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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 06:44

james.jpgAix-en-Provence. Les beaux gestes brusques de ces éclats de langue berbère, un dimanche matin, sous les feuillages des platanes d’une place quelconque. Mélancolie d'une langue lasse et un peu solitaire de ne pouvoir se dire en arabe. La mosquée rue des Gondraux, minuscule et comme inventée de bric et de broc, à l’image, précisément, de cette langue immigrée que James Sacré tente et nous donne à voir plus qu’à entendre. Car ces gens dont il croit pouvoir parler, il ne les parle pas mais les montre, dans une langue simple, maladroitement exprimée (mais si justement parlée). Il nous les donne à voir dans une image qui paraît resurgir du vieil imaginaire provençal : un dimanche matin sous les platanes, place de la mairie. Mais de quel être-ensemble qui n’existe pas et dont on ne veut pas qu’il fasse souche ici et qui pourtant fait souche, s’épanouirait-elle ? La voici typiquement immobilisée dans ses heures de marché, un peuple assis au coin des rues, dans la pauvreté d’un express consommé avec beaucoup d’attention.

Dans L’autre figuier, les reprises anaphoriques se multiplient, comme d’une langue qui ne parviendrait pas à se déployer. Le poème paraît creuser et ravauder à chaque mot sa façon, puis il se voit retravailler et son nouvel état n’est pas moins passager. "Un vieux figuier de barbarie / Comme tout éventré. / Le paysage (ou le fond de papier) / En presque pas de couleur."

James Sacré écrit comme à côté d’écrire, en quelque endroit du désarroi des mots, comme en déshérence de soi et construit ses poèmes en ne montrant que cela : le presque rien de leur construction. --joël jégouzo--.

 

James Sacré, Écrire à côté, Éditions Tarabuste, 2000, America solitudes, André Dimanche, 2011, Mouvementé de mots et de couleurs, éd. Le Temps qu'il fait.

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Published by texte critique - dans poésie
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