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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 07:28

descartes.jpgTraditionnellement, la philosophie de Descartes est pensée comme l’étude de la relation de l’ontologie à la connaissance. Descartes se serait efforcé de déterminer les conditions qui permettent à la pensée d’aller du connaître à l’être. Mais peut-être convient-il de distinguer les deux moments de sa démarche pour en apprécier la profondeur et les écueils : le moment du Discours de la méthode, et celui des Méditations.

 Précisons simplement et en préalable, que dans le rationalisme du XVIIème siècle, la vérité était à découvrir, non à construire, et que la raison s’affirmait comme un don, non une conquête. Or c’est cela que, d’une certaine manière, Descartes va interroger.

Le Discours de la Méthode se présente comme méthode de la puissance du Bien penser, réglé sur le modèle de la logique mathématique. C’est en menant méthodiquement la recherche de la vérité que le vrai devient indubitable. Descartes pose ses règles à partir de deux prémisses intellectuelles : l’universalité du bon sens et la centralité de la logique mathématique comme lieu d’expression de cette puissance du Bien penser, plutôt que celle du syllogisme.

La première règle qu’il pose est celle de la clarté de l’évidence, de sa fulgurance, de son immédiateté. Elle est victoire de l’intuition, conception d’un esprit attentif, présent à lui-même.

La deuxième règle (diviser en autant de parcelles qu’il en faut, etc. …) pose le problème fondamental du découpage de l’objet, de sa déconstruction analytique.

La troisième règle est celle de la déduction et de la combinaison, du plus simple au plus compliqué.

Et la quatrième, celle de la vérification.

La méthode relève du CQFD : l’argumentation est conduite par la seule nécessité des raisons. La déduction mathématique devient ici le protocole et le prototype de la pensée claire et assurée. A partir de Descartes, tout le XVIIème siècle fera du modèle mathématique le paradigme de la pensée philosophique. La portée de ce modèle est incontestable. En revanche, plus incontestable est la première règle, qui installe l’intuition en Puissance d’unification de l’Esprit. Car ce qui est clair ici, n’est au fond que ce qui est présent et manifeste à un esprit attentif… Mais encore ?, sommes-nous tenté de demander. Et au delà : qu'est-ce qui pouvait bien motiver une pareille détermination ? C’était en fait le souci cartésien d’unifier le savoir, et accessoirement, les sciences entre elles. L’image que Descartes se forgeait du monde était celle d’une nécessaire unité des phénomènes et des essences, qui permettait de remonter vers un principe premier, fédérateur et organisateur du monde, autorisant de déplier ce monde comme un enchaînement logique, quasi mécanique. Ce sera l’effort des Méditations. Et c’est ainsi sa volonté de voir le monde sous les traits de l’UN qui l’aura conduit à installer l’intuition au cœur de son système philosophique.--joël jégouzo--.

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Published by texte critique - dans essais
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