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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 06:32

472 jours. 472 jours ensevelie dans une lumière noire. Dans un cercueil, suffocant, terrorisée, à la merci de son prédateur. Et puis Flora parvient à s’échapper. Mais le retour à la vie normale est impossible : elle ne peut ignorer toutes les filles victimes de prédateurs. Le sien est mort, d’autres existent, qu’elle traque jusque dans les bouges les plus glauques. Pistant ces disparues, elle se fait de nouveau kidnapper. Mais elle n’est plus seule : le commandant D.D. Warren a compris qu’un nouveau prédateur sévissait dans les rues de Boston et il s’est lancé à sa poursuite. Thriller psychologique glaçant, l’auteur ne cesse de nous confronter aux déviances les plus horribles. Armant toutefois son héroïne qui, après ses 472 jours, n’est plus la même, ni victime, ni tétanisée, elle chasse maintenant, jusque dans l’antre où un barman la retient, forçant les moindres failles, scrutant avec force son propre état psychologique, s’obligeant à prendre un recul impossible. « Est-ce que je suis affamée ? Oui. Est-ce que je suis fatiguée ? Très. Est-ce que je suis assoiffée, apeurée, frigorifiée, morte de chaud ? Absolument. Je suis tout. Je ne suis rien. Je suis une imbécile qui a vécu dans une caisse en forme de cercueil et qui se retrouve piégée dans une maison murée. » Flora cette fois ne se laisse pas impressionner. Elle est une survivante, s’en convainc, en fait sa force. L’intrigue se ramifie bientôt, tourne en rond, cavale en de nombreuses fausses pistes qui sont autant de points de tension où se retrempe notre lecture. Il faut survivre à ces aléas, revenir sur ses pas, chasser le doute. La ronde est convaincante, haletante, Flora est devenue le bras armé de toutes les vengeances. Elle tuera désormais. Son personnage bascule, il y avait urgence, il y a désormais cette tâche qu’elle s’est fixée, opiniâtre. Mais l’urgence d’abord, que la lecture de Colette Sodoyez nous fait vivre, éprouver dans sa diction heurtée et douce, souvent murmurée, comme à l’économie, du souffle, des syllabes, dans une parole qui chercherait surtout à ne pas s’épuiser. Avant de changer de ton et de diction pour affermir cette vengeance où Flora s’accomplit.

Lumière noire, Lisa Gardner, livre audio lu par Colette Sodoyez, traduit par Cécile Deniard, Audiolib, éditeur d’origine : Albin Michel, avril 2018, 2 CD MP3, durée totale d’écoute : 14h03, ean : 9782367626666.

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