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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 05:03
 
markaris.jpgLa Grèce, aujourd’hui, plongée dans un état comateux par une prétendue crise qui n’était pas vraiment la sienne mais celle des banques européennes. La Grèce en état de choc pour toile de fond du dernier roman de Petros Markaris. Un magasin sur deux a fermé. La Grèce n’est plus qu’un débris de nation. Des sections d’assaut sortent les immigrés de chez eux pour les tabasser à mort, avant de brûler les rares entreprises qui osent encore les employer. Une nuit de Cristal, qui s’abat jour après jour sur le pays. La haine est partout. Pour tenter de récupérer les derniers sous qui traînent dans les poches de ses concitoyens, la classe politique vient de décider la sortie du pays de l’euro. A la veille des fêtes de Noël, encourageant les millions de grecs plongés dans la misère à fêter le retour de leur monnaie nationale pour faire la nique à Angela… On vient donc de changer de gouvernement, pour retrouver à la tête du pays les copains de l’ancien. Qui décident aussitôt la suspension des salaires des fonctionnaires de la police pour une durée de trois mois… Tout en mobilisant ces forces abasourdies en prévision des troubles qui ne vont pas manquer de suivre… Le commissaire Charitos s’organise donc. Chez lui d’abord, pour accueillir la famille élargie : il faudra désormais vivre sous le même toit, une, deux, trois familles avec leurs enfants. Un genre de soupe populaire domestique se met en place. Finie la viande, régime haricots secs. A la crim’ du moins, n’a-t-il pas à penser la répression d’une jeunesse que rien ne peut empêcher de se révolter. Dont sa propre fille, que la fierté de son père accompagne, activiste d’une association qui vient de créer radio espoir pour contrer la propagande gouvernementale. Une fille qui va suivre de très près l’affaire qui lui est confiée : les meurtres de nantis au passé troublant, tous issus de la génération polytechnique, ces jeunes qui un beau jour de 1973 osèrent affronter la dictature pour se lancer à l’assaut de leur école. Réprimés durement, emprisonnés, torturés. Les trois personnalités assassinées avaient participé au mouvement avant de s’installer au pouvoir et trahir leurs idéaux de jeunesse. Charitos révèle les sales combines qui les avaient enrichis autour de l’attribution des chantiers des J.O. Des combinards donc, qui n’avaient cessé de bafouer le slogan de la génération polytechnique qui donne au roman son titre : «Pain, éducation, liberté». Un slogan qui, mot pour mot, redevient d’actualité dans cette Grèce de nouveau affrontée à l’une de ces sales pages d’une Histoire qui semble avoir anéanti à tout jamais toute promesse d’un monde meilleur.
 
Pain, éducation, liberté, de Petros Markaris, Policier, Seuil, traduit par Michel Volkovitch, 6 mars 2014, 253 pages, 21 euros, ean : 9782021125436.
 

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