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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 08:37

Les Deux tours. Le titre est une énigme : quelles sont ces deux tours ? On sait que Tolkien ne songea à un tel titre que fort tard, ayant proposé tout d’abord à son éditeur de baptiser ce second volet L’Anneau dans l’Ombre (lettre du 24 mars 1953). En août de la même année, il hésitait encore, proposant cette fois L’Ombre s’étend. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’il proposera enfin ce titre qui interroge depuis : Les Deux Tours. Délibérément, Tolkien voulait introduire une ambiguïté, laisser un doute planer, et le lecteur se débrouiller avec cette énigme, renforcée par la composition du volume, hétérogène, narrant les aventures de Frodon tandis que les combats entre les Orques et les Cavaliers du Rohan font rage et que bientôt surviendra la rencontre avec l’Ent Fangorn et que nous assisterons, incrédules, au retour de Gandalf. On suit le Gollum sur le chemin qui mène au Mordor. L’émotion est extrême, l’épisode, épique, mais immobilisé parfois en d’intenses moments contemplatifs, tandis qu’au loin irradient ces Deux Tours comme l’horizon funeste d’une catastrophe inéluctable. Mais que sont ces tours ? Le volume en mentionne de nombreuses : Orthanc, Minas Tirith, Minas Morgul, Barad-dûr et la tour de Cirith Ungol… Dans un courrier à son éditeur, Tolkien évoque tout le bénéfice dramatique que l’on peut tirer de cette énigme. En janvier 1954, l’éditeur commande à Tolkien un dessin pour la jaquette du second volume. Tolkien lui adresse alors celui de tours qui ressemblent beaucoup à celles de Barad-dûr et Minas Tirith, qui entourent le volcan Orodruin. Et puis il renonce, au profit d’un nouveau dessin proposant deux nouvelles tours, moins identifiables, avant de revenir encore sur sa proposition et proposer en dernier cette «grande colonne» vers laquelle Gandalf avance. La jaquette ne laisse cette fois plus aucun doute semble-t-il. Mais le texte est plus ambigu. Au lecteur, donc, de se faire sa propre opinion… La Fantasy que Tolkien déroule se charge ici d’une redoutable dystopie, qui nous est contée cette fois encore par le talent fou de Thierry Janssen, qui sait comme nul autre donner vie à chacun des personnages de l’immense saga. Offerte enfin dans sa traduction de 2015, qui prend en compte la dernière version du texte anglais et les indications laissées par Tolkien à ses traducteurs. Un chef d’œuvre.

Les Deux Tours, Le Seigneur des Anneaux, tome 2, John Ronald Reuel Tolkien, lu par Thierry Janssen, traduit de l’anglais par Daniel Lauzon, Audiolib, 18 avril 2018, 2 CD MP3, durée d’écoute : 18h09, 26,90 euros, ean : 9782367625584.

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