Dans la quête de toute identité, Au delà serait le concept fondamental, impliquant l’idée d’un déplacement physique redoublant tout dépassement
existentiel : Ulysse, figure de la Mètis. Ni trop masculin, ni trop féminin, brouillant les genres et les causes : non exclusivement grec en fin de compte, à l’arrivée de son périple,
et un temps, la mauvaise voile hissée par mégarde, ni mort ni vivant…
Soit une représentation de soi qui ne s’expose que dans ce processus de répétition qui suppose qu’il y ait de la contiguïté entre le présent et le passé, et non de la continuité (le temps du maintenant selon Walter Benjamin, qui ne peut être celui de l’ici, mais celui d’un va-et-vient spatio-temporel).
Un au delà (et non le simple «au-delà») que nous ne pourrions pas déduire de catégories apprivoisées, et que l’on ne pourrait situer que dans les discontinuités des micro-histoires (du genre de celles des minorités) – pour déjouer les fondements culturels de toutes les études sur la question, adossées par commodité au concept de culture organisée, alors qu’il nous faut digérer des mondes inégaux, asymétriques, chaotiques. Et faire en sorte que par exemple dans ce nouvel internationalisme que nous avons à fabriquer, la transition du particulier au général demeure un problème, non une transcendance.
Au delà organiserait ainsi une sorte de processus sans totalisation de l’expérience. Un inconvénient en somme. Une faiblesse.
Au delà : notre problème à nous français, par exemple, serait qu’une grande partie de notre histoire récente aurait eu lieu au delà des mers (outremer).
Au delà encore : les grandes narrations nationales n’offrent plus de références solides pour fonder des modes d’identification culturelle.
Au delà toujours, l’espace politique à l’intérieur de chaque nation est à la fois une réalité locale et transnationale.
Au delà en bref et non pas pour finir : impossible de construire une communauté enracinée dans le temps homogène et vide des discours identitaires.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
La
présidence
Le populisme pour ultime vérité d’un Peuple moins introuvable que dissimulé. Sarkozy ? Une pathologie sociale terrifiante pour bilan, où le monde des citoyens de
la France d’en bas a lentement pourri. La France d’aujourd’hui ? Une foule tragique frappée de plein fouet par une crise en leurre. Une foule dépossédée de sa légitimité. Un vrai crime
d’Etat, ce dernier ayant tranché brutalement : qu’on se le dise, il ne protègera que certaines vies, définies sous le manteau de cet ensemble idéologique qu’est le milieu politico-médiatique
ultra-conservateur. La précarité de masse ? Il s’en fiche. Le travail ? Une simple variable d’ajustement. Tout centime financier vaut mieux que la vie d’un travailleur. Et l’on ne nous demande
sûrement pas de donner notre avis sur cette option fondamentale de la société française. Au mieux, le discours s'est fait mensongèrement savant : le Capital France relève du bon usage des
techniques financières. Plus d’interdit : la vie humaine n’est pas sacrée, les médias en ont actualisé l'ultime vérité - quel journaliste s’est réellement indigné du scandale de la
misère en France ? Cette amoralité sordide au bout du rouleau, tout de même, ne peut plus masquer qu’il y a un cadavre dans le placard de la Nation française : celui de la France d’en bas,
et que sous ce cadavre repose une plage, une vraie, où les nantis se dorent la pilule. L’horreur serait donc à venir ? Sarkozy serait notre seul avenir commun ? Mais il suffit de
porter la main à l’oreille pour entendre croître sous la précarité de masse le vrai destin de cette France qu'il convoite. Superbe pied de nez à l’Histoire : la France d’en bas aura été
ruinée par une certaine idée libérale de la Nation française ! "Ruinée" : cela dit assez que la France d’en haut n'a fait qu’imposer un cheminement pseudo éthique à l’opinion, en
demandant aux plus désespérés de garder une conduite exemplaire ! Enorme mystification : car l’option morale est en fait une option politique au sein de laquelle l’intolérance est devenue la
norme. Une norme institutionnalisée par l’Etat lui-même!
Nicolas Sarkozy, hier matin sur France Info, s'est plu à dévoiler la
profondeur de son insondable bêtise en affirmant, sans rire, que deux de nos soldats victimes de l'assassin de Toulouse et de Montauban, "étaient... comment dire... musulmans, en tout cas
d'apparence"... Voilà de quoi ravir nos chers Ouïghours chinois, en majorité musulmans, qu'un chef d'état français sache pareillement les différencier, rien qu'à juger de leur mine, des
chinois non musulmans dont eux-mêmes ne savent pas se différencier spontanément. A moins que sarkozy voulait parler des musulmans indonésiens ? Ah non, il voulait parler des musulmans
français, aussi pliés en quatre que les musulmans ouïghours, quand rien, à vrai dire, ne distingue fondamentalement un musulman d'un catholique français... A confondre pareillement la foi et la
peau, le moins que l'on puisse dire, c'est que le monde catholique d'apparence musulmane a de beaux jours devant lui, ou l'inverse...
Derniers Commentaires