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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 05:56

octobreMardi 17 octobre 1961, Paris. Trente mille Algériens manifestent en famille contre le couvre-feu raciste qui leur est imposé par le préfet de police : Maurice Papon. Une répression d'une férocité barbare va s’abattre sur eux. La police a reçu l’ordre de tirer sur la foule. 15 000 manifestants sont raflés, parqués dans des stades, encagés dans des sous-sols d’immeubles, affamés, battus, torturés, assassinés. Nombre d’entre eux seront jetés dans la Seine par des miliciens sortis du plus glauque de l’histoire française, sous le regard complaisant de la police. Jusqu’à aujourd’hui, on ignore le nombre exact des victimes. Officiellement : 300 morts. L'État colonial sait mener sa vile guerre ! Et dès le lendemain, silence radio. Le 17 octobre n’a jamais existé. Il faudra attendre les années 90 pour que, sous l’impulsion de quelques associations et d’une poignée d’intellectuels, le silence soit rompu. Les signataires de cet opus témoignent, pensent, livrent une réflexion que l’on a attendu longtemps. Trop longtemps pour que l’on n’attende pas toujours plus d’explications. Quand donc l’Etat français reconnaîtra-t-il toute l’étendue de son crime ?

Le 17 octobre 1961, une aube de fin d’humanité s’était levée. Des hordes barbares avaient lancé leurs hurlements. Tout Paris fut témoin que le jour s’aventurait en longs cris de douleur. Dans les sous-sols des immeubles, on enfouissait déjà les membres épars des manifestants. Au soir de cette journée, il ne devait rien rester du monde des hommes : ici désormais, au cœur même de l’une des villes les plus célébrées pour sa culture, venait d’être installé le territoire des chiens. A l’assaut d’enfants, de femmes, d’hommes, des hordes barbares avaient assassiné, avaient massacré. Une violence ahurissante venait de s’épanouir en plein Paris, sans qu’aucune belle âme n’y vit rien à redire. Vertige : la France livrée à ses débauches meurtrières. Dans un halètement sauvage, la vie a reflué. On a jeté des hommes vivants à la Seine, pêle-mêle, les cadavres s’amoncelaient, observateurs pétrifiés de la bestialité d’un temps abject. Où sommes-nous donc morts ce jour-là ? 

 

 

Le 17 octobre 1961 : UN crime d’Etat à Paris, collectif, sous la direction de Olivier Le Cour Grandmaison, éditions La Dispute, coll. Essais, août 2001, 282 pages, 19 euros, EAN : 978-2-843030475.

 

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Published by texte critique - dans Politique
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louanchi 17/10/2013 12:36

HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE HOCINE LOUANCHI DAILYMONTION

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