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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 05:02

habitants-des-bidonvilles.jpgDans les années 60 commença la grande résorption des bidonvilles en France, plus particulièrement ceux de la région parisienne, qui restèrent visibles jusqu’au milieu des années 70.

En 2002, ils étaient de retour.

En 2005, un nouveau plan fut conçu pour les éradiquer. Vous lisez bien : les détruire, et non prendre à bras le corps le problème du logement, dont on sait tous ce qu’il est devenu avec la spéculation immobilière : 1/3 des SDF sont des salariés pauvres. L'INSEE comptabilise 8 650 000 êtres humains en situation de pauvreté en France...

Et aujourd'hui la chasse est ouverte, qui vise cette fois les "campements" des populations rroms. On veut les détruire, par des opérations de police, sans avoir si possible à reloger leurs habitants, comme à Montpellier, où la ville se dédouana de jeter à la rue des milliers d'êtres humains en se contentant d'en reloger une poignée, alors que la loi européenne impose de trouver chaque fois une solution de relogement, et en violation de la circulaire inter-ministérielle du 26 août 2012 qui prévoit un diagnostic et un accompagnement... Au fond, la logique dans laquelle s’inscrivent ces actions relève de la seule gestion des indésirables... 

Cette focalisation raciste sur une prétendue question Rrom autorise en outre, par l’ethnicisation de la pauvreté, d’éviter à avoir à interroger les causes structurelles de l’augmentation de la précarité en France, ni moins encore l’apparition de formes nouvelles d’exclusion sociale (chômage de masse vertigineux, salariat pauvre, précarité galopante, etc.), qui précipitent des populations entières dans l'habitat de la grande misère.

On communique donc sur les "campements illicites".

On gomme l’ancien vocabulaire de la misère. Le mot de bidonville est effacé des communications officielles. La presse porte de ce point de vue un secours très utile au Pouvoir politique. Peu nombreux sont les journalistes à enquêter sur la situation des travailleurs pauvres contraints de vivre dans des abris de carton, par exemple.

On entonne massivement le couplet des "gens du voyage", des "nomades" poussant l’insécurité aux portes de nos villes, saisies il est vrai par la grâce d’une gentrification accélérée qui s’accommode mal de la présence des pauvres dans leurs rues... Et partout en Europe, on criminalise la pauvreté et persécute les roms. 

La logique publique ne déploie ainsi que le seul instrument de la répression brutale, éhontée, abjecte, pour faire face au scandale des inégalités et de la pauvreté. Il faut punir les pauvres, les chasser toujours plus loin, les disperser. Et instrumentaliser cette pauvreté dont on sait qu’elle est massive désormais, en organisant la chasse aux Rroms, objets d’une communication politique intensive. Manuel Valls persiste et signe, agitant le chiffon de la peur si la Bulgarie et la Roumanie venaient à faire leur entrée, sans réserve, dans l'espace Schengen en janvier 2014, quand toutes les études publiées partout en Europe ont montré que l'ouverture des frontières n'avaient jamais provoqué aucun afflux massif des rroms nulle part... Il y a là une véritable volonté de persécution qui s'exprime haut et fort... Une volonté ahurissante, intolérable, qui fleure désormais son relent génocidaire.

 

Image : des habitants des bidonvilles photographiés par Le Parisien…

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Published by texte critique - dans Politique
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