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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 05:16

 

Leila.jpgAutobiographie obstinée, ornée d’images intimes, familiales, exploration subjective de la diaspora algérienne en France.

Tlemcen, l’utopie humaniste des années d’avant la guerre. Les Hauts-Plateaux, la culture de la lentille, la ferme Langlois. Images triomphantes, mais bientôt ce n’est plus l’enfance dans les blés, mais la sale Guerre d’Algérie qui maraude. L’immigration ensuite, le Puy-en-velay, ici et là au gré de ses voyages, Leïla rencontre des algériens, dédicace ses ouvrages, voyage en France profonde, s’étonne de ce qu’il s’y trouve tant d’amis à l’accueillir. A Saint-Etienne, elle parle avec des ouvriers nord-africains comme on le disait dans les années 50, inscrits aux tableaux des mines. Qu’est devenue notre mémoire laborieuse de la mine immigrée ? Et celle de l’industrie automobile tenue à bout de bras par les travailleurs immigrés ? D’Eure-et-loire à Combray, partout des traces de cette mémoire algérienne refoulée. Partout en France des immigrés, des français d’origine algérienne, en Ardèche, en Auvergne, à Chenard, au bord de la Dronne, en Dordogne profonde. Leïla pousse, incrédule, des portes algériennes, de villes en villages, et raconte ces populations qui avancent à sa rencontre. Partout, dans les bus, les autocars, les trains, les cours d’école, partout des familles installées chez elle, issues de cette immigration incomprise, viennent à sa rencontre lui montrer leurs photos ou des images de carte postale de cette France des années 40, 50, 60, disparue aujourd’hui, qu’ils ont faite leur. Ici un vieil homme lui offre son journal de France, ouvrier de la fonderie de Longwy. Là une comédienne ses photos avec ses boucles à la manière assyrienne. Notre mémoire algérienne. Montluçon, un tour de France de cette mémoire biffée. Clermont-Ferrand, le cimetière Cronet avec son carré musulman. Des pages d’écriture offertes en souvenir ému, de celles, appliquées, qu’ils ont conservées dans ces cahiers d’écolier qui furent les leurs. L’école élémentaire française. Des vieux, des vieilles, Leïla explore son enfance française, ses souffrances, son mal-être, témoigne de ses amitiés, Malika la rebelle, dans sa maison d’Essonne.

 

 

Journal de mes Algéries en France, Leïla Sebbar, éd. Bleu autour, coll. D’un regard l’autre, mars 2005, 20 euros, isbn : 9782912019301.

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Published by texte critique - dans IDENTITé(S)
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