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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 06:22

Reykjavik,  été 1941. Les troupes américaines occupent l’Islande, après celles du Royaume-Uni. En face, le Danemark, occupé par les nazis. Des sympathisants nazis, l’île en compte évidemment, à renifler la pureté de leurs origines… Pureté souillée à leurs yeux par la présence de trop d’étrangers. Américains surtout, venus diffuser leur mode de vie ravageur qui fait tourner la tête des filles… Il n’est pas jusqu’au crime qui n’entre sur leurs talons dans une société jusque-là épargnée. Celui d’un commercial en l’occurrence, tué d’une balle dans la tête et sur le front duquel une croix gammée a été tracée avec son sang. Flovent enquête. Comme il peut sur une île où jusque-là la criminelle s’occupait comme elle le pouvait, c’est-à-dire de tout, sauf de crimes de sang... Assisté de Thorson, américain d’origine islandaise. Pas moins novice en la matière. Pas simple en outre d’enquêter dans ces débordements que les soldats américains ne cessent de promouvoir. Le jazz déferle, on danse, on boit, on drague. Bousculée, la population autochtone ne parle plus que de ça : la « situation », qui semble devoir passer par-dessus tout ce que l’Islande a connu. Avec pour levier le comportement des femmes, sensibles aux charmes de l’american way of life. Elles viennent de toute l’île tenter leur chance. Les blanchisseries se multiplient, les plus jeunes n’hésitent pas à braver la nuit polaire pour se jeter au cou des soldats de l’oncle Sam. La ville est littéralement sens dessus dessous. Tandis qu’au loin l’armée allemande  écrase sordidement la vieille Europe. Alors pensez : ce commercial assassiné avec une arme américaine… Règlement de compte ? Infiltration SS ? Nos deux novices improvisent. Et nous baladent à travers ce paysage fabuleux habités de contrastes, tout comme à travers son histoire, bien réelle et trouble, d’une période qui vit l’Islande chahutée avant d’entrer dans l’orbite de la culture américaine. Sous l’égide des femmes, des femmes surtout, farouchement décidées à s’émanciper. Une volonté que décline avec ferveur Philippe Résimont, dans une lecture tout à la fois sobre et « virile » -pour témoigner peut-être de l’inquiétude qui passe à travers le roman de cette émancipation dévastatrice des femmes bien décidées à hâter le cours de l’histoire islandaise…

Dans l’Ombre, Arnaldur Indridason, éditions Audiolib, traduit de l’islandais par Eric Boury, lu par Philippe Résimont, août 2017, 1 CD MP3, durée d’écoute : 9h03, prix : 23,40 euros, ean : 9782367624297.

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Published by joël jégouzo - dans en lisant - en relisant
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