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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 08:49
Il faut sauver la classe politico-médiatique…

Plus de 60%des français ont refusé de participer à la farce électorale proposée par le PS et les Républicains sous le titre : « faire cette année encore barrage au FN » -en attendant son remake l’année prochaine aux présidentielles... Plus de 60%, car au 50,09% d’abstentionnistes il faut ajouter les non-inscrits (« à peu près 3 millions », de l’aveu du Ministère de l’Intérieur –et on doit juste s’inquiéter d’une déclaration aussi imprécise), les votes blancs et les votes nuls. Ces 60% qu’aujourd’hui toute la presse s’emploie à stigmatiser, voire à rendre responsables d’une prétendue poussée du Front National (qui ne cesse en réalité de perdre des voix, plus de 400 000 très exactement entre 2012 et 2105, et qui de son propre aveu se trouve gêné dans sa progression par cette montée en puissance de l’abstention ou du refus de voter)… 60% des français en âge de voter ont donc refusé de voter, ce qui signifie que les trois partis concurrents ne représentent pas même le tiers des suffrages exprimés ! Alors pourquoi cette curée sur les abstentionnistes ? Pourquoi en outre tant de mensonges, comme le faisait France Inter il y a quelques jours, à nous faire croire que le FN rencontre l’adhésion de la jeunesse, quand 76% des français de 18 à 25 ans se sont abstenus ou ont renoncé à voter ? Pourquoi cette stigmatisation ? Pourquoi cette dramatisation ? Partout en France, avec l’appui des grands médias, l’on entonne le fameux couplet pseudo républicain : faire barrage au FN, réveiller les consciences, il s’agirait désormais de sauver… mais quoi au juste ? La démocratie ? Certainement pas : le système républicain autoritaire mis en place par Valls et Hollande est tout sauf démocratique. Une machine à confisquer la démocratie même. Non, ce qu’il nous faudrait sauver en fait, c’est la classe politico-médiatique, celle-là même qui depuis 40 ans nous assène jusqu’à la lie ses promesses de changement, murées dans la permanence de toute absence d’alternance politique. Haro sur l’abstention donc, qui serait la grande fauteuse, soit près de la moitié des électeurs, haro sur les non-inscrits que l’on oublie toujours au passage, haro sur les votes blancs, nuls, haro en somme, sur l’immense majorité des citoyens français qui ne goûtent plus la farce électorale que nous propose cette classe stipendiée que seuls ses avantages acquis sur nos défaites retiennent. Que faudrait-il sauver en somme, sinon ses avantages acquis ? Car à moins d’être aveugle, d’élection en élection, le seul constat que l’on peut faire, c’est que nos voix ne sont jamais prises en compte. Du coup, le moins que l’on puisse penser, plutôt que d’interpréter l’abstention comme une lâcheté politique ou le vote blanc comme refus des choix proposés, c’est que nous ferions mieux d’y voir un vrai geste politique : celui du refus du système représentatif français tel qu’il fonctionne, qui permet à un parti minoritaire de confisquer et la représentation nationale et le pouvoir exécutif (tout comme le pouvoir législatif grâce au furieux bidouillage de la programmation des élections législatives dans le sillage de l’élection présidentielle). Au fond, la réalité, c’est que la Vème République, conçue pour lutter contre le régime des partis, s’est muée en République des Partis. Alors certes, l’abstention ou le refus de s’inscrire sur les listes électorales, tout comme les votes blancs et nuls, ne traduisent pas un engagement politique. Ils pointent la place du vide effarant dans lequel est tombée l’irresponsabilité politique ambiante. Ils révèlent en outre une crise sévère, et par leur refus du système politique en place, ce jeu de dupe où le prétendu engagement qui consiste à déposer son bulletin de vote dans l’urne masque en réalité une passivité politique ahurissante dès la clôture du théâtre des élections. Ils révèlent ce grand vide dans lequel s’exerce le pouvoir politique. Un grand vide que rien ne comble, sinon des gesticulations obscènes et des éléments de langage hypocrites. Un grand vide qui rappelle au fond celui qui nous est apparu lors de la fin des dictatures de l’ex-Est, qui se sont écroulées sur elles-mêmes, sans révolution sanglante, dès lors que les peuples qui se trouvaient sous leur domination n’y croyaient plus. Surtout : ne croyaient plus à leur pouvoir de coercition. Si bien que cette Vème République à bout de souffle s’effondrerait comme un château de carte si nous lui tournions tout bêtement le dos.

Il faut sauver la classe politico-médiatique…

De Charybde socialiste en scylla frontiste…

Ce sera pire après, nous dit-on et nous n’aurons qu’à nous en prendre à nous-mêmes… Ce sera pire en effet : un cran de plus. La presse, qui n’était déjà plus vraiment libre mais aux ordres des nantis deviendra lige, mais cette fois au grand jour, sans avoir à le cacher, libre de dévoyer ce qu’aujourd’hui elle minaude. Ce sera pire, mais à tout prendre plein de promesses pour les lendemains du PS et des Républicains, qui en connaissent déjà le scénario : après quelques années sinistres, ils reviendront au pouvoir, portés par une liesse fabriquée à nouveau à l’emporte-pièce par une presse servile, toujours prête à se jeter aux pieds de nouveaux maîtres. Et tout recommencera comme au bon vieux temps : un coup à droite, un coup à gauche, avec non moins assuré le retour de ce bon vieux racisme d’état qui permettra au FN de prendre de nouveau le pouvoir. La seule chose qui change au fond, c’est que c’est un jeu à trois désormais, et non plus à deux. Pour l’heure donc, il faudrait sauver la classe politicienne, qui s’imagine la seule classe sociale indispensable à la nation française. Un entre-soi odieux, qui chaque jour révèle des pans de son ignominie sans que les médias ne s’en émeuvent–ils sont à sa botte. Aux commandes, nous avons des gens cyniques. Des nihilistes. Rien de plus. Comment en est-on arrivé là ? La question est idiote : nous le savons bien, nous le savons tous, les 60% de français qui ne votent pas à tout le moins le savent, tandis qu’un dernier tiers s’accroche à son fantasme démocratique. Mais quand l’abstention triomphe à ce point, cela signifie que nos institutions n’ont plus aucune validité, ni aucune légitimité.

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Published by joël jégouzo - dans Politique
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Bétitra MEGDOUD 11/12/2015 11:10

L'abstention des Jeunes de 24 à 35 ans se situe à la hauteur de 60 %.
Pourtant, 35 % des jeunes qui ont voté ont voté Front National.
Il ne s'agit pas de préserver les uns et les autres mais bel et bien de choisir le moindre mal quand rien n'est parfait et que tout va de travers. Je ne pense pas que ce Parti extrême, foncièrement ségrationniste et anti-européen, soit en mesure de résoudre les problèmes de notre chère France en quelque domaine que ce soit ! Il est réellement dangereux dans son discours et dans ses actes. Il ne s'agit pas du tout de faire des amalgames sur la vague marine qui est pire que celle du père-fondateur qui a fait qu'on a tous voté pour le Président Chirac afin qu'il ne soit pas chef de l'Etat ! Aujourd'hui c'est pire, car c'est un Parti hypocrite et opportuniste qui profite honteusement de la situation ! C'est plus facile de ramener à soi les masses populaires qui souffrent et ne savent plus où elles en ont, ou d'exciter la colère des uns et des autres pour leur ralliement dont ils ne comprennent rien la plupart du temps. Votre article est intéressant et il valait bien une réponse claire et sensée de ma part. Il y a en a quand même marre de tout ce "bashing" et de ce manque de respect envers des gens qui ont au moins le mérite d'avoir été élus ! La situation en France et dans le Monde est complexe, enchevêtrée, et nul à la tête d'un Etat ne doit être pris pour le Messie Libérateur et Providentiel ! Et contrairement au discours du Front National, si on prônait le Respect du Peuple comme elle pour l'emmener à se retrousser les manches et à faire preuve d'unité, de courage et de responsabilité consciente ? Les mentalités d'assistés des français doivent changer pour s'adapter aux difficultés de toutes sortes qui s'abattent sur nous : mais ça ce n'est pas à la mode de le dire. Le Peuple seul a le Pouvoir encore faut-il qu'il vote et qu'il ne soit pas transformé en girouette manipulée : l'Histoire de l'Humanité est témoin de ses drames ! Merci de votre lecture. Bétitra

joël jégouzo 13/12/2015 10:12

plusieurs réflexions étonnantes dans votre propos. Tout d'abord, vous avez cette fois encore omis de comptabiliser les jeunes qui refusent de s'inscrire sur les listes électorales, les bulletins nuls et les bulletins blancs. Le tour de passe passe qui consiste a ramener les abstentions au seul décompte des abstentionnistes ne vous sert pas et ne sert pas votre démonstration. Il finira par éclater au grand jour et nous découvrirons toute l'étendue politique de son sens, un peu tard. Ensuite, mon dieu, vous ne voyez pas en fait que le front national est déjà au pouvoir d'une manière certaine, en ce qu'il infléchit toute l'idéologie des partis et les conduits jour après jour à la surenchère extrémiste. Le point de rupture a été franchi avec cette tentative de consitutionnalisation de l'état d'urgence qui nous autorise à poser la seule question qui vaille désormais : sommes-nous toujours dans un état de droit ? Plus beaucoup en fait. Vous ne voyez pas qu'une fois les régionales terminées, cet épouvantail du FN va de nouveau servir aux présidentielles, où de nouveau il nous faudra choisir "le moins pire". triste éducation politique que celle qui commande d'abandonner ses valeurs pour renoncer toujours mieux à ses idéaux... Enfin, il y a des phrases inacceptables dans votre réponse, comme celle-ci, massive : "les mentalités d'assistés des français"... qui sent son Macron... je vous rappelle que, consultez les chiffres de l'INSEE, les français assistés sont en fait les classes riches, celles qui, toute honte bue, votent en effet Macron et Sarkosy, c'est-à-dire pour défendre des intérêts bien égoïstes : les leurs. Vous trouverez sur mon blog la démonstration de ce que j'avance, mais mon Dieu, n'importe qui peut arriver à pareille conclusion, il suffit de lever un peu sa paresse et de considérer les chiffres avec attention. tenez, prenez celui de l'espérance de vie, qu'on ne cesse de mettre en avant (mais ; qui ?), pour justifier l'éloignement de l'âge légal de départ à la retraite. Trouvez ensuite les études, publiées par le Ministère de la santé et relayées par l'INSEE, qui concernent l'âge de vie en bonne santé. Mon dieu, si vous ne tombez pas des nues et ne comprenez pas qu'il y a là une fameuse hypocrisie de la classe politico-médiatique, c'est que l'idéologie dans laquelle vous êtes vous-même tombée vous empêche de voir la réalité en face. Prenez également les chiffres de l'INSEE sur le salaire moyen de sfrançais, poursuivez vos recherches sur e site de l'INSEE pour savoir ce qu'il mette dedans pour arriver à un tel chiffre, et cherchez ensuite celui du salaire des 20% des français les mieux payés (à peine au-delà de 2 500 euros), et tentez de vous expliquer ce leurre/ prenez les chiffres des SDF, que l'INSEE ne comptabilise plus vraiment, voyez ce qu'il recouvre. Prenez les chiffres d ela santé, prenez les chiffres du chômage, avant tripatouillage par les médias. Faites ce travail. Et quant au Pouvoir du peuple, quelle farce dans cette Vème démocratie. rappelez-vous le vote massif des français contre la constitution européenne et son projet de transformer l'Europe en "pompe à piller l'argent des européens pour le déverser à flot continu dans les banques", relisez ce projet honteux de constitution, et réfléchissez à ce qu'il est advenu à cette souveraineté populaire sous Sarkozy, qui l'a purement et simplement biffée d'un trait de plume avec la complicité du PS et des médias. Quelle belle farce ! Voyez comment Mitterrand a construit l'épouvantail du FN, voyez ce qu'il sert en réalité : maintenir au pouvoir la fausse alternance... Non décidément, et pardonnez-moi, tant qu'il y aura des idiots utiles (l'expression est de Lénine, je vous y renvoie pour l'étude de son sens dans son contexte historique), pour "faire barrage au Front National", le show pseudo républicain du dernier virage à droite pour se poursuivre en toute tranquillité et les dindons de l'histoire, les français, pourront s'en morde tous les doigts des deux mains. Quand un parti s'arroge la suffisance de parler au nom de la nation alors qu'il n'en représente que 12% et qu'il refuse de se poser la question de sa représentation, il y a de quoi s'inquiéter vraiment ! La démocratie n'est même plus en danger : d'élection en élection, à force de tirer toute notre politique vers l'extrême droite, elle n'est plus qu'un système politique de partis, un système qui fait chaque jour davantage une croix sur les fondamentaux ddes principes démocratiques.

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