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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 08:29

independances.jpg1960. Il y a 50 ans, presque toute l’Afrique Subsaharienne accédait à l’indépendance.

17 états en fait, dont 14 relevaient de l’Empire colonial français puis de l’Union Française. Indépendance. Le mot soudain se mit à claquer comme un étendard. Ils avaient vingt ans, un immense sourire aux lèvres. Désormais, leur destin leur appartenait. Ou presque. Mais un temps, et qu’importe les désillusions, les chausse-trappes, les mensonges d’une indépendance donnée d’une main, reprise de l’autre, il y eut ce véritable espoir, l’enthousiasme des peuples qui crurent connaître leur printemps. C’est d’abord de cela que ce livre témoigne. Les témoignages sont beaux, sont forts, regardant aujourd’hui encore au delà, l’Afrique où tout commença, l’ensoleillée, le cœur de la Pangée originelle avant que la grande fracture, 200 millions d’années en arrière, ne vienne la séparer du continent américain. Mais la terre d’homo habilis, les premiers pas de l’humanité balbutiante ! C’est d’abord cela la beauté d’évocation de cet ouvrage, de relier notre présent à ce très grand passé africain, au passé africain de l’humanité, offrant de superbes images de cette humanité triomphante – dans ses masques rituels, par parenthèse, plutôt que les photographies des archives des colons. Images de conviction, illustrant limpidement le vieux proverbe africain selon lequel si "Dieu n’a fait qu’ébaucher l’homme, c’est sur terre que chacun a dû se créer". Un proverbe africain… qu’il est étrange, au passage, d’en délayer la singularité sous cette catégorie : irait-on parler de proverbe européen à propos d’un dicton ardéchois ?… Et c’est peut-être là que le bât pourrait blesser, dans ce projet éditorial pourtant magnifiquement inauguré dans la mise en valeur de nos racines africaines. Sans doute parce que, malgré l’impulsion de Maria Maylin, Présidente du Comité International pour la Renaissance de l’Afrique, de Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire Général des Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique, l’ouvrage marque une trop grande déférence au discours africain des Affaires Etrangères, trop lisible derrière sa généreuse entreprise. On sent ainsi bien, lorsqu’il s’agit d’évoquer la colonisation, combien nous sommes en retrait de la brutalité sans nom de l’Affreuse nuit coloniale -selon l’expression si forte et si juste de Robert Linhart (dans son Lénine ). Voire, plus encore lorsqu’il s’agit d’évoquer les défis de cette indépendance et d’en faire le bilan, 50 ans plus tard, combien ce bilan renvoie par trop à une responsabilité intérieure qu’on ne peut certes éluder, mais dont les obstacles extérieurs ne sont pas suffisamment pris en compte. Un très beau livre pour l’Afrique donc, certes. Un album, en attendant la somme qui demain rendra compte de l’histoire africaine dans toute son étendue, sans fausse pudeur ni calcul diplomatique.--joël jégouzo--.

 

Indépendances africaines : Le cinquantenaire 1960-2010, de Maria Maylin, Geneviève Laffont, Jean-Pierre Elong-Mbassi, Les portes du soleil, juin 2010, 180 pages, 33 euros, ISBN-13: 978-2358080309.

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