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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 11:07
faire-part.jpgDans la fin des années 80, un grand débat philosophique anima le Tout Paris universitaire autour de la question du sujet.
Interrogation savante, au-dessus de tout soupçon, mais qui recouvrait néanmoins un enjeu qui allait au delà de la simple réflexion philosophique : c’était tout l’héritage structuralo-marxiste qu’il s’agissait de liquider et avec lui, une certaine culture de gauche, moribonde il est vrai. Liquidation qui prenait, dans cette gauche déjà moribonde, les allures d’un deuil mal assumé.
Autour de l’Institut Raymond Aron (EHESS) et de François Furet, des Luc Ferry fourbissaient leurs armes. Celles de la Réaction, aurions-nous dit dans la vieille langue de la Gauche disparue.
Les séminaires prenaient des airs très sérieux pour nous annoncer la fin de la diversité, et bien aussi un peu, et sans rire, celle de l’Histoire après tout, puisqu’il s’agissait de rentrer dans les rangs d’une pseudo tradition républicaine vissant à Droite toute la nation.
Mais personne ne savait encore que ce grand et beau débat en annonçait un autre, plus insalubre, sur cette même question de l’identité. Un débat qui allait mettre des décennies à accoucher. Le débat chéri d’une Droite nouvelle qui entendait sonner le glas de l’alternative républicaine. Bientôt, si loin pourtant à l’époque, loin de toute idée que l’on pourrait ensuite s’en faire, un homme allait accéder à la magistrature suprême pour tenter de verrouiller l’idée nationale tout comme l’idée républicaine sur d'affligeants «conventicules de compatriotes» -pour reprendre l’expression d’Ernest Renan, empruntée à sa conférence du 11 mars 1882, et rappeler qu’elle fut fondatrice d’une définition exclusivement politique de l’identité française.
Le Collège International de Philosophie se mourrait, le Collège de France, enterré, tournait le dos à une partie de son histoire. Mais quelques penseurs résistaient encore (le vide depuis). Deleuze était vivant. Derrida aussi. Et un Rogozinski allumait ses contre-feux en revisitant le cogito de Descartes pour montrer qu’au fond, l’identité de ce sujet cartésien était pavée d’une bien inquiétante étrangeté.
joël jégouzo--.


Faire part, Cryptes de Derrida, de Jacob Rogozinski, éd. Léo Scheer-Lignes Manifestes, nov. 2005, 192 pages, 17.50 Euros, isbn 2-84938-039-3

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