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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 14:15

white.jpgUn été 48 à New York, devenue alors "la Capitale de Tout".
A l’origine, une commande passée par un magazine.
C’est l’époque où la presse américaine lance dans le monde ses reporters, bien souvent des écrivains, des poètes, plus ouverts au monde tel qu’il va, qu’attirés par un stupide exotisme.
La littérature américaine de voyage explose alors, encouragée par la montée en puissance du dollar et de sa civilisation.
White vit dans le Maine. Il exècre les voyageurs et croit prendre le contre-pied d’une littérature dont il ne comprend pas les enjeux. Peu importe : si les écrivains américains reconstruisent le genre, lui-même y participe à son insu.

Il accepte donc de vivre l’été 48 à New York. De fait, il se bornera surtout à évoquer Manhattan, à travers une poétique de la ville qui rappelle le Berlin de Walter Benjamin.

En poète, White décrit New York comme une ville déterminée, détruisant les individus autant qu’elle les magnifie, qu’ils sachent ou non saisir les occasions qu’elle leur offre. Et insiste beaucoup sur ce caractère d’occasion à saisir - le Kaïros des grecs -, dans lequel se régénère la civilisation américaine. New York est la ville des occasions, du Kaïros, occasions qu’elle démultiplie à l’infini en séparant les individus des événements. On peut donc ne jamais rien y voir, aucun événement n’étant assez fédérateur pour mobiliser toutes les populations qui y vivent.

Ecrit dans une prose superbe et simple, White y paraît cependant nostalgique. Mais saisi à son tour, le récit finit par s’installer dans le présent de la narration, pour ramener à la surface, entre autres, la vision d’un vieux saule rafistolé de bouts de ferrailles, extraordinairement édénique.--joël jégouzo--.

 

 

Un air de New York, E. B. White, traduit de l’américain par Martine Leroy-Battistelli, préface de Roger Angell, éd. Buchet-Chastel, avril 2001, 76p., ISBN-13: 978-2283018569, épuisé.

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