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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 13:16

Parmi toutes les parutions célébrant l'année Proust -nous commémorerons le 18 novembre le centième anniversaire de sa mort -, celle-ci est certainement la plus insolite. Antoine Guerrée est designer, concepteur de meubles et passionné, il va sans dire, par l'œuvre de Proust, ses descriptions d'intérieurs en particulier, qui mériteraient effectivement une étude sociologique tant elles sont révélatrices d'une époque, des goûts d'une classe sociale sur le déclin. Le mobilier, les espaces domestiques, privés, leur décorum, etc. Rien d'étonnant à cette curiosité, tant la Recherche est en elle-même une propédeutique de la curiosité. Anthony Guerrée a donc lu et relu Proust et in fine, il s'est intéressé aux assises de cette œuvre, ses sièges, ses chaises, ses fauteuils, ses canapés, russes ou sofas, ses banquettes, ses bergères, ses méridiennes, ses curules, ses marquises, gondoles et tabourets... Car leurs proportions, écrit-il, ne font pas qu'indiquer une manière se s'asseoir : l'assise est une posture sociale, un signe de distinction, sinon d'exclusion. A partir de ses lectures, il s'est plu à imaginer, prenant ces sièges pour des allégories, ceux qui incarneraient au fond le mieux chacun des personnages principaux de la Recherche. C'est Albertine lovée dans un fauteuil Pomare à dossier haut et rayonnant, Verdurin dérobé derrière une chaise à paravent ou Vinteuil, dans son fauteuil à curule modifié à piano... Et puis... Mais je ne vous en dirai rien : le livre commente à merveille l'anabase proustienne.

Les Assises du Temps perdu, Anthony Guerrée, éditions Bouclard, 2ème édition, préface de Jérôme Bastianelli, postace d'Emilie Houssa, 13 euros, 54 pages, décembre 2021, ean : 9782956-563549.

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