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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 08:13

Macron rentre donc de Berlin. Voyage obligé pour tous les présidents de la République française : il faut que Merkel ratifie leur élection. Elle lui a confié sa feuille de route. La même qu’à Hollande, Sarkozy, Chirac : l’Europe, quel qu’en soit le prix. L’Europe de la chancelière, il va de soi. Qui déjà a prévenu : les français devront faire des sacrifices. Après tout, les grecs ne viennent-ils pas d’accepter un nouveau plan de rigueur proposé par ses banquiers ? Amusante, cette tradition de soumission de l’idée européenne à la finance internationale. Rappelez-vous Monnet, le père de l’Europe. Qui se rappelle que Monnet avait été banquier justement, un banquier qui s’entoura de technocrates pour penser notre destin européen, qui devait rester l’affaire des nantis. Quand bien même son projet de CECA élargissait la base sociale de l’Europe à ces couches que l’on avait ignorées jusque-là : les paysans, les ouvriers. Qui se rappelle que ce cher Jean Monnet était proche de la famille Dulles, dont Allen fut le fondateur de la CIA ? Qui se rappelle ce Monnet, proche des sphères du pouvoir américain, venant chercher sa feuille de route, dans les années 50, auprès du fameux groupe de Harvard, chargé de réfléchir une construction européenne favorable aux Etats-Unis ? Qui se rappelle le jeune banquier accomplissant toute sa carrière dans la finance internationale, soupçonneux des exigences démocratiques des peuples et ne songeant qu’à se délester au plus vite des forces sociales tout comme des frontières nationales pour mieux asseoir sa vision capitaliste de l’Europe ? Un Monnet peu attaché au cadre de l’état nation. Une carrière au fond emblématique du destin européen que les banquiers nous ont fabriqué. L’Europe aura toujours été l’affaire de la finance internationale, une construction anti-démocratique par excellence, dont les peuples sont aujourd’hui les prisonniers. Prisonniers d’une Europe méprisant les électorats nationaux, d’une Europe dictant, sous la pression allemande, ses conditions aux états membres, d’une Europe construite autour de la notion d’allégeance plutôt que de consensus, relevant non pas de la participation civique, mais de l’adhésion coutumière. D’une Europe dont la force repose sur la faiblesse politique de ses peuples. Et plus que jamais, d’une Europe autoritaire exaltant la suspicion, cherchant toujours à contourner les volontés populaires. Une Europe bidouillée avec un faible soutien social, tour de force administratif que les faucons américains nous envient, tant elle est un modèle du genre, pour des régimes que leur démocratie, même fausse, embarrasse désormais.

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Published by joël jégouzo - dans Politique
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