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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 10:08

Couvre-feu, état d’urgence sanitaire… Paris vidée de sa substance évoque désormais ces heures sombres où régnaient dans ses rues l’Ordre et le silence de la soumission nationale. Le soir, seule la police «patrouillera» dans des artères vidées de leurs habitants. «Patrouillera». Le terme est militaire. Tout comme celui de «couvre-feu», ou d’état d’urgence. Avec la bénédiction des médias, à la botte depuis longtemps du pouvoir en place. Notre Propagandastaffel en diffuse à longueur de journée les arguments, sans parvenir à nous faire oublier que les escadrons de propagande furent imposés par l’occupant pour contrôler la presse pendant l’Occupation. L’état des médias français est ainsi plus pitoyable que jamais et ne cesse de fournir, jour après jour, des preuves d’asservissement. Inutile de revenir sur le sujet, la cause est entendue : le Pouvoir vient de servir ces millions d’euros sans lesquels ces médias stipendiés n’auraient aucun écho en France.

En 1933, quand les notables allemands confièrent le pouvoir à Hitler, celui-ci n’eut pas besoin de tordre le coup à la Constitution pour imposer sa dictature. L’article 48 de la Constitution de Weimar, qui n’est pas sans rappeler l’article 49.3 de notre Constitution, lui permit de déclarer l’état d’urgence perpétuel, de légiférer par décret, de confisquer entre ses mains tous les pouvoirs pour se passer bientôt du Parlement, qui ressemblait déjà étrangement au nôtre puisqu’il n’était qu’une chambre d’enregistrement de la volonté nazie. Les élections furent reportées, puis annulées. La démocratie suspendue : Hitler n’en avait plus besoin.

En France, la représentation nationale ne sert à rien elle non plus. On parle de députés «godillot» pour en masquer la catastrophe. Quant à notre démocratie électorale, c’est une vaste fumisterie : à Vitry-sur-Seine, lors des dernières législatives partielles, au second tour les deux candidats en lice se sont partagés 7% de voix des inscrits… 93% d’abstention. L’un a pourtant été élu, avec 4% de voix, ne représentant en fin de compte que son petit cercle d’intérêt. Aux présidentielles, Hollande déjà ne représentait que 12% de la population, et Macron moins encore. Mais la Constitution le permet, et la classe politico-médiatique n’en a cure, qui se soucie de démocratie comme d’une guigne.

La comparaison s’arrête-là : la brutalité nazie, malgré l’efficacité de sa propagande, portait en elle les germes de son autodestruction. Certes, pareillement, la brutalité du Pouvoir français en place ne se laisse pas dénoncer chez nous. Bien qu’elle concerne, sous une forme ou une autre, des pans de plus en plus larges de la population française. D’une population qui se tient désormais à peu près sage.

Ne manque que son assentiment. Toutes les dictatures savent que sans cet assentiment, elles sont condamnées à périr. Or ce consentement, c’est la Covid-19 qui est en train de nous l’arracher. Le bon sens ne commande-t-il pas que nous prenions des mesures difficiles pour enrayer l’épidémie ? Certes, les médias ne vous diront pas que les transports en commun, les écoles et les entreprises sont les plus grands vecteurs de propagation du virus. Non, ils vous diront, à la suite du Président de la République, que les réunions festives privées sont bien plus dangereuses. Plus dangereuses, elles le sont en effet, puisque tombent tous les gestes barrières et les masques. Mais statistiquement, on met en avant une raison biaisée : le métro, les écoles, les entreprises restent les vecteurs principaux de contamination. En outre, si le couvre-feu est un pare-feu réel, on tait les raisons de ce choix : le manque cruel de lits et de personnels dans les hôpitaux, de place et de profs dans les écoles, de personnels et de moyens dans les transports, etc. Alors oui, le couvre-feu est une variable d’ajustement de la pandémie en cours. Il y en avait d’autres. Une variable qui touche à la vie sociale et l’équilibre psychique des individus, pour laisser indemne la vie financière et les dividendes qu’elle sert. Métro-Boulot-Dodo, le choix est clair : la France des passions tristes l’a emporté, contraignant chaque français à réinvestir ses désirs dans le circuit d’un système sadique.

La France est une dictature réussie, en ce sens que rien ne semble pouvoir venir à bout d’une dictature de basse intensité. On sent la tension très vive dans le pays, l'opposition très forte à Macron, la colère monter chaque jour un peu plus, mais rien ne vient à bout du quinquennat le plus féroce de l'histoire de la Vème République. Est-ce parce qu'il dispose de l’adhésion des médias et de la classe politique ? De la soumission syndicale et intellectuelle ? De l’aval de la plupart des partis politiques ? Les Gilets Jaunes ont été vaincus par son traitement politique de l’épidémie et les violences policières. Les personnels hospitaliers ont été brisés par le virus. Les retraités, les chômeurs, les étudiants, les lycéens… vaincus par l’atomisation de la société française. Parce que nous avons raté le coche des Gilets Jaunes, le plus grand mouvement social jamais vu en France depuis 1936, nous serions pris au piège de ces mécanismes psychiques d’enfermement que le Pouvoir nous dispense en guise de soins ?

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