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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 18:00

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Huit députés membres du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques ont remis leur rapport sur la politique menée en faveur des quartiers défavorisés depuis 2003. Lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 21 octobre 2010 à l’Assemblée Nationale, ils en résumaient les grandes lignes : l’échec est total, mais bien évidemment «partagé», selon la formule consacrée.

"Les écarts en termes de pauvreté, de chômage, d’accès aux soins et de résultats scolaires ne se sont pas réduits depuis la loi du 1er août 2003, qui avait fixé des objectifs en la matière et demeurent à des niveaux parfois très préoccupants", constate ce rapport intitulé Quartiers défavorisés ou ghettos inavoués : la République impuissante.

La République impuissante ! Belle formule pour se disculper à peu de frais dans l’évocation justifiée des responsabilités de la Gauche et du fiasco chiraquien en la matière. Mais surtout, quelle formulation, inscrivant au creux d’une béate démission l’abandon de toute réflexion politique face à l’urgence de la situation ! Quand par ailleurs les mêmes se permettent de lâcher avec condescendance et non sans mépris, que «la question des banlieues et des quartiers sensibles est plus que jamais au centre de l’actualité et des préoccupations de la représentation nationale»…

Ben voyons… Comment le croire quand dans ce même bilan, l’évaluation de la misère qui frappe les banlieues est systématiquement minorée ? Prenons les chiffres du chômage, «préoccupant» nous confient nos députés, avouant que 30% de la population en âge de travailler dans les banlieues est sans emploi. 30% royalement consentis, quand cette comptabilité ne prend en compte ni les chômeurs sortis de leurs doits, ni les Rmistes, ni quantité d’autres inscrits comme «stagiaires» par les bons soins du Pôle Emploi, quand ils ne sont rien d’autres que des chômeurs mal ou pas du tout indemnisés ! 30% auxquels ont refuse donc, selon le tour de passe passe habituel, d’additionner tant et tant d’autres, sans parler des précaires et des salariés au rabais… Il y aurait de quoi rire, si la situation n’était tout simplement tragique !

Et au moment où se profile le renouvellement ou l’évolution des dispositifs en place, il y a tout lieu de s’inquiéter. D’autant que, le plus grave au fond, est le refus de notre représentation nationale à considérer qu’il s’agit en réalité d’un phénomène plus profond, plus discriminatoire et plus ancien que celui d’une ghettoïsation : il s’agit d’un véritable apartheid urbain, d’une politique d’exclusion systématique et raisonnée, héritière d’une longue tradition française coloniale, qui voit la fracture coloniale passer désormais à l’intérieur du pays légal lui-même. Une fracture qui se répète à l’envi et jusqu’à la nausée, et contre laquelle la politique pudiquement dénommée de rénovation urbaine ne peut rien, faute de vouloir en réfléchir les vrais soubassements.joël jégouzo--.

 

http://www.assemblee-nationale.fr/presse/communiques/20101018-02.asp

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