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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 13:13

spinozaportrait1.jpgPour Spinoza, la conscience est une propriété qu’a l’idée de se dédoubler à l’infini. Toute idée représentant quelque chose qui existe dans un attribut, est elle-même quelque chose qui existe dans l’attribut pensé, comme forme ou réalité formelle de l’idée. A ce titre, elle est l’objet d’une autre idée qui la représente. De ce fait, la conscience n’est pas la propriété morale d’un sujet, mais la propriété physique de l’idée. Elle n’est pas réflexion de l’esprit sur l’idée, mais réflexion de l’idée dans l’esprit, toujours seconde par rapport à l’idée dont elle est conscience. Le rapport de la conscience à l’idée dont elle est conscience est de fait le même que le rapport de l’idée à l’objet dont elle est connaissance (Ethique, II, 21). Entre l’idée et l’idée de l’idée, n’existe qu’une distinction de raison : c’est que toutes les deux sont comprises dans le même attribut de pensée, mais s’en rapportent à deux puissances différentes : puissance d’exister et puissance de penser.

Nous ne sommes par ailleurs conscients que des idées que nous avons, dans les conditions où nous le savons. Ainsi, nous n’avons pas conscience de nous-même, ne pouvant avoir conscience que des idées qui expriment l’effet des corps extérieurs sur le nôtre. Le merveilleux exemple choisi par Spinoza est celui d’une pierre lancée dans les airs : si elle venait à prendre conscience de son mouvement, elle pourrait se croire libre, alors qu’elle demeurerait dans l’ignorance de toutes les causes de l’impulsion de ce mouvement.

La conscience étant de fait conscience d’idées inadéquates, elle est le siège de deux illusions majeures : l’illusion psychologique de liberté et l’illusion théologique de finalité.

Dans la première de ces illusions, ne retenant que les effets dont elle ignore les causes, ou dont elle est incapable de remonter toutes les causes, la conscience ne peut que prêter à l’esprit un pouvoir illusoire sur le corps, alors qu’elle ne sait même pas ce que peut réellement le corps, sous l’impulsion des causes qui le font agir.

Dans la seconde de ces illusions, ne saisissant pas l’appétit qui me fait advenir au vivant, ou uniquement sous la forme d’affects déterminés par les idées d’affection, la conscience peut croire que ces idées d’affection sont véritablement premières. Et dans les domaines où nous ne sommes pas libres, la conscience fait intervenir l’idée d’un Dieu prévoyant, arrangeant tout arrangé suivant des rapports moyens-fins, pour assurer notre salut et notre tranquillité.

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Published by texte critique - dans essais
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