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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 05:29

mcafee.jpgPortrait de John Mcafee, le père de l’antivirus, par un journaliste qui a su gagner la confiance d’un personnage particulièrement frappé et qui ne cesse depuis de s’en mordre les doigts… Barré, le créateur  du concept de virus informatique l’était depuis ses plus tendres années, bourré de cocaïne qu’il trafiquait volontiers sur les bancs de la fac en même temps qu’il se taillait une réputation de grand buveur de scotch devant l’éternel, mais de piètre étudiant en mathématiques. Un fou furieux désormais, en quête de croisade, ennemi juré des drogués dont il continue de partager les meilleurs produits, et des alcooliques, bien qu’ils possèdent des bars où l’alcool coule à flot… Enfermé dans sa propriété des Caraïbes, notre homme est surveillé en permanence par dix barbouzes alors qu’il s’est retiré des affaires, et retranché derrière un arsenal militaire conséquent qui aiguisant l’inquiétude de ses voisins. Un vrai fort Alamo que sa ferme… Jamais assez prudent, Mcafee est allé jusqu’à faire construire un commissariat offert aux autorités locales avec des caisses de M16, alors qu’il est lui-même suspecté du meurtre de l’un de ses voisins et qu’il vit avec une demi-douzaine d’adolescentes, dont la plus jeune a 17 ans, sans être le moins du monde inquiété… La biographie des délires de ce milliardaire donne le vertige. Celle d’un bonimenteur à vrai dire, qui dans les années 80 mit le paquet en communication pour assurer les entreprises californiennes de ses services. En fait c’est en propageant sa parano qu’il a réussi à les convaincre de se doter d’anti-virus, allant jusqu’à sillonner les routes de Californie au volant de son camping-car, transformé pour l’occasion en première «unité paramédicale d’antivirus» (sic), proposant sinon provoquant le mal qu’il se proposait d’éradiquer. On le sait désormais, ce mal ne prospéra jamais autant depuis, tout comme toutes les entreprises dédiées, son business explosant assez pour qu’il le conduire à revendre son entreprise près de huit milliards de dollars à Intel, un argent dont l’homme ne sait que faire, sinon le dépenser en achats de protections de toute sorte ou l'investir dans la création d’un labo de chimie perso, où des biologistes recrutés par ses soins s’affairent à la mise au point d’un nouvel antibiotique destiné à révolutionner l’industrie pharmaceutique mondiale…  Pur produit des goldens boys de l’ère Reagan, voilà qui fait froid dans le dos !

John McAfee, un terroriste moderne, Joshua Davis, traduction de Géraldine Prévot, Inculte Editions (8 janvier 2014), 90 pages, coll. Inculte - Temps, ISBN-13: 979-1091887137.

 

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Published by texte critique - dans essais
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