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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 09:07
Dans quelle société vivons-nous ? (5/10)

Dans la distribution contemporaine des pouvoirs, toujours selon Niklas Luhmann, le code central n’est plus celui de gouvernant/gouverné, mais celui de gouvernement/opposition.
C’est assez répéter que la fonction essentielle, dans une démocratie, son gage et ses vertus, est celle d’opposition.
De sorte qu’envisager les comportements politiques sous l’angle d’une perte de légitimité, d’une aliénation, etc. ne fait ainsi plus sens, ce genre d’approche relevant d’un mode antérieur d’organisation sociale. Mais le code gouvernement / opposition crée une polarité renforcée par les médias. Et tout comme les médias, dépendants à l’excès des thèmes qui renseignent, alimentent, justifient leur existence, la dynamique qui se met en place au niveau politique s’organise, sous la pression de cette polarité, selon le modèle progressiste / conservateur, qui oriente et informe l’idée du changement politique.
De sorte que la clientèle des élites politiques ne peut être stable : car c’est l’intérêt qui désormais la façonne, c’est l’intérêt qui dicte ainsi de fait sa loi aux valeurs réputées organiser les Partis de la République. Les intérêts collationnent d’une certaine manière ces Partis.
Le pour ou le contre dès lors a tendance à se simplifier et se désidéologisé pour se répartir sur un axe dont la flèche est l’idée de progrès – et peu importe ici que ce progrès soit fondé ou non. On met en avant telle politique en son nom, on combat telle autre en son nom toujours. Le contenu importe du coup relativement moins : c’est la capacité du discours à faire passer pour progressiste un thème quelconque qui l’emporte. Encore une fois, la dynamique d’un tel système ne s’occupe guère des clivages idéologiques : elle l’oriente vers le changement. Le pouvoir contemporain s’exerce ainsi moins dans une forme de coercition que de prise de décisions réalisées par des processus langagiers tournant autour d’un ensemble d’attentes et de revendications. Et bien évidemment, ce jeu de pouvoir entre gouvernement et opposition dépend de la capacité à mobiliser l’opinion publique, leur seul arbitre. Là, les médias sont effectivement d’un grand secours.
joël jégouzo--.

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