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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 04:50
 
guerre-d-Algerie.jpgLa Guerre d’Algérie racontée aux collégiens, par un écrivain et un dessinateur qui ne l’ont pas connue (le plus âgé est né en 1955), mais en ont héritée à travers leurs parcours familiaux en particulier. De cette guerre dont on se refusait à dire le nom, ils ont conçu une histoire sans fard, affrontant ses dimensions les plus viles, dès le début de la colonisation dévoilant enfin l’état de misère absolue dans lequel cette conquête plongea les autochtones. Tout y est bien sûr, de cette vérité que l’on refusa d’écrire longtemps en France. Les dates essentielles, l’empire colonial, Jules Ferry déclamant que «les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures», tout comme de la résistance très précoce des populations civiles. Avec, déjà, bien avant la torture, les exactions sans nombre que subirent les algériens, dont cette pratique ignoble des «enfumages» de paysans gazés dans les grottes où ils se réfugiaient. Les grandes figures de la résistance algérienne prennent aussi dans cet ouvrage une dimension réelle, d’Abd el-Kader à Lalla Fatma, l’égérie de Djudjura. Le tout signant une souvenance sans appel, qui nous convie par exemple à réaliser que de 1830 à 1871, la population d’Algérie chuta de moitié, victime de la famine imposée par le colonisateur, et ses exactions. Mémoire oubliée aujourd’hui, qui voudrait opposer la période barbare de la guerre proprement dite à un temps édénique de valorisation et d’organisation de la colonie de l’autre côté de la Méditerranée, quand dès les années 1830 fut mise en place une politique de repeuplement du territoire inaugurée par la confiscation des terres des algériens et la construction de villages «blancs» exigeants de leurs serfs l’abjuration de leur religion. Ce jusqu’au code de l’indigénat de 1881, qui scella une fois pour toute le déshonneur français. L’histoire se poursuivit ensuite comme l’on sait, avec la montée de l’insurrection et la torture élevée au rang de stratégie militaire, dénoncée dès 1955 par une poignée de journalistes courageux.
 
 
Algérie 1954–1962, la sale guerre, Gérard Dhôtel, Jeff Pourquié, Actes Sud Junior, septembre 2014, 112 pages, 15 euros, ISBN 978-2-330-03464-1.

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Published by texte critique - dans Politique
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