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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:25

couv.jpgOn ne sait pas. On ne saura jamais. Jamais vraiment ce qui, dans la malle, se prête ou se refuse.

Souriante, et pourtant si souvent dans la malle, elle non plus ne comprend pas. Ils vont, viennent. Reviennent. Peut-être l’un d’entre eux seulement ? Ils reviennent, parlent, toujours les mêmes mots. Lui parlent-ils vraiment ? Toujours les mêmes questions. Insistantes. Les mêmes frustrations à rater l’autre ou l’enfermer dans un désir qui n’est pas le sien. Ils vont et viennent, ou bien l’un seulement. Ses désirs en ordre. Organisant la ronde d’un vivre singulier, singulièrement rapporté dans ce monde des objets minuscules enfermés dans la malle, où l’on voudrait faire entrer des événements plus vastes, des rêves plus grands, des sentiments plus forts. Partagés. Rien n’existerait-il donc vraiment qui fût autrement possible ? Ou bien il ne s’agirait que de bricoler de nouvelles possibilités de vivre avec le peu qui nous est donné -corps, bras, chaise.

Elle, toujours sous le regard, sous ce regard qui examine, scrute, évalue et dans un éclair, arrange, accommode, abandonnant des indices ça et là, dans la pure fiction de son être, littéralement déraisonné.

Il faut reprendre, certainement. Toujours. Depuis celui qui sautille derrière les autres peut-être. Celui qui ne cesse d’avoir de nouvelles idées. Même si parfois, c’est la même. Et acquiescer à ces volontés infimes et despotiques. Le terrible pourrait d’ailleurs naître de cet acquiescement. Restitué en mots anodins au cœur d’un récit auquel on ne prend pas garde. De quoi s’agit-il donc ? Dans l’ambiguïté d’un texte mené de bout en bout avec une circonspection sans pareille, le lecteur piégé au pire sans en avoir l’air, à quelque horrible et divertissant intervalle, n’entrevoyant que ce qui arrive, sans savoir d’où cela vient. Juste cette énonciation parée d’aucun jugement. Comme un récit empli d’un vide qui avance prudemment, dévoilant des gestes obscurs, inquiétants, n’était la narratrice résolue à l’insouciance. Pourtant le monde des objets, lui, dispose ses indices : la malle où parfois elle est enfermée. Elle ne peut se refermer toute seule. Le récit disperse du coup un temps son propre régime auctorial, l’instance narratrice se met à flotter, cherche son point d’ancrage, croit le trouver dans cette sorte de bon sens en tiers lecture, s’en détourne dans la mise en scène d’une pulsion scopique où la considérer, elle, devenue soudain objet de son propre récit. --joël jégouzo--.



Pascale petit, LES CÔTéS CACHéS, Action Poétique éditions, coll. BIPVAL, janvier 2011, 64 pages, 11 euros, ean : 978-2854-631975.

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Published by texte critique - dans poésie
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Thaddée 21/04/2011 11:42


Je relisais hier les côtés cachés. Votre critique est exceptionnellement juste.


texte critique 26/04/2011 09:12



j'aurais aimé réaliser un entretien avec l'auteure au fond, pour creuser un peu mieux encore. Hélas, cela n'a pas été possible.



PhA 06/03/2011 18:49


Oui !


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