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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 06:50

Les enquêtes Générations interrogent, à intervalles régulier, un bel échantillon de jeunes sortis la même année du système scolaire. Grâce à ce dispositif, le Céreq peut rendre compte des changements opérés, autant sur le marché du travail qu’au niveau des formations. Le premier caractérisé par  l’installation d’un chômage massif, et le second par un mouvement non moins massif d’accès aux études supérieures. Et de mettre en corrélation les deux. En matière de formation scolaire et universitaire, le Céreq observe ainsi l’élévation générale du niveau de formation des jeunes, avec une nette augmentation pour les jeunes filles, plus nombreuses à décrocher leur bac déjà que les garçons. De ce fait, on les retrouve en plus grand nombre sur les bancs des universités. Leur présence s’est en outre particulièrement accrue aux niveaux les plus élevés : master et doctorat. La ségrégation éducative semble ainsi s’atténuer. Certes, demeurent les éternels bastions masculins dans les filières scientifiques et industrielles. Les écoles d’ingénieurs par exemple, demeurent massivement investies par les garçons. La place des femmes sur le marché du travail semble également s’améliorer, celles-ci bénéficiant en outre d’un début de rattrapage salarial. Mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit qu’en fait ces améliorations sont d’abord le fait de la dégradation de la situation du marché masculin de l’emploi, à commencer par ces citadelles traditionnellement genrées que constituent l’agriculture et l’industrie : des filières de ségrégation qui perdent en fait leurs effectifs… C’est ainsi plutôt cette crise des métiers de l’agriculture et de l’industrie qui donne l’illusion d’une meilleure intégration des femmes dans le marché global de l’emploi… Par ailleurs, leurs progressions dans les autres secteurs de ce marché sont là encore beaucoup liées à la crise : leurs salaires étant inférieurs, leurs employeurs réalisent ainsi des économies à les préférer aux hommes… Lamentable : moins bien payées, elles deviennent plus attractives ! Mais si l’on regarde la croissance des emplois de service, on découvre que pas grand-chose ne change à travers la forte poussée de leur présence dans ces segments sous-payés de l’économie française… Au regard des salaires, on paraît assister également à une réduction des inégalités. Oh, timide : l’écart reste de -11%, alors que les femmes sont globalement plus diplômées que les hommes ! Le très frileux rééquilibrage observé est donc là encore le fait du niveau de formation des femmes, et donc ne rééquilibre rien du tout… Analysé « globalement », il ne rend en outre pas compte du fait que les bas salaires subissent d’année en année une pression insupportable : le salaire moyen des français se rapproche en effet d’année en année du salaire minimum… A peine une poignée d’euros plus élevé ! Et ce pseudo rattrapage se comprend aussi de l’accroissement des plus diplômés dans le marché de l’emploi, les moins diplômés en étant sortis… La convergence des statuts et des salaires s’opèrent ainsi en réalité par le bas, liée à la dégradation du marché de l’emploi masculin plutôt qu’à l’amélioration du sort des femmes…

Et les femmes devinrent plus diplômées que les hommes, Céreq, Bref n0373, 2019, issn : 25535102

http://www.cereq.fr/

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