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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 06:43

caryotype-homme-femme.jpgL’hôtesse d’accueil, à la fin de sa carrière, avec ses fesses en forme de chaise, témoigne que si l’homme est Homme, la femme n’est dans notre imaginaire qu’un Homme de sexe féminin… Un homme qui met pourtant au monde la totalité des hommes masculins et féminins, réalité que l’innomé de la locution Homme et notre soumission à son ordre ne saurait dissimuler, sinon au prix d’une phobie dont on serait avisé de mesurer le coût…

Au delà de la drôlerie de l’ambiguïté linguistique, c’est son intériorisation que parcourt avec force Louise Desbrus(ses), auteure P.O.L., renversant tout notre rapport à la psychanalyse freudienne pour lever sous l’hystérie mâle du garçon découvrant avec effarement sa privation d’utérus, les troubles psychiques qui en résulteraient et qui n’ont jamais été sérieusement envisagés dans notre société d’hommes, faites par et pour les Hommes de genre masculin. Comme si au fond le désir du meurtre de la mère relevait d’un tabou plus fort encore que celui du meurtre du père. Ce à quoi Vanessa Place, avec son réconfortant constat d’une société au creux de laquelle vivre c’est y mourir d’ennui, répond par la mise en demeure réjouissante de l’identité mâle, trop souvent exhibée comme la parade fastidieuse de performers aux performances douteuses, compensant leur impuissance à être tout à fait des hommes (masculins) en fabriquant un monde complètement factice. Il vaut la peine de suivre sa démonstration jusqu’au bout, notamment quand elle s’attaque à l’art masculin, déguisant plutôt qu’affirmant, recourant volontiers à l’obscurité (qu’il nomme profondeur), pour dissimuler son besoin de reconnaissance tout entier enrôlé sous la quête de l’autorité, nécessairement transcendante, du Grand Art ou de la Kultur… Et c’est tout l’inconscient hétéro-rhétorique des milieux sociaux dominants qui en prend un coup dans ce repérage intellectuel, tout comme celui de ce langage où se sont imprimés les usages du discours masculin du monde, dont la seule issue est de rater ses énonciations, s’il veut espérer toucher quoi que ce soit de fort. --joël jégouzo--.

 

 

Tina 8, Gender surprise, TINA n° 8 / GENDER SURPRISE, revue de 224 pages, Format : 15 x 21 cm, 24 août 2011, 15 euros, isbn :978-2-915453-87-4

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Published by texte critique - dans IDENTITé(S)
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