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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 08:55

Le récit se situe au XIXème siècle, alors que s’invente le capitalisme sauvage. Notre fil conducteur est un jeune homme qui vend des fromages sur le marché. Les meilleurs. Abordé par un investisseur, il décide d’augmenter sa production. Ses motivations ? Gagner de l’argent. Beaucoup. L’investisseur lui offre la possibilité de créer une usine de fromage. Il s’y engouffre. De contrainte en contrainte, de la division des tâches à la sous-qualification du travail manuel, la réflexion se construit autour des thèses de Marx. Rien n’y manque, pas même la prise de conscience des ouvriers du XIXème, qui vont lutter pied à pied contre l’idée capitaliste de faire du travail une marchandise. Les êtres humains ne sont pas des marchandises. On semble vouloir nous le faire définitivement oublier aujourd’hui, gommant d’un discours néolibéral rageur les débats et les luttes passionnantes du XIXème, qui nous ont permis de gagner une autre vision du monde. La valeur, c’est l’humain et sa force de travail, non le capital qui n’est qu’un acteur parasite du développement humain. La seconde partie du manga met en scène Engels, qui sera notre guide tout au long du récit, pour nous aider à comprendre comment fonctionne le capitalisme et quelles sont ses impasses. La société capitaliste n’est qu’une gigantesque accumulation de marchandises. Elle croule sous les objets à vendre, sous l’inutile, le superflu, le nouveau qu’il faut sans cesse produire moins pour vivre mieux que pour nourrir la logique circulaire de ce système qui ne tient qu’à son mouvement, artificiel et fragile. Prenez l’obsolescence programmée : elle n’est rien d’autre que l’aveu du mur dans lequel fonce la production capitaliste. Si tout repose sur la circulation des objets, alors il faut bien faire en sorte que l’énorme gaspillage des ressources naturelles soit la norme et la philosophie de notre système économique. Dans l’ouvrage, la valeur des marchandises est expliquée très simplement, valeur d’usage, d’échange, taux de rotation du Capital, poids des bourses et leur raison d’être, tout y est, posé en termes simples, pour comprendre que le capitalisme ne peut survivre qu’à la condition de tuer et les hommes et leur environnement. L’ouvrage est parfait pour une première approche de l’œuvre si exigeante de Marx, si pertinente.

Le Capital, Karl Marx, Studio Variety Artworks, préface d’Olivier Besancenot, traduction de Florent Gorges, 12/10/2016, édition Soleil, collection Mangas classiques, 384 pages, 13.99 euros, ean : 9782302054165.

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