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    <title><![CDATA[DU TEXTE AU TEXTE]]></title>
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    <description>&quot;L'Histoire, c'est la dimension du sens que nous sommes&quot; (Marc Bloch) -du sens que nous voulons être, et c'est à travailler à explorer et fonder ce sens que ce blog aspire.</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[DU TEXTE AU TEXTE]]></title>
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    <pubDate>Wed, 22 Feb 2012 17:22:27 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 22 Feb 2012 17:22:27 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.joel-jegouzo.com</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[LE POINT SUR L'IMMIGRATION DES RROMS EN FRANCE]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-le-point-sur-l-immigration-des-rroms-en-france-99824617.html</link>        <description><![CDATA[<p class="western">
    <img height="300" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x300/1/77/53/21/image-3/rroms-en-bidon-ville.jpg" alt="rroms-en-bidon-ville.jpg" class="GcheTexte"><span style=
    "font-size: 12pt;">Depuis des décennies, l’immigration des roumains en France est restée stable, tout autant que celle des Rroms roumains, qui s'est maintenue à 10% de la population roumaine
    migrante (chiffres du Minsitère de l'Intérieur). La seule chose qui ait changé, c'est leur visibilité et la pression raciste orchestrée par le gouvernement en place à leur encontre, modifiant
    sensiblement leurs conditions de séjour en territoire français et les modes même d'organisation de ce séjour...</span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;">L’essai signé par Martin Oliviera, publié dans le cadre des conférences débats de l’association Emmaüs données à l’école normale supérieure est intéressant à
    décrypter de ce point de vue.</span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Analysant tout d'abord la structure sociale des rroms migrants, Martin Oliviera montre qu'elle est comparable à celle
    des populations rurales des autres régions d'émigration. Des migrations de parentèles ou d'individus isolés, mais dans tous les cas, de groupes très divers que l'on ne peut subsumer aussi
    commodément qu'on le fait en France sous l'appellation commune de Rroms. Il n'existe en fait aucune homogénéité de ces communautés rroms migrantes, issues de migrations locales restreintes, que
    l’on ne peut comprendre que dans le cadre des mobilités village-ville. Une migration en tout point comparable aux migrations de ce type&nbsp;: non un déplacement sans retour, mais au contraire
    avec espoir de retour, ce qui est le cas de toutes les migrations économiques qui prennent sens dans le cadre de stratégies individuelles ou familiales.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Les villes cibles de ces migrations, elles, semblent clairement établies dans les régions parisienne et lyonnaise, et
    pour cause : les expériences accumulées par les précédents migrants les désignent comme des régions d'accueil intéressantes, du point de vue des opportunités d'emplois qu'elles offrent, tout
    autant que de la sécurité des personnes.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Mais avec la montée en puissance des discours et des actes de violence raciste à l'égard de ces populations, depuis
    2006, on assiste au redéploiment de cette émigration, qui a fini par identifier les foyers racistes à risque, ainsi que les zones où le zèle policier est le plus fort.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ces redéploiements désordonnés, désespérés, sont la vraie nouveauté des migrations des roumains en France. Des
    populations qui ne cessent pourtant de nourrir d'autre objectif que celui de leur insertion sociale ! Car ces familles veulent s’intégrer, trouver des moyens économiques légaux de vivre, à
    commencer par le logement.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Or cette volonté de stabilité est perpétuellement contrariée par une juridiction restrictive de leur liberté de
    déplacement (au mépris des lois européennes), tout comme de leur accès au marché français de l'emploi ou aux droits sociaux, la France ayant réussi à faire inscrire dans le Traité européen une
    clause dite de «régime transitoire», autorisant cette discrimination.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">L'impossibilité d'accéder à des ressources légales a ainsi compliqué sérieusement cette immigration légale, la
    transformant en véritable souricière pour les Rroms. On le voit par exemple dans leur mobilité actuelle, bien différente encore une fois de ce qu'elle était avant l'arrivée au pouvoir de Nicolas
    Sarkozy : les populations Rroms ne cessent de fuir à l'intérieur de périmètres très circonscrits, n'excédant pas, la plupart du temps, 10km, ce qui, on l'avouera, est l'expression d'un bien
    étrange «nomadisme»... On a vu mieux, non, en guise de nomadisme !</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Tournant désespérément dans ces périmètres qui sont pour eux des périmètres d'intégration, la mobilité forcée de ces
    groupes les fait apparaître ainsi plus nombreux qu’ils ne sont en réalité. Premier constat : ce nomadisme contraint par les circonstances politiques ne traduit en réalité qu’une adaptation à un
    environnement hostile, non un idéal de vie ! Et quant aux fameuses caravanes, elles ne sont qu'un type d'habitat à moindre coût choisi par une populaiton contrainte de rester toujours en
    mouvement, un habitat qui, en retour, l'expose à une plus grande précarité face à ses droits (comment se domicilier dans ces conditions, comment inscrire ses enfants à la crèche, à l'école,
    comment bénéficier de l'aide médicale, etc., quand on ne peut justifier d'un domicile ?).</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: Times New Roman, serif;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Face aux dangers qui les accablent
    et à cette précarité nouvelle qui les enferme, les Rroms ont également dû se regrouper en parentèles élargies, un mode de vie qui leur était étranger en Roumanie ! On contraint ainsi une
    population à inventer un mode de vie qui n'est pas traditionnellement le sien... Pour dire les choses clairement, la France raciste leur a inventé un mode de vie lié au problème permanent
    d'expulsion des terrains, fomentant des installations toujours plus précaires, qui prennent de fait la forme de campements, achevant ainsi de réaliser les fantasmes du pouvoir politique
    français...</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="western">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="font-family: Arial, sans-serif;">Roms en (bidon)ville : une conférence-débat de l'Association Emmaüs et de Normale Sup', Martin Oliviera,
    éditions rue d'Ulm, oct. 2011, 5 euros, 84 pages, ean : 978-2728804665.</span></strong></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 22 Feb 2012 05:00:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">91ac11534fca9073905a8b3dfcc54e6f</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-le-point-sur-l-immigration-des-rroms-en-france-99824617-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A PROPOS DE L’ETHIQUE DU CAPITALISME]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-a-propos-de-l-ethique-du-capitalisme-99816395.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><img height="300" width="300" src="http://idata.over-blog.com/1/77/53/21//weber.jpg" class="GcheTexte"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style=
    "font-size: 12pt;">Voilà près d’un siècle que la réception de <strong>Weber</strong> campe sur l’interprétation de <strong>Lehmann</strong>, affirmant que sa thèse se voit rarement confirmée par
    l’analyse des historiens.<br>
    Quelle thèse ? Celle d’une conjonction entre <strong>protestantisme</strong> et <strong>capitalisme</strong>. Voilà près d’un siècle que la vulgate, y compris dans les milieux universitaires,
    prête à Weber l’idée que les exclus des grandes charges publiques, cherchent à s’investir dans les sphères marginales des métiers de l’argent. Or rien n’est plus éloigné de Weber que ce type
    d’assertion ! Le seul objet d’étude que ce dernier s’était fixé n’était autre que celui de la rationalité à l’œuvre dans l’esprit du capitalisme, portée par des hommes de foi très peu marginaux !
    Ce que Weber postulait en définitive, n’était rien moins que l’examen d’un principe tiers : la spécificité de la ratio occidentale. Les termes qu’il mettait ainsi en relation, n’étaient pas
    vraiment protestantisme et capitalisme, mais ce qui, dans l’un et l’autre, relevait de cette nouvelle rationalité. Moins donc ce qui dans la religion protestante l’inaugurait que ce qui avait
    permis à la religion protestante d’émerger elle-même. Une petite différence, certes, mais qui n’est pas sans importance : on ne peut réduire le capitalisme à de prétendues origines protestantes.
    Sans doute cette réduction vient-elle, par-delà les malentendus inauguraux de sa réception, de ce que le texte de référence, en France en particulier, est resté celui de 1905, alors qu’il fut
    largement réécrit dans sa version de 1920. C’est cette version qu’offre Champs-Flammarion.<br>
    Mieux qu’une traduction inédite, l’accès enfin donné à la compréhension savante de Weber.</span></span><strong>—joël jégouzo--</strong>.<br>
    <strong><span style="font-size: 10pt;"><br>
    L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, traduction inédite et présentation par Isabelle Kalinowski, Flammarion, coll. Champs, janvier 2000, 396p., 5 euros, EAN :
    978-2080814241.</span></strong></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 21 Feb 2012 05:00:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">47ebb7673507f8f0e459ed54111b77a5</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-a-propos-de-l-ethique-du-capitalisme-99816395-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L’Autriche aura-t-elle la peau du loup (nationaliste) ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-31872486.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://idata.over-blog.com/1/77/53/21//peau-du-loup.jpg"><img height="464" width="300" src=
    "http://idata.over-blog.com/1/77/53/21//peau-du-loup.jpg" class="GcheTexte"></a><span style="font-size: 12pt;">Silence radio sur ce qu'il se passe en Autriche aujourd'hui. Rappelez-vous pourtant,
    il semble bien longtemps déjà, la&nbsp;Palme d’or décernée au&nbsp;réalisateur autrichien Michael Haneke pour Le Ruban blanc, explorant moins la genèse de la montée du nazisme que les
    soubassements culturels de la terreur à travers les dégâts de l’éducation protestante. Rappelez-vous encore ce&nbsp;prix d’interprétation masculine attribué à L’autrichien Christoph Waltz jouant
    un officier SS dans le film Inglourious basterds, de Quentin Tarantino... A l'époque, il semblait que l'Autriche revisitait son héritage nazi sans complaisance, mais la voici de nouveau en ordre
    autoritaire de marche. Une vieille tradition autrichienne, celle d'un pays qui réussit presque le tour de force de se faire passer pour victime au sortir de la dernière guerre...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Alors relisez ce roman,&nbsp;</span><span style="font-size: 12pt;">par trop passé inaperçu, qui avait déjà naguère emprunté ce difficile chemin de mémoire. Moins
    médiatique qu’une Palme d’or, plus difficile qu’un film virtuose signé Tarantino, La Peau du loup, mérite bien, aujourd’hui, d’être lu et relu. Et pas uniquement parce qu’il évoquerait le poids
    d’une mémoire accablante qui nous est de moins en moins&nbsp;étrangère : cette voix qu’il invente et parcourt a déposé son grain partout en Europe. Relisez-le, vous verrez bien assez, allez, de
    quoi il parle !</span><br>
    <span style="font-size: 12pt;">L'Autriche, elle, le sait, qui a pataugé longtemps dans le sang jusqu'aux chevilles, comme l’affirme Elfriede Jelinek. Pays d'amnésiques, l'accession au pouvoir de
    l'extrême droite y consacra "la faillite des hommes de nationalité autrichienne devant leur histoire". Mais peut-être aurions-nous dû moins voir dans l'épisode Haider l'homme qui fit honte à
    l'Europe, que celui qui fit sortir l'Autriche de son innocence. Il faisait un tel bruit autour du silence autrichien sur sa mémoire nazie !</span><br>
    <span style="font-size: 12pt;">Dans le village de Schweigein (silence), au bout du monde, un matelot se réveille en pleine nuit, en proie à un malaise indéfinissable. Il vient d'entendre un bruit
    qui a rempli toute la voûte du ciel. Une stridence qui paraît venir d'une vieille briqueterie en ruine. Inaudible d'abord, elle devient vite quelque chose de bestial. Un souffle à l’envers du
    souffle de l’Esprit, surplombant les hommes pour retomber sur eux comme ces couvercles de plomb sur les ciels de Baudelaire. Résonances sourdes de silhouettes, de figures sans image qui hantent
    la forêt. Figures dont on a confisqué l'image. Bientôt, des morts mystérieuses plongent le village dans l'ignoble. Tout tourne autour de cette briqueterie - un signe à déchiffrer. Sur le modèle
    du récit policier, le narrateur épie des objets qui se dérobent à la vue. Dans leur lente remontée au visible, il nous rend littéralement la vue. Mais la chose qui vient n'a tout d'abord ni
    visage, ni nom. "Il faut (même) se fabriquer des yeux d'oiseau de nuit" pour la voir, car elle est ignoble ! Seuls les cadavres, en Autriche, semblent parvenir à ouvrir les yeux. Cette trace
    sanglante qui encercle le pays et l'enferme, le matelot la piste, avant de "partir, loin de cette prétendue patrie".</span>--Joël Jégouzo—<br>
    <br>
    <br>
    La peau du loup, de Hans Lebert, édition Jacqueline Chambon, 1998, 512 pages, ISBN-10: 2877111784, ISBN-13: 978-2877111782
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 18 Feb 2012 05:00:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">029113f847884ae73514bcaad6c78821</guid>
                <category>en lisant, en relisant</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-31872486-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[TRAVESTIR LES PAUVRES EN IMMIGRES CLANDESTINS, STIGMATISER LES RROMS…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-travestir-les-pauvres-en-immigres-clandestins-stigmatiser-les-rroms-99517937.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="225" width="300" src=
    "http://img.over-blog.com/300x225/1/77/53/21/image-3/habitants-des-bidonvilles.jpg" alt="habitants-des-bidonvilles.jpg" class="GcheTexte">Dans les années 60&nbsp;commença la grande résorption des
    bidonvilles en France, plus particulièrement ceux de la région parisienne, qui restèrent visibles jusqu’au milieu des années 70.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">En 2002, ils étaient de retour.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">En 2005, un nouveau plan fut conçu pour les éradiquer. Vous lisez bien : les détruire, et non prendre à bras le corps le
    problème du logement, dont on sait tous ce qu’il est devenu avec la spéculation immobilière : 1/3 des SDF sont des salariés pauvres.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Détruire les bidonvilles donc, par des opérations de police, sans reloger leurs habitants : la logique dans laquelle s’est
    inscrite ce plan relevait de la seule gestion des indésirables.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le gouvernement Sarkozy en profita pour stigmatiser au passage une population, celle des Rroms, accusés de venir "camper"
    aux portes de Paris, en vue d’assiéger la capitale sans doute…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Cette focalisation raciste sur une prétendue question Rrom permit, par l’ethnicisation de la pauvreté, d’éviter à avoir à
    interroger les causes structurelles de l’augmentation de la précarité en France, ni moins encore l’apparition de formes nouvelles d’exclusion sociale (chômage de masse vertigineux, salariat
    pauvre, précarité galopante, etc.), qui précipitaient des populations entières dans cet habitat de la grande misère.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">On communiqua alors sur les "campements illicites".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">On gomma l’ancien vocabulaire de la misère. Le mot de bidonville fut effacé des communications officielles. La presse porta
    de ce point de vue un secours très utile au gouvernement. Peu nombreux furent les journalistes à enquêter sur la situation des travailleurs pauvres contraints de vivre dans des abris de
    carton.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">On entonna donc massivement le couplet des "gens du voyage", des "nomades" poussant l’insécurité aux portes de nos belles
    villes, saisies il est vrai par la grâce d’une gentrification accélérée, qui s’accommodait mal de la présence des pauvres dans leurs rues…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La logique publique ne déploya ainsi que le seul instrument de la répression aveugle. Il fallait punir les pauvres, les
    chasser toujours plus loin, les disperser. Et instrumentaliser cette pauvreté dont on savait qu’elle était récurrente désormais, pour organiser la chasse aux Rroms, objet d’une communication
    politique intensive.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mais surtout pas accompagner la grande misère. Les habitants de ces bidonvilles n’étaient évidemment pas tous Rroms, il
    s’en fallait de beaucoup. Et quand ils étaient Rroms, il s’agissait en outre moins d’une immigration illégale que parfaitement légale : les 10 000 Rroms roumains recensés par le Ministère de
    l’Intérieur avaient le droit, depuis janvier 2007,&nbsp;de fouler notre sol à la recherche d’un travail. Rappelons que cette immigration était en fait légale depuis les années 2002, et que les
    contraintes formulées à son sujet étaient de longue date draconiennes : chaque migrant devait être en mesure d’exhiber 500 euros en liquide et un billet retour, souvent confisqués par des
    douaniers peu scrupuleux –une plainte est à l’étude au niveau européen concernant ce racket… Le taux d’émigration des Rroms en France était, lui, de tout ce temps, resté inchangé. Il n’y avait eu
    aucun déferlement, malgré la montée en puissance de la misère en Europe.</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    Image : des habitants des bidonvilles photographiés par Le Parisien…
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 05:02:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">02d98fde57b6be3f0bcef73ea63c94bd</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-travestir-les-pauvres-en-immigres-clandestins-stigmatiser-les-rroms-99517937-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La France forte, les français lessivés…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-la-france-forte-les-fran-ais-lessives-99442201.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="222" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x222/1/77/53/21/image-3/morte.jpg" alt=
    "morte.jpg" class="GcheTexte">Une France forte… L’assignation vaut son pesant de cacahuètes.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Une France forte, celle qui existe déjà, celle qui gagne : celle de Nicolas Sarkozy, Président de la République avec ses
    +172% d’augmentation en 2008, quand pendant ce temps, 5 millions de français se contentaient de vivre du SMIC.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Une France forte, celle qui gagne, celle de Jean-Paul Agon, PDG de l’Oréal avec ses 10,7 M€ de revenus annuels. Celle des
    32 million d’euros remboursés à Liliane Bettencourt par le fisc en 2010, mais non pas celle des 1000 chômeurs supplémentaires par jour depuis que Nicolas est Président.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La France forte, celle qui gagne, celle des 75 milliards de cadeaux fiscaux aux plus favorisés.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La France forte, oui, mais de ses 36% d’augmentation du chômage des cadres entre 2008 et 2010.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De ses 27% d’augmentation du chômage des ouvriers au cours de la même période.</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De ses 28% d’augmentation du chômage des employés au cours de la même période.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De ses 36% d’augmentation du chômage chez les plus de 50 ans au cours de la même période.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De ses 13,5% de pauvres.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De ses 20% d’augmentation du nombre de pauvres depuis 2002.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">De ses 14 années de smic supplémentaires encaissées par les 0,001% de français les plus riches entre 2004 et 2008…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La France forte d’une amoralité sordide masquant à peine que sous le cadavre de la France d’en bas repose une plage, une
    vraie, où les nantis se dorent la pilule.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Et demain, la France plus forte encore… L’horreur est donc à venir. Notre seul avenir commun, semble-t-il, tant cette
    France est forte de sa surdité étatique.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Superbe pied de nez au demeurant, d’une France d’en bas ruinée par une certaine idée néo-libérale de la Nation française !
    "Ruinée" : cela dit assez que la France d’en haut voudrait imposer un cheminement pseudo éthique à l’opinion, en demandant aux plus désespérés de garder une conduite exemplaire ! Enorme
    mystification : car l’option morale est en fait une option politique au sein de laquelle l’intolérance est devenue la norme. Une norme institutionnalisée par l’Etat lui-même !</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Une France forte… Payons-nous de mots à défaut d’euros…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><strong>Mais comment ne pas reconnaître le caractère imaginaire des objets qui nous sont proposés pour "faire France", par
    un président au bout de son propre rouleau ?</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Voyez-le évoquer cette fiction sordide : il faut obliger les chômeurs à se former… Quand le même homme n’a cessé de
    détruire le marché de l’emploi.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La France, mais de quel enracinement national nous parle-t-il donc, à ne cesser de convoquer une pseudo réalité sociale
    tronquée.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Quelle fiction sa France ! Voyez comme il produit cette fiction, goûtez la merveilleuse manipulation d’une vraie crise dont
    les conséquences ne portent que sur l’immense majorité du Peuple de France. Que dire de ces bouffées énonciatives, sinon qu’elles jouent pitoyablement de l’effet de réel mais que dans le même
    temps, elles ne font que bâtir une fiction qui n’articule qu’un récit hypocrite.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La France forte. Mais pas les français. Voyez combien ce discours nous écarte, nous aliène, nous déplace sous une
    fallacieuse contingence géographique au demeurant très floue, aux contours incertains, repliée à l’intérieur de frontières qui sont tout, sauf naturelles… Voyez combien ce discours s’avère n’être
    qu’une vaste conspiration contre toute espèce de vie sociale. Car lorsque le discours public ne sert qu’à proférer avec un tel aplomb des arguments aussi spécieux ou à rendre honorables des idées
    ignobles, dont celle qui tend à faire des chômeurs les coupables de leur situation sociale, ce qu’il y a au bout, c’est bel et bien la mort collective.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le populisme noir donc, pour ultime vérité d’un Peuple fossoyé. Une pathologie sociale terrifiante pour bilan, où le monde
    des citoyens de la France d’en bas a lentement pourri. La France d’aujourd’hui ? Une foule tragique, forclose dans ses gestes de désespérés. Un vrai crime pour exclus, que ce roman noir de la
    société française contemporaine. Un vrai crime d’Etat.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 11:28:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">41def242705ab7dce4814b8ad767bb95</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-la-france-forte-les-fran-ais-lessives-99442201-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L’OMBRE DE L’AMOUR DANS LA PHILOSOPHIE DE HEIDEGGER]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-l-ombre-de-l-amour-dans-la-philosophie-de-heidegger-42923195.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><img src="http://img.over-blog.com/194x300/1/77/53/21/ombre-amour---copie.jpg" alt="ombre-amour---copie.jpg"
    class="GcheTexte">«Dans l’amour et la haine, l’homme prend pied plus profondément dans ce en quoi il est jeté, il s’approprie sa facticité même et, ainsi, il rassemble et ouvre son propre
    fondement». M.H.<br>
    <br>
    L’analytique de <strong>Heidegger</strong>, nous la pensions solidement amarrée à la thématique du <em><strong>souci</strong></em> (<strong>sorgue</strong>) et non celle de l’amour.
    <strong>Jaspers</strong> était même allé jusqu’à affirmer que la philosophie de Heidegger était sans amour…<br>
    Voici une petite réflexion qui met à mal ces interprétations d’une façon magistrale et limpide, en nous donnant à comprendre comment, au contraire, le concept d’Amour a irrigué la pensée de
    Heidegger.<br>
    La contribution d’<strong>Agamben</strong> se lit par ailleurs comme une enquête philologique scrutant les catégories verbales qui ont conduit Heidegger au concept de
    <em><strong>Dasein</strong></em>. Une enquête qui en explicite le cheminement, depuis sa réflexion polémique sur l’intentionnalité à sa contribution sur le concept de facticité, en passant par
    ses méditations sur le dévalement (<em>Ruinanz</em>), la guise, ou l’<em>Ereignis</em>, pour en arriver enfin à la formulation du <em>Dasein</em>.<br>
    <img src="http://img.over-blog.com/193x300/1/77/53/21/amour-arendt---copie.jpg" alt="amour-arendt---copie.jpg" class="DrteTexte">Au passage, Agamben relève avec une curiosité non dissimulée que
    durant toute la période où Heidegger pesait les termes de son œuvre majeure (<strong><em>Sein und Zeit</em></strong>), de 1923 à 1926, il vivait une passion avec <strong>Hannah Arendt</strong>,
    son étudiante de <strong>Marburg</strong>. Passion qui devait conduire de son côté Hannah Arendt à intituler sa propre thèse : <strong><em>Le concept d’Amour chez Augustin</em></strong>.<br>
    Comment donc l’Amour a-t-il pu étayer son analytique ?<br>
    Toute la problématique du <em>Dasein</em>, au fond, était de savoir comment cet être-au-monde pouvait être une structure de transcendance, et ce qui fondait cette transcendance. Quel était le
    lieu de son ouverture en quelque sorte.<br>
    Méditant dans un&nbsp; premier temps <strong>Saint Augustin</strong>, Heidegger retrouva en lui l’idée selon laquelle c’était dans l’Amour que cette ouverture pré-existait. Restait pour lui à
    faire de l’Amour non pas seulement une relation entre deux sujets, ni entre un sujet et un objet, mais une articulation propre au <em>Dasein</em>, afin de révéler comment celui-ci était déjà,
    toujours, <strong><em>auprès</em></strong> du monde et des choses qui l’entouraient. L’auprès donnant à entendre la coupure en question, celle de l’Amour, comme possibilité qui était en
    nous-même, et supérieure à toute réalité.<br>
    C’est dans ses cours de 36, traitant de <strong>Nietzsche</strong>, que Heidegger introduisit avec plus de force le concept d’Amour. Cette primauté ontologique de l’Amour en tant qu’accès à la
    Vérité avait été il est vrai préparée par ses conversations avec <strong>Max Scheler</strong> sur l’intentionnalité (1928). Heidegger finira alors par affirmer que «Amour et Haine fondent la
    connaissance».<br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/1/77/53/21/sein-zeit---copie.jpg" alt="sein-zeit---copie.jpg" class="GcheTexte">Amour et Haine : le lieu de cette ouverture du <em>Dasein</em> n’est donc plus
    seulement l’Amour, mais celui de deux passions séminales. Heidegger déborde Augustin et se voit du coup confronté à la nécessité d’élaborer une théorie des passions comme instrument de
    connaissance.<br>
    Que sont-elles à ses yeux ? Des manières fondamentales où éprouver son être, qu’il distingue soigneusement des simples affects (joie, colère). Et des manières qui rendent l’être clairvoyant…<br>
    Amour et Haine forment «<em><strong>ces étreintes qui vont loin</strong></em>», qui transportent mais d’abord nous rassemblent et rassemblent notre être sur son vrai fondement. De sorte que la
    passion est d’abord ce par quoi nous pouvons prendre pied en nous-même. Elles sont les deux guises dans lesquelles le <em>Dasein</em> fait l’épreuve du <em>Da</em>.<br>
    Dans la <strong><em>Lettre sur l’humanisme</em></strong>, aimer deviendra sous sa plume vouloir faire don de l’essence -et pouvoir le faire-, laisser être quelque chose dans sa provenance. La
    passion constituant de la sorte l’expérience la plus radicale de la possibilité qui est en jeu dans le Dasein, passion dont l’enjeu n’est pas de maîtriser l’objet de son amour par exemple, mais
    de se réveiller de l’oubli de l’être à cet oubli même -l’ombre de l’amour, quand l’être a épuisé ses possibilités historiques.<br>
    Renvoyant à l’<strong><em>alêthèia</em></strong> des grecs (la Vérité construite philologiquement sur la thématique de l’Oubli – le <em><strong>Léthè</strong></em>, fleuve de l’Oubli), cette
    Vérité que l’Amour pénètre, s’entend alors essentiellement comme mémoire de l’obscur. Et c’est dans cette sauvegarde oublieuse de tout, que quelque chose comme la connaissance peut devenir
    possible.<br>
    L’Amour n’est en fin de compte, dans la pensée de Heidegger, pas l’affirmation de soi dans l’usage de l’objet aimé, mais l’exposition à sa propre facticité. Dans l’Amour, «l’aimé vient en même
    temps que l’amant à la lumière de son être voilé», qui conduit les amants à devoir supporter jusqu’à l’extrême l’impropriété de leur amour afin que le propre de l’Amour puisse surgir entre eux
    comme appropriation de cette impuissance qui est celle de la passion portée à son extrême. Et à cet extrême, les amants s’établissent dans des régions toujours nouvelles de facticité, jusqu’à en
    exhiber l’abîme essentiel. L’Amour, selon le bon mot de <strong>J.-L. Nancy</strong>, est ainsi «ce à quoi nous n’accédons jamais mais qui toujours nous advient», et nous
    anime.</span></span>—<strong><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">joël jégouzo</span></span></strong>--<br>
    &nbsp;<br>
    <strong><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">L'Ombre de l'amour, Le concept d’amour chez Heidegger, de Giorgio Agamben et Valeria Piazza, traduit de
    l'Italien par&nbsp; Giorgio Agamben et&nbsp; Joël Gayraud, Rivages Poche / Petite Bibliothèque, numéro : 434, mars 2003, 112p.,&nbsp; 6,50 euros, GENCOD : 9782743611330, I.S.B.N. :
    2-7436-1133-2</span></span></strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 05:14:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">23b117d79580a662a6b1d9f020cdb2c7</guid>
                <category>Amour / Amitié</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-l-ombre-de-l-amour-dans-la-philosophie-de-heidegger-42923195-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[QUE RESTE-T-IL DE LA DEMOCRATIE EN EUROPE ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-que-reste-t-il-de-la-democratie-en-europe-99363273.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img height="194" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x194/1/77/53/21/image-2/images-2011/grece.jpg" alt="grece.jpg" class="GcheTexte"><span style=
    "font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Faut-il sombrer dans une sorte de pessimisme anthropologique et déclarer que l’homme est mauvais et s’en contenter&nbsp;? Faut-il
    finir par croire que nous autres, européens, ne sommes au fond que les héritiers du fascisme et du national-socialisme&nbsp;? Et nous décourager de les voir tous les deux relever partout en
    Europe leur tête immonde&nbsp;? A commencer par l’Autriche, et au grand jour encore, déblayant l’horizon sinistre d’un monde usé jusqu’à la corde. Silence radio du reste sur l’Autriche partout en
    Europe, un silence qui signe un aveu d’impuissance, sinon d’acceptation… Autriche, Allemagne, France, le tiercé néo-fasciste de tête, où les mouvements d’extrême droite peuvent nourrir l’espoir
    d’un revival féroce, tant les relais de ces Etats leur sont favorables.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">L’Europe raciste se conjugue à merveille sous les ors de la République…</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img height="199" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x199/1/77/53/21/image-2/images-2011/greece12.jpg" alt="greece12.jpg" class="DrteTexte"><span style=
    "font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Et pas loin du tiercé de tête, la Norvège, les Pays-Bas embusqués (aux élections de 2009, l’extrême droite atteignait 17% des
    suffrages). Et le Danemark encore, la Hongrie et tous ces pays dans lesquels les gouvernements ont passé des accords avec les partis d’extrême droite, ou confié des portefeuilles ministériels à
    des racistes patentés, sinon à d’authentiques fascistes, comme en Italie. Pas l’ombre d’un franc-tireur dans cette ronde étatique, ni la Belgique ni la Suisse, la liste est longue, des
    reniements. Et partout, des populations livrées à la violence économique. Comme en Grèce, qui revit aujourd’hui l’affreux cauchemar des colonels, sous les traits de néo-colonels de la Finance
    cette fois…</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img height="200" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x200/1/77/53/21/image-3/glezos2.jpg" alt="glezos2.jpg" class="GcheTexte"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style=
    "font-size: 12pt;">Partout des populations offertes aux coups de sociétés malades. Partout des populations livrées à la maltraitance économique, à l’exercice légal de la violence économique. On a
    légiféré cette fois en Grèce sur l’adoption d’un salaire minimum culminant à moins de 600 euros par mois&nbsp;! Sans considération pour la misère réelle dans laquelle ce salaire allait plonger
    des millions de grecs&nbsp;! Alors que la misère tue&nbsp;! Mais voilà une violence dont on peut être sûr que le Droit européen ne l’inscrira pas au registre des crimes punissables. Tous les
    militants des droits de l’Homme feraient bien de se méfier du reste&nbsp;: les prochaines élections ne leur permettront peut-être pas de ne pas finir dans des stades, et cela bien avant que le
    capitalisme ne nous régale de sa fête sauvage et ne finisse en apocalypse…</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Il y a un cadavre dans le placard de l’Union Européenne&nbsp;: celui des Peuples d’Europe…Il n'y a qu'à voir la
    manière dont on traite les grandes figures de la Résistance contre le nazisme, en Grèce par exemple, où <em class="western"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style=
    "font-style: normal;"><span style="font-weight: normal;">Manolis Glezos, l'homme qui osa arracher, en 1941, le drapeau hitlérien qui flottait sur l’Acropole, fut frappé lundi par la police lors
    des émeutes d’Athènes, parce qu'il dénonçait avec vigueur les menaces qui pèsent sur l’Europe sous la domination des marchés financiers.</span></span></span></em></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Images : <em class="western"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style=
    "font-style: normal;"><span style="font-weight: normal;">Manolis Glezos frappé par la police...</span></span></span></em></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 09:25:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f948587655ffa94936dce3d0ef47d5ab</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-que-reste-t-il-de-la-democratie-en-europe-99363273-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[France portrait social 2011 : un tournant historique…]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-france-portrait-social-2011-un-tournant-historique-99210876.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="211" src=
    "http://img.over-blog.com/211x300/1/77/53/21/image-2/images-2011/affiche-pauvres-morts-ou-vifs.jpg" alt="affiche-pauvres-morts-ou-vifs.jpg" class="GcheTexte">Le Tableau de la pauvreté en France
    déjà alarmant en 2009, n'a cessé d'empirer selon&nbsp;l’INSEE, en&nbsp;2011. De l’aveu de l’institution, la situation s’est <em>"considérablement aggravée"</em>. Jugement que partage le président
    du Secours populaire français, Julien Laupêtre. Une étude récente publiée par l'Institut de la statistique révèle même que&nbsp;13,5% de la population de France métropolitaine est désormais
    considérée comme pauvre. Avec un peu de distance, 2009 n’aura constituée que la première année où les conséquences de la crise économique se seront pleinement fait ressentir. Or pour le Secours
    populaire français, la situation n'a cessé depuis de s'aggraver. Pour <em>Julien Laupêtre,</em> <em>&nbsp;</em><em>"les pauvres deviennent de plus en plus pauvres mais il y a aussi des personnes
    qui ne s'attendaient pas à ce qui leur arrive : cadres, petits commerçants, petits artisans"</em><em>.</em> <em>"Ce phénomène, j'insiste beaucoup là-dessus, grandit"</em><em>,</em> affirme-t-il.
    Il y a aussi <em>"de plus en plus de travailleurs pauvres" (rappelons que 30% des SDF sont des travailleurs salariés)</em><em>,</em> et la <em>"misère"</em> progresse dans les rangs des
    <em>"jeunes"</em>, qui n'ont jamais été aussi nombreux à se tourner vers les organismes de secours identifiables<em>.</em> Constat partagé par le Secours Catholique : le pire est à venir. Selon
    lui, l’année 2012 montrera <em>une progression encore plus importante</em> de la pauvreté<em>.</em> <em>"Ce sont certes, une fois de plus, la conséquence de la crise mais plus particulièrement
    celle de la progression du chômage et de la sortie du système d'indemnisation par Pôle emploi d’un grand nombre de Français en fin de droit"</em><em>,</em> a commenté l’euro-député Robert
    Rochefort, et l’échec <em>du président</em> Nicolas Sarkozy, non seulement incapable de faire reculer la pauvreté comme il l’avait promis en 2007, mais qui n’a depuis cessé de jeter des masses
    toujours plus grandes de français dans la pauvreté<em>. Si bien que la</em> cohésion sociale est désormais mise à mal. Mais ce même président nous promet, s’il est de nouveau élu, d’en finir
    définitivement avec cette cohésion : référendum sur l’indemnisation des chômeurs, rendus responsables de leur situation, chasse aux étrangers… La pauvreté avait pourtant baissé en France des
    années 1970 au milieu des années 1990. Elle s’est installée depuis à un niveau élevé, jusqu’au début des années 2000. Puis elle est repartie à la hausse pour connaître un niveau sans précédent
    depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Depuis 2002, le nombre de personnes pauvres au seuil de 50 % a augmenté de 20 %. Voyez les chiffres de l’INSEE. Le mouvement de hausse y est très
    net et de l’aveu même de l’institution, cela constitue un tournant historique en France depuis les années 1960. Tandis que les 0,001% les plus riches en France ont gagné l’équivalent de 14 années
    de Smic supplémentaire entre 2004 et 2008…</span>&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC11A_Sommaire.pdf"><strong><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style=
    "font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><span lang=
    "FR">http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC11A_Sommaire.pdf</span></span></strong></span></strong></span></strong></span></strong>&nbsp;</a>
  </p>
  <p>
    Observatoire des inégalités : <a href="http://www.inegalites.fr/spip.php?article270"><strong><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style=
    "font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><span lang=
    "FR">http://www.inegalites.fr/spip.php?article270</span></span></strong></span></strong></span></strong></span></strong>&nbsp;</a>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 13 Feb 2012 05:21:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">92ef34012e1e3d42bfa35a7f2047dc80</guid>
                <category>Politique</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-france-portrait-social-2011-un-tournant-historique-99210876-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[CLONING TERROR, QUELLES CIVILISATIONS DE QUELLE TERREUR ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-cloning-terror-quelles-civilisations-de-la-terreur-99000340.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;" lang="FR"><img height="238" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x238/1/77/53/21/image-2/images-2011/algerie-.jpg"
    alt="algerie-.jpg" class="GcheTexte">Sur l’image, là, il ne s’agit pas de soldats américains. Nous ne sommes ni en Irak, ni en Afghanistan, pas même à Guantanamo, mais en Algérie. L’homme
    humilié, l’humanité refusée, est celle de la civilisation arabo-musulmane.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Dans une étude intitulée <strong><em>Déchiffrer le corps</em>,</strong> Jean-Jacques Courtine analyse longuement les
    conditions de possibilité d’une autre image, plus récente, qui a fait le tour de la terre et qui montre un soldat américain –une femme- photographiée le pouce en l’air au-dessus du cadavre d’un
    homme que l’on venait de torturer. Un cliché d’amateur, relevant du genre photo-souvenir, de ces photos que l’on aime à faire circuler sur le net, sans penser à mal. Clichés de la prison
    américaine d’Abou Ghraïb, que W.J.T. Mitchell avait lui aussi commentées, analysées. Et l’un et l’autre n’avaient pas éprouvé le besoin de réfléchir plus avant sur le fait que ces clichés avaient
    pour victimes des arabo-musulmans.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Pour Jean-Jacques Courtine, ce genre d’image est neuf dans notre histoire. D’une certaine manière elles le sont bien en
    effet, au moins du point de vue de leur diffusion, massive, instantanée.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">W.J.T. Mitchell commente la même série d’images que Jean-Jacques Courtine, avec celle du prisonnier tenu en laisse, avec
    celle du prisonnier terrorisé par un chien, babines ouvertes, crocs menaçants, et celle de l’homme cagoulé, en équilibre précaire sur une caisse, au corps couvert d’électrodes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="233" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x233/1/77/53/21/image-2/images-2011/sabrina-harman-4.jpg"
    alt="sabrina-harman-4.jpg" class="DrteTexte">Dans leur étude iconographique, l’un et l’autre tracent évidemment avec pertinence la frontière que ces images dessinent entre l’humain et l’inhumain.
    C’est cette frontière qui semble actualiser un vieux stocks d’images dans lesquelles ranger celles de la Guerre d’Algérie par exemple. Pour Jean-Jacques Courtine toute culture humaine (il ne dit
    pas civilisation) renferme un stock d’images comparables, déhumanisantes, qui constituent une mémoire dormante qui peut à tout moment reprendre corps, pourvu qu’on l’y aide, verbalement,
    idéologiquement, au nom des intérêts supérieurs des civilisations supérieures par exemple. Toute culture ? Voire : Courtine oublie la technologie de l’image que l’on peut dupliquer, qui n’est pas
    le propre de toutes les cultures.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="220" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x220/1/77/53/21/image-2/images-2011/article_lynchage.jpg"
    alt="article_lynchage.jpg" class="GcheTexte">Courtine évoque aussi la banalisation de l’horreur (H. Arendt), l’usure de la compassion, l’indifférence morale dont il lie la possibilité à
    l’éloignement de la scène. Et insiste beaucoup sur cette nouveauté : leur diffusion, aux quatre coins du monde (voire), liée à la montée en puissance de l’imagerie de la guerre dans le monde
    (occidental) –on ne compte plus les images, les films, les documentaires sur le sujet. A commencer par la diffusion des images de guerre qui, à son sens, gomment les frontières entre le réel et
    la fiction. C’est la seule fois d’ailleurs qu’à ce propos il parle de civilisation, pour montrer qu’il existe tout de même une ligne de démarcation très nette : de notre côté civilisé,
    occidental, les images de fiction deviennent notre réel, alors que la réalité de la guerre, de la mort de masse, est abandonnée aux autres civilisations… Intéressant. Mais il ne réfléchit pas sur
    cette partition sauvage.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="264" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x264/1/77/53/21/image-2/images-2011/algerie3.jpg" alt=
    "algérie3" class="DrteTexte">Revenons donc aux photos. Ce que l’on voit sur les images d’Abou Graïb, ce sont des soldats touristes nous dit Courtine. Non pas des reporters, mais des touristes,
    dotés d’un outillage technique qui leur permet d’envoyer instantanément des images de leur guerre, du champ de bataille ou de torture, à tous les coins du monde. Des touristes qui ne stockent pas
    leurs images, mais les montrent. Immédiatement. Et se mettent en scène selon des conventions qui se sont développées avec le développement des moyens offerts à ce genre d’images touristiques où
    le photographe, peu à peu, a évacuer le paysage pour se positionner au centre de son image. ici, le paysage, c’est le cadavre. Qui recouvre l’impératif d’exotisme qui mobilise l’imaginaire du
    touriste. Un souvenir comme un autre. Plus exotique, tu meurs en effet… Et Courtine de réfléchir longuement sur les conditions de possibilité morales de telles images. Sur le processus de
    déshumanisation du corps de l’autre, l’Homme refusé. Objet débarrassé de son humanité, de l’humanité de son corps en premier lieu. Cette opération, nous dit Courtine, est essentiellement mentale,
    et non pas culturelle. Voire. Elle est comme la manifestation d’une raison enfantine pour avouer un déni d’humanité. Le soldat Sabrina Harman n’aura du reste pas d’autres explications pour
    qualifier son geste : elle n’a pas pensé à mal. Sujet séparé de lui-même, incapable de réflexivité morale, "c’était moi et c’était comme si ce n’était pas moi", raconta-t-elle au juge. Un avatar,
    nous dit Courtine, produit par le dispositif contemporain de désubjectivation de l’humain, à partir duquel peut se déployer la suspension du sens moral et l’apologie de l’insignifiance.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Certes, nous dit Courtine, tout comme Mitchell, l’image renvoie bien, à bien y réfléchir, à ces images des cartes postales
    de lynchages des noirs, ces drôles de fruits que portait l’Amérique profonde, où l’on venait sur la place du village comme au spectacle. Courtine n’a pas en tête les images de la Guerre
    d’Algérie. Et ce qu’il ne dit jamais, c’est que ces images ne sont pas aussi neutres, du point de vue des cultures, qu’il veut bien le croire. A oublier les origines ethniques des victimes,
    Courtine, tout comme Mitchell, s’interdisent ainsi de penser cette expérience iconographique dans le cadre du discours de la domination coloniale.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="279" src="http://img.over-blog.com/279x300/1/77/53/21/image-2/images-2011/sabrinae.jpg" alt=
    "sabrinae.jpg" class="GcheTexte">W.J.T. Mitchell, d’une certaine manière, est plus près d’y faire référence quand il commente ces images, qui disent à ses yeux quelque chose du triomphe arrogant
    de l’Amérique. Mais son analyse reste confinée dans le cadre bien aseptisé de l’analyse philosophique, où l’on interprète cette réduction de la vie humaine comme celle de la réduction à la vie
    nue (Homo sacer). Corps sans visage, clones acéphales, ils renvoient pour lui essentiellement à la réalité de la guerre : la Terreur.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mais que nous disent ces images ? Qu’est-ce qu’elles nous disent de ce que nous sommes en
    train de devenir ? Aux yeux de Mitchell, elles sont le symptôme du fascisme qui imprègne peu à peu l’idéologie américaine. Il y a derrière, n’en doutez pas, une politique d’abus systématique
    orchestrée en haut lieu. Mais l’ampleur de cette politique demeure secrète. Mitchell préfère donc parler de fascisme, plutôt que de racisme. Il renvoie bien à l’iconographie de l’Inquisition, au
    pathos chrétien occidental, mais ce tournant pictorial qu’il décrit et qu’il origine dans ces images de la guerre d’Irak, Mitchell se refuse, tout comme Courtine, à le faire entrer dans la
    généalogie coloniale. Les victimes ne sont identifiées que comme humaines, en générale. Sans doute pour servir cette démonstration de Mitchell, qui n’est pas vaine, selon laquelle ces images sont
    le symptôme d’une montée en puissance de quelque chose dont l’ampleur nous échappe, et dont il a pu saisir l’ombre dans un entretien que lui a accordé Ron Suskind, conseiller de Bush, conseiller
    de l’Empire, affirmant que ce qu’il importait aux puissants de ce monde, désormais, c’était de produire une réalité. Décryptez, lui jetait à la figure Ron Suskind, on s’en fout. Nous, on agit, on
    invente cette réalité. D’autres l’ont bien compris en France, qui ne cessent de nous jeter à la figure leur réalité obscène, brutale, destructrice. Mais peut-on oublier les soubassements
    coloniaux de cette réalité ? "Il y a une barbarie européenne dont la culture a produit le colonialisme et les totalitarismes fascistes, nazis, communistes. On doit considérer une culture non
    seulement selon ses nobles idéaux, mais aussi selon sa façon de camoufler sa barbarie sous ces idéaux", affirmait le député Serge Letchimy. "Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies
    européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial", ajoutait-il. De ça, semble-t-il, nul ne veut parler. C’est sans doute ce qu’il
    reste à penser, si nous voulons vraiment comprendre le monde que l’on veut nous prépare.</span> --joël jégouzo--.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Cloning Terror : La guerre des images du 11 septembre au présent, W.J.T. Mitchell, traduit de l’américain par Maxime Boidy et Stéphane Roth, éd. Les prairies
    ordinaires, nov. 2011, 233 pages, 26 euros, ISBN-13: 978-2350960500.</span>
  </p>
  <p>
    Déchiffrer le corps : Penser avec Foucault, Jean-Jacques Courtine, éd. Jérôme Million, nov. 2011, 168 pages, 19 euros, BN-13: 978-2841372751.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 10 Feb 2012 05:46:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">aa8225c5b4f0134ee3bd7e68e3194102</guid>
                <category>DE L'IMAGE</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-cloning-terror-quelles-civilisations-de-la-terreur-99000340-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Du subversif dans l’art : Homeless vehicles de Krzysztof Wodiczkodu]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-du-subversif-dans-l-art-homeless-vehicles-de-krzysztof-wodiczkodu-98796767.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="195" width="300" src=
    "http://img.over-blog.com/300x195/1/77/53/21/image-2/images-2011/homeless-2-.jpg" alt="homeless-2-.jpg" class="GcheTexte"></span></span><span style="font-size: 12pt;">Qu’on se rappelle le
    <strong>homeless vehicle project</strong> de <strong>Krzysztof Wodiczko</strong> (1988). Une œuvre empoignée tout d’abord dans l’espace new-yorkais, rejouée ensuite à Beaubourg. Deux images de la
    même œuvre. La même, vraiment ?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">A New York, l’œuvre était un processus qui parcourait les rues de la ville, <strong>Krzysztof Wodiczko</strong> ayant décidé de fabriquer ses véhicules pour les
    offrir aux SDF. Un processus qui reflétait un engagement social. Travaillant l’opinion publique, <strong>Krzysztof Wodiczko</strong>, avait tenté avec ses véhicules de rendre visibles ceux que la
    ville enfermait dans leur transparence. Destinés aux sans-abri, ses <strong><em>Critical</em> <em>vehicles</em></strong>, dont le fameux <em>Homeless</em>, furent construits au terme d’entretiens
    menées avec les SDF, pour répondre à leurs demandes. Multifonctionnels ils permettaient de transporter les biens, de se laver et de dormir à l’abri. Inoculés dans les rues de New-York, ils furent
    rapidement prélevés par les autorités qui n’apprécièrent pas de voir pareillement mis en évidence le problème des sans-abri, qui n’en était alors qu’à ses débuts, bien loin d’être ce phénomène
    endémique que nous connaissons désormais.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong>The homeless vehicle project</strong>, comme son nom l’indique, était donc un projet, un processus, et l’œuvre ne recouvrait pas seulement l’objet lui-même,
    le véhicule, mais ses usages. Usages qui qualifiaient sa fonction politique, "publique".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">L’œuvre fut ensuite exposée à Beaubourg, d’abord sur le parvis, puis elle gagna sagement une salle de musée. Plus question de projet désormais : les commissaires
    rabattirent le processus sur l’objet phénoménal, vidé de son effectuation politique. Mais ce nouvel usage qualifiait sa fonction artistique. Or ce que montrait Beaubourg ne faisait plus sens, ce
    qui n’empêcha pas les commissaires de l’exposition de gloser sur le contenu subversif de l’œuvre qu’ils exhibaient. Là est le problème : ne restait que la rhétorique du subversif, dépouillée de
    toute subversion...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="201" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x201/1/77/53/21/image-2/images-2011/homeless-museal.jpg" alt="homeless museal" class=
    "DrteTexte">Etait-ce au demeurant toujours la même œuvre ? En traversant l’océan, ce que l’œuvre avait perdu en contenu politique, "publique", elle l’encaissa en contenu artistique… Sans aucune
    transformation du discours construit autour d’elle… On nomma subversive, en France, une œuvre qui ne faisait que trôner sur le parvis de Beaubourg, loin de son recouvrement social. L’avant-garde
    artistique française, à travers le parti pris des commissaires d’exposition, affichait ainsi sa vraie résolution, la vraie révolution française en matière d’art contemporain pourrait-on dire, un
    tour de passe passe fumeux : l’esthétisation du politique. Dans cette esthétique de la subversion dépouillée de tout contenu subversif, ce que l’on proclamait avec force, c’était la force du
    concept de réquisition de Martin heidegger : l’art pour l’art, un art dont la logique autotélique vidait l’engagement politique initial de son contenu, ne pointant désormais, dans cette
    rhétorique du marketing militant, qu’un seul horizon : celui de la domination. Une esthétique de la domination en somme, subtile en ce sens qu’elle continuait d’épeler sa rhétorique du refus de
    la domination, tout en la reconduisant foncièrement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">A déplacer ainsi le discours initial de l’artiste (avec son consentement, il faut bien l’avouer), ce que nos commissaires énonçaient n’était rien d’autre que la
    production d’un art résolument étranger à la société, la surplombant, un art qui avait fini par prendre la bonne hauteur de vue pour, depuis cette distance quelque peu hautaine, accomplir et
    nommer le vrai lieu de la jouissance esthétique, justiciable du discours sociologique le plus plat : l’art est affaire de distinction sociale.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">L’esthétisation de la politique que pratiquait l’éthique artistique ainsi conçue, formule impropre évidemment puisque le rapport que l’art entretient avec le monde
    réel ne peut être que technique (artistique), et donc éthiquement neutre, révélait au moins une chose, c’est que la sphère de son action était celle de la proximité intellectuelle, sinon de la
    confiscation sociale de la jouissance esthétique. Un mode de jouissance esthétique était né, qui témoignait de ce que le discours contemporain de l’art avait réussi à sortir la pratique
    artistique de la société. Mais à ce prix, la politique, le social, y étaient devenus des objets de contemplation artistique. Cet art qui ne vise personne mais ne fait que reproduire un discours
    stéréotypé sur lui-même, a transformé ainsi l’essence de l’agir artistique tel qu’il nous avait été légué par les générations précédentes. Et dans ce monde d’un art faussement subversif, le
    politique se voyait englouti par la sphère de l’art, qui ne savait plus adopter d’autre posture que celle de sa fonction purement rhétorique.</span> --joël jégouzo--.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">Deux images d’une même œuvre, l’une à New York, fonctionnant socialement dans les rues de la ville, l’autre sur une estrade muséale, lessivée de toute destination sociale
    effective.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 09 Feb 2012 05:39:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">05c550f524959996992ca169fe59a5fa</guid>
                <category>DE L'IMAGE</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-du-subversif-dans-l-art-homeless-vehicles-de-krzysztof-wodiczkodu-98796767-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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