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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:44

 

morin-amour.jpgTrois termes qu’Edgar Morin tente de replacer dans la perspective du monde contemporain, comme les aubaines d’une vie que l’on pourrait ne pas perdre tout à fait –plutôt que réussir.

L’amour, comble de folie et de sagesse, capable de réveiller en nous ces états d’émerveillement et de ferveur que la poésie, jadis, savait allumer –on n’ose écrire, à le lire : dans le cœur des hommes.

Une morale donc plus qu’une sagesse, une visée qu’il faudrait savoir ménager, à défaut de l’éprouver. La seule à faire sens dans nos vies prosaïques. Une hygiène croit-on pouvoir ligne entre des lignes tout de même passablement mélancoliques, sinon pessimistes. Une hygiène qui consisterait à faire dialoguer en nous la hardiesse et la prudence, le détachement et l’attachement. Mais dont on ne voit pas comment, procédant d’une telle gymnastique, elle pourrait se déployer vraiment…

Une leçon de vie donc. C’est là tout le tragique du conseil, qui se risque à poser l’amour comme le dernier mythe que l’homme contemporain peut vivre, la dernière religion qu’il peut embrasser, le dernier rempart entre lui et son néant. Un pari en quelque sorte, quasi pascalien. Un risque. Un beau risque à courir…

Mais que l’on ne peut courir qu’à se laisser contaminer par la vérité de l’autre. La métaphore est forte, qui convoque dieu sait quel soubassement biologique improbable. Car où est-elle cette source que l’on pourrait dériver d’un simple effort curatif ? Elle se perd, douloureusement, dans les profondeurs d’un souci de pédagogue : espérez, il en sortira toujours quelque chose.

En attendant la révélation de découvrir que l’amour, seul, justifie nos vies, ainsi que l’affirmait déjà Saint Paul.

Mais derrière ce tragique du dernier rempart –le : je n’ai qu’un seul amour, il faut bien qu’il soit grand de l’insensé par trop conscient de son infortune-, il y a l’idée, amère, qu’il faut peut-être cesser de croire que l’on pourrait encore «civiliser» -(c’est le terme qu’il emploie)-, les hommes. « Soyons frères, nous dit Edgar Morin, parce que nous sommes perdus».Comme une dernière chance de construire quelque chose de beau entre nous, pour disparaître avec panache…

Etrange fraternité, étranglée dans la nasse de la subjectivité occidentale. Etrange appel à la compassion, à la miséricorde, devant le peu que nous sommes il est vrai… Etrange éthique d’infortune, qui se résume à deux conseils : éviter la bassesse dans nos vies, ne pas être méchant… Deux conseils inscrits déjà dans la morale paulinienne : quand on demandait à Saint Paul s’il existait une morale chrétienne, celui-ci en restait coi. Non. Je ne sais pas. Eviter la bassesse peut-être. Ne soyez pas méchant. Rien de bien nouveau, disait Paul. Vraiment. Une éthique de l’introspection donc, et de la compréhension. Que chacun scrute son cœur…

 

 

Amour, poésie, sagesse, de Edgar Morin, Points Seuil, janv. 1999, 96 pages, 4,50 euros, ean : 978-2020361958

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Published by texte critique - dans Amour - Amitié
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Joelaindien 02/11/2012 10:18

Hello !
un passage et un petit coucou pour te signaler que suite à l'ouragan Sandy,
et les debâts sur les conséquences du réchauffement climatique
j'ai fait une carte des catastrophes naturelles dans le monde depuis 2008,
très instructif sur certains points !
@+

texte critique 02/11/2012 18:41



tu aurais pu me laisser ce commentaire dans ma boîte mail plutôt, non ?????



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