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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 07:45

Depuis 1990, la France a connu un essor global du niveau d’études et les salaires en début de carrière ont, dans leur ensemble, progressé. Pour tout le monde ? L’étude du Céreq modère les enthousiasmes. S’il reste vrai que globalement la poursuite d’études supérieures garantit l’accès à des salaires plus élevés, le critère de qualité de l’emploi ne semble plus aussi bien arrimé qu’il ne l’était autrefois au niveau d’étude. On assiste même à un effet de ciseau sur les salaires des diplômés. Certes ceux des grandes écoles s’en sortent toujours le mieux et voient même leur bonus s’accroître. Pour les autres, dans leur globalité, les générations étudiés ont vu leur salaire médian progresser de 75 euros… 75 euros seulement, en 20 ans, serions-nous tenté d’écrire ! Une légère augmentation qui en outre n’a pas concerné toutes les catégories de diplômés. Les évolutions n’ont pas été homogènes : les plus diplômés ont même enregistré un recul net de leur pouvoir d’achat, d’environ 220 euros sur ces 20 ans, particulièrement les M1, qui ont littéralement décroché, tandis que la hausse n’a profité qu’aux diplômes en deçà de la licence, et par compensation du retard pris à ces niveaux de rémunération… Evolutions inverses de pouvoir d’achat donc entre le haut et le bas de la hiérarchie des salaires, entre la génération 1992 et la génération 2010. La dégradation de la conjoncture économique et surtout celle du marché de l’emploi l’expliquent principalement. Rappelons le taux de chômage des jeunes français en 2013 : environ 25% ! Un chômage de masse qui a contribué largement à accroître le décalage entre la masse des diplômés et le volume d’emplois disponibles. Ajoutons également le fait que désormais, ce sont 44% des jeunes qui arrivent sur le marché du travail avec un diplôme d’étude supérieure en poche, contre 27% en 1990 ! Et qu’en outre la création salutaire des licences professionnelles depuis 1999, la mise en place du LMD en 2002, le développement de l’apprentissage dans le supérieur ont multiplié les opportunités de décrocher un diplôme de qualité pour des publics qui en étaient autrefois écartés. Il en ainsi résulté un déclassement pour les diplômés du supérieur, qui pèse aujourd’hui sur leur niveau de rémunération. Au final, cette montée en qualification suscitant des attentes légitimes chez les jeunes, risque fort de provoquer un solide sentiment d’amertume générationnelle : que gagne-t-on à se former ? Rien dans la France d’aujourd’hui semble-t-il, du moins pas grand-chose…

Que gagne-t-on à se former, Céreq, Bref n° 372, 1er trimestre 2013, Arnaud Dupray et Christophe Barret, issn 2553-5102.

www.cereq.fr

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