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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 05:30
mesures.jpgIl ne s’agit plus de critiquer l’ordre mondial existant, mais de le transformer… L’on sent bien, en effet, que partout s’énonce le désir d’en finir. On a donc raison de se révolter, rappellent Hazan et Kamo, comme un clin d’œil au livre publié dans les années 70 par Sartre, Gavi et Victor (Benny levy). Un slogan maoïste ! Alors que nous vivons un véritable basculement historique et que de nouveau nous voyons bien qu’il nous faudra rouvrir une perspective révolutionnaire pour changer un monde qui ne veut surtout pas nous voir le changer. Un monde dans lequel le Pouvoir politique a été réduit  à son expression la plus crue : la tyrannie du Marché. Un monde de promesses jamais tenues, sinon les pires, où notre argent dans les banques par exemple, est resté le coussin destiné à amortir les désastres de la spéculation financière. Le monde d’une société plus inégalitaire qu’elle ne fut jamais, aussi inégalitaire qu’elle l’était sous l’Ancien Régime, ce que nous ne réalisons même pas. Ce n’est du reste pas tant par cécité collective que du fait du verrouillage médiatique, qu’Eric Hazan pointe ici encore avec pertinence. Partout pourtant la révolte s’annonce, massive. Elle traverse de part en part l’Europe, pour peu qu’on veuille bien lui prêter un minimum d’attention. Partout l’on sent bien que les peuples deviennent ingouvernables. Après l’indignation, la colère. Désormais la révolte. Il nous faut maintenant créer de l’irréversible. La réflexion d’Eric Hazan fleure le Lénine du Que faire ? Appréhender autrement l’activité collective, l’organiser autrement, répond-il sans détour. Abolissons la centralité de l’argent : l’économie n’est qu’une science de la richesse des souverains. Elle ne traite que des besoins des puissants. Mettons en place une autre rationalité que celle du Maître. S’il y a un sens à se rassembler, écrit-il encore, «c’est pour élaborer l’option à laquelle on n’avait pas pensé». Inventons donc, sans rien attendre de Paris, sans rien attendre des bataillons d’experts qui n’ont cessé de nous bricoler un avenir sans horizon, sans rien attendre des élites trop soucieuses de leurs rentes. Et l’on voit bien, en effet, d’où nous viennent ces colères qui mobilisent loin de Paris des régions entières. Des révoltes dont le premier effet est de dévoiler le vide du Pouvoir, ces Etats échoués qui partout surnagent dans le dérisoire d’un discours politique de plus en plus pathétique. Reste évidemment, si nous n’agissons pas, l’alternative consternante de voir des états fascistoïdes comme les désignent avec justesse Hazan et Kamo, comploter contre des populations dressées opportunément les unes aux autres. Reste aussi le plus terrible sans doute, le deuxième terme d’une alternative possible, que l’on sent bien plausible désormais avec la venue au pouvoir de cette fausse Gauche à gros nez rouge : celle d’une fin sans fin de ce capitalisme relooké sauvagement, son effondrement éternel, sans explosion, qui maintiendrait éternellement sa domination. L’effondrement comme état stable et rentable, sous couvert d’une crise artificiellement entretenue. Le lieu même du discours de nos deux droites : l’UMP et le PS. Un chaos organisé, égrenant ad nauseam ses zones de relégation…
 
 
Premières mesures révolutionnaires, Eric Hazan, Kamo, éd. La Fabrique, 17 septembre 2013, 80 pages, 8 euros, ISBN-13: 978-2358720496.
 
 

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Published by texte critique - dans Politique
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