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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 07:17
Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre…

Nous avions laissé la Confrérie en mauvaise posture. Auguste et Césarine venaient de perdre leurs grands-parents dans le combat qu’ils avaient gâché, une grande partie des archives qui leur avaient été confiées avait été détruite et leur maman se retrouvait plongée dans le coma. De leur côté, les Autodafeurs, après avoir mis la main sur la liste des membres de la Confrérie, se préparaient à les éliminer les uns après les autres –et commençaient d’y réussir. Dans la coulisse, ils peaufinaient un effroyable plan de bataille, le projet de lancer sur le monde la «onzième plaie d’Égypte», à savoir la destruction de tous les imprimés circulant à la surface de la terre. Un Fahrenheit en grand, une Nuit de Cristal telle que l’humanité en génère périodiquement dans son aventureux destin. Mais c’était compter sans Césarine, qui se révèle dans ce tome pour l’absolu plaisir du lecteur, et se prépare à livrer la vilaine guerre à laquelle on l’oblige de céder. La lecture assidue de Sun Tzu et la pratique quotidienne des arts martiaux l’ont considérablement aguerrie. Pour l’heure, elle en expérimente la pertinence dans sa préparation du sauvetage de sa mère, plongée en fait dans un coma artificiel.

Le second tome est à l’image du premier quant à l’économie narrative, presque classique dans sa structure, nourrissant une grande unité de lieux où l’action n’y peut éclore que violemment. Une contrainte formelle qui force les personnages à envahir la scène romanesque, plutôt qu’elle n’astreint l’auteur à démultiplier les rebondissements, à l’image de ce qui se pratique dans les mauvais polars. L’histoire vogue ainsi au près d’une gamine qui lentement émerge de son autisme, et d’un adolescent lancée dans la quête fiévreuse de son identité, tenant enfin dans ses mains le livre de bord de son père racontant, année après année, ce qu’il en coûte de vivre dans un monde ahuri, et ses émerveillements gamins. C’est le tome des révélations, celle de Césarine au lecteur et d’Auguste à lui-même, dans le contexte trouble des éclaircissements familiaux. C’est l’opus des basculements, d’une revanche facile sur les Autodafeurs et du comptage des forces en présence. C’est le tome des tensions et des attentes du choc de la bataille finale. Le volume des ruptures : ils quittent le domaine familial réduit en cendres, affrontent l’inconnu, un autre monde, ailleurs. C’est un chapitre presque qui s‘ouvre plutôt qu’un nouvel épisode, entre deux moments d’un temps que l’on ne peut arrêter, celui de la prise de conscience que l’être humain vit entre deux morts : celle de l’enfant qu’il a été et celle à venir, qui semble ne plus vouloir tarder à présent… le volume de la sortie de l’enfance !

Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre, Marine Carteron, éditions du Rouergue, coll. DoAdo, 380 pages, 14,90 euros, ISBN-13: 978-2812607172.

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Published by joël jégouzo - dans en lisant - en relisant
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