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    <title><![CDATA[DU TEXTE AU TEXTE]]></title>
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    <description>&quot;L'Histoire, c'est la dimension du sens que nous sommes&quot; (Marc Bloch) -du sens que nous voulons être, et c'est à travailler à explorer et fonder ce sens que ce blog aspire.</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[DU TEXTE AU TEXTE]]></title>
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    <pubDate>Mon, 28 May 2012 08:14:03 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 08:14:03 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.joel-jegouzo.com</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Mon vieux et ma journée de solidarité...]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-projet-de-loi-dependance-et-grande-dependance-adoptez-un-vieux-105933833.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="300" src=
    "http://img.over-blog.com/300x300/1/77/53/21/image-2/vieux-pierre-gagnon.jpg" alt="vieux-pierre-gagnon.jpg" class="GcheTexte">On se rappelle la dernière raffarinade de Raffarin :&nbsp;cette
    fameuse journée réinstaurant la Corvée en France... Le jour de la Pentecôte, précisément... Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Esprit n'a pas traversé le crâne obtus de Raffarin ce
    jour-là...</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Mais notre narrateur ne s'en soucie pas, lui : il vient d'adopter un vieux. Moins par solidarité que par
    égoïsme. Peut-être même pas : pour voir, ou par ennui, pour&nbsp;meubler sa retraite peut-être. Pour se sentir lui-même moins seul. Il vivait jusque là sans enfants, sans parents proches. Le
    vieux s’appelle Léo. Il a 99 ans. De légers troubles cognitifs. Du coup le narrateur a entrepris quelques travaux chez lui, pour l’accueillir. On n’imagine pas ce que cela implique : la salle de
    bain devient la pièce principale et la chambre, beaucoup trop grande –les vieux sont agoraphobes- doit être raccourcie. La baignoire remontée, les WC aussi, les marches rabaissées. Et puis il y a
    le problème de la nourriture : Léo ne peut plus mastiquer. Ensuite, un vieux c’est comme un bébé : ça occupe tout votre temps. Un bébé enthousiaste mais lent, qui peut demeurer des heures
    entières dans le salon sans bouger. Infatigable. A ne rien observer. Ou bien appelant pour satisfaire des envies cocasses. Aujourd’hui Léo veut un coffre. Un petit coffre en bois. Quand on le lui
    offre, il pleure : le coffre est vide. Il faut le remplir. De n’importe quoi. Tout lui convient. Au fond, Léo n’est pas difficile à vivre. Il s’occupe de petits rituels désuets. C’est même plus
    apaisant qu’un bocal de poissons rouges. Léo vit du reste comme eux, au présent. Un tout petit présent sans étendue réelle. Le narrateur, ça lui rappelle son père, quand ce dernier l’emmenait à
    la cathédrale le mardi pour écouter de la musique et, peut-être, y apprendre à mourir. Mais apprend-on cela ? Chacun fait de son mieux. Un jour après une chute malencontreuse, Léo devient encore
    plus vieux. Il oublie tout, s’étouffe, oublie encore le peu de consignes données. Une comptine l’arrête, sortie du fonds des âges, qu’il fredonne toute la journée. Tous les jours. Toutes les
    nuits. Car il se lève la nuit à présent, urine partout, oublie l’emplacement de sa chambre, s’endort dans le couloir. Peu à peu la vie le quitte. On voit bien ça. La maladie, la fatigue, qui le
    charrient vers le grand nulle part. A l’observer, le narrateur croit devoir comprendre que vivre, c’est ne jamais cesser d’abandonner ceux qu’on aime. Puis tout s’est déglingué. Il faut répéter,
    Léo ne comprend plus. Il faut parler de plus en plus fort, mimer, surveiller sans relâche Léo. Leur onzième mois de vie commune arrive. Le narrateur remet Léo au centre où il l’a trouvé. Voilà.
    Dans l’impuissance de savoir lui offrir une meilleure place. Les vieux semblent n’être "praticables" qu’en tant qu’ils ne sont pas trop vieux encore. Après, personne ne sait qu’en
    faire.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: Arial;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial;">&nbsp;</span><strong>Mon vieux et moi, Pierre Gagnon, éditions Autrement, coll. Littératures, sept. 2010, 88 pages, 9 euros, EAN : 978-2-7467-1436-6.</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 28 May 2012 05:03:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c3cfab2fe2ef578c0fb0e137d5f47587</guid>
                <category>en lisant, en relisant</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-projet-de-loi-dependance-et-grande-dependance-adoptez-un-vieux-105933833-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Correspondance de Paul Léautaud]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-correspondance-de-paul-leautaud-105771417.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="176" src="http://img.over-blog.com/176x300/1/77/53/21/image-3/leautaud.jpg" alt=
    "leautaud.jpg" class="GcheTexte">Rendu célèbre par hasard dans les années cinquante, Paul Léautaud passa sa vie à écrire beaucoup, en toute liberté, et publier peu. Cet écrivain en effet,
    insolite à bien des égards par son indifférence à toute célébrité, refusait ou différait la plupart du temps la publication de ses manuscrits. Il nous laissa tout de même son <em>Journal
    Littéraire</em> et cette correspondance en deux volumes, habitée par la même générosité.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Et quelques romans…, ajouterions-nous presque à regret qu’on les ait oubliés, pour les abandonner dans dieu sait quelle
    coulisse du monde des lettres. Ecrivain rare, Léautaud rejoignait là une avant-garde secrète dont on a perdu depuis longtemps les traces, de Lichtenberg à Derul. Des "dissidents", oserait-on si
    le mot n’était galvaudé et surtout si connoté historiquement. De vrais séditieux donc, posant à la Littérature des questions réellement embarrassantes, comme celle du problème de la communication
    entre l’écrivain et son public, par exemple. Ou bien encore celle du renouvellement de l’acte littéraire, dans ces déplacements auxquels ils opéraient, de l’œuvre romanesque au journal
    intime.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Léautaud, en qui on s’est complu à ne voir que l’égotisme forcené et qui passait pour une sorte d’anti-démocrate cynique,
    ce qu'il était plus ou moins il est vrai, bien que sans grande conviction politique, nous livre ici, dans cette "épatante" correspondance, selon l’expression de Paulhan, un autre visage. Celui
    d’un solitaire voluptueux et sensuel, que scandalise la souffrance mutique des hommes et la chimère d’un monde impatient de tuerie. Le pur bonheur d’écrire d'un homme de Lettres&nbsp;qui, à force
    de pratiquer les mauvaises gens de son monde, a fini par s’attacher aux textes.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <strong>Correspondance de Paul Léautaud, tome 1, recueillie par Marie Dormoy, préface de Philippe Delerm, 10-18, coll. Domaine français, juin 2001, 668p, ISBN : 226403226X.</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 27 May 2012 05:26:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9d48a24aa1c590c0fd54c41e768ea89e</guid>
                <category>en lisant, en relisant</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-correspondance-de-paul-leautaud-105771417-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[James A. Hetley, Le Royaume de l’été et le réalisme magique]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-james-a-hetley-le-royaume-de-l-ete-et-le-realisme-magique-105778485.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="175" src="http://img.over-blog.com/175x300/1/77/53/21/image-3/ete.jpg" alt=
    "ete.jpg" class="GcheTexte">Maureen est paumée. Comment ne pas l’être dans un monde schizoïde où un gosse peut se fournir en crack mais dont la Loi ne tolère pas qu’il achète du tabac ? Du reste,
    elle a vraiment de quoi l’être ce soir d’hiver dans le Maine : elle vient de tirer plusieurs balles sur un simulacre sans jamais l’atteindre, tandis qu’un chevalier surgi de nulle part lui
    affirme être Arthur Pendragon et prétend qu’elle est l’héritière d’un monde caché. Bien que rejeton d’une famille d’ivrognes opiniâtres, il y a de quoi laisser pantois ! D’autant que ce Brian
    Arthur Pendragon lui annonce sans rire qu’elle possède des gênes qui en font l’enjeu d’une quête meurtrière au royaume des fées ! Et qu’enfin, un gnome est à sa poursuite, pour l’engrosser… Foutu
    monde que celui qu’elle découvre, celui les Anciens, un peuple du Nord de l’Europe dont elle saisit qu’ils sont un rameau oublié, entre Neandertal et Homo sapiens. Un rameau stérile donc, voué à
    la disparition, à moins que… Eh oui, lui révèle Brian : à moins qu’elle ne se dévoue, car elle seule n’est pas stérile et peut sauver sa race !</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Tout bascule donc. Maureen passe malgré elle de l’autre côté du miroir, dans le Royaume de l’été. Dans notre monde rôdait
    la folie. Dans celui de l’été rôde la mort. La voici livrée au gnome Dougal comme un vulgaire appât, par Sean, le jumeau de Brian ! Encore une famille qui ne fonctionne pas… La chasse commence :
    Brian se lance sur les traces de Dougal, accompagné de David, le petit copain de la sœur jumelle de Maureen, elle aussi sur les talons de sa frangine, sans se douter que quelque part dans la
    forêt est tapie une autre sœurette, bien mauvaise celle-là, Fiona, sister de Brian…</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Quel imbroglio de gémellités rancunières ! Dieu, il ne fait pas bon se balader dans les contes de fées ! David l’apprend à
    ses dépens. Ce gentil en effet, n’y fait pas le poids : la terre l’avale ou plutôt, le voilà offert à la terre pour l’engraisser de son sang et la régénérer. Des églantiers font racine de son
    corps. Le monde de l’autre côté du monde pue vraiment : c’est du sang, de la haine à l’état pur, le viol, l’inceste, c’est ça la réalité</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">des contes, il serait temps d’écarquiller les yeux ! Car tandis que l’ombre moqueuse du monde enchanté ravaude ses nasses
    barbares, tandis que David n’en finit pas de se dissoudre en offrande atroce, Maureen cède par calcul à l’étreinte du gnome, qui l’engrosse avant qu’elle ne l’explose.</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Dans la forêt de Pendragon, on est proie ou prédateur. Il n’existe pas de voie médiane. Aussi Maureen s’éveille prédatrice,
    brusquement épanouie à sa magie camouflée. Le sang appelle le sang, la forêt se transforme en un vaste charnier où seuls les paranoïaques parviennent à dénombrer leurs ennemis. Elle soumet tout
    ce qui bouge. Reste à sauver Brian. Seul un charme vigoureux peut l’arracher aux pattes de Fiona. Maureen le sait, le sent, le renifle entre ses cuisses si longtemps fermées aux hommes, et pour
    cause ! Au terme de sa quête, la voilà enceinte de jumeaux nés de pères ennemis : Dougal et Brian. Maureen a vaincu le sortilège, mais à quel prix ? Folle,</span> <span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">certes elle ne l’est plus. Elle sait désormais parler aux arbres… Car on peut vraiment leur parler. L’humanité ne s’en est pas privée
    du reste, tout comme des sacrifices humains pour nourrir son destin. C’est autour de cette symbolique millénaire que le roman se construit : le sang, le sperme, les humeurs du corps, la terre
    atavique et la forêt enfin, être plein par excellence de nos égarements dévastateurs.</span><br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’hiver dans le Maine fleurit en fin de compte d’étranges rêveries bordées de frayeurs, que les protagonistes de ce drame
    ancestral relèvent dans une langue familière, celle du monde auquel nous appartenons. Dans ce roman, l’espace narratif oscille sans cesse entre le banal et le sublime. Le monde se courbe au gré
    de nos fantaisies en empruntant ses formes aux univers des esprits balbutiants. Et dans ce monde de rôdeurs urbains privés de toute conscience, nul doute que le réalisme magique ne soit, en
    réalité, notre vrai site existentiel.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">James A. Hetley, Le Royaume de l’été, éd. Mnémos, 376p., nov 2004, 21,5 euros,</span>
  </p>
  <p>
    Le Royaume de l’été, éd. Gallimard, avril 2008, coll. SF, 501 pages, ISBN-13: 978-2070346943.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 26 May 2012 05:19:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">89cd0b2ff120c8b98ee75ddab5420af7</guid>
                <category>en lisant, en relisant</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-james-a-hetley-le-royaume-de-l-ete-et-le-realisme-magique-105778485-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Qu’est-ce que l’autorité ?]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-qu-est-ce-que-l-autorite-105721642.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="255" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x255/1/77/53/21/image-3/autorite.jpg" alt=
    "autorite.jpg" class="GcheTexte">Superbe leçon de philosophie donnée par Pierre-Henri Tavoillot sur le sujet, évidemment politique, mais appréhendé toutefois ici bien au-delà de ce seul horizon,
    tant cette question, ces dernières années, aura traversé de part en part nos sociétés. Alors crise, ou fin de l’autorité ? Ebranlée dans la famille, à l’école, dans la cité, cette déploration
    aura été si systématique qu’on en viendrait presque à douter de sa fin tant annoncée. Pierre-Henri Tavoillot s’y refuse en tout cas, préférant parler des métamorphoses de l’autorité, pour mieux
    nous donner à en saisir les enjeux aujourd’hui. Et bien évidemment, pour l’évoquer, ne pouvant faire l’économie d’en tracer la genèse, il nous offre au passage une belle leçon d’histoire
    philosophique, scrutant les textes fondateurs pour nous aider à en comprendre les nuances.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’autorité n’est donc pas le pouvoir. Les philosophes de l’Antiquité n’ont cessé de le
    démontrer, ce dont l’autoritarisme des petits chefs n’a jamais pris acte dans la pratique de leur pouvoir, dépourvu de toute aura d’autorité. Mais alors, qu’est-ce qui fonde l’autorité ? Celle du
    sage par exemple, si éloigné de tout pouvoir sur les hommes ? Le retour au latin permet ici d’en mieux saisir le sens : l’autorité c’est ce qui, littéralement, augmente, un pouvoir ou un
    argument. Mais d’où peut bien venir cette augmentation ? Traditionnellement, de trois sources : le cosmos, le sacré et le passé. Commençons au fond par le passé, qui faisait il n’y a pas si
    longtemps encore autorité. Nietzsche en installe la figure : la tradition, c’était ce qui s’imposait de soi-même et n’avait besoin d’aucune justification, s’affirmant comme une évidence sans
    question, ni critique. On le voit bien à relire Nietzsche : la crise de l’autorité que nous connaissons vient de ce que ces trois références ne fonctionnent plus de manière aussi évidente dans
    nos sociétés. Car ce qui fait autorité de nos jours, n’est ni le passé, ni le cosmos ou un quelconque référent transcendant de la nature, ni moins encore le sacré, mais le savoir et l’expertise
    scientifique. Les hommes, en mettant pareillement en avant leur science, ont ainsi voulu s’affranchir de toute référence extérieure, pour fonder en l’humain seul la possibilité de l’autorité.
    L’homme ne s’autorisant que de lui-même. C’est bien joli, mais à considérer la science dans sa démarche même, ce que l’on observe, c’est qu’elle ne fonctionne qu’à la critique et l’autocritique,
    c’est-à-dire au doute, cartésien si l’on veut, avec ce&nbsp;résultat qu’en définitive, elle ne peut nous donner confiance en elle. Karl Popper, le grand philosophe de la logique scientifique, en
    avait rajusté l’ambition : le but de la science c’est de falsifier, non d’atteindre une quelconque vérité. La seule certitude, en science, porte sur le faux. L’ordre du savoir n’est en aucun cas
    l’ordre de la Vérité. La science, ainsi, se trouve incapable de fonder l’autorité. Et ni nos savants, ni nos prétendus experts n’ont apporté le moindre démenti à ce constat. Et l’homme
    contemporain de s’en trouver fort marri, lui qui a fait sienne cette devise de Hobbes, selon laquelle "c’est l’autorité, non la vérité, qui fait la loi"… Une loi d’autorité qu’il est alors allé
    chercher, par exemple et pour ce qu’il en va de son rapport à la cité, dans le charisme de l’homme d’état… Une notion bien confuse, dont nul n’a jamais vraiment su ce qu’elle recouvrait, sinon
    qu’acceptable dans sa traduction américaine de <em>leader</em>, elle ne l’était plus du tout dans sa traduction allemande de <em>Führer</em>… Et Pierre-Henri Tavoillot de nous donner à comprendre
    qu’il y a là un vrai problème pour les citoyens que nous sommes, désemparés de ne pouvoir s’en remettre qu’à des autorités de façade. Voire ambivalentes, comme celle construite autour de la
    figure des victimes dans nos sociétés compassionnelles sans grandes solidarités continues, érigeant l’identité victimaire en autorité au vrai bien délicate à identifier, et à tout le moins, aussi
    obscure que celle déployée dans la figure du charisme…</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span></span><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">Les métamorphoses de l’autorité, Pierre-henri Tavoillot, FREMEAUX &amp; ASSOCIES, mai 2012, 4 CD-roms, 1 livret de 8 pages, ean : 3561302537221.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 25 May 2012 05:47:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">38629e1b1941d95d1a30e918627d8a6e</guid>
                <category>essais</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-qu-est-ce-que-l-autorite-105721642-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Antoine Duhamel parle de la musique dans Ridicule de Leconte (4/4)]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-antoine-duhamel-parle-de-la-musique-dans-ridicule-4-4-105529052.html</link>        <description><![CDATA[<div>
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          <span lang="FR"><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/GiioSWljp-0" height="350" width="425">
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          </object></span>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">"Là, j’ai travaillé autrement. Parce que le film le demandait. D’une certaine manière cela semblait une commande plus traditionnelle, avec un minutage très précis.
    J’ai écrit ainsi des séquences entières pour lesquelles je tenais compte par exemple du débit des paroles et du ton, tout à la fois pour tomber juste au niveau de la tonalité et au niveau du
    temps. Mais cela en ne jouant tout de même pas au partitionniste. Tout de même, je savais que si, dans telle séquence, j’adoptais un tempo 60 à la noire, 60 temps par minute, je pouvais tomber
    avec une très grande précision exactement là où je le voulais.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">"L’idée générale était de ne pas faire une musique d’époque, mais avec
    les instruments de l’époque. J’ai pensé aussi qu’il fallait donner le ton du film dès le générique. Pour ce générique, j’avais fait une maquette. Puis j’avais enregistré une gavotte pour l’une
    des dernières scènes du film : la musique de bal. En fait, tout le thème général est proche de cette gavotte, qui procède toute en différenciations. Vous vous rappelez la scène du bal, lorsque le
    héros tombe ? Que se passe-t-il là ? On est dans un bal, avec une musique réaliste. Puis la caméra se fixe sur le visage de Fanny Ardant, puis on se retrouve, avec une ellipse temporelle
    importante, sur les côtes anglaises, avec le comédien Rochefort. J’ai enregistré la musique du bal, puis composé une musique différente pour introduire quelque chose d’étrange dans la situation,
    de façon à marquer indiciblement ce passage dans les situations, cet enchaînement avec l’ellipse temporelle et le changement d’espace. Toute la difficulté réelle était là, de rendre absolument
    imperceptible, presque insensible ce passage, de façon à assurer une continuité. Ce que j’ai bien aimé aussi, c’était de découvrir à quel point le véhicule musical impose de ne pas s’enfermer
    dans une attitude isolée de la sensibilité générale."</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    propos recueillis par Joël Jégouzo
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 24 May 2012 05:15:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">21e6c537e750e0be69d3888f9865ff5d</guid>
                <category>entretiens</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-antoine-duhamel-parle-de-la-musique-dans-ridicule-4-4-105529052-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Antoine Duhamel parle de la musique dans Pierrot-le-fou (3/4).]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-antoine-duhamel-parle-de-la-musique-dans-pierrot-le-fou-3-4-105528423.html</link>        <description><![CDATA[<div>
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            <span lang="FR"><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/kmfiJy43UzA" height="350" width="425">
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          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">"La démarche était particulière. Karina voulait que j’écrive les chansons. Au début je l’ai fait, mais les chansons n’ont pas été retenues. Godard voulait un twist,
    Belmondo, qu’on siffle "Tout va très bien, Madame la Marquise…". Je n’étais pas pour. Godard m’a ensuite proposé de travailler sur deux ou trois thèmes, dans le genre de Schumann, m’avait-il
    précisé. Il voulait un personnage à la Schumann pour celui que Belmondo allait incarner. En lisant le scénario, j’ai compris ce qu’il voulait dire : il voulait un personnage clivé, double :
    Pierrot versus Ferdinand. Ce dernier incarne dans le film une vision humaniste de l’humanité. Je voulais donc introduire une schize, avec un thème Pierrot nettement différencié du thème
    Ferdinand, mais proche cependant musicalement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">"Le thème Ferdinand intervient pour la première fois lors de la traversée de la Durance. C’est un thème lyrique qui
    convient bien à cette approche du paysage par Godard. J’ai confié ce thème à Godard comme les autres, sans minutage. Le thème Pierrot est plutôt un thème d’action : c’est pourquoi il arrive pour
    la première fois lors du vol de la voiture dans le garage. Il existe en fait un troisième thème, qui est une déclinaison sur les motifs des deux premiers, qui est beaucoup plus violent,
    dynamique. C’est Godard qui a fait le mixage. Comment l’a-t-il fait ? Le premier thème est utilisé selon les habitudes du cinéma : coupé selon le minutage et placé à un endroit déterminé. Or, je
    ne l’avais pas minuté. Observez tout d’abord que le thème Pierrot, lui, est utilisé en coupures flottantes, avec des coupures très brutales qui ne le laissent pas se développer, ce qui est tout à
    fait dans l’esprit de ce que j’ai voulu faire. Mais comment Godard a-t-il monté l’ensemble, depuis la traversée de la Durance ? On a une scène d’action, une scène de dialogues, puis un long plan
    avec des bruits, puis un commentaire : "Nous traversâmes la France", puis il ne reste que la musique. Influencé par la traversée de la Durance, qui est une image dont la respiration est
    constante, Godard a utilisé le thème Ferdinand sans le couper, le laissant se développer dans sa totalité. La dernière phase de la séquence utilise ainsi toute la phrase musicale, jusqu’au bout.
    Comme je l’ai dit, dans le thème Pierrot, la coupure de la musique se fait brutalement, en vrac. Il n’y a qu’avec Godard qu’on peut faire ça : confier entièrement la musique au réalisateur. Avec
    lui, j’étais sûr que la musique serait utilisée de manière vraiment intelligente. La musique construit parfaitement le double langage du film, avec ce Pierrot / Ferdinand."</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    propos recueillis par Joël Jégouzo.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 23 May 2012 05:40:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">261caa5536cc10b706a7326fed762709</guid>
                <category>entretiens</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-antoine-duhamel-parle-de-la-musique-dans-pierrot-le-fou-3-4-105528423-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Jeanne Puchol, Charonne – Bou Kadir]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-jeanne-puchol-charonne-bou-kadir-105535335.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="181" src="http://img.over-blog.com/181x300/1/77/53/21/image-3/charonne.jpg" alt=
    "charonne.jpg" class="GcheTexte">1961, la guerre d’Algérie s’enrage. L’OAS refuse le vote des français, exécute le maire d’Evian où doivent se tenir les conversations avec le FLN. Un quarteron de
    généraux séditieux fomente son putsch, tandis que de Gaulle parle de désastre national avant d’échapper à un attentat. Bientôt l’horreur du 17 octobre 61. Une violence inouïe se déploie sans
    frein dans Paris. On bâtonne à mort. On noie. On exécute, on rafle. Elle, se rappelle. Enregistre des témoignages, collecte une mémoire douloureuse en cases superbes déclinant image par image la
    lente remontée du souvenir. En noir et blanc. Elle recueille ces paroles difficiles que les corps ne savent pas porter, preuve en est, cette superbe interprétation graphique qui ne nous donne à
    voir que des mains, des tasses, ce vide de la conversation où les visages logent. Superbes cases en aplat de noir où ne surgit qu’un signe brutal, "OAS" frappé en gros, en blanc, trouant de part
    en part l’image. Superbe découpage des signes éparpillés à la surface du dessin. Et d’un coup les seuls visages possibles, ceux d’enfants saisis dans la beauté de leur innocence, algériens,
    métropolitains, victimes de ce piètre destin que la nation française leur a dévolu. Au témoignage dispute le souvenir, à l’histoire savante l’histoire vécue, dans l’épreuve, toujours vive, métro
    Charonne en aplat de noir qui obstrue la vue, silhouettes d’un peuple martyr découpées à la hache, focale des mains, des pieds, morceaux de banderoles et bousculades traitées en lignes de fuite
    empilées les unes sur les autres, anarchiques, le souvenir si difficile qu’il faut en passer par sa mise en ordre mythologique pour le convoquer, en suspendre la fureur, l’horreur, en
    associations psychanalytiques, Charonne / Charon, fossoyeur plutôt que passeur, sa barque débusquée sur les eaux de la Seine, son carnage forcené déglutissant tout entier un présent impossible :
    rue de Charonne, aujourd’hui. Superbe travail de remémoration, de déchiffrage, d'inaccessible narration, souffrante, toujours.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <strong>Charonne – Bou Kadir 1961 – 1962, une enfance à la fin de la guerre d’Algérie, de Jeanne Puchol, éd. Tirésias, coll. Lieu et Mémoire, 2011, 84 pages, 12,20 euros, ean :
    9782915293724.</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 May 2012 05:55:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">625e39e8fb261f49391f3dc908173c3c</guid>
                <category>DE L'IMAGE</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-jeanne-puchol-charonne-bou-kadir-105535335-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L’art de mentir –Mark Twain]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-l-art-de-mentir-mark-twain-105526857.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><img height="300" width="193" src="http://img.over-blog.com/193x300/1/77/53/21/image-3/mentir.jpg" alt=
    "mentir.jpg" class="GcheTexte">Je mentirai. Non pas un conditionnel, mais la certitude d’y succomber. Avec tout juste l’espoir, hypocrite, qu’un conditionnel viendra m’en absoudre. Je mentirais
    si… Sourde culpabilité en face des effrois d’exister, que le bon goût s’avisa un jour de recueillir en affirmant la suprématie du menteur dans la quête de la vérité : seul le menteur connaît la
    Vérité. Mentir serait ainsi le seul verbe que nous puissions conjuguer au futur. Avec mourir sans doute. Mark Twain ne s‘en offusque pas, bien au contraire : il déplore que l’on sache si mal
    mentir désormais, que cet art du mensonge ait subi une pareille décadence. On ment mal de nos jours. Voyez le regrettable Nicolas. Combien il en a prostitué l’art. Mais ce serait mentir que
    d’affirmer que son essai m’en convainc pleinement, ou que l’art du mentir soit son vrai objet. Twain passe beaucoup trop de temps à cajoler sa conscience pour en lever la beauté. Certes, il y a
    bien ici ou là quelque dédain affirmé à l’endroit de ces petits arrangements que nous passons avec nos vies, mesquins, quand le mensonge ne peut atteindre son point de perfection que dans une
    culture soigneuse. Il y a bien le mépris de réaliser que de cet art courtois, les hommes ont fait une routine étriquée. Mais Twain disserte beaucoup trop sur les mérites du mensonge face aux
    vérités fâcheuses, pour établir une quelconque règle de jugement de goût sur l’art de mentir lui-même. Tout juste retiendrons-nous qu’à tout prendre, dans nos sociétés brutales, le mensonge
    éhonté vaut mieux que le mensonge honteux. Mais que l’on mente par calcul plutôt qu’élévation, voilà qui ne surprendra guère… Et l’on sent bien qu’au fond, ce n’est pas le mensonge qui le
    préoccupe, mais la conscience, cette odieuse invention, à ses yeux, dont il aimerait tant se débarrasser… Oui, c’est bien la conscience, le vrai objet de sa réflexion. Cette conscience vulgaire
    qui ne sait se défaire de sa prévention à l’égard du mensonge. C’est donc in fine à l’art de tromper la conscience qu’il nous introduit, plutôt qu’à l’art de mentir. L’art de tailler en pièce sa
    conscience, de s’en défaire, plutôt que du bien mentir. Un mensonge d’éditeur que ce titre, en somme…</span></span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span lang="FR">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <strong>L’art de mentir, de Mark Twain, traduit par François de Gail, L’Herne éditeur, coll. Carnets, avril 2012, 56 pages, ean : 9782851972415.</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 21 May 2012 05:11:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">788d5b92fb606c5747b9b8902b318f01</guid>
                <category>essais</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-l-art-de-mentir-mark-twain-105526857-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les aventures de Peddy Bottom]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-exister-le-nom-des-etres-fictifs-105468123.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><img height="300" width="300" src="http://idata.over-blog.com/1/77/53/21//Peddy.jpg" class=
    "GcheTexte">Peddy Bottom est un nom, non ? Mais que l’on sache, un être n’est pas son nom : il est quelque chose de plus ! Or, ce supplément d’être, Peddy le méconnaît. Il s’en va donc consulter
    le vieux Dromadaire de l’Université pour en apprendre davantage à ce sujet : Ah Aha Ahem – c’est le nom de notre savant. Un nom à coucher dehors, on veut bien l'admettre, mais dont ce dernier
    n’est pas peu fier, d'autant que ce&nbsp;nom peut se prononcer de trente façons différentes…<br>
    Cet homme de sciences, qui est le-monde-entier-moins-le-monde-entier-sans-lui, sait tout.<br>
    Du moins : tout-moins-une-chose, qu’il ne sait pas et qui est justement ce pour quoi Peddy le consulte… C’est bête… Néanmoins, le dromadaire assure Peddy qu’il est bien Peddy. Cela saute
    quasiment aux yeux. Mais voilà qui n’est guère convaincant. N’être qu’un nom, en outre, quand ce nom n’est pas connu… Devant la moue dépitée de Peddy, notre savant propose de ramener l’équation à
    : Peddy est ce qu’il fait. Le problème, c’est que Peddy n’a jamais rien fait. Enfin, pas grand chose. Et puis rétorque Peddy : que faut-il entendre par là ? Que faudrait-il avoir fait, par
    exemple ?<br>
    Guère avancé, Peddy reprend la route qui le mène… au deuxième chapitre. Là, les choses se compliquent. Un carabinier a tracé une frontière entre le lieu où se trouve Peddy et le pas suivant qu’il
    veut faire. Ce qui existe, et ce qui n'existe pas. Peddy doit s’acquitter d’une taxe pour franchir cette frontière, taxe dont il ne peut s’acquitter : un chapeau. Il n’en a pas sur lui. Peddy a
    beau expliquer que le chapeau n’existe finalement pas plus que lui, que leur consistance avoisine le zéro, le carabinier n’en veut rien savoir. Pour lui, les choses sont simples : admettons que
    Peddy soit un être fictif (et libre à lui de l’être), il doit tout de même exister quelque part pour revêtir cette propriété d’être fictif ! En conséquence, il doit s’acquitter de l’impôt. Pauvre
    Peddy Bottom ! Le voici bien ennuyé d’avoir si peu de consistance. Sophistes à l’envi, les démonstrations de Themerson sont magistrales !<br></span></span></span>
  </p>
  <p>
    <strong><br>
    Les aventures de Peddy Bottom, Stefan Themerson , traduit de l’anglais par Jean-Marc Mandosio, éd. Allia, août 2000, 102p, ISBN-13: 978-2844850409</strong>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 20 May 2012 05:32:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1c0188e9927259254d9dd79fa21cdf09</guid>
                <category>en lisant, en relisant</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-exister-le-nom-des-etres-fictifs-105468123-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Antoine Duhamel évoque Méditerranée de Jean-Daniel Pollet (2/4)]]></title>
        <link>http://www.joel-jegouzo.com/article-rencontrer-antoine-duhamel-mediterrannee-jean-daniel-pollet-2-4-105389389.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <div>
      <div>
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        </object>
        <p>
          <span lang="FR"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Ses premiers pas véritables dans le cinéma, Antoine Duhamel les a faits en 1956, me raconte-t-il.
          Dans la publicité, les dessins animés et les courts métrages. En 1961, il rencontra Jean-Daniel Pollet, qui tournait son premier court-métrage : <em>Pourvu qu’on ait l’ivresse</em>. Puis
          Pierre-André Boutang, qui réalisait avec Astruc un moyen métrage de télévision. Il collabora à leurs différentes aventures, se lia à la direction de Pathé, qui finit par lui commander les
          musiques accompagnant les actualités. Puis Charles Barma l’appela pour <em>Le Chevalier de Maison Rouge</em> (1962), qui eut un énorme succès et fut suivi d’une série de six films. En 1964,
          il composa la musique de Belphégor, mais avant cela vint Godard, un cinéaste qu’il admirait. "Godard était alors considéré comme quelqu’un qui n’était pas très sérieux. Il subissait la
          hargne des situationnistes. Il a pensé le cinéma en coupant la route derrière lui". Godard l’appelle pour réaliser la musique de <em>Pierrot-le-fou</em>. Déferle la Nouvelle Vague. Antoine
          Duhamel s’enthousiasme, sort des correspondances, lit quelques lettres pour me donner à comprendre l’époque, son surgissement, cette bataille. Il rencontre Pollet, avec lequel il se lie et
          pour lequel il compose. Pour illustrer son propos, il montre des extraits du film de Pollet : <em>Méditerranée</em>, dont il affirme qu’il préfigure très largement <em>Le Mépris</em> de
          Godard.</span></span>
        </p>
        <p>
          "<span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Le tournage de <em>Méditerranée</em> s’est fait avec des petits moyens matériels et une jeep. Pollet poussa à son
          comble le radicalisme de la Nouvelle vague : opérateur, réalisateur, il assumait toutes les fonctions. Son film ne comprend en outre pas d’autre structure que poétique, dans laquelle les
          images tentent de "causer par elles-mêmes".</span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Les premières images du film ouvrent sur une vision de barbelés. Une musique dramatise l’écoute. "Pollet voulait
          signifier cette montée de mémoire flottante et l’idée d’une mémoire résurgente", d’une poussée de mémoire dans cet espace tellement oublié aujourd’hui. Musicalement, confie Duhamel, dans
          l’esprit de Pollet, images, sons, musiques devaient exister par eux seuls. Son ambition était en fait de donner à la musique toute sa place. Autonome plutôt qu’illustrative. L’innovation
          majeure de ce film, aux yeux d’Antoine Duhamel, aura été de s’arracher au cadre-plan lors du découpage de la musique, qui ne vient pas nécessairement se caler sur le plan de coupe. Cela
          aura aussi été selon lui de traiter le heurt en soi-même comme un son. "La maquette du film fut réalisée au piano. Le minutage s’effectua à partir de cette maquette, plutôt que d’une bande
          image, comme c’est habituellement le cas dans le cinéma ! Le changement de plan devenait ainsi une sorte d’effet sonore. Quand on en observe de près la structure, explique Duhamel, on
          s’aperçoit que le silence "monte" autrement à l’image, qu’il n’intervient pas nécessairement dans la découpe du plan pour en illustrer le propos. La musique, libérée de cette contrainte
          formelle, en chevauchant les plans, délivre alors toute sa force. Le plan lui-même, qui jusque là s’affirmait comme une unité stylistique faite pour l’image, s’est mis à s'organiser autour
          d'un univers plus large", qui était précisément celui auquel Antoine Duhamel voulait se référer, plutôt que d’être assujetti à l’unité coutumière du plan. "Je n’aime pas accepter cette
          convention du plan comme unité stylistique. Avec Pollet, c’était parfait : il introduisait d’autres modalités qui rompaient avec cette tradition un peu étriquée du cinéma. Avec lui, la
          musique crée une profondeur, ouvre un arrière-plan, joue avec les conventions du cinéma."</span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">"Le thème du film arrive au début. Il est issu d’une composition écrite pour une musique de concert : à l’origine
          pour un violon et un violoncelle. Dans Méditerranée, Pollet a choisi de l’instrumentaliser dans des densités différentes."</span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">"En fait ce thème vient de mon histoire propre. Je l’avais écrit en 1955. Il correspondait à ce que je voulais faire
          à cette époque pour rétablir un pont entre la musique que je voulais ‘composer’ et celle que je voulais écrire pour le cinéma. Il y a ainsi une dimension archéologique liée au thème du
          film, dans cette remontée des raisons liées à mon histoire personnelle. D’une certaine manière, elle unifie mon expérience du cinéma avec ce que je voulais faire avant le cinéma, et c’est
          pourquoi ce film de Pollet est si important pour moi et reste aujourd’hui encore l’une des expériences les plus radicales du cinéma. Mon idée était qu’il fallait quelque chose de "grave".
          J’ai composé ce que l’on appelle un "bourdon", une sorte de note fondamentale d’un mode sur lequel on peut ensuite improviser. Puis j’ai tout repris, les compositions initiales, écrites
          dans d’autres circonstances, en les articulant à ce bourdon. <em>Le mépris</em> de Godard intègre au fond très largement cette expérience de <em>Méditerranée</em> ; il a fait ensuite des
          images qui étaient dans le même esprit."</span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p>
          <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">extrait du film Méditerranée (1963) : "Une mémoire inconnue fuit obstinément vers des époques de plus en plus
          lointaines　"…</span>
        </p>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 19 May 2012 05:29:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1f106e69c133eb2b79f5baf7f115f02c</guid>
                <category>entretiens</category>        <comments>http://www.joel-jegouzo.com/article-rencontrer-antoine-duhamel-mediterrannee-jean-daniel-pollet-2-4-105389389-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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</rss>
