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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 09:09

Cernés, nassés, prisonniers, pendant des heures, noyés sous une pluie de lacrymogènes sans autre raison que celle de violenter une foule sans défense livrée à la barbarie d'un ordre abjecte. Dès que les lacrymogènes se dissipaient, charges gratuites des CRS qui par pelotons s'enfonçaient dans la foule, frappaient sans distinction, piétinaient, rouaient de coups les gens avant de se retirer aux abords de la place pour laisser la place aux tireurs fous qui arrosaient de nouveau les manifestants de lacrymos, de tirs tendus de flash-balls et de grenades de désencerclement dites semi-létales, alors que c'étaient nous qui étions encerclés ! Et puis entrée en jeu du canon à eau projetant ses lourds jets d'eau bleue, ces fameux marqueurs, à haute puissance de tir, capable de projeter un être humain sur des dizaines de mètres, vomissant son eau indistinctement sur la foule, pour marquer tout le monde j'imagine, tout ce monde dont le seul crime était de manifester un mécontentement ! Quelle farce ! Puis de nouveau, quand les gaz se dissipaient, des pelotons de CRS chargeaient la foule en plusieurs points, extirpant au hasard leurs prises pitoyables : femmes tirées par les cheveux, mamies arrachées par la manche, handicapés jetés au sol... Avant de se retirer pour que de nouveau un déluge de feu agresse les victimes. Des techniques de pogroms, n'ayant pas peur des mots : une foule dans l'impossibilité de fuir, livrée, sans défense à la hargne de hordes sauvages. Et à l'extérieur de ce périmètre de l'effroi, les motards de la mort, en bandes organisées, assaillant les passants, n'importe quel passant, renversés à plus de 50km/h d'un coup de bottes ou de matraque. Et encore, partout, les journalistes indépendant pris pour cibles, raflés comme au bon vieux temps... Et encore : tout au long du Boulevard Richard Lenoir, la préfecture avait bien pris soin de ne pas fermer les voies à la circulation pour jeter dans la manifestation les voitures prises en otage d'une volonté manifeste de mettre tout le monde en danger ! Et encore, tout au long du boulevard Richard Lenoir, les flics avaient bien pris soin de jeter leurs grenades dans les fontaines et bassins d'eau pour empêcher les manifestants de s'y rafraîchir... N'hésitant même plus à fermer de force les cafés pour leur interdire l'accès aux boissons... 

Mais malgré cette hargne, "On est là, on est là" entonnaient inlassablement les Gilets Jaunes, d'un courage ahurissant face aux forces de l'ordre déchaînées. Malgré les grenades, malgré les tabassages, les humiliations, "On est là, on est là", les battements d'aile immenses de l'espoir levé fièrement avec une générosité sans faille sous la mitraille et les pluies chimiques déversées sur leurs têtes ! Malgré la terreur, la hargne des CRS occupés à combattre leurs propres fantômes, à venger leurs frustrations débiles. Occupés à battre jusqu'au sang des victimes qui ne savent pas se taire, qui ne savent pas accepter leur martyre en silence. Battre sauvagement pour oublier quoi ? Battre sauvagement pour oublier peut-être ce que l'on devient semaine après semaine, à se livrer à une pareille haine, à une pareille impuissance ! Les Gilets Jaunes ont remportés samedi la seule victoire qui compte : une victoire morale sur l'infamie d'une humanité mise en pièce !

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