’état, pouvaient éclairer cette masse indistincte.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="210" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x210/1/77/53/21/image-3/Elysee_palais.jpg" alt="Elysee palais" class="DrteTexte">Des tenants de cette
    conception étatique, sans évoquer ceux du communisme d’Etat, naîtra aussi bien un Durkheim pensant que l’Etat n’était rien moins que le cerveau de la société et que seul, sous l’impulsion de ses
    élites et autres experts, il pouvait conduire le destin de la nation…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Le vocabulaire révolutionnaire trouva sa justification dans l’usage du mot plèbe, substitué à celui de Peuple : la plèbe était nécessairement ignorante, forcément
    violente, et habituellement versatile. Des échos de cette versatilité nous parviennent encore aujourd’hui et ont été la cause des petits arrangements pris avec le calendrier électoral, pour que
    désormais la majorité présidentielle trouve sa majorité législative et parvienne enfin à chasser le spectre de la cohabitation à la française, dans laquelle le personnel politique n’a pas voulu
    voir l’intelligence d’une réponse politique appropriée, apportée par le peuple français à une situation politique contestable.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">L’ambiguïté des volontés politiques n’aura cessé, de fait, d’exhiber ses limites quant à la volonté générale. Car si le peuple inscrit bien l’idée de volonté
    nationale, encore ne s’est-il agi bien souvent que d’un peuple sérieusement encadré… La Démocratie a pris ainsi corps sur cette ambiguïté d’un peuple tout à la fois héroïque et diabolique.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Le peuple de la Démocratie, aux yeux de la Droite comme de la Gauche républicaine, aura été essentiellement conçu comme une foule à instruire, autant au sens
    pédagogique que juridique du terme. S’il est moins question aujourd’hui de la changer cette foule, cette plèbe, ces masses plus ou moins informes, ou de la régénérer, il n’en reste pas moins que
    le thème du courage nécessaire des réformes que le pouvoir central doit savoir engager, souvent contre la nation elle-même, forcément ignorante, aura actualisé cette conception d’un peuple
    porteur des préjugés et des attentes du vieux monde. Seul François Hollande, dans sa campagne, aura situé l’enjeu du changement politique ailleurs : ce n’était pas le peuple qu’il fallait
    changer, mais sa tête. Un bon signal…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="255" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x255/1/77/53/21/image-3/autorite.jpg" alt="autorité" class="GcheTexte">Proudhon, lui, s’opposa
    fermement à cette conception de l’Etat seul réceptacle de la volonté générale. Pour lui et les anarchistes, seule la société civile était dépositaire de l’autorité politique. Le Peuple souverain
    devait le demeurer, il fallait dissoudre l’Etat. Personne ne devait gouverner, pas même le peuple en son nom propre. La Démocratie était à ses yeux un pouvoir carcéral, il fallait donc
    déconstruire tout pouvoir. La solution n’est pas aisée, et le modèle athénien d’aucun secours dans notre configuration…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il y eut donc longtemps les tenants du pouvoir de l’Etat faisant face à ceux du pouvoir de la société civile. Le libéralisme philosophique tenta d’accorder ces deux
    voies en affirmant qu’il fallait maintenir les deux instances du Peuple et de l’Etat à égale distance du pouvoir politique. Plus facile à poser théoriquement qu’à animer démocratiquement…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Le socle libéral proposa donc de maintenir la sphère privée de la société civile et celle de l’autorité Publique à travers l’Etat conçu comme garant de la cohésion
    nationale. Doctrine de la primauté de l’individu, il fallait en conséquence limité les pouvoirs de l’Etat. Limitation en charge du Droit, instruisant du coup fortement le thème de la Justice dans
    nos sociétés modernes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Nous sommes les héritiers de cette conception libérale de la philosophie du droit naturel. Des héritiers en pointillé : le dernier quinquennat aura montré à quel
    point il était mauvais élève et en avait trahi les soubassements philosophiques. L’UMP est grandement en cause dans cette trahison, qui a provoqué la montée en puissance des attentes d’une
    société civile exaspérée. Nous sommes les héritiers d’une demande d’Etat plus juste et mieux fondé. Pour autant, sans doute n’avons-nous pas trouvé encore les équilibres institutionnels qui
    rendront justice de nos demandes. Equilibres qui restent à penser, et construire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;" lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">L<span style="font-size: 10pt;">es métamorphoses de l’autorité, Pierre-henri Tavoillot, FREMEAUX &amp; ASSOCIES, mai 2012, 4 CD-roms, 1 livret de 8 pages, ean :
    3561302537221.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 30 May 2012 05:38:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">177739ab8635a88e48e97482fcf30847</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-qui-est-le-peuple-de-la-democratie-106008708-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L’Autorité politique : qui doit gouverner ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-l-autorite-politique-qui-doit-gouverner-105733381.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="193" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x193/1/77/53/21/image-3/17juin89.jpg" alt=
    "17juin89.jpg" class="GcheTexte">Pierre-henri Tavoillot, dans ses cours sur l’autorité, nous entraînait dans une passionnante genèse du concept d’autorité politique, de la Grèce à la France des
    Lumières, tout en observant que les réponses apportées sur la question par les grecs ou par Rome nourrissaient toujours, souvent pour de très paresseuses raisons, le débat politique contemporain.
    Un débat qui longtemps se résuma à l’alternative : Idéal, ou Real politik ? Platon ou Machiavel ? Deux horizons à l’intérieur desquels aujourd’hui encore nombre de nos réponses prétendent se
    déplier. Mais deux réponses intrigantes, signant la sortie de la politique. Pour Platon en effet, ce choix de l’idéal ne peut que rater le souci du politique, son idéal n’étant pensable que dans
    le cadre de l’utopie d’un monde abstrait, vivant en paix et en harmonie avec lui-même, et au sein de ce monde, tous avec chacun. L’autre grande signature de l’échec, Tavoillot la situe dans
    Machiavel, l’œuvre la plus considérable sans doute du champ de la réflexion politique. Car Machiavel annule lui aussi le politique en ignorant l‘aspiration des hommes au Bonheur. Or Machiavel mit
    fin à l’ordre politique ancien, provoqua une crise du dogme pour établir la norme moderne de l’ordre politique qui instaure comme seule autorité politique celle de la Raison d’Etat. En elle on a
    pu lire la matrice de tous les principes qui ont fondé l’action politique jusqu’à nos jours, comme la matrice de l’histoire que l’on a voulu nous imposer, qui n’était rien d’autre, à travers
    celle des élites, que l’histoire de la persévérance d’une volonté publique ordonnant autoritairement les finalités du vivre ensemble : le Prince doit maintenir l’ordre, l’état est la condition du
    salut sur la terre. <img height="300" width="181" src="http://img.over-blog.com/181x300/1/77/53/21/image-3/pv-17-juin.jpg" alt="pv-17-juin.jpg" class="DrteTexte">Face à cette réponse par trop
    inique, une seconde réponse se fit jour peu à peu dans l’histoire des hommes, identifiable sous les traits de la philosophie du Droit dit naturel. Il s‘agissait pour ce courant de pensée de
    trouver et fonder en l’homme le principe d’autorité. Contraint de répondre d’abord à la question de savoir où gisait l’essence de l’homme, nos penseurs explorèrent l’anatomie et la psychologie,
    la nature humaine et ses cultures, pour en définitive conclure qu’il n’existait que des situations et que la toute première d’entre elle était cette capacité de l’être humain à s’arracher à sa
    nature : seule la liberté importait et fondait a posteriori son essence.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’école du droit naturel, disparate, de Grotius à Rousseau, finit, bien avant Sartre, théoricien des situations humaines,
    par trouver un accord non quant à une définition, mais, et c’est sans doute le plus important et une avancée sans précédent dans la pensée humaine, sur une méthode de raisonnement : aucune
    fondation ancienne n’était plus pertinente. Il fallait donc faire table rase des principes anciens, déconstruire leurs soubassements et se mettre en quête d’un fondement solide : le contrat
    social, à partir duquel l’on pouvait reconstruire tout l’édifice politique. Tous finirent par se mettre d’accord sur des principes fondamentaux : liberté, égalité, sûreté, propriété, etc. Il n’y
    avait certes pas grand chose de neuf là dedans, ainsi que le fit remarquer malicieusement Spinoza, puisqu’il s’agissait tout simplement de séculariser le Décalogue et les évangiles. <img height=
    "255" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x255/1/77/53/21/image-3/autorite.jpg" alt="autorité" class="GcheTexte">Mais l’essentiel n’était pas là : il était dans le fait que cette
    sécularisation était cette fois le produit d’une réflexion individuelle, non l’héritage d’une Parole révélée, et que ce faisant, cette réflexion sanctionnait la puissance d’une autorité purement
    humaine. C’est comme cela que peu à peu s’est imposée l’idée démocratique, conçue comme l’efficacité théorique du droit naturel et non un contenu formel sur lequel engager des discussions sans
    fin. La démocratie n’était pas une réalité mais un principe, voire, mieux encore : une méthode. Le retournement était spectaculaire. Il s’affirma pleinement, politiquement, le 17 juin 1789, date
    à laquelle les Etats Généraux s’autoproclamèrent Assemblée Nationale. Le peuple constituait désormais le principe de la légitimité politique, il était cette autorité purement humaine que les
    hommes avaient tant désirée.</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">Les métamorphoses de l’autorité, Pierre-henri Tavoillot, FREMEAUX &amp; ASSOCIES, mai 2012, 4 CD-roms, 1 livret de 8 pages, ean : 3561302537221</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 29 May 2012 05:09:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4ef980731f65a6ef943e383d46b35397</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-l-autorite-politique-qui-doit-gouverner-105733381-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Témoignage : la vie d’un clandestin en France…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-temoignage-la-vie-d-un-clandestin-en-france-104741648.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x300/1/77/53/21/image-3/sayed.jpg" alt=
    "sayed.jpg" class="GcheTexte">Une histoire vraie. Celle de Mehdi Sayed. Celle d’un autodidacte parlant l’arabe, le français, l’italien, le roumain. Celle d’un autodidacte cultivé. Qui a fui la
    Tunisie en 1983. Qui a connu la misère dès sa sixième année. Qui a été arrêté à sept ans.&nbsp;Habitant ici, puis là, abandonné à la violence ordinaire, faisant le coup de poing pour y échapper,
    livré, sans cesse, à la brutalité d’un monde injuste. C’est l’histoire d’un gamin privé de scolarité et contraint de vivre seul. Moins libre que livré à lui-même. D’un môme qui a dû se construire
    dans l’adversité, de petits boulots en petits boulots, exploité par tous, exposé dès son plus jeune âge au rêve français que les touristes exhibent sans pudeur. C’est l’histoire d’une vie déposée
    très tôt, confrontée à la violence de la convoitise, qui finit par se jeter à l’eau pour traverser la Méditerranée à la nage. C’est l’histoire d’un gamin qui échoua sur une plage italienne à la
    poursuite du rêve européen. A la boussole. Jeté bientôt dans les affres du travail clandestin dont les patrons ne sont jamais avares. C’est l’histoire d’un gamin qui voulait vivre et qui a
    survécu, qui a grandi et dont le calvaire ne changea pas, devenu jeune homme. C’est l’histoire d’une vie clandestine en France éclairant d’une lumière crue toute l’économie souterraine qui
    profite aux patrons véreux, aux politiciens crapuleux, aux caïds de la drogue. Marseille, Toulon. Toulon : une ville où l’on vote massivement FN et où l’on accueille volontiers les clandestins
    pour les exploiter jusqu’à plus soif.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mehdi vécut une première fois sept longues années en France, d’une traite, avant de se retrouver en prison et d’être
    renvoyé dans un pays dont il avait fini par devenir étranger. C’est l’histoire d’un sans papiers contraint de vivre au jour le jour, plongé dans l’impossibilité de construire quoi que ce soit de
    durable. Ni réussir ni mourir, juste durer. Comme durent les choses. C’est l’histoire des logements insalubres que l’on réserve aux clandestins. Une histoire méditerranéenne. Une histoire de
    tempêtes bien réelles, de naufrages et de survie au milieu de la mer, à boire au goutte à goutte l’eau de refroidissement du canot à moteur sur lequel on dérive. C’est l’histoire de l’argent
    facile, des flics pourris, des êtres fragilisés exposés à toutes les vindictes, toutes les brutalités, toutes les exactions. C’est l’histoire d’un peuple souterrain dont l’existence révèle
    l’hypocrisie, les mensonges, la violence de la République française. Un peuple épris d’une liberté refusée. C’est l’histoire d’une survie âpre, à fuir les chasses qu’on organise pour vous tuer.
    C’est l’histoire d’un homme qui a fini par grandir et devenir adulte et, nettoyé jusqu’à l’os, au terme d’une dérive de 33 ans, a compris que sa dérive n’était rien moins que celle d’une humanité
    vaine, à la peine avec elle-même.</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ma vie de clandestin en France, 17 ans d’errance dans la France d’en dessous, de Mehdi Sayed et Virginie Lydie, nov. 2011, éd. La boite à pandore, coll. La boîte à
    Pandore, 224 pages, 16,95 euros, ean : 978-2960074185</span> <strong>.</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 09 May 2012 05:41:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c90c89ee8f86b0a32e14469983ccdc47</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-temoignage-la-vie-d-un-clandestin-en-france-104741648-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[C’est maintenant qu’il faut prendre la Bastille !]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-c-est-maintenant-qu-il-faut-prendre-la-bastille-104725075.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="199" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x199/1/77/53/21/image-3/hollande.jpg" alt=
    "hollande.jpg" class="GcheTexte">C’est maintenant que tout commence. Maintenant qu’il faut convaincre, poser les actes symboliques qui lèveront les craintes, mobiliseront les volontés,
    soulèveront les ferveurs. C’est maintenant qu’il ne faut rien recommencer. Surtout pas mai 81 ! Car c’est maintenant qu’il faut rompre, aussi, avec cette ancienne fausse droite affublée d’un gros
    nez rose, qui nous a tant coûté. La Droite est à reconstruire. La Gauche aussi. Ce que le Président Hollande semble avoir compris, lui qui n’a eu de cesse, tout au long de sa campagne, de
    chercher les nouvelles narrations politiques capables de pointer cet horizon nouveau où cesser de désespérer. Lui qui n’a cessé de placer la question du pouvoir et de son exercice au cœur du
    débat politique français. Le Président Hollande a parfaitement compris que le candidat sortant avait abîmé la gouvernance républicaine, au point qu’avec lui, l’Etat n’était plus identique à la
    société –et ne cherchait du reste pas même à la représenter. Le Président Hollande a parfaitement compris que tout le problème, effectivement, était désormais de poser les cadres institutionnels
    qui sauraient limiter la Puissance Publique pour en garantir l’efficacité et l’orientation fondamentale, celle de la Justice, qui est l’essence même du caractère démocratique de nos
    sociétés.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">C’est pourquoi l’électorat devra récupérer encore, demain, sa capacité à donner de la voix. Car il est temps de réaliser
    que le quinquennat qui s’achève aura tout fait pour faire voler en éclat la sphère du citoyen, et nous faire oublier que le citoyen vivait dans le champ politique de l’engagement public pour le
    Bien Commun, à l’inverse du bourgeois ou du bobo, qui ne sont que des usuriers du droit commun.</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Contre les discours égoïstes, contre les discours de haine, contre les discours de peur, les travaux que le Président
    Hollande devra entreprendre sont énormes : le candidat sortant abandonne un pays ravagé. Un pays qu’il a ravagé. Il lègue aux français son désastre. Economique tout d’abord, avec ce qui apparaît
    désormais comme la présidence la plus dispendieuses de toute l’histoire de la Vème République. Un désastre politique ensuite, qui n’aura cessé de propulser sur le devant de la scène le Front
    National, au risque de briser la Droite républicaine et de la faire tomber entre des mains nauséabondes. Un désastre moral encore, le candidat sortant ayant réussi ce tour de force de faire du
    mensonge la rhétorique de l’Etat français, de faire de la division la rhétorique de l’Etat français, de faire de l’exclusion la rhétorique de l’Etat français. Un désastre idéologique. Un désastre
    civique. Un désastre culturel. C’est maintenant que tout commence. Sur ses ruines.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 07 May 2012 05:37:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a5000ad36b9409d5b03b918ef9da6771</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-c-est-maintenant-qu-il-faut-prendre-la-bastille-104725075-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Vote Démocratique, Voix du Peuple…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-vote-democratique-voix-du-peuple-104561995.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="199" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x199/1/77/53/21/image-3/bastille.jpg" alt=
    "bastille.jpg" class="GcheTexte">Dolar, dans son dernier essai publié aux éditions <em>NOUS</em> sur les métaphores de la voix en usage dans nos sociétés, consacre un chapitre à la Vox Populi,
    telle qu’elle s’est construite puis soustraite aux démocraties occidentales. Un regard intéressant sur ce qui, au filtre de l’isoloir, se perd et que l’on entend ici et là gronder dans les votes
    protestataires : ces voix que l’on n’aimerait pas entendre, que les gouvernements plutôt ont peine à entendre et que leur ordre ne satisfait pas. Mais qu’a-t-on perdu au juste, de la rue à au
    bulletin de vote ?</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">A la voix vive de la Révolution française, nous avons substitué la voix réfléchie de l’électorat national. Une maturation,
    nous dit-on, tant la Vox Populi a mauvaise presse –Sarkozy ne s’est-il pas enorgueilli de n’avoir pas céder à la pression de la rue ? La Vox populi, cette image ritualisé de la voix populaire, de
    la voix du Peuple à laquelle nous avons préféré les voies d’une société plus organisée, pacifiée, a pourtant immortalisé un mirage toujours en grâce : celui d’une Nation qui par le miracle des
    urnes parlerait d’une même voix, celle de son Président. Celui d’une nation unie plutôt qu’unifiée, fantasme des démocraties acculées à des choix douloureux, sommation des Républiques installées
    sous le feu des menaces internationales.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Une voix pourtant réduite bien souvent au silence, non pas tant de l’isoloir, cette cellule qui supprime l’éclat collectif
    de la Voix populaire, écrit superbement Dolar, que dans sa sortie des urnes, la déversant aussitôt dans l’éloquence des majorités promptes à ramasser les moindres miettes de leur victoire. Car
    sitôt passé le vote, cette voix électorale devrait rester silencieuse… Dénombrée, mesurée, soumise à l’arithmétique, confiée à un signe écrit, privée désormais de toute l’intensité de la campagne
    électorale, sinon étouffée, parfois divisée comme ce fut le cas avec le candidat sortant, elle est appelée à rentrer dans le rang, à se taire, à attendre le prochain temps de parole qui lui sera
    accordé.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Rappelez-vous cependant ce que furent jadis les grands moments de la parole du peuple français, ce Peuple appelé, appelant
    à donner de la voix, à légitimer, par son vacarme, ces clameurs, toute promesse d’investiture en son nom.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Reste il est vrai l’acclamation de l’investiture. Partielle, on l’a dit, puisque celle d’une majorité, celle des
    vainqueurs, cris exclusifs dont sont exclus ceux des perdants, qu’il faudra bien entendre pourtant…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="227" src="http://img.over-blog.com/227x300/1/77/53/21/image-3/voix-dolar.jpg" alt="voix-dolar.jpg"
    class="DrteTexte">A la voix du Peuple, on a substitué la voie électorale. Contre la nature fugace de la voix, nous dit Dolar, nous avons cherché à inscrire cette voix du bulletin de vote dans une
    durée. Nous avons cherché à la circonscrire, à la domptée.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mais que faisons-nous du supplément indomptable ?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La voix du vote bien trop souvent a autorisé tous les chantages. On l’a vu dans la rhétorique légitimaire du candidat
    sortant. A commencer par le plus vil d’entre ces chantages, celui fait sur le peuple. Sur sa moitié abandonnée, perdue, confisquée. On l’a bien connu avec le candidat sortant. Sa représentation
    publique, sur-codifiée, scella le destin de la France d’en bas, tragique, de soumission. Le sceau d’une conception de société.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mais comme il est impossible de faire taire longtemps cette France là, on a pu l’entendre clamer de plus en plus fort sa
    colère, tandis que les autorités parlaient à l’endroit de cette Voix soudainement ressurgit d’obscénité. Lorsque la Voix du Peuple surgit, nous dit Dolar, elle produit en effet toujours un effet
    d’obscénité. Mais, ajoute-t-il, c’est cette voix seule qui préserve des abus de l’autorité. Contre la Voix autoritaire du Chef d’Etat, il n’est d’autre possibilité que cette voix obscène aux yeux
    des autorités. Obscène parce qu’elle refuse de se mettre en scène, comme le fait la voix de l’autorité, décalquant son modèle de ceux hérités des régimes les plus durs. Une voix affublée,
    qu’elles opposent à cette voix obscène du peuple en colère. Une voix affublée qui porte bien souvent au delà de tout sens, celle que l’on a fini par entendre dans la bouche de Sarkozy,
    incantatoire, la voix de la promesse d’une suspension de la Loi démocratique pour en appeler au "vrai" peuple, clivé, haineux, revanchard. Une voix qui aura fini par refuser de fournir un énoncé
    politique à cette voix du peuple, pour l’enfermer dans des résonances idéologiques douteuses. Reconstruisant la voix populaire dans cette petite fabrique symbolique que l’on a connue, qui
    sollicite l’excès, les voix d’interpellation privées de tout contenu positif, les voix sonores de l’affabulation de l’ordre. Des voix logées dans la sphère de la subjectivité, articulant un
    secret qui leur échappe infiniment. Or quand le peuple ne peut accéder à son lieu, conclut Dolar, quand la Loi se met à devenir énigmatique à ses yeux, car autorisant toutes les dérives
    personnelles, quand le peuple ne peut plus localiser le lieu symbolique depuis lequel sa voix est réellement proférée, xénophobie ou simple élément de langage, quand il ne peut plus en définir la
    logique, la seule chose qui soit sûre, c’est que son destin lui a échappé.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Fasse donc que notre destin ne nous échappe pas, et qu'une fois nos voix entendues, nous saurons les relayer au-delà des
    seuls résultats électoraux : elles sont le prototype d’une société nouvelle que nous portons en nous, la texture du social, des voix cette fois réellement dotées d’un sens, qu'il ne faudra pas
    disperser à la hâte.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 04 May 2012 05:30:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8c946dad84c0c7347deecaafd55d36ab</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-vote-democratique-voix-du-peuple-104561995-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Nicolas Sarkozy, le président qui n’avait jamais été président…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-nicolas-sarkozy-le-president-qui-n-avait-jamais-ete-president-104496089.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;"><img height="199" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x199/1/77/53/21/image-3/sarko-drapeau.jpg" alt="sarko-drapeau" class=
    "GcheTexte">Insignifiant. Signifiant le pire plutôt, toujours, sans vergogne, sans mesure, approximatif et démagogue, osant un mensonge après l’autre, agitant le spectre de la peur, toujours,
    toujours menaçant, toujours comminatoire, mais ignorant fondamentalement qu’il aura été au pouvoir ces dix dernières années. Se plaignant donc, sans rire, des égarements de son prédécesseur,
    lui-même, sur l’immigration dont il aurait laissé filer les comptes, revenant, en creusant un trou politique (une fosse) de près de trente ans dans l’histoire, sur les égarements de François
    Mitterrand, accusant encore et toujours les 35 heures, que la droite avait tout loisir d’abroger tout au long de ses années de pouvoir et dont elle donne le sentiment de n’en avoir conservé les
    restes que pour les exhiber au gré de ses propres désastres et pour dissimuler ses insuffisances en matière de relance économique…</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Un président sortant ignorant donc qu’il aura été le responsable de la décision politique ces cinq dernières années, et l’ignorant essentiellement, tant il semble
    avoir fait siens les conseils d’un Carl Schmitt, l’idéologue des droites les plus rogues, affirmant que l’homme du pouvoir autoritaire devait se comporter vis-à-vis de l’Etat comme si l’Etat
    n’était qu’une modalité de la politique, l’autre étant son constant effort pour rompre la communauté nationale, la diviser, la cliver. Le partisan, ainsi que le rappelait très à propos François
    Hollande. Un chef d’Etat partisan, nommant au gré de ses caprices, légiférant au gré de ses anxiétés politiciennes, qui aura finalement passé ses cinq années à fabriquer de l’opinion publique et
    quelle : celle qui le reconduirait dans ses fonctions –il le pensait du moins.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Un partisan œuvrant contre l’Etat lui-même, selon l’enseignement du même Carl Schmitt, confiscant les pouvoirs, combattant irrégulier, déloyal, conscrit du pire qui
    n’avait besoin que d’un récit de légitimation pour justifier ses actes et sa petite fabrique d’opinion, brandissant le chiffon de l’immigration érigée en souci majeur du peuple français quand ce
    dernier ne cessait d’exprimer son inquiétude devant la dégradation de l’emploi, sa peur devant la formidable montée en puissance de la précarité, sa détresse devant notre paupérisation forcenée
    !</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Un président construisant jour après jour une légalité factice, un président en sécession, exactement comme le conseillait Carl Schmitt à l’homme que le Pouvoir
    inconditionnel tenterait. En sécession vis-à-vis de la communauté politique officielle et souveraine, à commencer par ses propres rangs, demain liquéfiés. Un président partisan, détaché de
    l’Etat, nécessairement conseillait Carl Schmitt, mais rattaché à une seule cause poursuivait-il : celle de la crispation identitaire. La crispation pour seule légitimité acceptable, prétendait
    Carl Schmitt, que le Chef de cet Etat autoritaire devra brandir comme supérieure à la légalité étatique. Tout le discours de Nicolas Sarkozy repose au fond sur cet imaginaire du partisan tel que
    le définissait Carl Schmitt, divisant, montant les français les uns contre les autres, et engagé dans un combat défensif (c’était exactement sa posture hier soir) : la défense d’une certaine idée
    française, nourrissant et circonscrivant son hostilité à ces français d’origine maghrébines, incroyablement rabattus sur une religion que l’on n’aura cessé cinq années durant de stigmatiser. Une
    hostilité technique, disait Carl Schmitt, technique parce qu’il s’agit simplement de créer les conditions de l’exercice d’un pouvoir autoritaire, c’est-à-dire politicien, pratiquant le
    media-activisme comme art du pseudo gouvernement, tant ce qui importe le plus aux yeux de ce type de pouvoir est la construction d’une opinion publique estropiée. Il est de ce point de vue
    incroyable de réaliser combien Nicolas Sarkozy aura été si peu président. Il le dit lui-même quand il parle du nucléaire par exemple, incapable de prendre non pas la décision qu’il feint de
    reprocher à François Hollande, d’affaiblir l’indépendance énergétique de la France, mais quand il avoue qu’il n’est pas capable d’impulser un souffle nouveau quand notre croissance, au bout du
    rouleau, exhibe à l’évidence la nécessité d’en finir avec son dogme imbécile et de profiter de cette crise non pas pour entamer une procédure de décroissance, mais au contraire, d’opérer au
    véritable rebond de cette croissance en assurant sa transition vers des activités économiques et industrielles capables d’assurer notre évolution vers un développement conçu en termes écologique
    et social. Mais non, voilà un président calfeutré derrière la décision d’experts en sécurité, sans vision pour l’avenir, confiant à ces experts non pas notre sécurité, mais la décision politique
    ! Un président incapable donc de fixer des axes d’avenir, le nez dans le guidon des sondages fabriquées, incapable d’orienter, d’impulser, incapable de tracer un autre chemin que celui de la
    division et de la précarité généralisée. Alors oui, il est sans doute temps de donner un locataire à l’Elysée, nous le méritons bien !</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 03 May 2012 05:16:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ebfaaeac0331f288fa6e4127a521d7fa</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-nicolas-sarkozy-le-president-qui-n-avait-jamais-ete-president-104496089-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[DU TRAVAIL, SARKOZY A FAIT TABLE RASE...]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-du-travail-faisons-table-rase-la-france-d-aujourd-hui-un-vrai-crime-pour-exclus-104049011.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;"><img height="300" width="193" src="http://img.over-blog.com/193x300/1/77/53/21/image-3/mai36.jpg" alt="mai36.jpg" class="GcheTexte">Discorde
    nationale, son 1er Mai à lui !</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Relayant la stratégie patronale de destruction des emplois, Sarkozy veut de nouveau monter les français contre les français et célébrer une "vraie
    fête du travail" dont les relents pour le coup pétainistes ne font plus aucun doute -on se souviendra en effet que c'est Pétain qui instaura ce 1er Mai comme «la fête du Travail et de la Concorde
    sociale»,&nbsp;le 24 avril 1941. Réappropriation sauvage, comme l'affirme&nbsp;à juste titre Libération, dont les accents anti-syndicaux augurent bien de&nbsp;ce que serait son deuxième
    quinquennat si par malheur Sarkozy devait reprendre le Pouvoir ! Une fête&nbsp;qui aboutirait à célébrer la vraie précarité pour tous, inutile de revenir sur le bilan de Sarkozy en la
    matière,&nbsp;désormais bien connu, tout comme il est inutile de préciser que la crise n'est qu'un prétexte.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Alors revenons un peu en arrière à propos de travail&nbsp;<span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">: du temps de Sartre, la nécessité
    de fournir un travail était la norme éthique de la société bourgeoise. Aujourd’hui, c’est fini. Le pouvoir politico-médiatique, le plus scandaleux et le plus cynique qui ait jamais vu le jour,
    part, lui, du principe que le travail n'est qu'une variable d'ajustement des marchés financiers, ou qu'un élément de langage que l'on peut jeter comme un os à ronger aux plus&nbsp;fragiles pour
    leur faire avaler des couleuvres.&nbsp;De proche en proche, ce pouvoir aura fini par instruire&nbsp;des groupes sociaux comme n’étant plus des sujets du Droit français. Ce n’est pas seulement que
    la norme ancienne, bourgeoise, ait été suspendue ; la violence&nbsp; hors norme qui a été mise&nbsp;en perspective dans l’espace social&nbsp;s’est exprimée comme aucune autre avant elle,
    rejoignant, tout bien considéré, les discours enflamés du&nbsp;populisme noir des années 30 qui&nbsp;paraît soudain de nouveau taillé à notre mesure !</span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le populisme noir pour ultime vérité d’un Peuple moins introuvable que dissimulé, exhibé aujourd'hui sans
    vergogne par un Pouvoir&nbsp;qui témoigne d'une pathologie&nbsp;sociale terrifiante. La France d’aujourd’hui ?&nbsp;Sarkozy voudrait en faire une foule&nbsp;sans légitimité.&nbsp;La précarité de
    masse ? Un élément de langage.&nbsp;Le travail ? Une simple variable d’ajustement. Tout centime financier vaut mieux que la vie d’un travailleur. Et l’on ne nous demande sûrement pas de donner
    notre avis sur cette option fondamentale de la société française : le Capital France relève du bon usage des techniques financières. Plus d’interdit : la vie humaine n’est plus sacrée. Demain,
    des millions d'autres à la rue. Un vrai crime d’Etat, qu’on se le dise,&nbsp;car ce dernier&nbsp;ne protègera que certaines vies, définies sous le manteau des barons de la Finance.&nbsp;Cette
    amoralité sordide&nbsp;masque tout juste qu'il y a un cadavre dans le placard de la&nbsp;Nation française : celui de la France d’en bas, et que sous ce cadavre repose une plage, une vraie, où les
    nantis se dorent la pilule. L’horreur serait&nbsp;donc notre seul avenir commun...&nbsp;La précarité de masse,&nbsp;le seul vrai destin de cette France de Sarkozy.&nbsp;Superbe pied de nez à
    l’Histoire : la France&nbsp;est ruinée par une certaine idée libérale de la Nation française ! "Ruinée" : cela dit assez que la France d’en haut ne fait qu’imposer un cheminement pseudo éthique à
    l’opinion nationale : on demande aux plus désespérés de garder foi en toutes les trahisons à venir&nbsp;! Enorme mystification :&nbsp;l’option morale n'est en fait qu'une option politique au sein
    de laquelle l’intolérance est devenue la norme. Une norme institutionnalisée par l’Etat lui-même. La norme de cette&nbsp;"France bourgeoise au dos facile", comme l'écrivait Verlaine dans un poème
    d'hommage à Louise Michel, de cette France arrogante que la rage&nbsp;mord et qui croyait avoir trouvé son&nbsp;commissionnaire, à défaut de hérault !</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="font-size: 10pt;">O<span style="font-family: times new roman,times;">bservatoire National de la Pauvreté et
    de l’Exclusion Sociale, rapport 2009-2010 :</span></span></strong></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><strong><a href=
    "http://www.onpes.gouv.fr/Le-Rapport-2009-2010.html">http://www.onpes.gouv.fr/Le-Rapport-2009-2010.html</a></strong></span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><strong>le rapport lui-même, en pdf :</strong></span></span></span> <span style=
    "font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><a href="http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/RapportONPES_2009-2010.pdf"><strong><span style=
    "font-family: times new roman,times;">h</span>ttp://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/RapportONPES_2009-2010.pdf</strong></a></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 01 May 2012 08:24:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">db689e559f66f753c26dca46f1c1ffe7</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-du-travail-faisons-table-rase-la-france-d-aujourd-hui-un-vrai-crime-pour-exclus-104049011-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Instituer le Citoyen, ce n’est pas cliver la République…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-instituer-le-citoyen-ce-n-est-pas-cliver-la-republique-104168573.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <div>
      <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;"><img height="300" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x300/1/77/53/21/image-3/condorcet.jpg" alt="condorcet.jpg" class=
      "GcheTexte">Condorcet fut le premier à concevoir que l’institution du citoyen relevait du Bien commun. Au cœur de cette institution, l’Ecole de la République, dont l’objectif à ses yeux ne
      pouvait être celui de produire ou de reproduire des citoyens conformes à l’attente des pouvoirs publics, mais au contraire, une école que l’on aurait délibérément placée dans une relation
      critique à l’égard de la Constitution républicaine. Pour Condorcet "le but de l'instruction n 'est pas de faire admirer aux hommes une législation toute faite, mais de les rendre capables de
      l'apprécier et de la corriger".</span></span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">L’idée de République telle qu'elle se fonde chez Condorcet, lecteur de Rousseau et de Montesquieu, insiste ainsi absolument sur la question de la vertu politique
      dans la République : pas de République sans républicains, et là encore, non ce genre de républicains chers à Sieyès réduisant la citoyenneté à l'exercice d'une compétence technico-politique,
      mais ce genre de républicains littéralement embarrassants pour tout pouvoir politique, car aptes à combattre les dérives qui veulent faire de la République une simple démocratie gestionnaire au
      service de l'électoralisme ou de l'économisme. Condorcet n’avait de fait aucune illusion quant au débat politique confisqué par les politiciens : ce débat politique pouvait connaître une
      régression électoraliste, destituant le citoyen actif en simple électeur passif. Face à cette dérive, l'exigence républicaine commandait de soustraire la politique aux mains des seuls hommes
      politiques, afin de ne pas succomber à leur affairisme gouvernemental et de les empêcher de nourrir toute confusion entre pouvoir et autorité.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Enfin, Condorcet subodorait que la citoyenneté pouvait tôt ou tard se voir détourner de ses fins pour n’être plus que l’instrument d’un horizon douteux : celui de
      l’identité nationale. Ce pourquoi il affirma avec force que la nation ne pouvait être qu’un lien juridique et politique et non celui du sol ou du sang, et que ce lien ne pouvait s’instruire que
      dans une réaffirmation permanente de la vertu de citoyens engagés volontairement par les pouvoirs publics dans l’affirmation d’une solidarité nationale incluant tous les citoyens de la Nation,
      et non en opposant certains d’entre eux aux autres, pour les dresser les uns contre les autres.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Des citoyens engagés volontairement par les Pouvoirs publics… Parce que Condorcet avait compris que ce n’était pas parce qu’il existait des droits
      institutionnalisés que pour autant il existait des citoyens : il ne pouvait y avoir de citoyens qu’au prix de l’instruction et de l’élévation, intellectuelle, morale : pour Condorcet, la
      République ne pouvait exister qu’à la condition d’être le régime "où les droits de l'homme sont conservés". Un régime fragile, on le voit, au sein duquel, s’il n’y surgissait pas volontiers
      "des César ou des Cromwell", il suffisait "d'un médiocre talent et souvent d'un bien petit intérêt pour faire beaucoup de mal".</span>
    </div>
    <div>
      &nbsp;
    </div>
    <div>
      &nbsp;
    </div>
  </div>
  <div>
    <div>
      <span lang="FR">Condorcet, Instituer le Citoyen, par Charles Courtel, coll. Le Bien Commun, éd. Michalon, février 1999, 128 pages, 9,99 euros, ean : 978-2841860951.</span>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 27 Apr 2012 05:25:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5980bae4fd66aa2f6629c7fdd1fb4fe8</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-instituer-le-citoyen-ce-n-est-pas-cliver-la-republique-104168573-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L’ombre de la pureté pèse sur la France forte…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-la-societe-pure-104050975.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><img height="300" width="300" src=
    "http://img.over-blog.com/300x300/1/77/53/21/image-vendredi/societe-pure.jpg" alt="societe-pure.jpg" class="GcheTexte"></span></span>
  </div>
  <div>
    <div>
      <span lang="FR"><span style="font-size: 12pt;">Historien des sciences, c’est un déficit de pensée qu’André Pichot avait comblé avec la publication de son ouvrage : <strong><em>La société pure,
      de Darwin à Hitler</em></strong><strong>.</strong></span></span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Question embarrassante que celle de la pureté d'une Nation qu'aucune immigration ne viendrait contaminer, par exemple... Intéressante à étudier au moment où se
      fait jour une nouvelle poussée raciste. Car jusque là, médias et historiens pensaient l’avoir verrouillée à l’intérieur de l’idéologie nazie et s’en être débarrassée avec la sortie du nazisme
      de nos horizons politiques. Or, ce qui transparaît de cette étude serrée, c’est que si l’eugénisme a été très largement laissé dans l’ombre au sortir de la guerre, c’est parce qu’il offrait une
      image gênante des sociétés de la première moitié du 20ème siècle dans les relations pour le moins troubles qu’elles avaient entretenues avec les idéologies racistes, dont le nazisme. En effet :
      les premières lois eugénistes par exemple, datent en réalité de 1907. Et elles étaient… américaines. En Suède, elles restèrent en vigueur jusque dans les années 1970… Le Directeur de l'UNESCO,
      Julian Husley, humaniste social-démocrate, attestait encore, en 1946, de leur bien-fondé. Quant à la Fondation Rockefeller, elle joua un rôle crucial dans son implantation en Europe, en
      particulier par le financement de laboratoires d’études sur l’eugénisme en Allemagne, dès les années 1920 –ce n’est qu’en 1939 que cette fondation cessera de verser des bourses d’études à
      l’Allemagne nazie.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">L’eugénisme était ainsi le lieu commun de la culture scientifique de l’époque, bien avant sa reformulation barbare par Hitler, pressé d’accélérer la purification
      de la race qui était en marche sous le couvert des études génétiques, en doublant l’eugénisme positif (la génétique) par un eugénisme qualifié de "négatif" car procédant à l’élimination
      immédiate des agents décrétés "pathogènes" pour la société : les races inférieures pour Hitler, ainsi que les malades mentaux et tous les prétendus déviants sexuels, homosexuels en tout premier
      lieu.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;"><img height="300" width="253" src="http://img.over-blog.com/253x300/1/77/53/21/image-3/guernica-detail.jpg" alt="guernica-detail.jpg" class="DrteTexte">L’exemple
      de la Fondation Rockefeller intéressera ici tout particulièrement, parce qu’il témoigne d’une motivation avec laquelle nous n’avons pas vraiment rompue : l’idée selon laquelle une approche
      biologique pourrait avoir raison des problèmes sociaux. Encore faut-il l’expliciter. Qu’entendre par là ?</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Pour le comprendre, il faut paradoxalement revenir à ce que nos sociétés ont refusé d’entendre dans la complexité des enjeux culturels que véhiculait cette
      science naissante de l’eugénisme, en faisant par exemple de Gobineau le père du racisme alors qu’en réalité, c’est du côté de Darwin qu’il faut en chercher les fondements. Dans Darwin, oui, qui
      ne proposait rien moins que de résoudre les problèmes sociaux par la promotion de la science des bonnes naissances. Dans Darwin qui expliquait le plus posément du monde que la société devait
      suivre le modèle de la nature, à savoir, celui de la lutte pour la survie, lutte au sein de laquelle, il va sans dire, le fort triomphe du faible, le plus adapté du moins adapté. Ce faisant, ce
      que Darwin imprimait dans son siècle, c’était rien moins qu’une idéologie dévastatrice, inscrivant l’obsession de la guerre dans cette sociologie de pacotille, où la lutte devenait le mode de
      compréhension des rapports entre les êtres et leur milieu. De cette conception des conflits nécessaires découla tout naturellement l’idée de la supériorité des indo-européens sur le reste des
      peuples, puisqu’ils gagnaient leurs guerres, et à l’intérieur de cet ensemble, celle de la suprématie anglo-saxonne.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Qu’on prenne le temps de comprendre ce que traduisait en réalité Darwin et les raisons pour lesquelles cette vision de l’humanité convenait plus que n’importe
      quelle autre aux valeurs de la bourgeoisie naissante : n’était-elle pas la classe qui devait sa supériorité historique à son seul mérite ? N’était-ce pas la force de son combat qui lui avait
      fait gagner sa prééminence sociale ? Darwin lui fournissait l’idéologie dont elle avait besoin pour assumer sans état d’âme sa victoire. Mais en réalité, l’interprétation que Darwin élaborait
      de l’évolution ne faisait que calquer l’image de la nature sur le modèle social de la révolution industrielle, incroyablement prédatrice en vies humaines.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Le succès du roman anthropologique de Darwin, glorifiant les prétendues luttes pour la survie, dont aujourd’hui les savants ne cessent de dévoiler les
      approximations, fut très vite relayé par un biologiste allemand qui lui assura son triomphe à travers une publication qui eut un retentissement énorme dans toute l’Europe : <em>Les énigmes de
      l’univers</em>. Ernst Haeckel, son auteur, en amplifia au passage la résonance sociale, élaborant ce qui allait devenir la moderne biologie-politique du nazisme. Très clairement, il était
      possible d’entrevoir désormais des solutions biologiques aux troubles sociaux que des groupes humains pouvaient occasionner dans la société bourgeoise. Des solutions biologiques… Dont celle de
      la purification des Nations par la maîtrise de leur composition ethnique. Exit, ici, l’idée des fondements exclusivement politiques de l’identité nationale française, par exemple.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">En occultant les fondements darwinien de la sociologie du racisme, on aura fait en fin de compte que brouiller la compréhension de cette construction
      intellectuelle qu’est le racisme. La phraséologie darwinienne du combat pour la vie est passée tout entière dans le discours géopolitique des rapports entre les nations, conçus presque
      exclusivement sous les espèces de la survie biologique (du Peuple français) sous couvert de survie économique. L’imaginaire de la compétition nécessairement féroce entre les Etats ne peut ainsi
      qu’instruire l’imaginaire de la force et du courage, des batailles à mener, des sacrifices à faire, et, idée maîtresse, de l’adaptation au milieu à savoir : l’économie globalisée, posée comme
      l’incontournable réalité où toute forme de vie peut s’éprouver.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 12pt;">Il faut sortir au fond de cette idéologie de la lutte pour la survie pour rompre avec la phraséologie raciste, ce qui revient à rompre avec un élément de langage
      fondamental de notre culture occidentale !</span>
    </div>
  </div>
  <div>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span lang="FR"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span lang="FR"><span style="font-family: times new roman,times;"><span lang="FR"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><strong><span lang="FR"><strong><span lang="FR"><span lang="FR">La société pure, de Darwin à Hitler, André Pichot, Flammarion, coll. Sciences, octobre
    2001, EAN : 978-2080800312. (images : Guernica, de Picasso, détail)</span></span></strong></span></strong></span></span></span></span></span></span></span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 26 Apr 2012 05:48:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3073fec2bba1b9a3faa95f019fa0c4cc</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-la-societe-pure-104050975-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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