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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 00:00

leibniz_bin.jpgPour Leibniz, la philosophie mécaniste de Descartes était l’antichambre de la vérité. La physique cartésienne, héritière de cette pensée, lui paraissait erronée, en ce qu’elle réduisait la matière vivante à l’étendue inerte. La physiologie cartésienne, motivée par sa conception dualiste, lui semblait également poser maladroitement le problème de l’union du corps et de l’esprit, réalisé pour Descartes en Dieu et par Dieu, et demeurant ainsi un mystère à l’homme et en l’homme. Par ailleurs, le problème de la certitude cartésienne, fondée sur d’incontestables évidences, lui paraissait accorder toujours trop d’importance à l’idée d’intuition. En outre, le souci de Descartes d’unification du savoir pouvait constituer un sérieux obstacle à penser la diversité du phénomène monde. Ainsi du couple identité et non-contradiction, qui impose que toutes les théories scientifiques s’adossent en quelque sorte les unes aux autres dans un alignement impeccable avec les principes de la raison. Mais à prendre le premier exemple venu, comme celui de la vitesse de la lumière, si Descartes, fort de ses principes et de son intuition selon laquelle cette transmission était instantanée, pouvait tenir pour mauvais philosophe quiconque ne partageait pas cette idée, on a vu ce qu’il en est advenu, quand les progrès de l’explication scientifique eurent finalement raison de cette intuition…. L’image que Descartes se forgeait du monde était nécessairement celle de l’unité des phénomènes et des essences, qui permettait de remonter vers un principe premier, fédérateur et organisateur du monde, dépliant ce monde selon un enchaînement logique, mécanique. D’où les Méditations, comme effort pour déployer le système logique du monde. Mais c’est bien la volonté de Descartes de voir le monde unifié qui l’a obligé à poser l’intuition au cœur de son système philosophique. Dans ses principes, la méthode cartésienne reste féconde. Encore faut-il en connaître les limites : le souci cartésien de l’unité du savoir, qui apparaît comme un pur réconfort dogmatique. Où Descartes importe-t-il cependant ? Presque essentiellement dans ce projet de maîtrise du sujet qu’il tente de refonder à n’importe quel prix. Le cartésianisme autorise alors de croire que l’homme peut s’affranchir : son indépendance morale est ainsi conciliée avec sa dépendance ontologique. Reste aussi cette définition de la liberté comme volonté individuelle, et de la vérité comme construction et non révélation. --joël jégouzo--.

 

Image : un manuscrit de Leiniz, calculer…

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Published by texte critique - dans essais
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